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dimanche 21 janvier 2024

Qu'on se le tienne pour dit!

Ah, la critique!

Toujours trop complaisante pour les uns, trop dure pour les autres. Comme artiste, nous voulons tous qu'elle se penche sur notre travail mais avons plus souvent qu'autrement quelque chose à redire: ce n'est pas une critique, c'est un compte-rendu... on sait bien, nous ne sommes pas bien compris... si nous avions acheté de la publicité, nous aurions une meilleure couverture... le journaliste ne sait pas de quoi il parle... 

Mais il n'y a rien là de nouveau sous le soleil! 

Voici une mise au point - un avertissement? - publiée dans le Montréal Musical du samedi 28 septembre 1912 et adressée aux artistes de l'époque:


La menace doit être sérieuse! Un peu plus loin, dans un fourre-tout paraissent ces entrelignes:





mercredi 3 janvier 2024

Le mal du journalisme culturel... en 1923

Voici un sévère article du Devoir (du 7 août 1923) sous la plume de Gérard Pelletier) contre les autres journaux catholiques qui participent - pour l'argent, toujours l'argent! - à l'immoralité ambiante des théâtres en début du XXe siècle. `

Bien que ce soit l'un de mes sujets de prédilection que ce combat contre le mal du théâtre, cet article est intéressant parce qu'il appelle, il me semble (en faisant abstraction, en un sens, de la moralité), à une meilleure et plus rigoureuse couverture journalistique du théâtre au lieu de leur complaisance qui s'achète manifestement... 

Un siècle plus tard, où en sommes-nous?



vendredi 11 février 2022

Ouche!

 


Erwin Piscator est l'une des grandes figures de la mise en scène de la première moitié du vingtième siècle. Sa pratique théâtrale se situe aux limites du théâtre politique et de propagande, avec une forte introduction, en scène, des nouvelles technologies de l'époques (entendre ici la radio, la projection, le cinéma). 

Il faut aussi rappeler, pour bien comprendre le commentaire qui suivra, que l'Allemagne de cette époque (on parle des années 1915-1930) est celle des fameux cabarets (le cabaret berlinois est presque devenu mythique) et des revues (ces spectacles présentant des successions de numéros - sketchs, chants, poésies -construits sur l'actualité récente). 

Bref, à l'avènement de Piscator et de ses spectacles-manifestes hybrides joués souvent par des professionnels mésadaptés à ce style ou encore par des non professionnels, les critiques théâtrales se divisent. Certains crient au génie... alors que d'autres se feront plus virulents... comme ce petit commentaire acerbe enfoui dans un compte-rendu du spectacle Hop là! Nous vivons! publié - si je comprends bien - en 1927 dans le Tägliche Rundshau:

Lorsqu'on voulait résumé en un seul mot
tout la dégénérescence de notre théâtre
on disait «revue».
Ce mot est remplacé depuis samedi par un autre:
«Piscator». 

Et vlan dans les dents. 

samedi 15 janvier 2022

Chicane théâtrale (du moins, au départ) par journaux interposés... sur fond de moralité et de flétrissure!

 En janvier 1873, une troupe de théâtre Franco-Canadienne entreprend une tournée au Québec. À Trois-Rivières, ça achoppe! Le Journal Le Constitutionnel salue leur venue et en fait la réclame en ses pages. Entre temps, le clergé s'élève contre ces infâmes comédiens. S'ensuit une querelle par journaux interposés, impliquant son adversaire, Le Journal des Trois-Rivières. Une guerre à finir! 





Le Constitutionnel répond par une lettre ouverte publié en ses pages:





Et Le Constitutionnel répond à nouveau, en ses propres pages








dimanche 5 septembre 2021

De la chute qu'il a faite jusqu'à l'ascension qu'il aurait dû faire... telle est la crtitique dramatique!

Dans l'édition du 13 août 1913 du journal Le Nationaliste, il y a - sous la plume de Paul Hame(lin?) - cet article à propos de la critique dramatique. L'auteur y défend une thèse étonnante... :

Il est fort intéressant d'avoir ces différents points de vue - souvent contradictoires..! Si, par exemple,  pour le présent auteur, il faut être indulgent... de nombreux autres praticiens et journalistes réclament, à cette même époque, une plus grande rigueur de la part de cette dite critique dramatique!

samedi 21 août 2021

Le théâtre en crise... encore!

Il suffit de quelques pages d'un livre d'histoire sur le théâtre québécois pour vite se rendre compte que ce dernier a une caractéristique quasi immanente... être en crise: que ce soit une crise éthique ou religieuse, une crise de répertoire, une crise financière, une crise structurelle, une crise artistique, une crise identitaire, une crise de succession et j'en passe. 

Au cours des années '30, Louis Pelland, journaliste/chroniqueur culturel au journal La Renaissance, en est un chantre acharné (j'en ai déjà parlé ici). Comme dans cet exemple, du 30 novembre 1935:


Avec Jean Béraud, il fait partie de ce petit groupe de penseurs qui feront bouger les choses.

samedi 3 juillet 2021

Le public, vrai critique!

C'est fort intéressant, ce qui est dit dans ce billet (dont j'ignore qui est l'auteur), publié dans le Télé-radiomonde du 11 novembre 1967. Je trouve qu'il relativise bien les choses.

En cette période où la véritable critique s'amenuise dans l'espace médiatique, c'est un peu un état de fait que de laisser le public se faire sa propre idée!

mardi 25 mai 2021

Une conception de la critique dramatique

Le journal L'Autorité publie, le 27 mars 1954, un article de M. Paul Toupin qui agira en tant que critique dramatique mais qui souhaite, avant de se commettre, donner sa (brusque) conception de ce métier:

mardi 23 mars 2021

De la critique... en 1933!

La question de la critique théâtrale a toujours été d'actualité. Et quand on lit un papier d'époque (comme celui-ci tiré du journal Le Canada du 16 septembre 1933) sur ce mal nécessaire, il est toujours étonnant d'en constater la contemporanéité... 



lundi 18 mai 2020

Retour vers le futur du théâtre

Le 2 janvier 1971, le bureau de rédaction de La Presse a donné à son équipe une consigne peu banale: pour marquer la nouvelle année, chaque chroniqueur en art devait se projeter 41 ans plus tard... soit en 2012! Pourquoi 41 ans précisément? Rien n'indique ce choix.


Voici donc comment, en 1971, le chroniqueur théâtral Martial Dassylva entrevoyait l'évolution de l'art dramatique:


Je vous invite, par ailleurs, à consulter, pour le simple plaisir de juger de ces devins de l'art-fiction, ce cahier spécial Arts et Lettres (ici)!

jeudi 27 février 2020

''Le manque de courage du milieu théâtral''

Voici un texte fort, un texte puissant d'Évelyne de la Chenelière paru le 17 novembre 2007 dans Le Devoir (qu'on peut trouver ici, page B5,  sur le site de la BaNQ), quelques jours après les Seconds États Généraux sur le théâtre... Un regard sévère. Sans fard. Sans pitié. Sans tabou. 

Une vision que je partage... Mais c'est tellement facile, de la partager, quand nous ne sommes pas impliqués... 

(Et accessoirement, c'est une lignée parfaitement saguenéenne que nous retrouvons sur la photo, prise lors des États généraux: Patrice Leblanc, Marilyne Renaud, moi, Denise Lavoie et Éric Chalifour!)


samedi 15 février 2020

Quand le Progrès du Saguenay (de 1929...) se mêle de morale théâtrale...

Le lundi 5 novembre 1929, le directeur du Progrès du Saguenay (et aussi avocat) Eugène L'Heureux y va d'une critique théâtrale pour un spectacle qui s'est tenu quelques jours auparavant. 

Si la première section publiée ici laisse plutôt indifférent le lecteur d'aujourd'hui (parce qu'il est impossible de savoir de quoi il s'agit exactement), la seconde section prend une tournure beaucoup plus intéressante: L'Heureux questionne fortement la moralité de théâtre et la place que doit prendre son journal. 

En plein le genre de littérature qui me plaît: drapée dans la vertu et la convenance!




jeudi 6 février 2020

Quand une critique passe mal...

Les critiques de théâtre exercent un métier dangereux... car oui, les mécontents sont souvent nombreux: parce que trop floues, trop brèves, trop incomplètes, trop dures, trop vague, trop à côté de la track. Trop. Ou pas assez. 

Mais personne, je l'espère, ne réagira comme cet homme dont il est question dans le Devoir du 14 octobre 1913:


lundi 8 août 2016

L'oeuvre comme un iceberg


L'un des sujets fréquemment abordé sur ce blogue - depuis juillet 2007! - est la place, l'état et la fonction de l'espace critique dans le milieu théâtral (et culturel, bien entendu).  De ce rôle majeur du retour sur une oeuvre qui se réduit de plus en plus en simple chronique culturelle... voire en simple évocation dans les diverses tribunes médiatiques. (À preuve, cette suite de billets.)

En relisant l'essai plus qu'intéressant de Catherine Voyer-Léger (Métier critique - pour une vitalité de la critique culturelle publié en 2014 chez Septentrion), je suis retombé sur cette description (pp.97-98) de ce que devrait être l'objectif de toute bonne critique:

[...] L'objectif de la critique - qu'elle soit journalistique ou universitaire, d'ailleurs - devrait être de dévoiler quelque chose, de mettre en lumière, d'ouvrir l'oeuvre pour la faire voir autrement, à défaut de pouvoir la faire comprendre. Mais mettre en lumière, c'est toujours laisser autre chose dans l'ombre. [...] Dans le même sens, l'écrivaine française Christine Montalbetti explique [dans son article Dans le jardins de son voisin publié dans le 672ième numéro de la revue Les temps modernes, janvier-mars 2013] que si l'oeuvre est comprise comme un iceberg, le critique peut très bien se contenter de ce qui est visible, «varapper ses parois» et mettre en lumière ce «qui est concerté». Mais elle ajoute: «Il est également capable, mystérieusement, d'endosser sa tenue de plongée et d'aller voir en dessous. Alors il attrape au bout de son harpon des thèmes qu'on a brassés sans les reconnaître, des hantises que dans le faisceau de sa lampe frontale il repère, des fantômes dont il devine la présence et qu'on a cru pouvoir ignorer.» Un tel travail de dévoilement peut être perçu comme une violence, surtout par l'artiste qui a oeuvré pour offrir quelque chose qui soit au moins un peu fini, fermé, complet. Mais ça peut aussi être constructif.

Pour espérer atteindre ces profondeurs, la critique culturelle exige du temps et de l'espace, histoire de remplir sa mission avec toutes les nuances qui s'imposent, temps et espace qu'on ne lui accorde plus vraiment. [...­]

À l'époque de la lecture - et encore aujourd'hui - j'avais bien aimé cette image de l'oeuvre comme iceberg...


mardi 16 septembre 2014

De la critique... encore et toujours!


Une mauvaise critique 
n'est pas une critique qui dit du mal d'une oeuvre. 
Une mauvaise critique est une mauvaise analyse 
qui ne s'appuie pas sur des connaissances suffisantes, 
qui ne met pas l'oeuvre en contexte, 
qui se contente de résumer ou de porter un jugement binaire sur la forme
 «J'aime/J'aime pas». 
Une mauvaise critique 
est une critique qui ne va pas plus loin que les étoiles qu'elle enfile.

Très bonne lecture, que ce Métier Critique de Catherine Voyer-Léger qui s'attaque, en près de deux cent pages, à ce pan subjectif qu'est la critique, honnie des uns, espérée des autres. 

Fort intéressant parce que fort préoccupant. 

De page en page, l'auteure y déplore notamment  la disparition du critique (par manque d'espace, par manque de temps, par manque d'intérêt des médias), spécialiste d'un domaine précis, au profit du chroniqueur (et de la promotion) tout en déboulonnant certains mythes sur la virulence de la critique dans un petit milieu comme le Québec et, paradoxalement, sur sa complaisance...

L'espace médiatique que l'on dit dédié aux arts et à la culture rétrécit sans cesse. Et l'espace qui reste est bouffé de l'intérieur par l'anecdote, le vécu et un pastiche de promotion qui se fait passer pour du journalisme. Outre certaines poches de résistance, les journaux ne réservent plus que quelques pages pour la critique. [Dans le cas du Progrès-Dimanche, parfois, il y a autant voire plus de pages consacrées à Picotte et ses pérégrinations!] La nouvelle culturelle, c'est de plus en plus une plogue: une sortie, un vernissage, un lancement. Ou alors des chiffres: de vente, d'audience, d'audiomètre. Ou alors une entrevue avec une bonne tranche de vécu. Ou, quand la récolte est bonne, un scandale...

Quelles sont les raisons de ce glissement médiatique? Voyer-Léger tente de répondre le plus objectivement possible tout en soulignant, au passage, les pertes et les dommages occasionnées par cet état de fait. 

Outre les raisons factuelles (le manque d'espace, le manque de temps, le manque d'intérêt des médias), elle s'attaque aussi - et c'est là que ça devient le plus intéressant - à la (grande) responsabilité du milieu culturel lui-même. Que veut le milieu? 

Quand le bouquin est refermé, quelques questions restent: qui peut jouer le rôle de critique? Où (avec l'émergence des nouveaux médias et des réseaux sociaux)? Dans quel contexte? 

dimanche 17 août 2014

Dans l'attente du coup de dent des critiques


Jolie petite comparaison que celle-ci, illustrant les rôles et devoirs du critique dramatique. Elle est le fait de Jules Claretie, en 1869 (il semble y avoir eu, de tous temps, des problèmes avec ce métier journalistique!), dans le premier volume de son ouvrage La vie moderne au théâtre: causeries sur l'art dramatique.

vendredi 16 mai 2014

De la critique... au début du XXième siècle!

Le critique d'art par Honoré Daumier

De retour ce matin, à l'un de mes sujets de prédilection: la critique... ou plutôt, ce que j'espère d'une critique saine et efficace! Il y a, sur ce blogue, d'innombrables billets sur le sujet (qu'il est possible de lire en rafale en suivant ce lien), de la critique de la critique à la vision de différents auteurs, des coups de gueules aux grandes aspirations. 

Bref, tout un tas de réflexions... qui, manifestement, auraient pu aussi être écrites au début du XXième siècle si je me fie à ce passage tiré de 350 ans de théâtre au Canada-Français par Jean Béraud et qui est le fait d'un journaliste exaspéré qui, en 1904!, remet en question la façon la critique de l'époque:

Prière de lire attentivement: attention! Une des causes qui ont paralysé la marche ascendante de l'art chez nous, ça été une critique la plupart du temps peu sérieuse et indifférente ou bien outrageusement complaisante. Artistes et amateurs, tous ont été gâtés et sont devenus tellement chatouilleux, que le moindre conseil, la moindre remarque, a pris les proportions d'un reproche grave, - disons le mot: d'un tombage en règle - et qu'on est venu faire des scènes épouvantables au malheureux journaliste qui avait pourtant choisi ses gants les plus blancs pour dire ce qu'il pensait. En certains cas on a même demandé sa tête a la direction du journal. Une réaction s'impose depuis longtemps, et nous allons y aller bravement, sans plus hésiter. La critique a droit de cité où qu'elle se trouve, pourvu qu'elle soit juste et sans parti pris; c'est elle qui fait les artistes et non les artistes qui la font. Qu'on s'en souvienne une fois pour toutes.

Dommage que Béraud ne donne ni le nom de cet auteur... ni son journal. Mais une chose est sûre: plus ça change, plus c'est pareil! Et ces récriminations valent toujours aujourd'hui, 110 ans plus tard!

vendredi 4 octobre 2013

«Les Journalistes» Jean-Pierre Ferland

Sur ce blogue, depuis 2007, il a souvent été question - en long et en large - de la critique et du métier journalistique. Alors, en clin-d'oeil avec tous ces billets, voici le point de vue (bon... qui date quand même de 1965!) de Jean-Pierre Ferland... Pas spécifiquement théâtral... mais quand même...

samedi 31 août 2013

«La bataille perdue de la visibilité médiatique du théâtre» (H. Guay)


Si, comme le soutient Nathalie Heinich, la visibilité est liée au visage, le théâtre a perdu la bataille de la visibilité, au Québec comme ailleurs, au profit des médias de masse. Par les moyens de captation dont ils disposent, ces médias sont en effet bien équipés pour accorder aux visages une importance qu'ils ont rarement à la scène. Le plateau fait voir tout le corps et montre les interprètes en interaction, en train de dialoguer, pas seulement en train de minauder. Échanges verbaux d'abord, devenus aujourd'hui interartistiques et intermédiatiques mais dans une certaine mesure seulement. Difficile à capter, à médiatiser, à «humaniser» du point de vue audiovisuel, le théâtre ne fait plus le poids dans l'univers médiatique même si les médias sociaux ont laissé croire un moment que les communautés numériques allaient pouvoir lui être favorables par leur capacité de fédérer un certain nombre de fidèles autour d'une activité commune. L'illusion est bien vite passée, puisque comme tout média, les réseaux sociaux contribuent avant tout à leur propre promotion, que les médias traditionnels, de peur d'être dépassés, ne cessent de relayer, creusant ainsi leur propre tombe.

C'est là le premier paragraphe de l'article - dont le titre coiffe ce billet - d'Hervé Guay paru dans le (désespérant!) dossier Horizon incertain du théâtre québécois du dernier numéro (été 2013) de la revue Spirale. Il donne le ton au reste de l'article... au reste du dossier.

Le théâtre, au Québec (que d'aucuns ramènent aux seules capitale et métropole...), gémit dans un concert de récriminations duquel émergent quelques voix fortes (évidemment grand'centristes!) qui réclament une révision en profondeur du mode de fonctionnement, du mode de financement...

Le théâtre, au Québec, gronde.

Le théâtre, au Québec, craque.

Devant ce dossier qui réunit plusieurs personnes (Gilbert David, Yves Jubinville, Sylvain Bélanger, Raymond Cloutier, Jean-Frédéric Messier, Patrice et Frédéric Dubois, Brigitte Haentjens, Anne-Marie Olivier, Christian Lapointe et bien d'autres), le praticien en région éloignée sera définitivement partagé entre un profond découragement et une vertigineuse désillusion... et une envie de se battre et de joindre aussi ce mouvement de révolte...

Pour revenir à l'article de M. Guay...

Il termine en parlant des blogues: Au Québec, les blogues sur le théâtre n'ont guère pris la relève des hebdos culturels disparus. Dans le site Toutlemondeenblogue, on recence 64 blogues voués aux arts et à la culture. De ce nombre, aucun n'est consacré au théâtre. Deux voix font exception. L'une, Gaétan Charlebois, s'est recyclée après son départ du Mirror et du Hour, en fondant un blogue dont le mandat, très large, est annoncé dans son intitulé (The Charlebois Post-Canada. We are Canadian Theatre). L'autre est originale, Yves Rousseau par le truchement de son blogue (lequatrième.com) se présentant comme «Un point de vue indépendant sur le théâtre». En somme, les blogueurs ne se bousculent pas au portillon pour parler d'art dramatique [...].

mercredi 20 février 2013

La critique... selon Ionesco


Eugène Ionesco, avant de devenir un monument du théâtre universel, a été, à maintes reprises, l'objet de critiques partagées à savoir s'il était d'avant-garde ou anti-théâtral... Des critiques parfois enthousiastes... et parfois acerbes. Et, plus souvent qu'autrement, contradictoires! 

D'où son opinion sur la critique en général (tirée de la page XXX de ses Notes et contre-notes publiées en 1962 chez Gallimard... que je me plais de retranscrire ici pour faire suite à toute une série de billets sur le sujet!):

[...] La critique est pratiquement un mélange de tout, elle souvent tout, sauf de la critique; partant de sa subjectivité, exprimant sa subjectivité, le créateur s'objective; sortie de lui, extériorisée, l'oeuvre acquiert une existence en soi. L'auteur croyant se tenir se débarrasse de lui-même. Par contre, les critiques prétendant à l'objectivité ou à une certaine objectivité n'expriment le plus souvent que leur subjectivité. [...] Le critique reste prisonnier de lui-même, il exprime ses sentiments, sa mentalité, la mentalité de son époque dont il est tributaire, ses passions, son parti pris. [...] Il ne veut voir dans l'oeuvre que l'illustration de ses désirs ou de ses idées, il approuve ou réprouve l'oeuvre dans la mesure où celle-ci est conforme à ses désirs, à ses idées. [...] La critique, étant ainsi l'expression d'un parti pris, ou involontairement subjective, est, par cela même, faussée.

C'est là une intéressante (et sévère) vision de la critique. Toutefois, cette conception serait encore plus intéressante s'il était possible d'y adjoindre ce que Ionesco considère comme le rôle, la fonction de cette dite critique... Je cherche.