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vendredi 26 décembre 2025

Le théâtre... arbre de mort!

 


Ce beau petit passage exalté est tiré de long article paru dans le très modéré (!) Écho du cabinet de lecture paroissial de Montréal du 21 juin 1860.

mercredi 24 juillet 2024

De l'Église comme protectrice du théâtre

L'un des sujets récurrents de ce blogue est l'opposition de l'Église au théâtre. Cette récurrence occulte pourtant un fait indéniable, beaucoup plus nuancé.

Dans toute l'histoire du théâtre (tant la nôtre que celle universelle), l'Église occupe souvent (et longtemps) un rôle paradoxal: de contemptrice de l'art dramatique à ennemie acharnée contre les jeux et les comédiens n'hésitant pas à lancer les anathèmes et les excommunications, à exercer la mise à l'index et la censure... elle est aussi la précieuse gardienne de la tradition dans les moments chaotiques et les passages à vide (par les guerres, les famines, les bouleversements sociaux) et sait se faire creuset d'un renouveau scénique. 


Gaston Baty - l'un des quatre grand metteur en scène du Cartel français - y va d'une bonne métaphore dans Rideau Baissé, paru chez Bordas en 1949:

Aux nécropoles égyptiennes, pour nourrir l'âme toujours errante, les prêtres ont enseveli près du mort des grains de blé, et dans la nuit des chambres sèches, le blé ne s'est pas corrompu. Lorsque les hommes osèrent violer la paix millénaire des sépulcres, ils brisèrent les vases où dormait la semence et la rendirent à la bonne terre humide sous le soleil. Et le blé deux fois plus vieux que le christianisme est de nouveau monté en épi. Ainsi l'Église, durant les siècles noirs [entre l'Antiquité et le Moyen-Âge], préservait la semence du Drame.

Toujours selon Baty, ce que l'Église à combattu par ses Pères, ce n'est pas le grand répertoire - Eschyle, Euripide, Sophocle, Aristophane et quelques Latins - mais la déchéance de ces genres qui ont mené vers la pantomime grivoise et licencieuse. Sans elle, le théâtre aurait cessé d'exister. Rien de moins.

Puis la terre trembla sous le galop des hordes. [...] Le monde antique avait été submergé sous les invasions barbares, et, pareils aux pêcheurs qui parfois écoutent les cloches de la ville engloutie, quelques clercs gardaient seuls le souvenir confus de ce qui avait été le Drame. Alors, toutes les lumières éteintes, hormis la lampe des sanctuaires, l'Église offrit asile aux débris des antiques civilisations. Elle rangea au long de ses nefs les colonnes des temples ruinés, ouvrit les couvent aux vieux poètes, et recueillit dans la liturgie, le principe essentiel du Théâtre.

C'est par l'Église que viendront les mystères et les jeux. C'est de ses parvis que s'élanceront les farces et le théâtre profane. C'est, à notre niveau, par elle que le germe théâtral continuera dans une Nouvelle-France austère et dans une colonie britannique aux enjeux identitaires. C'est par elle, enfin, que la professionnalisation québécoise prendra ses racines.

samedi 27 janvier 2024

À un fléau près...

Quel est le plus grand fléau qui nous menace? Les épidémies? La pauvreté et la famine? La violence et le crime? Mais non! 


Cette belle mise en garde contre ce fléau qui menace de s'abattre sur la métropole (qui ne le mérite pas malgré ses turpitudes!) a été publié le jeudi, 8 septembre 1881, dans l'auguste journal La Vérité dont le slogan est Veritas Liberabit Vos - La vérité vous rendra libre.

C'est un de mes grands plaisirs que de me perdre dans les archives numériques de BAnQ et de feuilleter ce type de journal aux accents moralistes!

vendredi 23 septembre 2022

Paix à leur âme... mais tant pis pour eux!

Photo de l'intérieur du Iroquois Theater après le sinistre incendie (référence)

Quand il s'agit de théâtre, la moralité du début du XXième siècle montre parfois un drôle de visage revanchard, mesquin. Un ultramontanisme surprenant...

Le 30 décembre 1903, le Iroquois Theater de Chicago s'enflamme et emporte avec lui 602 personnes. Un accident qui a fait couler beaucoup d'encre... et parfois trop.

J'en ai déjà parlé ici... pour publier un article publié sous le pseudonyme de Joliette quelques semaines après les faits, qui ne se distinguait pas par la charité chrétienne... 

Eh bien, par hasard, en feuilletant le très conservateur journal La Croix du 14 février 1904 (je sais, j'ai de drôles de hobbys) je suis retombé sur ce (ou cette?) Joliette, qui s'était commis quelques jours auparavant, profitant de cette tragédie pour faire le procès du théâtre dans d'étranges démonstrations:




samedi 23 avril 2022

Quand le théâtre tourne mal...

J'aime beaucoup le site de l'Observatoire de la vie littéraire (ici) qui est, si je comprends bien, affiliée à la Sorbonne. En fait, j'aime particulièrement l'un de ses projets, La Haine du théâtre (ici), qui a pour ambition d’explorer l’histoire des controverses sur le théâtre en Europe, à travers une série de manifestations scientifiques et grâce à l’édition numérique des textes polémiques. C'est une mine d'informations fort riche où il fait bon se perdre! Il y a de tout... et souvent aux extrêmes!

On y découvre des mandements, des traités, des sermons... ou encore, des récits comme celui-ci qui servent à illustrer tout la malfaisance du théâtre et la punition qui s'abat sur ces faux idoles:


RECIT TOUCHANT
LA COMEDIE
JOUEE PAR LES
JESUITES, ET LEURS
DISCIPLES, EN LA VILLE DE
Lyon, au mois d'aoust
de l'an 1607

Les jésuites nouvellement rétablis à Lyon [...] firent-ils le dessein d’une grande et superbe représentation, que nous appelons comédie. Aucuns diront que le mot est trop bas, à cause de ce qui fut représenté: voire que la fin requiert qu’on lui donne le nom de tragédie. Car ils y introduisirent Dieu, les sauvés, les diables, les damnés, charpentèrent un paradis, un purgatoire, un enfer: et tout cela se tourna en luctueuse catastrophe, comme je le dirai ci après. Mais toutes leurs inventions étant ridicules, en introduisant leurs disciples pour faire des idoles sur leurs échafauds, ils se sont moqués d’eux mêmes, de leurs disciples et auditeurs. [...] 

La comédie en question fut un récit pour lequel prononcer furent introduits plusieurs jeunes hommes de diverses maisons de Lyon, au nombre de quatre-vingts ou cent, en divers équipages. Selon les personnages qu’ils représentèrent, les pères et mères faisaient grande, ou moyenne, ou petite contribution. Il y avait un Dieu jésuitique, qui vraisemblablement paya plus que les autres, en après un Jésus-Christ à sa droite environné d’anges avec leurs trompettes sur le plus haut théâtre, qu’ils appelaient paradis. En un autre plus bas étaient d’un côté le pape et sa suite, les rois catholiques, et chrétiens : d’autre part les Turcs, le prêtre Jean, les mécréants et hérétiques. Au dessous était l’enfer, où se voyaient quelques diables et Lucifer leur maître, accoutrés selon le dessein des jésuites : la fin du jeu était de contrefaire un jugement dernier, puis le salut des uns, et la damnation des autres. Tous les théâtres dressés au collège des jésuites étaient environnés de divers échafauds pour les personnes de qualité, qui payèrent largement la vue de cette drôlerie. Comme aussi tous les frais d’icelle furent fournis par les pères et mères dont leurs enfants jouaient lors.

Le premier jour du jeu, [...] plusieurs pétards et autres nouvelles inventions de Salmonée devaient contrefaire les tonnerres et éclairs, durant lesquels Lucifer et sa bande tireraient les damnés en leur enfer. Ainsi qu’ils commencèrent à lâcher leur premier pétard ou petit tonnerre jésuitique, le temps auparavant serein se brouille tout à coup, une nuée crève, une ravine d’eau s’épand et verse l’espace de deux heures durant sur les drôles du paradis et de l’enfer des loyolites. Leur idole ou nouveau dieu quitte vitement son échafaud, suivi de sa cambrade, étonné, comme fut tout le reste des joueurs et des spectateurs, non seulement de la pluie du tout extraordinaire, mais aussi des vrais tonnerres d’en haut et de la foudre qui tomba sur une maison proche de celle des jésuites, où elle fit du ravage, dont plusieurs des joueurs fort effrayés depuis sont morts : et tient-on compte de neuf ou dix des principaux, au moins. Aucuns disent beaucoup d’avantage. Entre autres, celui qui contrefaisait Dieu, et celui qui jouait le personnage de Lucifer, tellement emportés de maladie pour s’être trop échauffés, que l’on a pu y remarquer le secret et redoutable jugement du Tout Puissant sur telles abominations et attentats exécrables contre celui qui domine au ciel et en la terre. [...] 

J’ajouterai ce mot, venant de quelqu’un digne de foi, pour déclaration de ce que j’ay touché en un mot. Le deuxième jour (dit-il) comme l’on eût mis le feu au premier pétard, voila l’air auparavant bien clair qui se va couvrir d’une nuée si épaisse, et une pluie si impétueuse survient, qu’on ne pouvait aller par les rues de Lyon. Outre plus les éclairs étaient si fréquents et les tonnerres si effroyables, que plusieurs pensaient que ce fût la fin du monde. Et je crois fermement (dit encore ce personnage) que Dieu étant courroucé de telle impiété manifestait sa puissance. Entre trois tonnerres qu’il fit, il y en eut un si terrible, que la foudre chut sur une tour qui est au bord du Rhône, joignant le collège des jésuites. Céans y avait un homme qui fut blessé, et une femme tuée. La foudre rompit la cheminée par où elle entra, puis, sortie par même endroit, se jette sur un bateau chargé de bois, qu’elle fait couler au fond du Rhône. Ce sont ses mots.

[...]

Le vrai, tout-puissant, juste et miséricordieux Seigneur du ciel et de la terre veuille ouvrir les yeux aux disciples des jésuites, pour leur faire connaître de quel esprit leurs docteurs sont poussés: fortifie et confirme en la profession de sa sainte parole tous ceux qui l’aiment de conscience non feinte. Amen, fait ce 22. d’Août. 1607.

En fait, c'est là le même type de récit - théâtre et punition divine aussi spectaculaire que rédemptrice! - qu'utilisera Monseigneur Bourget, archevêque de Montréal, deux cent cinquante ans plus tard (ici). 

mercredi 12 janvier 2022

Saint Genès - comédien et martyr

Saint Genès (ou Genest... c'est selon) est, oui. le saint patron des comédiens. Sa fête est célébrée le 25 août de chaque année. J'en ai déjà brièvement parlé ici

Mais voici, ce matin, un long article du Radiomonde du 12 novembre 1949 sur le personnage:



mardi 4 janvier 2022

Quand le contempteur anonyme passe au tordeur...

 

Il est tellement rare de trouver des défenseurs du théâtre dans les archives journalistiques de la fin du dix-neuvième et du début du vingtième siècle, qu'il m'est difficile de passer à côté de celui-ci, publié le 19 décembre 1894 dans L'Électeur

Il s'agit d'une lettre vitriolique - anonyme elle aussi - qui s'élève contre la bigoterie d'un autre signataire - sous le pseudonyme de la Société St-Vincent de Paul - qui s'acharne contre le théâtre:

lundi 3 janvier 2022

Le théâtre... un danger sans cesse renaissant

 

Il y a quelques temps déjà que je n'ai publié sur ce blogue de beaux petits morceaux de rhétorique contre le théâtre, tous pétris de vertu, de moralité, de religiosité. La littérature journalistique et les sermons du clergé sont, à  ce titre, une mine infinie de trouvailles en début du vingtième siècle.

Voici donc, en ce samedi 20 novembre 1909, ce que Le Courrier de St-Hyacinthe, sous la plume de Jules Dorion, avait à dire à ce propos (et j'ai particulièrement un faible pour les dangers qui guettent le bon père de famille...):


L'évêque de Montréal dont il est question ici est - l'article le mentionne au détour d'une phrase, Monseigneur Paul Bruchési (évêque de 1897 à 1939)...


...ardent contempteur du théâtre comme le démontre ces billets antérieurs de blogue.

mardi 24 août 2021

Opportune intervention

Au cours des années '20, le journal Le Devoir se mêlait, lui aussi, de théâtre et de moralité. Encore plus même! Il se réjouissait, en ce 25 février 1921, sous la plume du rédacteur Omer Héroux, d'une résolution passée à la Ligue du Sacré-Coeur de l'Immaculée-Conception...


... semonçant la dépravation du théâtre de Montréal et appelant, en quelque sorte, à l'établissement d'un organe de censure:


Pour faire plus complet, je suis aussi allé cherché dans les archives, la résolution parue la veille, dans le même journal:




dimanche 11 juillet 2021

Quand «menacée» n'est pas assez dire!


Il y avait longtemps déjà que Monseigneur Paul Bruchési, archevêque de Montréal (1897-1939) et virulent contempteur du théâtre, n'était apparu dans ce blogue (après ses passages remarqués ici).

Comme je ne manque jamais une chance de mettre en valeur ses logorrhées anti-théâtre (et bien honnêtement, condescendantes), je ne pouvais passer à côté de cette lettre pastorale donnée en chaire le 26 novembre 1905 et publiée dans le journal La Croix quelques jours plus tard, le 2 décembre:

vendredi 9 juillet 2021

Au bûcher, l'auteur malpropre!

Le journal La Vérité, dont la parution s'échelonne de la fin du XIXième jusqu'au début du XXième siècle recèle les plus beaux petits articles virulents contre le théâtre, empreints de moralité et de bigoterie. Où les critiques ne sont pas artistiques, mais religieuses! S'il n'existait pas, nombre de billets de ce blogue n'auraient vu le jour!

En voici un du 15 avril 1893... qui pousse des cris d'orfraie contre un auteur malpropre (!) de drames sacrés:



Qui donc est cet auteur malpropre? Sa biographie wikipédienne définit Armand Silvestre comme un poète, romancier, dramaturge, critique d'art. Et l'oeuvre dont il est question, Les Drames sacrés, a aussi comme collaborateur, le compositeur Charles Gounod. Rien de moins.

samedi 1 mai 2021

Du théâtre satanique...

J'ai souvent, sur ce blogue, fait état de la lutte acharnée de dévots envers le théâtre. Parce que généralement, les arguments sont savoureusement manichéens: évitez le théâtre ou soyez condamnés! On peut lire toute une série de ces écrits journalistiques, lettres, mandements, ici.

C'est pourquoi je fus tout de suite attiré par cet article du Courrier du Canada de ce 30 mars 1883 où le rapporteur turinois s'est manifestement étranglé d'indignation, s'étouffant dans son encre et sa religion. 

Le début, d'ailleurs, est un autre beau morceau d'éloquence qui donne du poids (!) à tout le reste de son argumentaire.

L'auteur de cette oeuvre (une poésie provocante qui fait de Satan, selon Wikipédia, le symbole de la rébellion contre la vie et le progrès écrite en 1863), Giosuè Carducci, obtiendra le prix Nobel de littérature en 1906. 


mardi 6 avril 2021

Un organe de censure tentaculaire

Voici un organe de censure théâtrale mis en place par les évêques américains au début du vingtième siècle. Le journaliste du journal La Vérité de ce 18 janvier 1913 salive devant une telle structure destinée à combattre le théâtre immoral... fléau moderne, dit-il en fin de papier.

Et tout comme le billet d'hier, il est question aussi de ce théâtre américain (le fameux burlesque) qui est alors en plein essor et qui est décrié par l'élite bien pensante qui y trouve là beaucoup de choses à redire que dans le théâtre français tout à coup absout de ses péchés. Comme quoi le mal change de place...


dimanche 4 avril 2021

Quand même la Passion est refusée si elle est au théâtre...

Aujourd'hui, c'est Pâques. Bien que j'aie déjà publié un billet ce matin sur le nô, en voici un autre de circonstances.

Il s'agit d'une lettre pastorale de sa Grandeur, l'Archevêque de Montréal, Paul Bruchési. Ici, il s'élève (et, bien en verve, il s'est élevé de très nombreuses fois, comme en font preuve ces publications), contre un groupe qui souhaite représenter sur un théâtre, à l'approche de Pâques, la Passion du Christ. Inutile de dire que ça ne passe pas! 

Donc, le 3 mars 1921, il fait paraître ceci, notamment dans Le Devoir:

lundi 29 mars 2021

Un saint en feu!


Ce beau petit morceau d'éloquence - dans le ton de tellement d'autres que j'ai publiés ici - a été écrit à la fin du XVIIe ou au début du XVIIIe siècle par le célèbre prêtre Louis-Marie Grignion de Montfort... né l'année de la mort de Molière (1673) et mort jeune, en 1716. 

Il faut savoir aussi que ce personnage ecclésiastique a été béatifié en 1888 puis canonisé en 1947. C'est donc dans la Confrérie des Saints qu'il peut déverser son fiel contre les comédiens.

lundi 28 décembre 2020

Les spectacles... oeuvres de J.-C. ou de Satan?


Les spectacles... oeuvres de Jésus-Christ ou de Satan? C'est à cette question - dont l'issue est, je l'avoue, évidente quand on se frotte régulièrement à ce type de discours - que répond le prédicateur Jean-Baptiste Massillon, évêque de Clermont (rapporté ici par Théodore August Mann dans son bouquin Le pour et le contre: les spectacles édité en 1782... dans lequel, par ailleurs, je n'ai guère trouvé de pour...):

vendredi 4 décembre 2020

Le «déshonorant» état de comédien... Soupir!

C'est définitivement dans L'Écho du cabinet de lecture paroissial de Montréal que j'ai retrouvé, au fil du temps, les plus belles pages de sermons contre le théâtre: de longs réquisitoires qui se déversent en fiel et en anathèmes, qui condamnent sans appel et vouent aux plus terribles gémonies tous ceux et celles qui assistent au spectacle. 

L'édition du jeudi 5 juillet 1860 (disponible sur BaNQ) n'est pas en reste et y va d'une charge à fond de train contre le déshonorant état de comédien. Je n'en publie ici que quelques (longs) extraits les plus marquants: 


Et le travail de condamnation commence!


Je tiens à souligner, dans le passage suivant (3ième ligne), l'analogie entre comédienne et prostituée... 




Et après tout cette logorrhée, la faute incombe finalement au spectateur:


jeudi 3 décembre 2020

Une bénédiction papale!

Petite entorse à la règle, ce matin... 

Après avoir publié ici des dizaines de billets dénotant l'opposition de l'Église face au théâtre, voici - une fois n'est pas coutume, j'espère! - un soutien important (pour une Union catholique du théâtre et le théâtre religieux... mais quand même) venu, au milieu du vingtième siècle du Souverain Pontife lui-même, Pie XII (rapporté ici par Le Devoir du 24 octobre 1950):


Un soutien venu peut-être du fait que ce pape ne semblait pas particulièrement dédaigner de se mettre en scène de façon spectaculaire:




Par ailleur, un de ses successeurs, Jean-Paul II, sera aussi un amateur de théâtre... allant plus loin que l'empremier: il participa à des spectacles et se commit même à l'écriture de pièces dramatiques dont Frère de notre Dieu (1949) et La Boutique de l'Orfèvre (1960). Plus de détails ici.

dimanche 29 novembre 2020

Le théâtre comme un divertissement dangeureux

Je reviens régulièrement à ce sujet sans fin (qui s'est quand même fortement matérialisé dans notre petite histoire): la haine de l'Église pour le théâtre. Parce que ça explique, en bonne partie, l'évolution du théâtre au Québec. Parce que ça donne les raisons, les conséquences des choix qui ont été faits, des combats qui ont été menés, des différents obstacles qui ont été franchis.








C'est là le préambule d'un sermon publié en mars 1915 dans le feuillet La Bonne Parole (organe de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste), qui y va ensuite d'un long plaidoyer pour expliquer son point de vue (et dont je ne publierai ici que quelques extraits):




Et pendant ce temps, pendant ces péroraisons de toutes sortes, au début du vingtième siècle, que faisait le peuple? J'ai bien peur, pour les accusateurs du théâtre, qu'il se présentait en masse dans les salles!

vendredi 20 novembre 2020

Quand Lactance s'emporte contre le théâtre...

Oh. 

Il y avait longtemps que je n'avais trouvé un aussi beau petit morceau de rhétorique anti-théâtre! C'est le fait, cette fois, de Lucius Caecilius Firmianu (sa page Wikipédia) dit Lactance, au IIIe siècle de notre ère, dans le septième livre de son Divinarum institutionum


Je ne sais pas aussi s’il y a corruption plus vicieuse que celle des Théâtres comiques, car les fables des Comédies parlent ou de la défloration des Vierges, ou des amours des garces; et plus ceux qui ont inventé ces forfaits sont éloquents; d’autant plus sont-ils persuasifs par l’élégance de leurs sentences: et les vers nombreux et ornés, se retiennent plus facilement en la mémoire des auditeurs. Davantage les Histoires tragiques mettent devant les yeux des parricides, et des incestes des méchants Rois, et démontrent leurs méchancetés relevées. Et les mouvements très impudiques des bateleurs, qu’enseignent-ils ou à quoi incitent-ils, sinon à des convoitises vilaines?