Ce beau petit passage exalté est tiré de long article paru dans le très modéré (!) Écho du cabinet de lecture paroissial de Montréal du 21 juin 1860.
Ce beau petit passage exalté est tiré de long article paru dans le très modéré (!) Écho du cabinet de lecture paroissial de Montréal du 21 juin 1860.
Saint Genès (ou Genest... c'est selon) est, oui. le saint patron des comédiens. Sa fête est célébrée le 25 août de chaque année. J'en ai déjà brièvement parlé ici.
Mais voici, ce matin, un long article du Radiomonde du 12 novembre 1949 sur le personnage:
J'ai souvent, sur ce blogue, fait état de la lutte acharnée de dévots envers le théâtre. Parce que généralement, les arguments sont savoureusement manichéens: évitez le théâtre ou soyez condamnés! On peut lire toute une série de ces écrits journalistiques, lettres, mandements, ici.
C'est pourquoi je fus tout de suite attiré par cet article du Courrier du Canada de ce 30 mars 1883 où le rapporteur turinois s'est manifestement étranglé d'indignation, s'étouffant dans son encre et sa religion.
Le début, d'ailleurs, est un autre beau morceau d'éloquence qui donne du poids (!) à tout le reste de son argumentaire.
L'auteur de cette oeuvre (une poésie provocante qui fait de Satan, selon Wikipédia, le symbole de la rébellion contre la vie et le progrès écrite en 1863), Giosuè Carducci, obtiendra le prix Nobel de littérature en 1906.
Aujourd'hui, c'est Pâques. Bien que j'aie déjà publié un billet ce matin sur le nô, en voici un autre de circonstances.
Il s'agit d'une lettre pastorale de sa Grandeur, l'Archevêque de Montréal, Paul Bruchési. Ici, il s'élève (et, bien en verve, il s'est élevé de très nombreuses fois, comme en font preuve ces publications), contre un groupe qui souhaite représenter sur un théâtre, à l'approche de Pâques, la Passion du Christ. Inutile de dire que ça ne passe pas!
Donc, le 3 mars 1921, il fait paraître ceci, notamment dans Le Devoir:
Il faut savoir aussi que ce personnage ecclésiastique a été béatifié en 1888 puis canonisé en 1947. C'est donc dans la Confrérie des Saints qu'il peut déverser son fiel contre les comédiens.
C'est définitivement dans L'Écho du cabinet de lecture paroissial de Montréal que j'ai retrouvé, au fil du temps, les plus belles pages de sermons contre le théâtre: de longs réquisitoires qui se déversent en fiel et en anathèmes, qui condamnent sans appel et vouent aux plus terribles gémonies tous ceux et celles qui assistent au spectacle.
L'édition du jeudi 5 juillet 1860 (disponible sur BaNQ) n'est pas en reste et y va d'une charge à fond de train contre le déshonorant état de comédien. Je n'en publie ici que quelques (longs) extraits les plus marquants:
Petite entorse à la règle, ce matin...
Je reviens régulièrement à ce sujet sans fin (qui s'est quand même fortement matérialisé dans notre petite histoire): la haine de l'Église pour le théâtre. Parce que ça explique, en bonne partie, l'évolution du théâtre au Québec. Parce que ça donne les raisons, les conséquences des choix qui ont été faits, des combats qui ont été menés, des différents obstacles qui ont été franchis.