Comme je suis présentement en mode chargé de cours à l'UQAC pour l'atelier de création théâtrale, je tente d'être le plus clair possible dans ma façon d'exprimer des notions de conception et de mise en scène. Pas facile. Notamment en ce qui concerne le jeu.
J'essaie alors de trouver des exemples pour illustrer mes propos. Comme celui-ci, pour aborder le travail idéal de l'interprète.
Supposons que nous le graduions de 1 à 10, de la première lecture jusqu'à la première représentation.
Une bonne part du travail en répétition (la zone rouge décroissante) sert à construire le personnage: compréhension du texte, des intentions, apprentissage, mise en place avec le metteur en scène. Les premiers choix s'y font après différentes explorations et propositions. Une construction s'élabore, en précisant de plus en plus le cadre, la convention. C'est la phase ardue. Celle qui peut scléroser, en un sens, l'accouchement d'une figure dynamique et crédible.
Jusqu'à un point (la zone jaune) où l'interprète acquiert, par son travail personnel et le début des répétitions, des acquis (toujours évolutifs), pour nourrir le jeu. À ce stade (disons le 5), il sait son texte et possède grossièrement ce qu'il a à faire. Il est capable de montrer, d'enchaîner. Mais quelque chose manque toujours.
C'est de là que s'enclenche la forme la plus efficace et la plus stimulante de l'interprétation. C'est là où, hors de la béquille du livret et hors de l'écueil d'une mémorisation encore fragile, elle peut se concentrer (dans la zone verte croissante) sur la conviction du personnage, les différents rapports, l'écoute, la dynamique. C'est la phase de la confiance qui se développe, de l'ouverture à ce qui se déroule sur la scène. C'est là où le théâtre advient généralement.
Bon. Ce schéma demande peut-être d'être amélioré et approfondi...
