dimanche 25 septembre 2022

Au théâtre, cette semaine! [Du 25 sept. au 1er oct. 2022]

 
 
Cette semaine aurait dû être celle des premières représentations de Batalos du Théâtre La Rubrique qui ont été annulées dans un autre élan pandémique. Une pensée pour eux!

Sinon, voici ce qui se passe au calendrier de cette semaine de lectures!

JEUDI, 29 SEPTEMBRE 2022, 15H
ESPACE DIFFUSION SAGUENAY (PALACE, ARVIDA)


Le milieu théâtral est invité par Culture SLSJ à venir rencontrer Catherine Voyer-Léger, directrice générale du Conseil québécois du théâtre qui présentera le CQT puis échangera avec les participants. Nous décrions souvent notre invisibilité hors des grands centres.... eh bien c'est l'un des moments de montrer notre existence auprès d'un organisme national. (Suite à cette rencontre, il y aura un suivi des démarches du groupe de compétence.)

JEUDI, 29 SEPTEMBRE 2022, 19H
SALLE LIONEL-VILLENEUVE (ROBERVAL)


Le Théâtre Mic Mac reprend ses lectures publiques pour faire (re)découvrir certains textes qui ont marqué leur comité de sélection au cours de la dernière année. Cette fois, il s'agit de la pièce (tirée du roman) Les murailles d'Erika Soucy, mise en scène par Gervais Arcand:  Une poète se fait passer pour une employée sur le chantier Romaine-2, au nord de Havre-Saint-Pierre. Le séjour de cette orpheline de l'Hydro, « conçue fly-in, élevée fly-out », doit être la base d'un recueil où elle explorera le quotidien caché des hommes qu'elle aime, particulièrement son père. La justesse des dialogues et la vérité de la langue de la Côte-Nord, la force des personnages et des situations sociales et familiales, font de cette adaptation théâtrale des Murailles une œuvre à découvrir pour elle-même, et un fascinant prolongement du roman... Informations: www.theatremicmac.com

JEUDI, 29 SEPTEMBRE 2022, 20H30
CAFÉ DU CLOCHER (ALMA)


La gang de L'Imprévu Improvisation présente un spectacle, Farwess, entièrement improvisé... au sens théâtral du terme! Une nouvelle ville vient d’être construite dans l’ouest et plusieurs colons viennent s’y établir avec le rêve d’y trouver de l’or et de faire fortune. C’est tout ce que nous savons. Le reste de l’histoire reste à écrire. [...] Une partie de poker, des desperados, une fusillade dans la ville, une poursuite à cheval, une bagarre dans un saloon, une histoire d’amour, un duel… qui sait? C’est vous qui décidez quelles seront les scènes clé de l’aventure! Informations: ici ou ici

JEUDI, 29 SEPTEMBRE 2022, 21H30
CÔTÉ-COUR (JONQUIÈRE)


Spectacle littéraire... peut-être... mais pas très loin de l'exercice théâtral! Le Salon du Livre du SLSJ présente la soirée Lectures coquines, un cabaret littéraire à ne pas manquer! Les auteurs/lecteurs invités: Laurence Beaudoin-Masse, Catherine Ethier, Michelle Lapierre-Dallaire, Yves P. Pelletier, Laurance Ouellet-Tremblay, Ghislain Taschereau. Accompagnement musical : Guillaume Tremblay. Informations ici

VENDREDI, 30 SEPTEMBRE 2022, 20H30
CÔTÉ-COUR (JONQUIÈRE)

 

Spectacle littéraire... peut-être... mais pas très loin de l'exercice théâtral! Le Salon du Livre du SLSJ présente En cas d'incendie: Portée par les voix d’auteurs et d’autrices qui ont contribué au recueil collectif En cas d’incendie, prière de ne pas sauver ce livre, ce spectacle littéraire pose un regard lucide et poétique sur la crise climatique, en soulevant les paradoxes, les complexités et les culpabilités des individus et des collectivités face au désastre. Avec : Valérie Essiambre, Le R Premier, Sonya Malaborza, Jonathan Roy, Catherine Voyer-Léger. Informations ici.

samedi 24 septembre 2022

[Carnet de mise en scène] Un autre projet sur la table...


Avec l'automne qui vient de prendre ses quartiers, il faut maintenant s'atteler à une tâche beaucoup plus exigeante qu'il n'y paraît: concevoir le traditionnel spectacle de Noël du Théâtre 100 Masques! Le quinzième! Le défouloir par excellence d'avant les Fêtes! 

C'est, à chaque fois, une véritable création en concentré.

La première étape est de savoir avec qui ce travail se fera. Parce qu'il se moulera sur des personnalités, des dynamiques, des complicités. 

La seconde est d'avoir une idée générale de départ, un canevas, qui guidera la création sur une ligne narrative riche ou, à tout le moins, potentiellement inspirante! Pour l'édition 2022, c'est vers le conte La nuit avant Noël de Clement Clark Moore que je me suis tourné afin de placer ce spectacle sur le mode de l'attente intenable, de la fébrilité de quelque chose qui s'en vient, de l'espérance du lendemain... ouvrant la porte à tant de possibilités de quiproquos, de surprises, de contrariétés jouissives. 

Cette histoire (qui prendra peut-être 50% du temps de la représentation... soit environ 30-35 minutes) n'a pas la prétention d'être fidèle à l'originale... Elle se fait plutôt trame sur laquelle se grefferont des références cinématographiques de Noël, des références à l'actualité et surtout, des chansons. 

Les chansons parodiques de Noël sont associées à ces spectacles depuis le début. Elles composeront l'autre 50% de la représentation.  Le répertoire compte actuellement une trentaine de morceaux grinçants, grivois, drôles. Chaque année - et c'est la troisième étape! - j'en sélectionne une dizaine parmi celles existantes en essayant de varier d'une année à l'autre... bien que certaines reviennent régulièrement. Chaque spectacle en compte une douzaine... c'est donc dire qu'à chaque année, je garde de la place pour au moins deux nouvelles compositions.

La quatrième étape est de coller tous les morceaux ensemble: le texte - l'histoire - servira, en fait, de pont entre chacune des chansons jusqu'à la conclusion. Ici c'est le tricotage.

Soit à partir d'un simple plan avec une écriture en direct du plateau... soit à partir d'un plan, oui, mais en écriture collective avant les répétitions... soit, toujours à partir d'un plan, par l'écriture de la pièce en amont du travail avec les comédiens (c'est ce qui a été fait les deux dernières années... avec une pièce de départ qui, sera développée, rehaussée, travaillée à la scène avec les différentes propositions qui surgiront). C'est cette dernière option que je vais retenir encore une fois.

La cinquième étape, c'est la plus flamboyante et la plus épuisante (souvent à cause des rires à gérer): la création à proprement parler.  La mise en forme d'un spectacle d'environ 60 minutes. Le développement des personnages. Du bouillonnement d'idées. De l'aspect visuel à  déployer. C'est là où ça va vite. Trop vite. C'est là où c'est intense et concentré... parce que tout ça se passe sur quelques semaines à peine! 

Enfin, la dernière étape, ce sont les représentations toujours au nombre de trois. Bien que déjantées, se déroulant dans une ambiance festive aux arômes de biscuits et de chocolat chaud (parce que cette autre tradition est aussi maintenue depuis quinze ans!), elles n'en demeurent pas moins une partie du travail de la création. Avec de nombreux ajustements, de modifications, recherche d'impact. 

Voilà le fonctionnement de ces spectacles du Théâtre 100 Masques. J'en suis à peu près à la quatrième étape... le boulot m'attend.

vendredi 23 septembre 2022

Paix à leur âme... mais tant pis pour eux!

Photo de l'intérieur du Iroquois Theater après le sinistre incendie (référence)

Quand il s'agit de théâtre, la moralité du début du XXième siècle montre parfois un drôle de visage revanchard, mesquin. Un ultramontanisme surprenant...

Le 30 décembre 1903, le Iroquois Theater de Chicago s'enflamme et emporte avec lui 602 personnes. Un accident qui a fait couler beaucoup d'encre... et parfois trop.

J'en ai déjà parlé ici... pour publier un article publié sous le pseudonyme de Joliette quelques semaines après les faits, qui ne se distinguait pas par la charité chrétienne... 

Eh bien, par hasard, en feuilletant le très conservateur journal La Croix du 14 février 1904 (je sais, j'ai de drôles de hobbys) je suis retombé sur ce (ou cette?) Joliette, qui s'était commis quelques jours auparavant, profitant de cette tragédie pour faire le procès du théâtre dans d'étranges démonstrations:




jeudi 22 septembre 2022

[Carnet de mise en scène] Pour une dixième fois au Mic Mac...

 

Je signerai la mise en scène de la prochaine production du Mic Mac! Ma dixième mise en scène avec eux depuis 2004... Presque vingt ans de collaboration et d'accomplissements. 

Je le répète ad nauseam dès qu'il est question de cette troupe: c'est là où j'ai fait les projets les plus satisfaisants, les plus audacieux, les plus esthétiques. Comme un nouveau défi à chaque fois... où tous mettent la main à la pâte pour le relever. Avec Au bout du fil d'Évelyne de la Chenelière, avec La défonce de Pascal Chevarie, avec Les Reines de Normand Chaurette, avec Jouliks de Marie-Christine Lê-Huu et tant d'autres.

Ce qui démarque fortement le Mic Mac, c'est l'engagement profond de tous ses membres pour le théâtre. Leur puissant intérêt pour la chose dramatique. Leur curiosité culturelle. Leur désir de performer. Il y a là une surprenante émulation qui construit, sans que ça ne soit nécessairement conscient, un haut niveau de professionnalisme malgré la fausse étiquette de troupe amateure. De quoi foutre des complexes à nos compagnies saguenéennes... :) 

Mais plus encore. Avec le Mic Mac, c'est mon incursion pratique dans le répertoire québécois. Plus enclin à plonger dans le répertoire dit universel (de l'Antiquité au début du XXième siècle principalement), j'y trouve là de nouveaux terrains de jeux et d'explorations qui me sortent de ma zone habituelle. Outre mes propres textes, je suis rarement dans le répertoire contemporain. Et ça fait du bien...

M'y revoici donc. Après une absence de cinq ans déjà. 

Cette fois, c'est à une oeuvre de François Archambault parue en 2014 - Tu te souviendras de moi - que nous nous attaquerons. 

Archambault, c'est l'auteur notamment des pièces Cul sec (1993), Adieu beauté (1998) et La Société des loisirs (2003).

Le résumé général (celui qu'on retrouve partout sur internet et sur la quatrième de couverture) de cette pièce va comme suit: Un historien à la retraite commence à perdre la mémoire. Retiré de la scène, mais refusant de disparaître, il erre parmi ceux qui s'échangent sa garde. Une jeune fille rebelle lui fait revisiter un pan de son passé qu'il avait décidé d'oublier.

Pièce lumineuse ou pièce sombre? Cette construction dramatique est beaucoup plus étonnante qu'elle semble, de premier abord... et s'y dégagent plusieurs pistes de lecture possibles. Mon rôle, actuellement, est de me positionner, de lecture en lecture, pour créer un cadre cohérent, clair, inspirant. Tracer une ligne dramatique. (Re)Définir les personnages. Leurs liens. Leurs enjeux dramatiques. Trouver le fil que je tenterai de maintenir tout au long des répétitions. 

C'est la partie casse-tête de l'opération. Plein de morceaux disparates qu'il faudra rassembler éventuellement pour avoir un canevas efficace et fonctionnel.


mardi 20 septembre 2022

Des successions...


Le Théâtre CRI annonçait hier la nomination, comme co-directrices artistiques, d'Émilie Gilbert-Gagnon et Marilyne Renaud (déjà directrice générale de l'organisme). Cette passation des pouvoir au sein de la compagnie jonquiéroise marque donc officiellement la retraite (comme gestionnaire parce qu'elle reste une artiste accomplie et active) de Guylaine Rivard qui l'a dirigée depuis sa fondation. 

Tout cela semble être une belle transition. Et c'est tant mieux! Meilleurs voeux à elles!

Car il s'agit là d'une question délicate: comment passer les rênes de quelque chose d'aussi subjectif qu'une compagnie de création qui se moule généralement à la pratique, les préoccupations d'une personnalité, metteur-e en scène et/ou directeur-trice artistique? Souvent, ces entités se confondent avec l'artiste. C'est donc fragile. Précaire. Parce que très personnel, en un sens. Et souvent, elles sont jalousement gardées, préservées sans trop d'égards pour la pérennité.

D'où alors que les successions sont souvent peu réfléchies, peu prévues... D'où que plusieurs de ces organismes ont de la difficulté à survivre au départ de l'équipe de fondation. D'où aussi la brutalité d'autres transitions. 

Les croisées de chemins ne sont pas toujours heureuses.

L'expérience du CRI est en ce sens exemplaire parce que bien mûrie et planifiée.

Le Conseil québécois du théâtre en a fait déjà, il y a quelques années, un enjeu fort discuté et documenté ici.

Et cette question qui revient toujours: dans le domaine culturel, les directions générales et/ou artistiques devraient-elles avoir, pour le bien des organismes et le sain développement du milieu, une date de péremption? Une durée déterminée?

lundi 19 septembre 2022

Les rôles du metteur en scène selon Peter Brook

 

Le 2 juillet dernier décédait le grand metteur en scène Peter Brook. Praticien accompli, il s'est commis également à plus d'une reprise à la réflexion et l'écriture, pour laisser à la postérité théâtrale des titres incontournables comme L'Espace vide, Oublier le temps, Le diable c'est l'ennui et tant d'autres. Dans ses ouvrages, il décortique l'essence du théâtre, le cheminement créatif, la fonction du metteur en scène... comme par exemple, dans cet extrait (p.18) tiré de Points de suspension paru en 1992:

On doit distinguer deux sens dans l'expression «mettre en scène». La moitié de la tâche du metteur en scène consiste, bien sûr, à diriger, à prendre en charge, à décider, à dire «oui» et à dire «non», à avoir le dernier mot. L'autre moitié consiste à maintenir la bonne direction. Là, le metteur en scène - le director - devient un guide, il tient le gouvernail, il doit avoir étudié les cartes et savoir s'il se dirige vers le nord ou vers le sud. Il cherche constamment, mais pas au petit bonheur. Il ne cherche pas pour le plaisir de chercher, il a un objectif; un chercheur d'or peur bien poser un millier de questions, elles se rapporteront toutes à l'or. Un médecin qui cherche un vaccin peut varier les expériences à l'infini, toutes seront dirigées vers le traitement d'une maladie et non pas d'une autre. Si ce sens de l'orientation reste présent, chacun peut jouer son rôle aussi pleinement et avec autant de créativité qu'il en est capable. Le metteur en scène peut écouter les autres, se rendre à leurs suggestions, apprendre d'eux; il peut, surprise, virer de bord. Malgré tout, les énergies collectives seront au service d'un seul et unique but. C'est ce qui permet au metteur en scène de dire «oui» et «non», et aux autres de l'accepter.

Se déploie dans ces pages l'image d'un metteur en scène au service du texte, mais surtout, au service des comédiens et de l'espace. Quelques pages plus loin (p.28), il y a va, en réponse à une lettre qu'il a reçue, de cette (magnifique) conviction:

[...] Vous me demandez comment on devient metteur en scène. 

Les metteurs en scène de théâtre se nomment eux-mêmes. Un metteur en scène au chômage est un paradoxe, de même qu'un peintre au chômage - mais pas comme un acteur au chômage, qui est victime des conséquences. On devient metteur en scène en se disant metteur en scène et ensuite on persuade les autres que c'est vrai. 

dimanche 18 septembre 2022

Au théâtre, cette semaine! [Du 18 au 24 septembre 2022]

 

C'est la fin de la longue pause estivale qui a permis au théâtre de se montrer un peu partout: Sortie de secours du Théâtre À Bout Portant, Bas les masques! du Théâtre 100 Masques, Grande Baie du Théâtre du Mortier, Petit miracle à la Maison coupée en deux, la 35ième saison de La Fabuleuse et toutes les autres productions qui ont pris l'affiche entre juin et fin août! 

Maintenant, revenons sur la saison régulière. J'ai épluché tous les sites des compagnies, des diffuseurs, pour bâtir le calendrier théâtral 2022-2023. Mais il se peut fort bien que des trucs me passent sous le nez. Aussi, si vous avez vent d'événements à venir (notamment les représentations scolaires) vous pouvez me contacter par toutes les voies possibles...

Alors, cette semaine...

AUJOURD'HUI - 18 SEPTEMBRE 2022
13H-17H - SALON DE QUILLES LE DALLO (Chic.)
17H-21H - BAR À PITON (Chic.)


L'Imprévu Improvisation - organisme professionnel dont les mandats sont de valoriser cet art scénique, de le démocratiser, de former des improvisateurs en herbe (leur site web) - ira représenter le Québec au Mini-mondial d'impro qui se tiendra à Mons, en Belgique, du 12 au 23 octobre. Afin d'amasser des fonds pour cette aventure, ils proposent un improthon de 8h00 en continue. Les spectateurs peuvent aller les voir sur place... ou les suivre grâce à une webdiffusion sur leur page Facebook. Comme il s'agit d'une activité de financement, les dons peuvent être versés via cette plateforme: https://bit.ly/3CIx8Gz

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Les ateliers réguliers pour les enfants et les ados ont débuté hier pour le Théâtre La Rubrique et reprendront à compter de la semaine prochaine pour le Théâtre 100 Masques.

samedi 17 septembre 2022

Leurs scènes maritimes

 


Hier soir, je suis allé confronter à nouveau ma pratique théâtrale somme toute conventionnelle en allant voir  l'équipe de la défunte Chaire de recherche en Dramaturgie sonore de l'UQAC et ses collaborateurs qui présentait une synthèse de ces recherches sonores maritimes amorcées depuis 2018 déjà, à Puerto Narino, Saint-Nazaire (en France) et l'Île d'Anticosti ayant pour thème la mobilité sonore pour la création d'un théâtre environnemental et transmédiatique

Chacune de ces étapes avait, en leur temps, donné lieu à des séries de performances, de happenings, de balados. 

Puis voici, quelque quatre années plus tard, le point d'orgue de ces efforts, ces déplacements, ces écoutes, ces enregistrements. Non pas un résumé de ce qui s'est fait mais bien une réutilisation de ces traces, de ces mémoires... une quatrième traversée poétique et performative de ce que le son, le bruit, le silence peut provoquer sur les sens, sur l'imaginaire, sur le corps. Une nouvelle création, quoi!

Bien sûr, cette représentation est, de bout en bout, supportée par des hypothèses de recherche plurielles et inter(ou trans?)disciplinaires, des convictions d'approches scéniques, des objectifs d'utilisation qui rendent la proposition plus riche encore quand ils sont connus. 

Parce que c'est dense. 

L'équipe mise - comme dans beaucoup de leurs projets antérieurs - sur la décentralisation voire l'éclatement du propos, la multiplication des points de fuite, n'hésitant pas à faire se superposer les données (tant factuelles, corporelles, que sonores et picturales) dans un espace tout recouvert de bâches multicolores lui-même objet sonnant, à se servir du texte comme simple bruit de fond pour donner prépondérance à l'imagerie provoquée par l'écoute, à le masquer au point de presque l'effacer tout en le maintenant présent.

C'est, en quelques sortes, comme Jean-Paul Quéinnec le mentionnait en début de prestation, une ode à l'instabilité, métaphore de ces mers, de ces vagues qui arrachent tout ou font tout tanguer autour d'elles.

C'est d'autant plus touffu que chaque collaborateur de ce projet ambitieux y apporte, avec un réel engagement, sa propre méthodologie, sa propre préoccupation artistique, qui pour la présence du corps, qui pour la vidéo, qui pour la narration ou le conte, qui pour la performance.

Qu'en résulte-t-il? 

Un théâtre éminemment sensoriel, basé sur l'écoute (des lieux cités plus haut par les artistes et du rendu en salle de spectacle), qui se décline en plusieurs tableaux qui amalgament les pratiques... qui voguent, indistinctement, entre le théâtre documentaire, le théâtre poétique (avec, parfois, de fort belles images), le théâtre performatif, la narration, la vidéo d'art, la danse-théâtre, l'évocation mimétique, le contrepoint.

Encore une fois (et c'est là où, personnellement, je me sens étranger à ce type de prestation) ce n'est pas une représentation du discours, de la fable, du message. C'est un appel à notre propre écoute. Notre propre capacité à y planter notre espace mental. À partir du moment où ce principe est accepté, ne reste plus qu'à se laisser porter par toutes ces scènes maritimes.

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À chaque fois que je vois un projet de (feue) la Chaire, j'en ressors avec autant de questionnements que de réflexions, avec de brillantes ouvertures à de sérieuses remises en question de ma propre vision du théâtre! Et c'est en cela que ce type de projet est nécessaire et bénéfique pour un milieu comme le nôtre.

mercredi 7 septembre 2022

Une année théâtrale chargée...

La saison 2022-2023 sera, de mon côté, théâtralement chargée. Le tout pourra sembler conséquent - et ça l'est! - mais ce n'est pas tant différent que les années précédentes où le théâtre prend, dans ma vie quotidienne (que je notamment entre trois organismes culturels), une place prépondérante. Et ce, tant dans la pratique que dans la lecture et la recherche.

Alors voici un peu comment mes prochains mois se déclineront....

Ça commencera avec UNE NUITTE AVANT NOËL... Ce sera là le 15ième spectacle de Noël du Théâtre 100 Masques. Une petite production (maintenant traditionnelle!) qui nous permet de nous éclater, d'écrire une histoire à même le plateau et la mise en scène, de retrouver notre répertoire de chansons parodiées qui allient grivoiserie et vision grinçante des Fêtes. Un petit intensif de jeu, de personnages, de cohérence.

Presque au même moment, je me lancerai dans la troisième version scénique - qui aboutira à la Rentrée hivernale - de mon texte LES MAINS ANONYMES, une version monologique du mythe de Médée qui sacrifie ses enfants sur l'autel de son amour ravagé. Un texte que j'apprécie particulièrement.

À l'automne je jetterai les bases (distribution et conception) de la pièce TU TE SOUVIENDRAS DE MOI de François Archambault que je mettrai en scène pour le compte du Mic Mac. Ce sera, du même souffle, mon dixième passage au sein de l'institution robervaloise au cours des vingt dernières années. Des retrouvailles, en quelques sortes...

Enfin, je terminerai par la production estivale 2023 du Théâtre 100 Masques qui porte présentement le titre temporaire de THÉÂTRE D'ÉPOUVANTE! C'est un retour, là aussi, à un répertoire que j'affectionne particulièrement: le Grand Guignol! Du plaisir, des rires et bien de l'hémoglobine sont au programme!

samedi 14 mai 2022

De la réécriture d'après Goldoni!


La production estivale 2022 du Théâtre 100 Masques est en répétition. Au départ, il était question de prendre le texte original (enfin, une traduction) de Goldoni, Un curioso accidente, et d'en faire une mise en scène inspirée de la commedia dell'arte.

Le genre - tout pétri de vivacité, de spontanéité - a, en quelque sorte, appelé un travail de réécriture pour retrouver une musicalité, du ici et maintenant, du présent en cours. Pour retrouver une oralité propre à une immédiateté, toute mise en scène soit-elle. Et cette réécriture a été plus radicale que prévue.

Rapidement, le parti pris d'un langage très québécisé - voire même exagéré - s'est imposé. Quelque chose qui casse le ton littéraire, qui s'accorde mieux au naturel du comédien en action qui échange  avec le spectateur. Parce qu'avec le genre choisi vient également ce besoin de complicité avec le public, ce lien direct avec le parterre.

Une adaptation donc. Avec bien du gommage, bien des ajouts, bien des clin-d'oeils. Avec des tournures de phrases colorées et des permissions langagières nombreuses. Avec une réappropriation du texte. À tel point que celui que nous avons en main - et retitré Bas les masques! - sera pratiquement, au final, une création!

Et pourtant...

Malgré les aisances que nous avons pris avec le matériel textuel, l'argument de Goldoni reste le même: la mariage contrarié de deux amoureux par des parents opposés. Le classique d'entre les classiques! Ce sont les couples de Molière, de Corneille, de Marivaux! Un argument - vieillot, oui... mais toujours porteur d'embûches! - qui ne sera, ici, qu'un prétexte à des jeux de scène! 

L'articulation du récit reste la même, avec la même progression, les mêmes quiproquos, le même dénouement. Et  tout ça, en respectant, en un sens, les mêmes considérations: dans la pièce originale, il y a, tout au long de l'histoire, des tiraillements entre Hollandais, Français et Italiens qui nous ouvrent grand la porte à nos de guerres de clochers et préjugés bien locaux! 

Le tout passé à la moulinette du rythme. Chaque scène a été resserrée autour de l'essentiel, du squelette de l'enjeu dramatique. Les répliques (réécrites) ont été ciselées pour accélérer les échanges, pour les rendre plus prompts... bref, pour puncher. C'est mordant. C'est grinçant. Comme ça l'était aussi dans le texte original, dans les interstices de la littérature!

Les personnages restent les mêmes avec leurs caractères. Toutefois, par le jeu de la transposition/adaptation, par le jeu du langage, ceux-ci sont grandement exacerbés. Ce sont des personnages forts qui ne font pas dans la dentelle et qui ne s'empêtrent pas dans les nuances! 

Le résultat, en salle de répétition, est jouissif. C'est drôle et énergique... et toujours extrêmement proche de l'esprit de la pièce de Goldoni! 

dimanche 8 mai 2022

Au théâtre, cette semaine! [Du 8 au 14 mai 2022]



Nous nous approchons de plus en plus de la fin de la saison. Il reste encore bien des choses... mais bientôt ce sera le passage vers les productions estivales!

DIMANCHE, 8 MAI 2022, 15H
SALLE LIONEL-VILLENEUVE (ROBERVAL)


Le Théâtre Mic Mac présente enfin (après avoir repoussé la première pour cause de COVID) sa production annuelle, Ta maison brûle de Simon Boulerice: Depuis un bris de tuyau ayant provoqué une inondation, la maison de Murielle est infestée par la mérule pleureuse, un champignon qui détruit le bois et qui traverse la maçonnerie. La veuve de 61 ans se voit donc contrainte de brûler sa demeure ancestrale et tout ce qu’elle contient. Mais avant, pour commémorer leur vie dans cette précieuse maison, Murielle convie ses deux filles, devenues des Montréalaises actives à manger un repas qui tournera au délire dès l’arrivée de sa belle-sœur, la colorée Agnès. Entre la musique de John Cage, les ustensiles échappés au sol, le fantôme du père de famille et la crème glacée qui fond sur la pantry, elles plongent dans un doux délire collectif en évoquant les moments précieux passés dans cette demeure ancestrale. Informations et billets, ici.

MERCREDI À SAMEDI - 11 AU 14 MAI 2022 - 20H
SALLE MURDOCK (CHICOUTIMI)
DERNIÈRE (DE TROIS) SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS


Le Théâtre du Faux Coffre présente une nouvelle pièce mettant en vedette les Clowns Noirs et Mélanie Potvin: Double assassinat dans la remorque! Au printemps 2020, quatre clowns noirs sans travail trouvent refuge dans une maison de chambres tenue par la généreuse Madame Jeanne qui les loge et les nourrit. Un nouveau virus respiratoire les oblige à se confiner. Cette réclusion forcée et la fermeture de toutes les salles de spectacle de la province les perturbent profondément. Que faire quand on ne peut pratiquer son métier ? Chacun vit cette première vague à sa façon et particulièrement le comédien Piédestal qui se retrouve impliqué, contre son gré, dans une macabre et burlesque enquête policière que lui seul, dit-on, peut résoudre. Informations ici.

MERCREDI À SAMEDI - 11 AU 14 MAI 2022 - 20H
VIEUX COUVENT (ST-PRIME)


La Troupe de théâtre du Vieux Couvent présente Le Dîner de cons: Pierre Brochant, riche et célèbre éditeur parisien, organise chaque mercredi avec des amis un «dîner de cons ». Le principe : chacun amène un «con» et celui qui a déniché le plus spectaculaire est déclaré vainqueur. Ce soir, il en tient un bon, un vrai, la palme : François Pignon. Mais alors que le jeu devient palpitant, Brochant est soudain victime d'un atroce tour de reins et doit annuler sa soirée. Mais il aura tout de même l'occasion d'avoir un premier contact avec son champion. Passionné de modèles réduits en allumettes, ce dernier lui en fera voir de toutes les couleurs! Informations ici.

VENDREDI ET SAMEDI - 13 ET 14 MAI 2022 - 20H
(DIMANCHE, 15 MAI 2022, 15H)
SALLE LIONEL-VILLENEUVE (ROBERVAL)
DERNIÈRE (DE CINQ) SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS


Le Théâtre Mic Mac présente enfin (après avoir repoussé la première pour cause de COVID) sa production annuelle, Ta maison brûle de Simon Boulerice: Depuis un bris de tuyau ayant provoqué une inondation, la maison de Murielle est infestée par la mérule pleureuse, un champignon qui détruit le bois et qui traverse la maçonnerie. La veuve de 61 ans se voit donc contrainte de brûler sa demeure ancestrale et tout ce qu’elle contient. Mais avant, pour commémorer leur vie dans cette précieuse maison, Murielle convie ses deux filles, devenues des Montréalaises actives à manger un repas qui tournera au délire dès l’arrivée de sa belle-sœur, la colorée Agnès. Entre la musique de John Cage, les ustensiles échappés au sol, le fantôme du père de famille et la crème glacée qui fond sur la pantry, elles plongent dans un doux délire collectif en évoquant les moments précieux passés dans cette demeure ancestrale. Informations et billets, ici.

SAMEDI - 14 MAI 2022 - 13H30
SALLE PIERRETTE-GAUDREAULT (JONQUIÈRE)


La Rubrique reçoit le Petit théâtre de Sherbrooke et leur spectacle Le problème avec le rose: Tous les jours, Alix, Sasha, Lou et Noa se rencontrent dans un carré de jeu rose pour partager de vibrantes histoires. Parfois, un événement de l’extérieur modifie un peu leur quotidien : un avion est passé, il se met à pleuvoir… Rien de bien perturbant, jusqu’à ce qu’une terrible nouvelle leur parvienne : le rose, c’est pour les filles. C’est le cataclysme! Comment continuer à vivre comme si de rien n’était? Et puis le doute s’installe : sont-ils vraiment des garçons? Comment savoir? Projetés tous ensemble dans un impressionnant tourbillon d’émotions, ils s’aventureront à chercher de nouveaux repères, pour le pire et pour le meilleur. Le problème avec le rose, un spectacle teinté d’humour et d’absurde qui allie danse et théâtre. Informations ici.
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Le Théâtre 100 Masques est toujours en période d'inscriptions pour ses camps de théâtre thématiques 2022. Et de nombreux groupes affichent complet.
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Avec la saison estivale, Vicky Côté et le Théâtre À Bout Portant entreprendront bientôt leurs Sorties de secours avec leur ambulance! Surveillez-les!

dimanche 24 avril 2022

Et que pense-t-on de Sarah Bernhardt?

Sarah Bernhardt dans Jeanne d'Arc

Sarah Bernhardt dans La Dame aux camélias

La Divine - ou Sarah Bernhardt - a fait couler beaucoup d'encre lors de ses passages en territoire canadien. Les journaux rivalisent en louanges! Alors que d'autres - et ce sont mes préférés! - la pourfendent et trempent leur plume dans le venin pour s'en donner à coeur joie! 

Ainsi ces chroniques d'Archiloque - la mode était aux pseudonymes - publiées dans Le Courrier du Canada, en ce samedi 18 avril 1891... soit lors du second passage de l'actrice dans la métropole: