mardi 8 avril 2008

Curiosité des Temps modernes




Au tout début de mes études de maîtrise, j'ai fait une performance in situ technique: un comédien (Pierre Tremblay) était assis dans un fauteuil, dans la salle de couture de l'UQAC - un téléphone à la main, un bottin sur les genoux - et composait des numéros au hasard, pigés dans l'annuaire. Dès qu'il y avait une réponse, il enchaînait, sans aucune pose pour l'interlocuteur, un long monologue. Près de lui, une carte de Saguenay sur laquelle il répertoriait (cartographiait) les réactions de ses victimes: pour les répondeurs, une punaise «cassette»; pour les raccrocheurs, une punaise «X»; pour les écouteurs, une punaise «oreille».

Pendant l'élaboration et la documentation de ce projet, j'ai trouvé ceci (comme quoi, ce qui peut sembler original n'est qu'une bien pâle copie de quelque chose d'antérieur!): le Théâtrophone...



Le Théâtrophone est une invention de Clément Ader consistant en un réseau téléphonique relié à l’Opéra de Paris et qui permettait d’écouter l’opéra en restant chez soi. Un réseau fut exploité à Paris de 1881 à 1932.


"Terrors of the Telephone" paru dans le magazine new-yorkais Daily Graphic du 15 mars 1877

Le téléphone servait avant tout à écouter des pièces de théâtre à domicile et c'est ce que vont pouvoir faire tous les heureux possesseurs de téléphone grâce à un abonnement...

Un peu plus tard, un grand nombre de personnes pourront y accéder, car des récepteurs téléphoniques munis d'encaisseurs automatiques vont être installés dans différents lieux publics: cafés, hôtels...

Comment fonctionne le Théâtrophone ?

Chaque poste public est muni d'un affichage, composé d'un sélecteur rotatif actionné grâce à un électroaimant. Pour sélectionner le lieu, (théâtre, salle de concert etc…) désiré, on envoie des impulsions électriques sur l'électroaimant qui fait tourner une roue solidaire du cadran d'affichage. L'ensemble des installations est géré par l'intermédiaire d'un tableau répartiteur tout à fait semblable aux centraux téléphoniques installés dans les divers points de la capitale.

L'opératrice, assise devant le tableau effectue les liaisons entre les lignes des téléphones des abonnés et les microphones disposés sur une rampe au devant de chaque scène.

La qualité d'écoute reste variable du fait de l'affaiblissement du signal et il faudra attendre la fin de la première guerre mondiale pour bénéficier d'un meilleur son grâce aux amplificateurs à lampe (1923).

Le Théâtrophone a existé jusqu'en 1932, avec environ 300 abonnés. La radiodiffusion prenait sa place…. (http://www2.ac-rennes.fr/cst/doc/Dossiers/goutdefil/repevenebell.htm)

Pour d'autres informations:
Théâtrophone (wykipédia... en anglais)

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