mercredi 8 avril 2026

Mettre en scène 2


Mettre en scène, c'est jouer, en amont des représentations, au chef d'orchestre avec un public imaginaire. Le manipuler. Le guider. L'amener là où on veut. C'est travailler dans l'optique de réactions à venir, qu'elles soient dans l'humour ou dans le drame. C'est travailler pour construire un échange actif entre la scène et la salle. 

Pour y arriver, il faut voir et entendre l'oeuvre en cours avec les yeux de ces autres qui la recevront. Que comprendront-ils? Que liront-ils? Il faut essayer de retrouver à chaque répétition, un regard neuf... malgré l'habitude. Malgré l'accoutumance à ce qui se fait devant. Malgré soi. Le risque étant de s'enfermer dans le processus en cours. De s'impliquer en fond dans l'idée, le concept, la recherche en occultant le destinataire principal.

Ce travail de mise en scène du public vient avec son corollaire: accorder la scène et ses différents éléments (jeu, technique, espace, rythme, etc.) comme le fait un accordeur sur un piano. Par touches successives. Le théâtre devient, à chaque fois, un instrument au sens propre. Avec ses notes. Son ton. Sa résonance. Et les ajustements qui surviendront nécessairement quand se lèvera le rideau et que débutera la vraie symphonie.

C'est donc dire que la mise en scène se termine au tout dernier salut d'un spectacle.

mardi 7 avril 2026

Mettre en scène


Cette semaine, je remets mon chapeau de metteur en scène - qui n'est jamais bien loin! - pour deux projets qui entreront en répétition pour le Théâtre Les Amis de Chiffon (pour décembre 2026) et pour le Théâtre 100 Masques (pour cet été). 

Mettre en scène, c'est réfléchir à qu'est-ce que nous dirons et comment nous le dirons. C'est donner une forme à une idée générale, en compagnie de collaborateurs, qui s'affinera avec le temps, la recherche, l'exploration et la validation. C'est créer une vie avec les interprètes. C'est faire advenir une théâtralité.

Mettre en scène, c'est plus que définir comment dire un texte et l'illustrer. C'est d'abord et avant tout créer une ou des situations réelles, véritable socle de l'oeuvre à venir. Puis c'est créer des dynamiques. C'est mettre en relation divers éléments: jeu, partenaire, espace, temps (le rythme, le tempo), mobilier, accessoires, technique, spectateur. Par leur conjugaison, c'est partir en quête de l'efficacité. De la force scénique.

Mettre en scène, au fond, c'est (ré)écrire en trois dimensions. Écrire sur un canevas polymorphe jusqu'à l'atteinte de l'unicité. De l'équilibre.

lundi 6 avril 2026

Les inductions du personnage


Le personnage est une étrange entité qui peut sembler simple au premier abord mais qui est d'une complexité surprenante dès qu'on s'y attarde.

Pour certains, le personnage est affaire de jeu, de sentiments et d'émotions. Concentré dans le faciès et l'effet vocal. Pour en mettre plein la vue, il faut comprendre le texte et se laisser porter par lui. Il faut jouer

Mais le jeu (ou l'idée primaire du jeu) peut parfois occulter de grands pans de ce qu'implique créer un personnage.

Car qu'est-il, au fond?

Le personnage est une dynamique scénique induite chez l'interprète par le texte, ça va de soit, mais aussi - et surtout, en un sens! - par le langage de la scène elle-même jusqu'à trouver son aboutissement dans le regard de l'autre. 

Qu'est-ce à dire? 

C'est d'abord affaire de convention(s). De choix. Entre l'interprète et le metteur en scène (et le concepteur). À partir d'une partition plus ou moins écrite selon ce qu'il s'agit d'un texte ou d'un canevas. Vrai que c'est une construction tridimensionnelle. Avec un corps. Une esthétique.

Le personnage est une forme.

Une construction qui devient discours en soi dès lors qu'il entre en scène. Avant même qu'il ouvre la bouche. C'est une attitude. Une présence. Mais comment se construisent cette attitude et cette présence? Par une mise en rapport entre l'interprète (et sa construction) et le texte. Entre l'interprète (et sa construction) et son partenaire. Entre l'interprète (et sa construction) et l'espace, incluant le mobilier et les accessoires. Entre l'interprète (et sa construction) et le spectateur. Un discours peut-être muet, mais terriblement parlant. Parce qu'il est déjà dans la performativité de la théâtralité.

Le personnage est un rythme, un tempo.

D'où l'utilisation à bon escient de l'autre moteur du discours: la voix. Comment en faire un outil efficace sans redoubler le discours visuel? Sans le surjouer? Sans le surligner? Comment définir le bon jeu vocal? Une voix peut facilement devenir le catalyseur de tout une panoplie de sentiments, d'impressions, de suggestions. Mais la voix d'un personnage ne devrait être qu'un outil, qu'un appui, une couleur. Pas le centre de l'interprétation.

Le personnage est un résonnateur.

Le personnage vrai tirera sa force de son positionnement dans l'aire de jeu, dans sa façon de s'y mouvoir à travers les obstacles, à travers des intentions, à travers les situations (les différentes mises en rapport). Parce qu'il n'existe réellement que dans ces dernières. La situation scénique (ce qui se passe à ce moment) est, en quelque sorte, son essence, son fondement. C'est là qu'il s'inscrit dans un système d'interrelations qui le fera. 

Le personnage est un double, à la jonction de celui projeté par l'interprète et de celui reçu et perçu par l'autre (partenaire et spectateur).

dimanche 5 avril 2026

La suspension consentie de l'incrédulité

 


Théâtre La Bordée. Québec. Je suis allé voir, hier soir, ce spectacle, La suspension consentie de l'incrédulité d'Émilie Perreault, animatrice à Radio-Canada notamment de l'émission Il restera toujours la culture.

Une proposition quelque part entre la conférence (théâtralisée, il est vrai) et le théâtre documentaire. Ni tout à fait l'une, ni tout à fait l'autre. Une proposition qui commence avec des questions sur lesquelles s'échafaudera le discours: qu'est-ce que nous faisons là? pourquoi sommes-nous là?

Nous savons, au théâtre, que nous verrons des personnages. Que nous nous ferons raconter des histoires. Que s'élaborera le mentir vrai auquel nous adhérerons - plus ou moins selon notre disponibilité du moment - en suspendant notre incrédulité. C'est le contrat tacite entre la scène et la salle: celui de la convention consciente. C'est en gros le sujet de la soirée. 

Il sera donc question de notre position de spectateur, avec ses attentes et ses turpitudes selon ce qu'il est accompagné ou non, préparé ou pas, pleinement présent ou ailleurs. Il sera question de l'oeuvre utile qui peut, en une épiphanie inexplicable, changer la trajectoire d'une vie. Transformer sa vision du monde. Asseoir des convictions nouvelles. Une fulgurance. Il sera question des synchronicités qui amplifie, par des circonstances exceptionnelles, les liens entre le spectateur et le spectacle. Il sera question de bien d'autres choses. Tout cela livré avec la simplicité d'une animatrice d'expérience pour qui la transmission des idées, des émotions est intrinsèque à son travail.

Pendant l'heure et quart que dure cette prestation, il est facile de se laisser guider dans une sorte d'introspection, un rappel de ses propres souvenirs de théâtre, de ses propres réactions, de ses propres questionnements. Et de sortir de la salle, au terme de la rencontre, avec des débuts de réponses toutes aussi impressionnistes que concrètes, glanées entre le flou de la mémoire et la netteté physiologique de l'évocation, sur la raison fondamentale qui pousse à aller au théâtre, par un soir d'avril.

samedi 4 avril 2026

Nouvelles acquisitions!

Québec. Déambulations expresses et volontaires vers la Librairie Laforce, rue Saint-Jean, principale contributrice à ma bibliothèque personnelle... tant du côté des pièces que des biographies, des essais théoriques, des rétrospectives, etc. 

Voici donc les nouveaux bouquins qui prendront la direction des mes tablettes:


... parce que ce sont là les monstres sacrés d'une époque éblouissante... mes obsessions...


... parce que ce bouquin est rempli d'images et de photographies sensationnelles...

... parce qu'il est bon de maintenir la mémoire de notre théâtre...

À ces ouvrages se joignent également un Album du Théâtre du Nouveau-Monde (paru en 1997 chez les Cahiers Jeu) et le no.8 des Cahiers de la société d'histoire du théâtre du Québec paru en juin 1992 portant sur le Vaudeville au Québec, 1900-1930. 

mercredi 31 décembre 2025

Sur nos scène (et dans le milieu!) en 2025


Outre les multiples productions et projets de toutes sortes, cette année (sur fond de crise culturelle pour une bonne partie de celle-ci) a aussi vu quelques événements qui ont marqué notre milieu théâtral et qui méritent d'être soulignés! (Encore là, je ne prétends pas à l'exhaustivité et il se  peut grandement que j'oublie des trucs, en quel cas, on pourra les ajouter en commentaire!)

_________________________________________________

6 au 8 janvier - Tenue de l'Intercollégial de théâtre (par le RIASQ) qui a rassemblé, au Cégep de Chicoutimi, quelques centaines d'étudiants de partout au Québec, avec des productions et des formations de toutes sortes

12 février - Nouvelle initiative québécoise (par l'artiste québécoise Myriam Verreault): Le 12 février, j’achète un billet pour une sortie culturelle québécoise

13 février -  Mylène Leboeuf-Gagné est nommée Artiste de l'année - SLSJ  par le CALQ

27 mars - Benoit Lagrandeur (qui a annoncé son départ du Théâtre La Rubrique) reçoit le prix Sentinelle - Carrière 2025 remis par Conseil québécois du théâtre (CQT)

23 avril - Marque le retour de Trac (Patrice Leblanc) au sein de la confrérie des Clowns Noirs du Théâtre du Faux Coffre

17 mai - Décès du comédien Richard Desgagné (qui a joué surtout avec Les Têtes Heureuses)

5 au 7 juin - Tenue, à l'UQAC, du colloque annuelle de la Société québécoise d'études théâtrales (SQET) qui réunit divers universitaires de partout au Québec

8 juillet - Annonce de la nouvelle direction artistique du Théâtre La Rubrique: Jocelyn Pelletier

Au cours de l'été, le Théâtre CRI  annonce l'arrivée de Marilou Guay Deschênes à titre de nouvelle directrice générale et de co-directrice artistique artistique (après le départ de Marilyne Renaud)

10 décembre - Vicky Côté est nommée Artiste de l'année - SLSJ  par le CALQ

_____________________________

Les disparus du milieu théâtral québécois et international: Kim Yaroskevskaia (12 janvier), Antonine Maillet (17 février), Denise Boucher (18 mars), Jean-Claude Germain (24avril), Claude Poissant (6 juillet), Robert Wilson (31 juillet), Béatrice Picard (9 décembre)



vendredi 26 décembre 2025

Le théâtre... arbre de mort!

 


Ce beau petit passage exalté est tiré de long article paru dans le très modéré (!) Écho du cabinet de lecture paroissial de Montréal du 21 juin 1860.

samedi 20 décembre 2025

Sur nos scènes, en 2025!


Voici, en ordre d'apparition au calendrier, les différents rendez-vous théâtraux locaux, faits ici par des gens d'ici, qui ont parsemé l'année qui vient de s'écouler, sur l'ensemble de notre territoire régional. S'y retrouvent, pêle-mêle, les productions professionnelles, les productions en théâtre de loisir d'envergure (entendre ici par des organismes structurés), les productions académiques (collégiales et universitaires), les autres projets à caractère scéniques (laboratoires, lectures, etc.). J'ai placé à la fin de cette liste les différents projets qui sont sortis de la région également. À tenter d'être le plus exhaustif possible, il se peut que certains trucs soient passées sous mon radar. Il sera possible des les ajouter en commentaire.

Dans cette liste, j'ai omis volontairement toute production théâtrale venue de l'extérieur en diffusion (parce qu'à tous nos efforts pour dynamiser ce milieu s'ajoutent ceux de nos collègues diffuseurs spécialisés et pluridisciplinaires).

Notre théâtre régional est foisonnant, dynamique, diversifié! 
Mais il aura toujours besoin de votre présence, 
de vos encouragements, de votre soutien!
______________________________________

JANVIER
Petites leçons - en reprise, par le Théâtre du Mortier 
L'autre dans la Cité - en reprise, par La Tortue Noire
Celles que je porte par Marilou Guay Deschesne/Théâtre La Rubrique
Coup de vieux - en lecture, par le Théâtre Mic Mac
Le coffre bleu par l'Imprévu Improvisation
Le Cabaret par l'Imprévu Improvisation
Le petit cercle de craie - en reprise, par La Tortue Noire
Ce qui nous lie par Lucille Larroque (laboratoire du collectif Baba Yaga II)

FÉVRIER
Ésopette ou les fables rapiécées - en reprise, par le Théâtre Les Amis de Chiffon 
Le petit cercle de craie - en reprise, par La Tortue Noire

MARS
Les Lectures de Diogène - en reprise par le Théâtre du Faux Coffre 
Île-à-Dumais - en reprise, par le Collectif du Faben
Ficelles et marionnettes - en reprise, par Les Anipluches
J'accuse/J'aime par Daphné Paré (fin de bacc. UQAC)
Les chambres de Schrödinger par Jean-Mark Randria (fin de bacc. UQAC)
Pour la vie - en reprise, par le Théâtre À Bout Portant
Quelqu'un meurt à la fin par Marie-Josée Belley (fin de maîtrise UQAC)
Ainsi passe la chair - en reprise, par la Tortue Noire
Le Clone est triste, par la Troupe de théâtre de l'Âme (Cégep d'Alma)
L'Autre dans la cité par la Tortue Noire 
37 solutions par la Troupe Orange Bleue (troupe étudiante du Cégep de Jonquière)
Le chant du Koï par la troupe étudiante du Cégep de St-Félicien)
Ésopette ou les fables rapiécées - en reprise, par le Théâtre Les Amis de Chiffon 

AVRIL
L'Asso Six par la Troupe Les Mal-Avenants (troupe étudiante du Cégep de Chicoutimi)
Ésopette ou les fables rapiécées - en reprise, par le Théâtre Les Amis de Chiffon 
Bénévolat par le Théâtre Mic-Mac
L'amoure looks something like you par les étudiants du BIA (UQAC)
Strict Minimum - en reprise, par le Théâtre À Bout Portant
Le grand réveil  par le Théâtre du Faux Coffre
La reine de l'arène par l'Imprévu Improvisation
Spectacle improvisé par l'Imprévu Improvisation

MAI
Gloucester (délire shakespearien) par la Troupe du Vieux Couvent de St-Prime
Sortie de secours - en reprise (et tout l'été!) par le Théâtre À Bout Portant
Le Trio par l'Imprévu Improvisation

JUIN
Les Chaises par le Théâtre 100 Masques
2025 entre intelligence artificielle et bêtise humaine par la Tortue Noire
Caravane Country par La Route des légendes (La Caravane en panne)
Hanter le paysage par l'équipe de Dramaturgie sonore
Avec les chèvres par l'équipe de Dramaturgie sonore

JUILLET
Wannabago Blues par les Zanimés et Bruno Paradis 
Dialogue: corps et matière laineuse par Claudia Blouin(laboratoire du collectif Baba Yaga II)
Lypsinc sur archives audio par Marilou Guay Deschênes  (laboratoire du collectif Baba Yaga II)
Ésopette ou les fables rapiécées - en reprise, par le Théâtre Les Amis de Chiffon (dans le cadre du FIAMS)
2025 entre intelligence artificielle et bêtise humaine  par la Tortue Noire (dans le cadre du FIAMS)
Le grand oeuvre - en reprise, par la Tortue Noire (dans le cadre du FIAMS)
Sur appel - en reprise, par le Théâtre À Bout Portant (dans le cadre du FIAMS)
Dompter la bête par Mylène Leboeuf-Gagné (dans le cadre du FIAMS)
Ficelles et marionnettes - en reprise, par Les Anipluches
Camping par La Route des légendes (St-Eugène d'Argentenay)
Les survivalistes par La Route des légendes (Centre touristique Vauvert)
Marché au puces Chez Manon par La Route des légendes (Maison coupée en deux)
Exils et sentiments par le Théyâtre du Ben Beau
Folies d'été improvisées par l'Imprévu Improvisation

AOÛT
Le grand réveil - en reprise par le Théâtre du Faux Coffre
L'Autre dans la cité par la Tortue Noire 
Le cabaret de la Rentrée avec Madame Mö par l'Imprévu Improvisation

SEPTEMBRE
Peluches par Keven Girard (dans le cadre du Jamais Lu Mobile)
Les Glaces - en lecture par le Théâtre Mic Mac 
Prélude par l'Imprévu Improvisation
Ficelles et marionnettes - en reprise, par Les Anipluches

OCTOBRE
Papier de soi par le Théâtre du Mortier
Le dernier rappel par Marie B. Théâtre
Ésopette ou les fables rapiécées - en reprise, par le Théâtre Les Amis de Chiffon 

NOVEMBRE
Le Harold par l'Imprévu Improvisation
Le Coffre bleu par l'Imprévu Improvisation
Fragments de mensonges inutiles par le Théâtre des 4 Planches
Co-création : chantier d'un ADN commun par Marilou Guay Deschesne et Émilie Gilbert-Gagnon (laboratoire du collectif Baba Yaga III)
Deux temps trois mouvements par l'Imprévu Improvisation
Trop humains - en lecture, par le Théâtre Mic Mac
Les lectures de Diogène - en reprise, par le Théâtre du Faux Coffre
Jean Vaillant - en reprise, par le Théâtre du Faux Coffre 
Flamme Nordique par Pierre-Olivier Bouchard (laboratoire du collectif Baba Yaga III)

DÉCEMBRE
Un Noël d'épouvante! par le Théâtre 100 Masques
Les 12 travaux de Noël par La Route de légendes
CHUT! - Une histoire de placard (petit drame pour enfants avertis) par le Théâtre Les Amis de Chiffon 
Ésopette ou les fables rapiécées - en reprise, par le Théâtre Les Amis de Chiffon 
Centre d'achats - en lecture, par le Théâtre Mic Mac
Le Noël des Anipluches par les Anipluches
Malma mater - feuilleton théâtral - par Hugues Fortin (IQ L'Atelier)
Le petit prélude par l'Imprévu Improvisation
Le cabaret par l'Imprévu Improvisation
___________________________________
Puis en parallèle 
FIAMS en juillet 2025
________________________________________
Les projets qui sont sortis de la région
L'Imprévu Improvisation - Europe
Dramaturgie sonore - Belgique
Ficelles et marionnettes  par Les Anipluches (Les Escoumins)
Ésopette ou les fables rapiécées du Théâtre Les Amis de Chiffon (Chibougamau, Longueuil)
Pour la vie du Théâtre à Bout Portant (Montréal, Castelier)
Sur appel du Théâtre À Bout Portant (Zones théâtrales)
Strict Minimum du Théâtre à Bout Portant (Ontario)
Ainsi passe la chair de la Tortue Noire (Éboulements, Italie,
Dompter la bête de Mylène Leboeuf-Gagné (France, Mexique)
2025 entre intelligence artificielle et bêtise humaine  de la Tortue Noire (Mexique, France)
L'Autre dans la cité de la Tortue Noire (France, Éboulements)

vendredi 25 avril 2025

Une autre production étudiante à l'UQAC

 

C'est une belle production étudiante que proposent les professeurs Jean-Paul Quéinnec et Alexandre Nadeau au Théâtre de l'UQAC en cette fin de session. 

À partir d'un texte d'Éric Noël (qui vient d'être nommé à la direction artistique du Jamais Lu), L'amoure looks something like you, s'est construit, dans la salle, un déambulatoire complexe composé de six petits univers distincts bien qu'interreliés dont les représentations sont données dans un contexte particulier: la simultanéité. Ainsi, chaque équipe présentera six fois son travail, pendant l'heure prévue, devant de petits groupes de spectateurs qui se relaieront, de recoins en recoins utilisant l'entièreté du théâtre.

Chaque univers fait la part belle à la technologie (vidéo, maping, musique, lumières) pour supporter la partition percutante, mêlant fait divers et histoire personnelle, considérations familiales et quête identitaire. C'est poétique. Sensible. Émouvant même. L'enrobage scénique atteint un bon point d'équilibre pour dire et évoquer sans sombrer dans la simple démonstration des possibilités.

Les dix-huit étudiants s'engagent dans la représentation avec manifestement beaucoup de conviction, et avec une unité étonnante pour ce groupe éclectique. Chaque comédien en devenir se fait aussi régisseur en direct - et là réside aussi l'un des objectifs du projet -  et manipule lui-même son esthétique. Le travail de corps est globalement intéressant. De même que plusieurs interprétations (de personnes pour qui c'est parfois la première expérience théâtrale). Chaque scène impose presque un rapport de confessionnal à l'espace, au spectateur, à la médialité. Des relations qui se font avec un naturel et une aisance qui attire l'attention.

Si au départ, la réception du texte peut sembler difficile (parce que la chronologie du texte est éclatée, parce que la simultanéité crée un bruit de fond surprenant, parce que le jeu manque parfois un peu de force), on se laisse rapidement bercer par l'impressionnisme de la chose sans chercher à retrouver le fil directeur... et ça marche! Le théâtre - au propre comme au figuré - devient presque rituel.

Un projet à voir.

mardi 18 mars 2025

Un autre Ostermeier

Et un autre bouquin pour agrémenter ma bibliothèque. Il s'agit d'un ouvrage fait à partir de la thèse de doctorat de Delphine Edy sur l'oeuvre, la vision, la démarche de Thomas Ostermeier, l'un des grands metteurs en scène occidentaux actuels (qui dirige le Schaubuhne de Berlin). Un metteur en scène puissant. Complet. Brillant. 

Ce samedi, j'aurai le privilège de voir son Histoire de la violence d'après Édouard-Louis, au Diamant, à Québec. Hâte!


dimanche 16 mars 2025

Une solide introduction au jeu masqué

 


Transmettre, c'est renforcer les liens entre ce qui a été et aujourd'hui. Ce que l'on transmet n'appartient pas au passé, il vient d'un passé pour constituer un futur. Il fait dialoguer les temporalités.
Guy Freixe, p. 12

Cet exergue est tiré de l'introduction de l'ouvrage Le masque en jeu - Une école de l'acteur de Guy Freixe, paru en 2024 chez Deuxième époque (dans la collection Les voies de l'acteur). Je suis allé le cherché hier à la librairie et j'ai commencé à la lire.

C'est, depuis un petit bout, le meilleur bouquin sur la pratique théâtrale. Vraiment bien construit, à partir d'ateliers donnés par l'auteur au cours des décennies (parce que l'expérience se sent dans ces lignes!). Les exercices sont bien amenés, étayés par les objectifs et par les éléments qui peuvent être retenus. Et tout ça, brodé sur des considérations générales du masque (européen, oriental, antique), de ses différentes méthodes, de ses composantes. 

mardi 31 décembre 2024

Sur nos scènes (et dans le milieu), en 2024!


Outre les différentes productions qui ont parsemé l'année qui vient de s'écouler (qu'on peut apprécier dans le billet précédent), voici quelques autres éléments (de mon point de vue, il va sans dire!) qui ont animé notre milieu théâtral.
 
JANVIER

8 janvier - C'est mon entrée officielle au Théâtre Les Amis de Chiffon à titre de directeur général et artistique, prenant la succession de Marie-Pierre Fleury qui se redirige vers l'enseignement. (Voir ici.) 

Au national, deux grands noms annoncent leur départ: Lorraine Pintal (qui dirige le TNM depuis 32 ans) et Ginette Noiseux (à la barre de l'Espace Go depuis 40 ans).

FÉVRIER

1er février - Nombre d'organismes culturels (et donc théâtraux, pour ce billet) déposent leur demande de Soutien à la mission auprès du CALQ en se croisant les doigts pour que les réponses soient à la hauteur des attentes. (C'est la première opportunité depuis 2017, date du dernier exercice.)

MARS

23 mars - Le Théâtre Mic Mac annonce ses nominations au Gala des Arlequins, organisé par la FQTA: Prix du jury et Meilleur comédien pour Tu te souviendras de moi, Innovation théatrale pour Le parc DesIllusions). Le Théâtre des 4 planches reçoit une nomination pour Meilleure courte apparition pour Arlequin serviteur de deux maîtres. La Troupe du Vieux Couvent de St-Prime est nommé dans les catégories Prix du jury et Meilleure courte apparition pour Couples.

AVRIL 

4 avril- Ian Gailer (la firme Gailer & co. ayant été mandatée par le groupe de compétence en théâtre de Culture SLSJ et Ville Saguenay) présente, après plusieurs mois de travail l'étude Développement du milieu théâtral de Saguenay et des environs - Saguenay en scène: Dynamiser le milieu théâtral de la Ville.

MAI 

2 mai -  Le Théâtre La Rubrique (pour le FIAMS) est mis en nomination, au Gala des Dubuc 2024 (organisé par la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord), dans la catégorie Tourisme et Événement de l'année.

29 mai - Fumer sur scène? C'est le retour d'une possibilité après quelques années d'interdiction! (Voir ici.)

JUIN 

En juin, la Salle Murdock reçoit un peu d'amour... et elle en avait grandement besoin! C'est comme ça qu'elle a reçu et une bonne couche de peinture noire et un nouveau plancher résilient.

13 juin - Ville de Saguenay désigne le foyer à l'étage du Centre culturel du Mont-Jacob du nom de Salon Michel-Dumont, en hommage au grand comédien disparu. (Voir ici.)

25 juin - Ville d'Alma annonce la réalisation d'une fresque en hommage au comédien Michel Côté, disparu (qui a participé, dans les années 60, au rayonnement  du TPA). (Voir ici.)

JUILLET

8 juillet - Les réponses du CALQ entrent dans les boîtes courriel des organismes qui ont déposé des demandes au programme Soutien à la mission. De façon générale, partout dans le milieu culturel (et théâtral), celles-ci sont accueillies froidement. Un gros mélange de déceptions, d'incompréhensions, de colères, de soulagements. (Très) Rares sont ceux et celles qui jubilent.

AOÛT

22 août - Le milieu théâtral professionnel est convié au BaP pour un 4@7 théâtral dans le but de discuter de mobilisation et de concertation. Une trentaine de participants de réunissent. Mais quelle suite? (Le 12 décembre, Culture SLSJ envoie un courriel général pour annoncer une grande réflexion sur la concertation et les groupes de compétences.)

27 août - Un projet de mutualisation autour du Centre des arts et de la Culture de Chicoutimi réunit les compagnies en résidence: Théâtre Les Amis de Chiffon, Tortue Noire, Théâtre 100 Masques, Théâtre du Mortier, Théâtre À Bout portant, Théâtre du Faux Coffre et Imprévu Improvisation.

OCTOBRE

11 octobre - L'Imprévu Improvisation lance la concentration artistique Improvisation théâtrale et arts vivants qui prendra son envol en 2025-2026, à l'École Lafontaine.