Affichage des articles dont le libellé est UQAC. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est UQAC. Afficher tous les articles

vendredi 25 avril 2025

Une autre production étudiante à l'UQAC

 

C'est une belle production étudiante que proposent les professeurs Jean-Paul Quéinnec et Alexandre Nadeau au Théâtre de l'UQAC en cette fin de session. 

À partir d'un texte d'Éric Noël (qui vient d'être nommé à la direction artistique du Jamais Lu), L'amoure looks something like you, s'est construit, dans la salle, un déambulatoire complexe composé de six petits univers distincts bien qu'interreliés dont les représentations sont données dans un contexte particulier: la simultanéité. Ainsi, chaque équipe présentera six fois son travail, pendant l'heure prévue, devant de petits groupes de spectateurs qui se relaieront, de recoins en recoins utilisant l'entièreté du théâtre.

Chaque univers fait la part belle à la technologie (vidéo, maping, musique, lumières) pour supporter la partition percutante, mêlant fait divers et histoire personnelle, considérations familiales et quête identitaire. C'est poétique. Sensible. Émouvant même. L'enrobage scénique atteint un bon point d'équilibre pour dire et évoquer sans sombrer dans la simple démonstration des possibilités.

Les dix-huit étudiants s'engagent dans la représentation avec manifestement beaucoup de conviction, et avec une unité étonnante pour ce groupe éclectique. Chaque comédien en devenir se fait aussi régisseur en direct - et là réside aussi l'un des objectifs du projet -  et manipule lui-même son esthétique. Le travail de corps est globalement intéressant. De même que plusieurs interprétations (de personnes pour qui c'est parfois la première expérience théâtrale). Chaque scène impose presque un rapport de confessionnal à l'espace, au spectateur, à la médialité. Des relations qui se font avec un naturel et une aisance qui attire l'attention.

Si au départ, la réception du texte peut sembler difficile (parce que la chronologie du texte est éclatée, parce que la simultanéité crée un bruit de fond surprenant, parce que le jeu manque parfois un peu de force), on se laisse rapidement bercer par l'impressionnisme de la chose sans chercher à retrouver le fil directeur... et ça marche! Le théâtre - au propre comme au figuré - devient presque rituel.

Un projet à voir.

jeudi 20 avril 2023

TRAGÔDOS - tragiques multiples...

 


Hier soir, j'étais dans la salle du Petit Théâtre de l'UQAC pour assister à la première (de trois) représentation des étudiants inscrits au cours Création théâtrale du Baccalauréat interdisciplinaire en art. 

Ils sont donc là. Vingt-cinq. De différents horizons (tant géographiques qu'académiques). Sur scène, oui... mais aussi en coulisses, à la régie technique. Avec une fougue manifeste et une dense matière tragique, puisée à même une vingtaine de sources - théâtrales ou non - de l'Antiquité à aujourd'hui. Cet exercice scolaire est du coup fort riche en écritures, en dramaturgies et en expériences de toutes sortes. 

Pendant une heure quarante minutes, différents tragiques se télescopent. Anecdotiques. Grandioses. Intimes. Sanglants. Mythologiques. Quotidiens. Profondément sensuels. De l'un à l'autre. Sans mise en contexte lourde ou démonstrative. Que des mots qui frappent, blessent, détruisent, immolent. 

Si aucune histoire en tant que telle n'émerge de ce magma intense, il n'en demeure pas moins un fulgurant récit rhapsodique, déchiré, proféré, gémissant sur la condition tragique de l'être humain. Les douleurs, les chagrins, les deuils, les mal-êtres existentiels sont omniprésents. Ils érodent une humanité qui se cherche des repères mouvants.

Et de cette horreur surgit une poésie visuelle. Parce que la force de ce projet - outre l'engagement incontournable de cette équipe - se trouve aussi dans la forme. Supportées par Jean-Paul Quéinnec, Alexandre Nadeau et Annie Pilote, les équipes technique et esthétique ont su composer des tableaux puissants. Lumières, projections, accessoires, musiques s'associent pour créer des ambiances et atmosphères qui sauront s'imposer sans jamais phagocyter le jeu. Les images scéniques se suivent avec un intérêt toujours renouvelé. L'équilibre demeure.

Bien sûr, tout n'est pas égal dans cette longue suite! Et pourtant...  Toutes les performances savent faire preuve de dévouement au théâtre. Elles sont solides et proposent des interprétations valables, véritablement incarnées.

L'une des belles belles propositions étudiantes des dernières années!

jeudi 9 février 2023

Au coeur du clan...


Petit passage au Petit Théâtre de l'UQAC, en ce jeudi soir, pour voir la première du spectacle La Faute à Ève, projet de fin de baccalauréat (interdisciplinaire en art) de Marilou Guay Deschênes.

Sur la scène, une longue robe en tissu brut conçue par Hélène Soucy et un banc composent l'essentiel d'une esthétique minimaliste.

Sculptural dans la lumière d'Alexandre Nadeau, le vêtement s'anime peu à peu pendant qu'une voix automatisée déploie objectivement un arbre généalogique. Un arbre tout féminin. Un clan. Un clan de femmes. Un clan qui sera le personnage principal d'un récit personnel. D'un récit confidence. D'un récit quasi expiatoire pour la comédienne, elle-même partie prenante de cette histoire. 

Pendant quarante-cinq minutes, il sera question de sa famille. Sa matière. 

Car oui, ce spectacle - proche du docu-fiction - a un pied dans le monde de l'art et un pied dans l'omniprésente réalité, rappelée par des extraits sonores de cette lignée qui s'insèrent dans les interstices du jeu pour se dire, s'affirmer, se questionner sur la vie.

Un véritable théâtre de l'intimité s'ébauche, redonnant l'atmosphère d'une famille tissée serrée, d'un passé houleux, d'un drame en cours. C'est courageux. Authentique.

Porté par une voix solide et une interprétation pleine de nuances, ce théâtre surpasse un pathos qui aurait pu s'installer par un engagement sensible et une force scénique qui ramène finalement le tout vers un vibrant hommage à ce petit monde de femmes. 

C'est beau, touchant, triste et, en quelque sorte, lumineux. Une belle proposition théâtrale à voir!

samedi 17 septembre 2022

Leurs scènes maritimes

 


Hier soir, je suis allé confronter à nouveau ma pratique théâtrale somme toute conventionnelle en allant voir  l'équipe de la défunte Chaire de recherche en Dramaturgie sonore de l'UQAC et ses collaborateurs qui présentait une synthèse de ces recherches sonores maritimes amorcées depuis 2018 déjà, à Puerto Narino, Saint-Nazaire (en France) et l'Île d'Anticosti ayant pour thème la mobilité sonore pour la création d'un théâtre environnemental et transmédiatique. 

Chacune de ces étapes avait, en leur temps, donné lieu à des séries de performances, de happenings, de balados. 

Puis voici, quelque quatre années plus tard, le point d'orgue de ces efforts, ces déplacements, ces écoutes, ces enregistrements. Non pas un résumé de ce qui s'est fait mais bien une réutilisation de ces traces, de ces mémoires... une quatrième traversée poétique et performative de ce que le son, le bruit, le silence peut provoquer sur les sens, sur l'imaginaire, sur le corps. Une nouvelle création, quoi!

Bien sûr, cette représentation est, de bout en bout, supportée par des hypothèses de recherche plurielles et inter(ou trans?)disciplinaires, des convictions d'approches scéniques, des objectifs d'utilisation qui rendent la proposition plus riche encore quand ils sont connus. 

Parce que c'est dense. 

L'équipe mise - comme dans beaucoup de leurs projets antérieurs - sur la décentralisation voire l'éclatement du propos, la multiplication des points de fuite, n'hésitant pas à faire se superposer les données (tant factuelles, corporelles, que sonores et picturales) dans un espace tout recouvert de bâches multicolores lui-même objet sonnant, à se servir du texte comme simple bruit de fond pour donner prépondérance à l'imagerie provoquée par l'écoute, à le masquer au point de presque l'effacer tout en le maintenant présent.

C'est, en quelques sortes, comme Jean-Paul Quéinnec le mentionnait en début de prestation, une ode à l'instabilité, métaphore de ces mers, de ces vagues qui arrachent tout ou font tout tanguer autour d'elles.

C'est d'autant plus touffu que chaque collaborateur de ce projet ambitieux y apporte, avec un réel engagement, sa propre méthodologie, sa propre préoccupation artistique, qui pour la présence du corps, qui pour la vidéo, qui pour la narration ou le conte, qui pour la performance.

Qu'en résulte-t-il? 

Un théâtre éminemment sensoriel, basé sur l'écoute (des lieux cités plus haut par les artistes et du rendu en salle de spectacle), qui se décline en plusieurs tableaux qui amalgament les pratiques... qui voguent, indistinctement, entre le théâtre documentaire, le théâtre poétique (avec, parfois, de fort belles images), le théâtre performatif, la narration, la vidéo d'art, la danse-théâtre, l'évocation mimétique, le contrepoint.

Encore une fois (et c'est là où, personnellement, je me sens étranger à ce type de prestation) ce n'est pas une représentation du discours, de la fable, du message. C'est un appel à notre propre écoute. Notre propre capacité à y planter notre espace mental. À partir du moment où ce principe est accepté, ne reste plus qu'à se laisser porter par toutes ces scènes maritimes.

________________________


À chaque fois que je vois un projet de (feue) la Chaire, j'en ressors avec autant de questionnements que de réflexions, avec de brillantes ouvertures à de sérieuses remises en question de ma propre vision du théâtre! Et c'est en cela que ce type de projet est nécessaire et bénéfique pour un milieu comme le nôtre.

dimanche 17 avril 2022

Au théâtre, cette semaine! [Du 17 au 23 avril 2022]

 

C'est le dimanche de Pâques... mais ce n'est pas une raison pour oublier ce qui s'en vient cette semaine en matière de théâtre!

DIMANCHE - 17 AVRIL 2022 - 14H
SALLE MURDOCK (CHICOUTIMI)
DERNIÈRE REPRÉSENTATION


Le Théâtre À Bout Portant présente enfin sa plus récente création: La migration des peuples, un projet mis en scène par Vicky Côté: Des coureurs se préparent à une course sportive sans précédent. Des migrants se préparent à marcher pour sauver leur vie. Des deux côtés, chacun a ses raisons pour avancer et persister. Dans des chassés-croisés entre les deux récits, des similitudes ignorées apparaissent et des contradictions aberrantes font surface. Les deux réalités se fondent parfois en une seule, dans un mélange improbable de sport désespéré. Informations et billets, ici. (Surveillez la page Facebook de la compagnie pour voir si de nouvelles dates s'ajoutent pour compenser l'annulation des représentations en début de cycle.)

DIMANCHE, 17 AVRIL 2022, 15H
SALLE LIONEL-VILLENEUVE (ROBERVAL)
PREMIÈRE (DE CINQ) SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS


Le Théâtre Mic Mac présente enfin (après avoir repoussé la première pour cause de COVID) sa production annuelle, Ta maison brûle de Simon Boulerice: Depuis un bris de tuyau ayant provoqué une inondation, la maison de Murielle est infestée par la mérule pleureuse, un champignon qui détruit le bois et qui traverse la maçonnerie. La veuve de 61 ans se voit donc contrainte de brûler sa demeure ancestrale et tout ce qu’elle contient. Mais avant, pour commémorer leur vie dans cette précieuse maison, Murielle convie ses deux filles, devenues des Montréalaises actives à manger un repas qui tournera au délire dès l’arrivée de sa belle-sœur, la colorée Agnès. Entre la musique de John Cage, les ustensiles échappés au sol, le fantôme du père de famille et la crème glacée qui fond sur la pantry, elles plongent dans un doux délire collectif en évoquant les moments précieux passés dans cette demeure ancestrale. Informations et billets, ici.

JEUDI À SAMEDI - 21 AU 23 AVRIL 2022 - 19H30
PETIT THÉÂTRE (UQAC)


Quatre petites formes théâtrales comme autant de voyages au cœur de la création. Les étudiants du cours Atelier de création théâtrale vous présentent le résultat de leurs explorations faites sous la direction de Dany Lefrançois. Informations et réservations, ici.

VENDREDI ET SAMEDI - 22 ET 23 AVRIL 2022 - 20H
(DIMANCHE, 24 AVRIL 2022, 15H)
SALLE LIONEL-VILLENEUVE (ROBERVAL)
DEUXIÈME (DE CINQ) SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS


Le Théâtre Mic Mac présente enfin (après avoir repoussé la première pour cause de COVID) sa production annuelle, Ta maison brûle de Simon Boulerice: Depuis un bris de tuyau ayant provoqué une inondation, la maison de Murielle est infestée par la mérule pleureuse, un champignon qui détruit le bois et qui traverse la maçonnerie. La veuve de 61 ans se voit donc contrainte de brûler sa demeure ancestrale et tout ce qu’elle contient. Mais avant, pour commémorer leur vie dans cette précieuse maison, Murielle convie ses deux filles, devenues des Montréalaises actives à manger un repas qui tournera au délire dès l’arrivée de sa belle-sœur, la colorée Agnès. Entre la musique de John Cage, les ustensiles échappés au sol, le fantôme du père de famille et la crème glacée qui fond sur la pantry, elles plongent dans un doux délire collectif en évoquant les moments précieux passés dans cette demeure ancestrale. Informations et billets, ici.
________________________________________________


Le Théâtre 100 Masques est toujours en période d'inscriptions pour ses camps de théâtre thématiques 2022. Informations ici. 



mercredi 25 août 2021

De retour à l'UQAC


Je reprendrai le chemin de l'UQAC au cours de la saison automnale pour donner (comme je le fais à tous les deux ans depuis 2013... ce qui me porte à ma cinquième fois) le cours Analyse dramaturgique du théâtre québécois.

Un cours que j'aime bien.

Qui a pour but de tracer l'histoire du théâtre au Québec (de la Nouvelle-France à aujourd'hui) et de voir comment les oeuvres et la pratiques ont cheminé, comment les institutions ont pris naissance, comment la professionnalisation s'est faite.

Cette histoire est une succession d'embûches et de défis. Avec de grandes étapes, des âges d'or, des vides.

À travers elle, il est possible de définir les grands axes thématiques de ce théâtre... souvent associés à l'évolution même de la société. Des récurrences liées à notre réalité. Des grands courants. 

Puis enfin, il y a tous ces textes, tous ces auteurs, tous ces artistes qui ont marqué ce fil temporel...

Une partie du cours est aussi consacrée à l'approche dramaturgique du texte, tant l'ancien que le contemporain: sa construction, son analyse, sa signification, son potentiel théâtral.

Bref, c'est comme ce blogue... mais en 15 rencontres de trois heures! :) 

vendredi 30 avril 2021

Du Grand Guignol en théâtre web - Épilogue

C'est maintenant terminé pour ce projet du cours Création théâtrale à l'UQAC qui a vu mes six étudiants plongés dans l'univers du Grand Guignol pour une diffusion sur le web avec une plateforme conçue pour nous.

Dans l'ensemble, ce fut un projet très stimulant, tant en répétition qu'en représentations, de par la dose intense de folie que le tout demandait, de par l'engagement de chacun dans le processus, de par les possibilités qu'incarnaient l'outil qui serait mis à notre disposition. 

Vraiment, un projet de recherche et d'exploration à faire s'enflammer l'imagination et la créativité!

Le plus grand regret est de ne pas avoir pu travailler avec cette plateforme autant que nous l'aurions souhaité (car nous n'avons fait qu'un court essai technique et un enchaînement avant la générale) et ainsi pouvoir pointer des problèmes éventuels qui surviendront, notamment, au cours de la générale et de la première. 

Parce que c'est là tout l'enjeu de ce type de diffusion web. Si d'une part, le travail théâtral, dans le lieu, est prêt, efficace, dynamique, porté avec conviction par les interprètes, il y a, à même le projet, une part majeure complètement incontrôlable relevant de la technologie.

Ainsi, entre le spectacle et sa réception par le spectateur, il y a toute une chaîne qui se compose et qui, à chaque étape, comporte son lot d'écueils éventuels, de failles techniques qui pourront miner l'expérience, malgré tout le talent et l'élan de l'interprète sur le plateau.

Dès le départ, outre les répétitions, nous nous sommes soumis à un appareillage technique. Dans ce cas-ci, faute de moyens, nous avons travaillé avec la caméra de nos cellulaires (de différentes marques et différentes générations) et des micros cravates efficaces mais avec aussi leurs limites. 

Par la suite, nous nous sommes fiés à la stabilité et la force du réseau internet de l'UQAC. Correct... jusqu'à ce qu'il pose manifestement problème, comme le soir de la générale ou le soir de la première... question de maintenance ou de mauvais positionnement d'une antenne wifi! 

C'est de ce réseau que les données parvenaient chez Waveform qui mettait en ligne et surveillait les caméras sur la plateforme. 

Entre les caméras et les micros et la mise en ligne, il n'y avait pas moyen, dans la version actuelle de la plateforme, de manipuler le son, de le moduler, de le calibrer. Cette étape aurait dû être faite à même les téléphones. C'est là, par exemple, une des limites de notre recherche. 

Tout était alors en ligne. Et le spectateur pouvait se brancher pour nous voir. 

Pour se faire, il se fiait alors sur son propre réseau internet dont la qualité et l'efficacité varie selon le forfait, la zone géographique, la vitesse pour visionner la représentation sur son appareil qui lui aussi variait en qualité et en efficacité. 

Bref, les intermédiaires étaient nombreux!

Les répétitions - sur quinze jeudis - ont tenté de tenir compte de tous ces paramètres. Est-ce que tout ça est parfait? Bien sûr que non! 

Nous aurions pu, comme toujours, approfondir encore plus le travail d'interprétation. Nous aurions pu travailler encore plus l'extra-scénique. Nous aurions pu travailler encore plus la qualité sonore (ce que nous n'avons, en réalité, que très peu fait avec Zoom). Nous aurions pu, sans doute, faire plus avec le temps qui nous était imparti.

Mais nous avons déjà fait beaucoup! 


De mon côté, je sors de ce projet avec une immense satisfaction composée de multiples points: la rencontre avec ces étudiants allumés, le travail sur un répertoire que j'affectionne, la collaboration avec les autres concepteurs qui ont donné une esthétique à tout ça, le plaisir tout au long des semaines de cours, le travail de recherche pour trouver une façon de diffuser, la fébrilité d'essayer un outil conçu à notre demande, la fierté de s'être rendu au bout de quelque chose. 

jeudi 15 avril 2021

Du Grand Guignol en théâtre web - À la recherche de la fluidité

Ce jeudi, 15 avril 2021, nous avons fait un premier enchaînement complet, sur la plateforme en cours d'élaboration, de notre production grandguignolesque.

Voici, d'emblée, quelques captures d'écran prises selon différents points de vue. 







Cet enchaînement a cet avantage d'être relativement tôt et de nous permettre de travailler à corriger encore quelques éléments:
  • concevoir l'interface (ou plutôt l'esthétique) de la plateforme pour qu'elle soit conviviale, invitante, tout en étant sobre pour ne pas interférer sur les six points de vue simultanés;
  • corriger les positionnements des cellulaires des interprètes dans le costume afin d'avoir des prises de vues intéressantes... qui ne coupent pas les têtes (le défi étant que les étudiants doivent agir en conséquence d'une caméra dont ils n'ont pas le résultat);
  • paramétrer tous les appareils pour que l'atmosphère créée notamment par la lumière ne soit pas gâchée par des ajustements automatiques qui rendent l'image trop clair et flou pour compenser la faible intensité de l'éclairage;
  • revoir certains points de vues... parce qu'il se peut qu'on en échappe en diffractant la mise en scène en six;
  • répéter, et répéter, et répéter pour approfondir le jeu;
  • et bien sûr - et ce n'est pas notre partie - régler les problèmes techniques de la plateforme pour qu'aucun pépin ne survienne en représentation.
Ce dernier point est essentiel. Car avec le jeu lui-même, la plateforme est l'essentiel outil de diffusion! Il faut qu'elle soit efficace.

Le premier essai s'avère quand même intéressant, même s'il ne représente pas une utilisation normale de cet outil. Les trois ou quatre personnes qui avions accès à l'enchaînement avaient pour mandat de tester les changements de points de vue, de voir à la compréhension de la pièce, de relever les forces ou les faiblesses. Plus que de vivre l'expérience. Ce qui reléguait un peu le jeu et la mise en scène en second plan.

Est-ce que notre projet sera parfait? Probablement pas. Mais nous avons du plaisir à tester les choses! Est-ce qu'il y a un risque de cacophonie? Absolument, même si nous tenterons de l'éviter. Est-ce que la lisibilité de la proposition scénique sera affectée par les changements de plans? C'est possible. Là encore, nous travaillerons de façon à minimiser cet écueil de la non-compréhension.

Maintenant, il faut surpasser la gadgétitude de l'ensemble! Et c'est avec ça en tête que nous entamons le dernier droit! D'ici quelques jours, nous donnerons plus de détails sur la façon d'accéder à ce projet.

samedi 3 avril 2021

Du Grand Guignol en théâtre-web - À la recherche d'efficacité

Nous poursuivons toujours les répétitions dans le cours de Création théâtrale, à l'UQAC, où, je le rappelle (et ici, ici, ici), nous travaillons à la mise en place d'une plateforme de diffusion d'une représentation en direct de Grand Guignol: Le Système du Dr. Goudron et du Pr. Plume d'André de Lorde. L'interprétation et la mise en scène doivent se conjuguer avec un important élément: le cadrage subjectif.

Pendant ce temps, l'espace est confié à Sophie Châteauvert. La partie du théâtre que nous utilisons se transforme peu à peu en plateau de tournage.


Ici aussi, plusieurs enjeux se posent dans ce grand espace. D'une part, il faut qu'il soit esthétique. Avec un souci de la précision étant donné qu'avec les déplacements des comédiens et de leurs caméras, tous les angles et les points de vue doivent être réfléchis. Il faut ensuite que le tout soit dynamique et permettent différents jeux de scène.

Et sur ce plateau - Grand Guignol oblige! - nous mettons à l'épreuve bien des éléments du mobilier et des accessoires! Pour preuve, nous en sommes à notre troisième table... C'est un genre qui demande un fort engagement sur le mode de l'impulsivité, de la cruauté, de la folie. Comment rendre tout cela crédible ou efficace? Que de coups reçus, d'accidents, de bris, d'entailles ponctuent les répétitions! 

Dans les prochains jours, ce sera au tour de la technique (sons, lumières, projections) d'entrer en scène pour créer l'atmosphère nécessaire.

Sinon, cette semaine, nous avons pu avoir un premier aperçu de la plateforme. Les tests  (d'ailleurs, fort étrange de se dire que l'équipe de programmation qui était avec nous était dispersée entre Montréal et Toronto!) se sont montrés fort convaincants, même s'il s'agissait plus de vérifier le synchronisme des caméras, des micros:


Il sera fort intéressant, pour le spectateur, de manœuvrer cet objet virtuel tout au cours de la représentation. De ce que nous avons vu entrevoir, l'utilisation de cette plateforme sera simple et fluide.

Maintenant, comme tout projet théâtral, la clé de l'efficacité réside dans la répétition!
__________________________________________

Dans le cadre d'un autre cours, quatre des étudiants inscrits dans ce projet ont ouvert une page Facebook, Les Aspirants du théâtre Web, pour documenter, commenter le travail qu'ils font avec moi. Abonnez-vous à leur page pour voir leurs capsules.

dimanche 21 mars 2021

Vingt ans de mises en scène!

 

C'est là l'affiche de mon tout premier spectacle... et si on regarde les dates, c'est donc dire que cette semaine, j'ai (non)célébré ma vingtième année comme metteur en scène!

Et depuis ces deux décennies, j'ai eu la chance et l'opportunité de travailler beaucoup, de créer dans toutes sortes de contextes, avec différentes équipes, de nombreux comédiens et concepteurs, d'approfondir des approches, de tester des trucs scéniques, d'explorer. 

Si je compte bien (et que mon c.v. n'a pas de trous!), j'aurais signé, à ce jour, 76 projets. J'aime les statistiques. Alors ça donne ça:
  • Théâtre 100 Masques (qui est mon attache principale depuis 21 ans!): 34
  • UQAC (ce qui inclut plusieurs projets de fin de bacc., ma maîtrise, la troupe de théâtre amateur, les cours d'ateliers de création): 13
  • Théâtre Mic Mac: 9
  • Société d'art lyrique du Royaume (j'y compte les grandes mises en scène et les projets jeune publics, dont un qui n'aura jamais vu le jour): 6
  • Cégep de Chicoutimi (avec la troupe Les Mal-Avenants... mais l'an passé, nous n'avons pas présenté notre projet): 4
  • Projets personnels (faits en mon nom... et s'il y en a peu, c'est que ceux-ci ont principalement été drainés par le Théâtre 100 Masques): 3 
  • Divers autres contrats: 7 
Ça donne une moyenne de 3.8 mises en scène par année! Bien sûr, tout n'a pas la même importance. Et chacun de ces spectacles avait ses propres buts et objectifs.

Dans le lot il y a de belles réussites, je pense... et des projets qui ont été extrêmement stimulants. Ils me laissent d'impérissables souvenirs. Il y a aussi, naturellement, des déceptions, des projets moins probants, moins satisfaisants. Ceux-là je m'en souviens aussi fort bien. Leur importance est proportionnelle à la remise en question occasionnée! Souvent ce sont des jalons dans le parcours. Des réalignements. Puis il y a les autres. Les spectacles où j'ai eu du plaisir, fait de belles rencontres mais dont les images qu'il m'en reste sont floues.

Y aura-t-il un autre vingt ans? Au même rythme? Prochain rendez-vous en mars 2041!

vendredi 19 mars 2021

Du Grand Guignol en théâtre-web - À la recherche de points de vue...

Nous poursuivons, à l'UQAC, notre mise en scène d'une pièce de Grand Guignol en format théâtre web (pour vous rappeler ce dont il s'agit, voir ici et ici).

Après avoir ébauché la mise en place afin de donner à chacun une bonne idée de son champ d'actions et de sa présence, nous avons entrepris, hier, l'approfondissement de la mise en scène, uniquement du point de vue subjectif de chacun d'eux, de chacun des appareils téléphoniques. 

Pour qu'en tout temps, les lentilles soient dirigées vers des points importants. Pour que tous soient captés par au moins l'une des caméras. Pour que l'on cadre bien les choses et les personnages. Pour qu'on sente le personnage qui porte la vision (un peu dans le principe d'Un gars, une fille où les mains acquièrent une importance primordiale). Pour qu'on ait des champs/contrechamps, des plans rapprochés, des plans d'ensembles, des focalisations sur un objet ou une action, des travelings.

C'est fort passionnant... mais c'est aussi complètement fou comme travail, tant pour les étudiants que pour moi.

Pour travailler, les étudiants rejoignent une conversation Zoom pour que toutes les caméras puissent être vues en même temps. Ce qui donne un peu quelque chose comme ça (cette captation est prise pendant une pause... parce qu'en travail, il y a une bien plus grande préoccupation esthétique!):


Parce que la mise en scène est déconstruite. Ou pour être plus précis, elle est fragmentée, multipliée. S'il y a une mise en scène générale, relativement traditionnelle avec une mise en espace et des indications de jeu, il y a, quand on passe en mode diffusion, six mises en scène qui doivent se conjuguer simultanément. Chacune autonome, en quelques sortes... autonome dans un tout.

L'attention de chacun est alors sur-sollicitée. 

La caméra et le rendu sur écran impose une posture, une démarche, une gestuelle qui devra s'inscrire dans la mémoire corporelle  des étudiants. Car si nous avons des écrans pour nous aider à mettre en scène, ceux-ci disparaîtront progressivement au fil des répétitions. Et les représentations (parce que je rappelle que tout se fera en direct) devront se faire sans ces béquilles.

Le résultat sera-t-il probant?  Le récit sera-t-il accessible ou s'il sera trop morcelé? Et le son (nous attendons nos micros)? Sera-t-il convaincant? Nous le saurons quand nous aurons testé la plateforme de diffusion qui est présentement en cours de programmation! 

Comme le quoi même le contexte sanitaire actuel peut réussir à nous plonger dans une recherche fort stimulante!

samedi 27 février 2021

Du Grand Guignol en théâtre-web - À la recherche d'une plateforme...

J'ai écrit, il y a quelques semaines (ici), à propos du cours que je donne présentement à l'UQAC. 

Avec mon équipe de concepteurs (Alexandre Nadeau et Sophie Châteauvert) et mes six étudiants-comédiens, nous travaillons, je disais, sur des textes d'André de Lorde, maître prolifique du Grand Guignol pour aborder le théâtre-web et sa diffusion numérique. Le contexte pandémique a grandement inspiré le projet, il va sans dire!

Ce que nous cherchons à faire, c'est de surpasser la simple captation et retransmission (qui imposent aussi, il est vrai, leurs questionnements et leurs embûches) pour permettre, au spectateur derrière son écran, une expérience de la représentation en cours... car oui, pour respecter l'un des éléments essentiels du théâtre - le risque du présent, de l'entrain de se faire - tout se fera en direct. 

Comme pour une représentation traditionnelle, l'événement sera circonscrit dans le temps. Les gens devront donc se brancher à une heure précise. Pas d'enregistrement. Pas de différé. Que du direct.

L'hypothèse de recherche (après tout, nous sommes à l'université) étant que ce que le spectateur perd en présence (présence qui sera pourtant réelle dans le Petit Théâtre), il doit minimalement pouvoir le gagner en participation (à défaut d'interactivité puisqu'il n'aura pas d'influence sur le déroulement du spectacle). 

Et c'est là que le défi commence.

Nous souhaitons permettre, pour celui ou celle qui assistera à la représentation, de chez-lui, de s'immerger dans la représentation en utilisant, comme point de vue, le point de vue d'un des personnages (et je précise: point de vue visuel et point de vue sonore parce que du coup, il y devrait y avoir spatialisation du son). Il pourra passer de l'un à l'autre à son gré, au gré de l'action. Sans retour en arrière. Un choix qui détermine sa propre réception de ce qui se déroule devant lui.

Pour y arriver, chaque étudiant-comédien portera, intégrée à son vêtement, une caméra subjective (en l'occurrence, son téléphone équipé d'un micro) qui permettra au spectateur de se substituer à lui.

Nous imaginons cela un peu dans cette forme: 


L'idée nous semblait somme toute assez simple... mais ce n'est pas le cas. Pas dans ce cas précis où nous voulons que chaque spectateur soit autonome, qu'il puisse manoeuvrer la plateforme de diffusion à sa guise, sans être dérangé par d'autres spectateurs.

Nous avons explorer différentes avenues technologiques: Messenger/FaceTime, Google Meet, ManyCam et Zoom, Streamyard, le webinaire... et nous avons consulté plusieurs intervenants. Il semble qu'à notre (très petite) échelle, ce que nous souhaitons faire n'existe pas vraiment. Bien sûr, avec des moyens financiers importants, on peut tout faire (et ça se fait déjà pour les grands événements sportifs). Mais pour l'envergure moindre de notre projet (et par extension, si on pousse le concept plus loin, pour un petit organisme culturel), il ne semble pas y avoir de plateforme accessible.

Nous nous sommes donc tournés (vive les réseaux de contacts!) vers une boîte spécialisée en événements virtuels, WaveForm (ici) pour explorer la faisabilité d'une telle plateforme, taillée sur mesure pour nos besoins. Pour connaître les enjeux technologiques et numériques de celle-ci, ses écueils possibles, ses composantes. 

Réponse: oui, cette plateforme de diffusion qui nous est nécessaire est envisageable. Et plus encore! Elle est non seulement envisageable mais elle sera réalisée, en partenariat avec nous et notre spectacle sera l'objet de ce prototype! Parce que le projet est stimulant. Plein de défis et de questions à résoudre (mais ici, ça sort de mes compétences). Parce que les possibilités d'utilisation, par la suite sont multiples. Parce qu'une fois créée, cette plateforme sera disponible, par location de licence chez WaveForm, pour d'autres petits organismes et petits événements. 

Le processus est maintenant lancé. 

À compter du retour de la mi-session jusqu'à la fin du mois d'avril, nous continuerons donc le travail de mise en scène (complexifiée du fait qu'il faille mettre en scène six points de vue et que ceux-ci doivent toujours être intéressants, tant du point de vue de l'action que de l'esthétique) en salle de répétition dans le théâtre, tout en collaborant activement à cette élaboration numérique.

Rendez-vous les 29 et 30 avril prochain pour le test ultime: le spectacle!

mercredi 20 janvier 2021

En route pour une nouvelle production.

Cet hiver, je suis le titulaire de la charge de cours 7THE505 à l'UQAC... soit le cours Création théâtrale (six crédits) où un metteur en scène fait une production avec les étudiants. Pour ma part, ils seront six. 

Et voici la proposition que j'ai faite et à partir de laquelle nous travaillerons:

Drôle d’époque que la nôtre. Les changements climatiques, la pandémie et sa radicalisation qui rejette la science, les problèmes mentaux, les soubresauts politiques, la violence partout… tout concourt à générer de l’angoisse, voire même, parfois, de la terreur. 

Dans le cadre de la création théâtrale, je compte mettre ces sentiments en parallèle avec un genre spécialisé du théâtre : le Grand-Guignol. Spécialisé parce qu’il cristallise l’angoisse de son époque (la fin du XIXe et le début du XXe siècle) et porte, en lui-même, les mêmes craintes que nous pouvons reconnaître : la peur des éléments de la nature, des savants, de la folie, des dirigeants, de la cruauté humaine. Il exploite délibérément toutes ces ficelles pour établir ses propres codes qui feront la part belle aux extrêmes et à la sensualité. 

Ce sera donc une plongée dans un répertoire quasi oublié, parfois méprisé dont l’unique objectif était de susciter des émotions fortes, de faire ressentir les effets de la peur! Un peu un ancêtre des films de séries B, rempli d’hémoglobine, d’effets spéciaux… 


Plus précisément, nous travaillerons sur un texte d'André de Lorde (une adaptation d'une nouvelle d'Edgar Allan Poe), Le système du docteur Goudron et du Professeur Plume, et sur un ou deux autres petits textes.

Et le contexte actuel? 

Le cours se donnera en personne - presque un luxe! -, dans ce laboratoire qu'est le Petit Théâtre. La distanciation est de mise. Et assumée comme outil de tension. La diffusion devra se faire en fonction du web. Et là se posera le véritable défi de ce projet. Comment surpasser la simple captation? Augmenter le potentiel de cette diffusion?

L'exploration sera de mise! Pourtant, quelques pistes sont déjà établies...

L’une des caractéristiques essentielles de ce type particulier de théâtre est de placer le spectateur sur le qui-vive, dans une position de voyeur, dans un jeu constant de dissimulation et de monstration... dans de fréquentes bascules de points de vue.

La création de cette année  jouera à fond sur ce point et intégrera, à la mise en scène, tout un jeu de caméras subjectives portées par les interprètes qui permettra à des spectateurs-webs, sur une plateforme à définir, d’avoir accès à tous ces points de vues, et de passer de l'un à l'autre au gré de leur intérêt. Si le contexte le permet, des spectateurs pourront être intégrés dans le lieu même.

Du coup, cette production se fera sur un mode éminemment immersif. 

Tel est le projet à venir! Rendez-vous à la fin d'avril! 

jeudi 7 mai 2020

ZOOMÉ.E.S - Événement théâtral et performatif en confinement


C'est aujourd'hui qu'a lieu la première (de deux) représentation de Zoomé.e.s - Événement théâtral et performatif en confinement des étudiants en Atelier de création de l'UQAC dont j'avais la responsabilité. 

Une session qui, après coup, semble une éternité. Avec un avant et un après... (petit résumé ici).

Un étrange contexte de travail qui, bien qu'il puisse attiser la créativité, impose aussi ses limites. Dans l'accompagnement. Dans le rendu technique (surtout avec les moyens dont chacun dispose dans son lieu où il est retiré). Dans la stimulation du groupe. Dans le manque de regard extérieur alors que l'artiste créateur est sujet, objet et directeur de son propre projet.

Ces projets commandent tous un autre rapport à l'espace, un autre rapport au public en introduisant un  nouvel élément: un rapport intime à la lentille...

Et pourtant. Ils ont produit! Quatre solos. Trois duos. Un trio. En peu de temps. À travers les bouleversements sociaux, les déménagements, les retours en Europe, la distance, l'absence générale de matériel adéquat (comme des micros, des caméras HD ou tout simplement d'une salle!) ou de soutien à la création (de l'aide technique sur place... parce qu'ils ont quand même pu bénéficier des compétences d'Alexandre Nadeau tout au long de leur processus pour la mise en ligne).

Ils ont créé des performances qui leur ressemblent, avec leurs préoccupations, leurs intérêts. Avec un thème commun: le confinement. De la discussion philosophique relevée au manifeste et au témoignage. De la confidence à la science-fiction. De la tension conjugale à l'attente du punch. Du défoulement verbal au défoulement corporel. Les propositions sont variées, ébauchant des éléments qui auraient pu, dans un monde idéal, avoir une autre envergure, peut-être, mais qui démontrent surtout une force créatrice, un engagement face aux contraintes, une vision du monde. 

Merde à eux!

jeudi 2 avril 2020

Du théâtre en confinement

Le confinement actuel et les décisions de l'UQAC provoquent de drôles de conséquences... comme celle de donner le cours Atelier de création théâtrale à distance...


Ce cours portait avant le nom de Dramaturgie et mise en scène. Il a, depuis, été scindé en deux cours succesifs (et intensifs): soit Atelier de conception théâtrale dans lequel les étudiants - en équipe - préparent un projet de mise en scène (à savoir texte, esthétique, scénographie, costumes, son, projection, etc.) qui se donne avant la mi-session... suivi, au retour du congé, d'Atelier de création théâtrale dans lequel ils doivent concrétiser le tout pour se rendre à une série de trois représentations à la fin de la session.

Comme son nom l'indique, le cours est un laboratoire, un cours pratique. Il s'agit donc d'un enseignement par accompagnement, personnalisé... et non pas d'une transmissions de notions théoriques

Mais voilà. 

Cet Atelier de création théâtrale a à peine débuté qu'il s'est buté au contexte pandémique alors que l'UQAC suspendait ses activités et fermait ses portes. Depuis, les consignes de l'institution ont demandé de faire terminer la session aux étudiants par des moyens alternatifs.


Repenser le cours. Revoir les objectifs. Réaligner les demandes. C'est donc ce matin que le cours a repris... par Zoom... pour partir le laboratoire sur de nouvelles bases: faire du théâtre en confinement!  Un défi de taille. Une opportunité de sortir du cadre et des conventions?

Nous devons donc, par la force des choses, explorer de nouvelles zones, changer les paradigmes. Le saut est fait.

C'est là un groupe allumé (il manque trois étudiants sur la photo, pour des questions d'écran!)... bien hâte de voir ce que ça va donner! Rendez-vous les 23 et 24 avril prochains!

Un bon professeur est celui qui apprend encore avec ses élèves?

lundi 2 mars 2020

La cohorte théâtrale de l'UQAC 2020...

C'est maintenant terminé pour la cohorte d'étudiants de troisième année du BIA à l'UQAC. Et ceux en théâtre (ils étaient trois) ont terminé avec de belles propositions scéniques!


Tout d'abord, Marie Brisson a présenté un monologue, À voir de Jean-Paul Quéinnec. Une prestation dont on m'a dit beaucoup de bien (mais malheureusement, je n'ai pas pu le voir, étant hors de la région). Un texte fort intéressant d'une femme, cloîtrée dans son petit et minable appartement, qui s'imagine mettre en scène, entre ses murs, un spectacle à grand déploiement. Une mégalomanie théâtrale qui faillira. 


Étienne Genest  y est allé d'un théâtre documentaire, Café Royal, qui retrace, en quelques sortes, son parcours familial ou plus précisément, celui de son père, par l'histoire de son grand-père et du restaurant qu'il a opéré dans les années 50-60. 

Le public est aussi invité à y participer, à répondre, à figurer, à se déplacer.

Ici, les comédiens reprennent des personnages ayant existé et existant toujours. Des confessions. Des confidences. Entre les envies des uns, les égarements et les déceptions des autres, une trame se déroule, touchante... notamment par l'apport du père d'Étienne, aussi sur scène. Une plongée intime qui ne craint pas l'improvisation, le décrochage, la complicité, la taquinerie. 


Marie-Gaëlle Verspecht a plongé, avec son équipe, dans un théâtre performatif, Das ist Berlin. Avec des corps qui se mélangent, qui se croisent, qui se confrontent, qui s'aguichent. Un cabaret - danses et chants - sous le signe de la chair, de la pulsion, des sens. Une orgie des genres, de la fluidité. Une décadence, aussi... 

Sur une trame musicale en continue, les images se suivent pour former un espace d'interrogations, de questionnement, sur le rapport à soit, le rapport à l'autre, le rapport à l'espace. Le public ne peut dès lors qu'être pris à partie, dans une proximité qui peut, parfois, frôler le malaise. 

dimanche 9 février 2020

Quand le théâtre se donne à l'UQAC...

C'est un euphémisme de dire et penser que l'Université du Québec à Chicoutimi a joué un rôle majeur dans la constitution, l'évolution, la consolidation, la professionnalisation de notre milieu théâtral (et culturel dans son ensemble). 

Sans être une école de ''spécialisation'' (comme les Conservatoires, l'École Nationale ou les collèges qui dispensent une formation technique), l'UQAC a permis a de nombreuses cohortes d'artistes (dont plusieurs sont très actifs de nos jours) de réfléchir à la chose théâtrale, de peaufiner des démarches, de faire des recherches formelles. Ceux qui n'y ont jamais mis les pieds sont peu nombreux... 

Le théâtre a fait officiellement son entrée dans le cursus de l'UQAC à la session Hiver 1978. Avant cette date, l'art dramatique n'était pas inexistant. Loin s'en faut. Il était soit desservi par le service socioculturel (animé pendant longtemps par Ghislain Bouchard), soit abordé d'un point de vue littéraire par les Lettres. 

Voici comment, le 20 novembre 1977 (dans le Progrès-Dimanche), Rodrigue Villeneuve, initiateur et titulaire du programme, présente le tout nouveau Certificat de théâtre, quelques semaines avant le premier cours, :


Il est assez intéressant de voir que dès le départ, ce programme se destine à stimuler le milieu théâtral régional qu'on espère voir se profiler à l'horizon, à devenir un catalyseur d'une pratique riche en expériences de toutes sortes. Et le dernier paragraphe qui pose des objectifs à longs termes nous permet, de nos jours, de juger du chemin parcouru... 

En 1989, ce programme en théâtre sera intégré au tout nouveau Baccalauréat interdisciplinaire en art (qui fera école et se démarquera par son approche) pour devenir l'une des six concentrations (théâtre, cinéma, design, sculpture, peinture, histoire de l'art).

C'est là que j'ai fait mon bacc. (1997-2000) et ma maîtrise (2003-2005)... et c'est là que je donne, depuis 2006, des charges de cours (principalement en histoire du théâtre au Québec et en création) en plus de faire quelques supervisions.

vendredi 22 avril 2016

De «Moi chui moi, pis toi t'es toi»...


Hier soir, les étudiants du BIA ont entamé les représentations du résultat du cours Atelier de création théâtrale (anciennement Dramaturgie et mise en scène)  de Moi chui moi, pis toi t'es toi sous la supervision de Jean-Paul Quéinnec.

Depuis janvier, cette cohorte est invitée à travailler sur huit textes québécois contemporains explorant la veine comique. De cet éventail, quatre seront retenus, présentés par quatre équipes. 

Ainsi, le spectateur pourra découvrir  avec un vilain plaisir (des extraits de) Tranche-cul de Jean-Philippe Baril Guérard (ici), Comment je suis devenue touriste et Napoléon voyage de Jean-Philippe Lehoux (ici) et Princesses de Catherine Léger (ici). Quatre textes à l'écriture décomplexée. Une écriture sans tabou... ou presque. Une écriture percutante, féroce, dressant un portrait ironique, sarcastique... voire cynique de la société actuelle. Comique? Étrange, oui. Grinçante, oui. Noire, assurément. Les procédés humoristiques - bien présents - ne tirent pas tant vers le burlesque ou le vaudeville mais plutôt vers un univers corrosif, trash, sans compromis. 

Cette matière décapante est portée en scène par cette douzaine d'étudiants qui, pour la plupart, s'engagent avec conviction dans l'exercice. L'interprétation est plutôt juste et s'il est possible de déplorer la perte occasionnelle du texte (par un manque de projection, une diction trop précipitée ou le bruit ambiant provoqué par la structure même), il faut reconnaître leur travail pour donner corps à ces personnages tordus, sans craindre le ridicule. 

Les mises en scène étudiantes (et les mises en espace dans ce long déambulatoire en spirale qui se déploie tout autour de l'enceinte du Petit théâtre... une conception de Chantale Boulianne) n'ont peut-être pas toute la force qu'elles pourraient avoir, mais elles donnent l'occasion de nombreux bons moments théâtraux que le spectateur pourra suivre, assis au centre de la salle sur des sièges pivotant. 

Une production universitaire qui décoiffe! Il reste ce soir et demain... avec un nombre de places limitées... mieux vaut réserver, si c'est encore possible (via la page FB).

samedi 28 septembre 2013

L'avantage d'une charge de cours...

S'il y a un avantage à donner un cours, c'est bien celui de le préparer! Un cours comme Analyse dramaturgique du théâtre québécois m'oblige, d'une certaine façon, à revoir toutes mes connaissances, à les enrichir par de nombreuses lectures, à les structurer pour leur donner un cadre cohérent. 

Et c'est plutôt intéressant de se promener des premières manifestations sous le Régime Français (très peu nombreuses dues, anecdotiquement parlant, à l'absence d'une émigration de comédiens contrairement à l'installation, dans les colonies britanniques, d'une troupe d'acteurs!) à celles d'aujourd'hui en passant par la Conquête, les grandes tournées américaines et européennes, l'émergence du burlesque et la constitution d'un répertoire national..

La matière est foisonnante. Et une multitude d'ouvrages existe et chacun complète l'autre et ouvre de nouvelles parenthèses! Les grands thèmes se développent: la famille, l'identité, la question nationale... 

Trois bouquins me sont essentiels dans ce travail... trois bouquins de synthèse, très bien faits:
- le meilleur, à mon sens, étant celui de Madeleine Greffard et Jean-Guy Sabourin, Le Théâtre Québécois (une toute petite plaquette de 110 pages publiée dans la collection Boréal Express en 1997); 
- suivi par celui de Nancy Desjardins et Mélanie Fournier, 400 ans de théâtre au Québec (publié en 2008 chez Beauchemin) qui est un bon mélange d'histoire et d'extraits de pièces marquantes;
- enfin, Le Théâtre québécois, écrit par Michel Trépanier et Claude Vaillancourt (publié en 2000 aux Éditions Études Vivantes) boucle bien les deux autres par d'autres analyses thématiques sur quelques 90 pages.

Comme tout cours axé en grande partie sur l'histoire, les lacunes, par manque de recul, surgissent quand il s'agit d'aborder l'époque contemporaine, les années 2000...M'enfin...






jeudi 22 août 2013

Nouvelles acquisitions...

L'avantage de donner un cours comme Analyse dramaturgique du théâtre au Québec est qu'il me donne ce coup de fouet nécessaire à l'achat d'ouvrages de référence qui faisaient défaut à ma bibliothèque (plus européenne que québécoise...). Ouvrages toujours utiles pour rafraîchir les connaissances, rappeler les événements, donner d'autres pistes de réflexion...

Je pourrais les trouver dans les étagères de l'UQAC, mais je préfère les avoir en ma possession et en faire un usage comme je le veux... écornant les coin ou prenant des notes à l'intérieur...

Ainsi, au gré de mes pérégrinations de ce matin, dans la capitale, je me suis procuré: