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vendredi 31 mai 2024

L'exercice du premier enchaînement

Hier soir, avec l'équipe de la production estivale 2024 du Théâtre 100 Masques, nous nous sommes astreints à l'exercice du premier enchaînement. De cette première fois où l'on voit, dans le bon ordre, l'ensemble du spectacle à venir. De cette première fois où s'inscrit, en temps (quasi) réel, le déroulement de la pièce. 

C'est toujours laborieux. Long. Souvent souffrant (mais ce ne fut pas notre cas). Parce que le rythme général est rarement bon. Parce que c'est lourdaud, malhabile. Parce que la disparité entre les scènes est souvent grande. Parce que les liens entre les personnages, leur(s) enjeu(x) et leur(s) action(s)s s'exposent dans un tout jusque là inaccessible (ou accessible que par fragments). Parce que le ton global souffre d'enflures, de manque de vigueur, de surjeu. Parce que le contrôle de l'interprète est encore à consolider.

C'est un passage obligé. Un mal nécessaire. Exigeant. 

Mais malgré tout, ça reste un essentiel des répétitions qui dessine, avec clarté et force, le travail à venir dans les prochains jours, les prochaines semaines. C'est une loupe sur les éléments à revoir, à peaufiner. C'est un indicateur de ce qui fonctionne et ce qui entrave la future représentation. C'est une synthèse qui s'incarne enfin et qui pointe les ajustements tant dans la forme que dans l'interprétation. 

C'est, en d'autres mots, un nouveau point de départ.

samedi 25 mai 2024

La crise en crise

Voici un petit regard en arrière, avec le Radiomonde et Télémonde de ce 14 novembre 1959:


Inspirant non? Même si (je l'ai déjà dit il y a quelque temps) c'est quand même épuisant de vivre perpétuellement en mode crise

Depuis quelques semaines, quelques mois (depuis la pandémie), depuis le dépôt de la demande pluriannuelle au CALQ, depuis les budgets provinciaux et fédéraux, le milieu culturel (et plein d'autres milieux, soit dit en passant) est en transe: il y a une crise

Le nombre de demandes augmentent, mais les enveloppes ne suivent pas. Les compagnies et les artistes - toujours plus nombreux - sont à bout de souffle.

Qu'est-ce qui attend le milieu théâtral (et culturel)? L'hécatombe ou la survie

Depuis quelques mois, donc, tous les intervenants en appellent à la mobilisation: le théâtre est en crise. Encore... si on se fie à l'article illustrant ce billet.

Vrai que les visions gouvernementales, en matière d'art et de culture, ne sont peut-être pas adéquates. Vrai qu'elles sont peut-être trop versées dans le clientélisme, les considérations statistiques et économiques. Vrai qu'elles sont peut-être engoncées dans un mode de fonctionnement - ébauché des décennies auparavant - qui a beaucoup de sable dans l'engrenage. Vrai qu'elles sont insuffisantes.

Il faut plus d'argent. Oui. Mais ça ne sera jamais assez.

Parce que le théâtre en crise? Ben oui. Comme toujours. 

Mais c'est aussi peut-être par sa faute, par sa faute, par sa très grande faute. 

Parce qu'il n'est pas capable de se sortir des ornières qui se creusent de plus en plus, depuis si longtemps. Des habitudes qui sont longues à transformer. Parce qu'il est peu capable, dans le contexte dans lequel il évolue, d'accueillir les nouveaux venus dans les structures déjà existantes. D'où la multiplication d'organismes et collectifs aux côtés de compagnies bien établies et de chasses gardées. Parce qu'il s'est notamment laissé entraîné vers une professionnalisation aussi normée que bureaucratique. Alors qu'il est, historiquement, chaotique, intense, il s'est laissé harnaché jusqu'à l'extrême dépendance, dans un mode de gouvernance qui, bien qu'efficace et utile, draine les fonds accordés. 

Bref, dans ce jeu des subventions et des programmes, c'est dommage, mais il y aura toujours plus de perdants que de gagnants. C'est ça, la crise?

C'est ça la game: ou le théâtre se fait selon les subventionnaires et les grandes associations (et c'est là que le projet doit être incontournable avec un dossier béton) ou il se fait à son propre compte (par conviction et acharnement) ou il ne se fait tout simplement pas si l'énergie ou la capacité de le faire passer sur papier pour obtenir de l'argent manquent.

Et si tout ça était normal? 

Tous les projets, toutes les compagnies, tous les artistes ne pourront jamais être tous soutenus. C'est la sélection naturelle d'un milieu qui doit se réguler d'une façon ou d'une autre. Et c'est normal. Frustrant plus souvent qu'autrement, mais normal. 

Il faut espérer, à tout le moins, que les choix se fassent sur de bons critères et que la qualité des dossiers et des démarches l'emporte sur d'autres considérations moins artistiques.

Et oui, tout ça va faire mal, parce que tous avons notre petite chasse gardée et du mérite autant que notre prochain...

jeudi 28 mars 2024

Petit moment de recul



Depuis quelques jours - beaucoup depuis le budget provincial... beaucoup depuis hier, Journée Mondiale du Théâtre... ce matin encore dans le Devoir (ici) - le discours ambiant du milieu théâtral est de se déclarer en mode survie. 
 
D'emblée, posons le diagnostic: il y a un cruel sous-financement culturel (comme dans plusieurs autres sphères de la société). Vrai. Plus que vrai. Mais est-ce que ça a déjà été facile? Quand les conditions l'ont-elles été? Au point d'être en mode survie? Vraiment?
 
Bien sûr qu'il faut de l'amélioration... et la balle est peut-être aussi en partie dans notre camp.

Et si c'était plutôt le moment, le signal, pour repenser radicalement notre fonctionnement (mais vrai, ici aussi, qu'il faudrait repenser, au passage, tout le mode d'attribution des subventions), de répondre autrement aux besoins de ce milieu? Comme un coup de pied dans une façon de faire qui a atteint sa limite? Qui sait...
 
Une chose me semble pourtant claire. Crier à la crise, c'est un peu crier au loup. C'est préoccupant, vrai. Plus que vrai. Mais ce fatalisme est aussi terriblement épuisant, démotivant.
 
Réclamons. Dénonçons. Transformons. Représentons. Bref, agissons avec un objectif précis: améliorer la situation. Cenne par cenne s'il le faut. Dollar par dollar. Pouce par pouce. De concertation en mutualisation. De reconfiguration en nouveaux projets.
 
Mais au final, ô surprise, ce sera quand même un éternel recommencement... parce que le théâtre, dans son essence même, se nourrit peut-être de ces crises permanentes et de l'adversité.

_________________________

Je termine en citant Meyerhold (citation qui est sur le mur de mon bureau en permanence):  Si le théâtre d’aujourd’hui ne meurt pas, c’est qu’il recèle encore des sèves vivifiantes. Qu’on l’achève s’il est condamné mais qu’on le ranime s’il est viable!

Et Ionesco: La crise du théâtre existe-t-elle? Elle finira par exister, si l'on continue d'en parler. On pense qu'un théâtre ne peut pas exister dans une société divisée. Il ne peut exister que dans une société divisée. Il ne peut exister que lorsqu'il y a conflit, divorce avec mes administrateur ou mes administrés (ce qui dépasse la notion de classes sociales), ma femme ou mon amante, mes enfants et moi, moi et mon ami, moi et moi-même. Il y aura toujours division et antagonismes. C'est-à-dire qu'il y aura division tant qu'il y aura de la vie. L'univers est en crise perpétuelle. Sans la crise, sans la menace de mort, il n'y a que la mort. Donc: il y a crise au théâtre seulement lorsque le théâtre n'exprime pas la crise. Il y a crise de théâtre lorsqu'il y a immobilité, refus de recherche; pensée morte, c'est-à-dire dirigée.

samedi 17 février 2024

Plus ça change...

Le théâtre...

C'est pas facile (financièrement) d'en faire. Pas facile (financièrement) dans faire en région... voire même ailleurs. Ça ne l'a jamais été et ça ne le sera sans doute jamais. 

Le cliché est tenace.

Aujourd'hui, en 2024, où chaque compagnie qui initie un projet espère du financement ou, à tout le moins, un public conséquent pour faire ses frais... tout comme en 1899 (dans l'édition du Progrès du Saguenay du 8 juin de cette année-là:


Il faut noter l'empressement  que met le Progrès (dans ce cas précis mais dans de nombreux autres) pour soutenir Cercle dramatique de Chicoutimi (de 1897 à 1911) et inciter fortement la population à être de la partie! 

mercredi 31 janvier 2024

Le Soutien à la mission du CALQ!


Quiconque côtoie des gestionnaires culturels ces temps-ci entend sans doute parler de la demande de Soutien à la mission du CALQ à laquelle tous s'adonnent ou presque, dans le milieu professionnel! L'échéance est pour demain, 1er février 2024!

Cette demande, c'est l'espoir de se voir octroyer un soutien récurrent sur 4 ans pour certains, l'aspiration de voir l'exercice se solder par une augmentation pour d'autres. Entre les deux, plusieurs se croisent les doigts pour que les montants accordés les années précédentes restent minimalement les mêmes! 

Il faut dire que cette (très grosse) demande était attendue: le dernier cycle du CALQ prévu initialement pour 2017-2021 s'est étendu, pour les raisons pandémiques que nous connaissons, jusqu'à maintenant, 2024! 

Chose certaine, il y aura embouteillage aux portes du subventionnaire alors que la manne publique providentielle n'est pas sans fonds. Les nouveaux ne se trouveront pas assez soutenus. Les plus vieux pas assez reconnus. Et entre les deux, des surprises dans les deux sens: positives et/ou négatives en regard des portraits présentés.

Concrètement, cette demande (que j'ai faite deux fois plutôt qu'une... pour l'Espace Côté-Cour avant mon départ et pour le Théâtre Les Amis de Chiffon depuis mon entrée en poste) est une véritable radioscopie de l'organisme et projection sur l'avenir. Elle se décline comme suit:

SECTION A – PRÉSENTATION DE VOTRE ORGANISME (50% de la note section A et B)
  • 1.MISSION ET MANDAT (max 250 mots)
  • 2.HISTORIQUE ET FAITS SAILLANTS (max 500 mots)
  • 3.CONTEXTE (max 1800 car.)
  • 4.MOT DE LA DIRECTION ARTISTIQUE (max 4500 car.)
  • 5.PERSPECTIVES 2024-2028 (max 1800 car.)
SECTION B – QUALITÉ ARTISTIQUE 
  • 6.PROGRAMMATION ET ACTIVITÉS PROPOSÉES AU COURS DE LA DERNIÈRE ANNÉE ET DE L’ANNÉE EN COURS (max 6000 car.)
  • 7.PROGRAMMATION ET ACTIVITÉS POUR LES DEUX PROCHAINES ANNÉES DU CYCLE DE FINANCEMENT (max 6000 car.)
  • 8.INNOVATION ET AUDACE ARTISTIQUE (max 1500 car.)
SECTION C – DIFFUSION ET RAYONNEMENT (25% de la note)
  • 9.FRÉQUENTATION DES ACTIVITÉS (max 6000 car.)
  • 10.RAYONNEMENT, RÉSEAUX ET PARTENARIATS (max 1500 car.)
  • 11.APPORT AU TERRITOIRE (max 1500 car.)
  • 12.DIVERSIFICATION DES PUBLICS – POUR LES ORGANISMES QUI OFFRENT DES SPECTACLES EN AUTODIFFUSION (max 1500 car.)
  • 13.ACTIVITÉS DE MÉDIATION ET SENSIBILISATION DE PUBLIC (max 1500 car.)
SECTION D – CONTRIBUTION À LA COMMUNAUTÉ ARTISTIQUE (25% de la note)
  • 14.ACTIONS EN FAVEUR DE LA RELÈVE (max 1800 car.)
  • 15.ACTIONS EN FAVEUR DE L’INCLUSION (max 1800 car.)
  • 16.RÉMUNÉRATION DES ARTISTES ET DES TRAVAILLEURS CULTURELS (max 1800 car.)
  • 17.CONTRIBUTION AU DÉVELOPPEMENT D’UN SECTEUR OU D’UNE OU PLUSIEURS DISCIPLINE(S) (max 3000 car.)
  • 18.PRÉSENTEZ TOUTE AUTRE INFORMATION EN LIEN AVEC L’ACQUITTEMENT DU VOTRE MANDAT (max 1500 car.)
Ça, c'est pour la partie rédaction de la demande, que tous les aspirants remplissent. 

La pondération de chacun de ces blocs (et des éléments qui suivent) positionne l'organisme par rapport aux autres compagnies. Et plus ce classement est haut, plus les chances sont grandes d'être parmi les heureux au terme de l'exercice! L'inverse est vrai aussi... conclusion: il faut scorer! D'où la pression ressentie par ceux qui sont là-dedans présentement!

À la partie écrite se joint un document Excell plus statistique (avec ces éléments pour les organismes de création et de production comme le TAC):

  • IDENTIFICATION, RENSEIGNEMENT GÉNÉRAUX ET DÉCLARATIONS
  • INFORMATION SUR LE CONSEIL D'ADMINISTRATION
  • STRUCTURE ORGANISATIONNELLE
  • PORTRAIT SOMMAIRE DE L'ORGANISME
  • EFFORTS CONSACRÉS A L'ÉCORESPONSABILITÉ (pratiques de gestion et à venir; pratiques de création et production et à venir; pratiques en lien avec la circulation des oeuvres et à venir; actions en matière de gouvernance)
  • SECTION 6a - PROGRAMMATION 2024-2025
  • SECTION 6b - REVENUS ET DÉPENSES DES ACTIVITÉS DE PRODUCTION 2024-2025
  • SECTION 9a - BILAN DE DIFFUSION (2022-2023)
  • SECTION 9a - PLAN DE DIFFUSION -  SAISON EN COURS (2023-2024)
  • SECTION 9a - PLAN DE DIFFUSION - AN 1 DU CYCLE (2024-2025)
  • SECTION 9b - MÉDIATION CULTURELLE ET ACTIVITÉS DE SENSIBILISATION (2022-2023)
  • SECTION 9b - MÉDIATION CULTURELLE ET ACTIVITÉS DE SENSIBILISATION - EN COURS (2023-2024)
  • SECTION 9b - MÉDIATION CULTURELLE ET ACTIVITÉS DE SENSIBILISATION  - PRÉVISIONNEL (2024-2025)
  •  SECTION 14a - SOMMAIRE DES REVENUS ET DÉPENSES (réel, en cours et prévisionnel).

Puis, comme toutes bonnes demandes qui se respectent, il y a toute la documentation d'appui à fournir qui va du dossier de presse aux états financiers en passant par les différentes politiques de l'organismes et plans de travail. 

Toute cette demande représente des heures et des heures et des heures de rédaction et de réécriture (parce que les réponses sont limitées à un nombre précis de caractère qui impose une concision et une précision chirurgicale du discours). De relectures et de recommencements. De doutes et de soupirs... jusqu'au sentiment d'avoir tout donné... et advienne que pourra! Les réponses quelque part dans le courant de l'été.
 
Courage à tous ceux qui n'ont pas encore terminé! 

dimanche 16 août 2020

Mise au point sur la création collective

 

Le travail collectif n'est pas la censure collective. Quand on discute d'une idée, il faut éviter qu'elle soit combattue par trois ou quatre avant même d'être totalement exprimée. Cela, nous avons appris à ne pas le faire. On essaie les idées les plus folles de certains. On ne les écrase jamais dans l'oeuf.

Ensuite, il faut laisser avancer ceux qui avancent, c'est-à-dire laisser apparaître les éclaireurs, ceux que j'appelle les «locomotives». Le travail collectif est tout sauf un travail égalitariste. Il y a ceux qui mènent, qui inventent, à tous points de vue, et ceux qui sont moins expérimentés, ou moins en forme, et qui suivent, mais qui sont aussi indispensables. 

[...] Du coup, l'émulation s'accroît, et l'exigence. Il s'agit pour chacun de placer chaque jour la barre plus haut.

Chacun apporte ce qu'il est capable d'apporter. Le beaucoup de certains, et le petit peu des autres.

C'est là une mise au point essentielle, d'Ariane Mnouchkine (dans le bouquin dont je parlais hier) sur ce qu'est, un véritable fonctionnement d'une création collective. Je trouve intéressant sa distinction entre collectif et égalitariste, sa vision du collectif porté par des leaders, sans renier l'apport de chacun des participants. 

mardi 23 août 2016

Quand la structure apporte la liberté...


Cela dit, être l'intendant d'un grand théâtre, c'est la plus grande liberté qui soit. Il y a des metteurs en scène indépendants  - en allemand on dit frei Regiseure, metteurs en scène libres. Mais celui qui est le plus libre de tous dans le paysage théâtral allemand, c'est le directeur d'un théâtre. Car c'est lui qui décide, par exemple, de prévoir six mois de répétitions pour Shakespeare. C'est le directeur qui décide où mettre l'accent, où placer les moyens - mais il ne peut le faire que dans le théâtre qu'il dirige. Tout le monde pense qu'avoir à gérer toute une institution est très lourd, que cela empêche le travail artistique. Moi je dirais le contraire. [...] En plus, il y a au théâtre une grande tradition de ce type de fonctionnement: Molière, Shakespeare... ils étaient tous des chefs de troupe!

Ceci est l'opinion de Thomas Ostermeier (directeur de la Schaubühne de Berlin... l'un des plus grands théâtres européens), dans Le Théâtre et la Peur (p.28), publié il y a quelques mois chez Actes Sud... et je ne suis pas très loin d'avoir la même opinion. Bien sûr, entre l'institution allemande et le Théâtre 100 Masques, il y a tout un monde (et beaucoup moins de moyens!). Toujours est-il qu'une bonne organisation peut devenir un formidable outil de création et de liberté. 


mardi 25 septembre 2012

Suivant.


Une bonne chose de faite.

Il y a quelques minutes, je suis allé poster mes demandes de subvention pour l'année à venir (entendre ici le CALQ et le CAS). Finies, donc, les définitions de projets. Finies les projections financières. Finis les bilans. Finis les rassemblements de documents divers, des états financiers au dossier de presse en passant par les documents promotionnels. 

Alors que s'amorce la longue longue attente, que le cours des activités du Théâtre 100 Masques a déjà pris sa vitesse de croisière, je peux quitter pour les autres projets qui m'attendent et qui seront, cette année, fort nombreux.

lundi 20 août 2012

C'est reparti...


Les vacances sont véritablement terminées. Il faut maintenant revenir au travail... avec un dossier de taille à terminer: l'établissement de la programmation annuelle du Théâtre 100 Masques (bon, elle est déjà prête depuis quelques semaines) et surtout, le cadre financier nécessaire à son exécution.

C'est la période des choix. Des grandes lignes. Des calculs et des casses-têtes.


mardi 24 juillet 2012

Entre les deux, mon coeur balance...


Avec la présente saison estivale et sa très faible assistance, je réfléchis sérieusement au prochain théâtre d'été du Théâtre 100 Masques...Une réflexion entreprise depuis plusieurs semaines déjà...

Tout d'abord, il faut savoir qu'une première ébauche de projet avait été développé: une création d'Anick Martel dans un style grandguignolesque (du théâtre d'«horreur» de série Z où l'hémoglobine est le personnage principal)... toutefois, la situation actuelle (grise plutôt que noire...) m'amène à revoir les plans.

Un bon théâtre d'été (financièrement parlant) remplit la salle soir après soir et permet, pendant deux, trois voire même quatre ans de surfer sur ce succès et de présenter des choses plus audacieuses. Un bon théâtre d'été, ce sont près de 850 spectateurs qui sont drainés vers la salle de représentation... Un coup de publicité efficace et dynamique qui ramènera, l'année suivante, au moins le ¾ de ce public...

Chercher ce bon théâtre d'été signifie quasi obligatoirement de revenir à une valeur sûre, une valeur refuge. Offrir un spectacle qui sera incontournable, que tous voudront voir et qui me donnera les moyens nécessaires, par la suite, d'établir une programmation plus éclectique. Du coup, l'été 2013 en sera un de compromis... enfin, presque. Choisir et programmer en protégeant du mieux possible l'aventure artistique de la contingence administrative...

Maintenant, mon cœur balance entre deux projets.

Le premier, qui peut avoir l'air racoleur, serait un projet moliéresque (ça va de soi!) quand même stimulant (et sûr)... à savoir la mise en scène (ma première de cet auteur!) de deux ou trois de ses farces moins connues, toutes aussi vives qu'amusantes. Elles sont sélectionnées depuis un moment: Le mariage forcé, La jalousie du barbouillé et Le Médecin volant.

Le second - qui me parle encore plus par forme, son origine, sa nécessité et son propos fort d'actualité - consisterait en une réinterprétation de la pièce emblématique de Nicolas Gogol, Le Revizor... qui raconte les tribulations d'une petite ville corrompue où tout ne fonctionne que par pots-de-vin, mensonges, cachotteries. Une pièce très drôle en plus d'être d'un répertoire qu'on n'a pas ou peu abordé et qui serait en droite ligne avec les choix des années antérieures.

Gogol n'est pas Molière, c'est un fait... mais sa pièce s'inscrirait à tel point dans le contexte socio-politique actuel qu'il pourrait avoir une très belle portée.

Donc répertoire russe ou classique français? Mon coeur balance même si, en apparence, mon choix est fait.



samedi 30 juin 2012

Un Théâtre 100 Masques nouveau?

C'est bientôt la fin de la saison pour le Théâtre 100 Masques... enfin, après une production, deux semaines de camps thématiques et une douzaine d'heures d'ateliers dans des terrains de jeux!

Une année riche en événements de toutes sortes (et fort occupée!) qui place maintenant la compagnie à une croisée des chemins. Cinq ans déjà que j'y occupe la fonction de directeur général et artistique. Cinq ans de travail à donner de solides assises à nos actions. Comment maintenir ce développement? Mieux encore, comment le surpasser? Comment (et sur quelles bases) reprendre un nouvel élan?

Il ne faut pas s'en cacher: ce métier use rapidement quiconque s'y frotte. Le financement - que ce soit par les dons, les commandites, les partenariats, les subventions, les activités bénéfices - occupe un temps fou... pour ne pas toujours donner les résultats escomptés. Comment alors se donner les outils nécessaires, consolider les acquis (souvent bien éphémères devant les coupes budgétaires) pour faire de cette aventure une aventure artistique au-delà de celui-ci?

Cinq ans, donc, à travailler d'arrache-pied mais ça en valait le coup. Et je le pense encore. C'était là, en quelque sorte, une période de (re)construction. Maintenant, il faut passer aux choses sérieuses.

Sans tout chambouler (parce que dans l'ensemble, ça va plutôt bien), il est peut-être temps, maintenant, de brasser les cartes. D'insuffler un nouveau dynamisme au sein de l'organisme. Tracer de nouvelles lignes. Cultiver et déployer de nouveaux projets. Mettre en place de nouvelles stratégies de communication, de promotion, de création... En somme, de l'air frais! Miser sur nos forces (il y en a!) et combler nos lacunes (toutes aussi nombreuses!).

Plusieurs scénarios ont été (et continueront) d'être envisagés au cours des prochaines semaines en vue de bonifier les cinq prochaines années! Plutôt stimulant...

Mais avant, encore un petit coup estival à donner!

vendredi 8 juin 2012

De l'épuisement de courir après l'argent...


Par ce billet, je donne suite à celui écrit par le collègue Stéphane Boivin sur le blogue de La Rubrique (ici) de même qu'à la déception de Vicky Côté manifestée sur Facebook au lendemain de sa soirée bénéfice tenue il y a quelques temps devant une assistance où peu de gens du milieu se trouvait...

Courir après l'argent est peut-être l'une des principale tâche (ou l'enfer... c'est selon) de tout organisme culturel... au détriment, bien souvent, de la création. C'est là un paradoxe exténuant: que du temps perdu (devant un clavier pour remplir des formulaires et monter des dossiers, en rencontres ou au téléphone!) qui demande énergie débordante et persévérance à toute épreuve!

Cette course - à obstacles, devrais-je rajouter! - mène parfois vers des résultats qui donnent des sueurs froides: coupures, compromis, reports... L'artiste au crochet de l'état, l'artiste qui quête, est un préjugé tenace... relent d'une petite droite démagogique qui s'étend de plus en plus. Et même si les montants ne sont souvent pas si exorbitants, leur caractère artistique fait souvent bien piètre figure aux côtés des causes humanitaires et celles axées sur la santé. Et une petite organisation peine à s'imposer face à une plus grande ou aux événements majeurs...

Par ailleurs, devant la multiplication des organismes culturels et des productions indépendantes, il y a une forte augmentation des activités de financement. Comme on se partage un bassin réduit de population, on se partage également un bassin réduit de partenaires...
 
Trouver de nouvelles formules pour attirer les donateurs, trouver de nouvelles approches, de nouveaux «produits» rentables devient un casse-tête sans fin. Être original pour attirer l'attention. Les mécènes ne courent pas les rues... et il faut parfois s'échiner à valoriser nos actions. Cette recherche de soutien est essentielle et permet de combler des subventions trop maigres (ou parfois inexistantes). Mais comment se vendre?

S'il y a un grisant enthousiasme lorsque nous trouvons un nouveau commanditaire, il y aussi - et en plus grande quantité! - bon nombre de refus... parfois directs et agressifs. 

Alors, vers qui se tourner? Vers nos spectateurs habituels, vers les gens du milieu même? Oui... peut-être. Bien qu'ils soient hyper sollicités (en plus de donner de leur temps), ils seront probablement au rendez-vous... Mais porter la santé financière de la culture sur leurs épaules m'apparaît être un bien lourd fardeau. Et cette obligation morale qui provoque le remords... Il faudrait parfois faire une campagne de financement pour pouvoir assister aux diverses soirées bénéfice! L'épuisement (tant financier, physique que moral) pointera un jour ou l'autre et personne ne sera plus avancé.

Et si la solution était ailleurs? Elle doit nécessairement être ailleurs, en fait... On ne peut définitivement pas continuer comme ça. Peut-être faudrait-il se constituer en regroupement et que c'est celui-ci, au nom de 3, 4 ou 5 compagnies théâtrales, qui s'impliquerait pour offrir une plus grande visibilité aux entreprises donatrices et aller chercher des montants plus substantiels (qui, au final, après le partage, serait avantageux)?  Faudrait voir...


jeudi 7 juin 2012

Festivité de plus en plus difficile à prévoir



Comme plusieurs organismes, le Théâtre 100 Masques a déposé, dans les dates, un projet en vue de ces festivités... projet qui - s'il est retenu - pourrait se voir financer...

Le hic, c'est que le dépôt devait se faire avant le 13 janvier 2012... et que la réponse, prévue originalement en avril,  tarde toujours à nous parvenir. La raison? Le comité lui-même est en attente de diverses réponses des différents paliers de gouvernement... On peut écouter ici l'entrevue de la directrice, Line Gagnon, présentée hier sur la première chaîne de Radio-Canada, qui affirme que les organismes recevront une réponses d'ici la mi-juillet... peut-être aussi le début du mois d'août. Que rien n'est problématique... que tout est normal... enfin, presque.

Et pourtant...

Depuis avril, donc, la suite des activités du Théâtre 100 Masques (et les miennes, par conséquent) se fait avec une tentative de laisser de l'espace pour le projet en question - par ailleurs fort stimulant - qui demande une grande préparation (recherche, écriture, conception, mise en scène) et du temps. Mais l'échéancier prévu (théoriquement, je devrais être sérieusement en écriture) se réduit terriblement... et, parallèlement à ce problème, mon agenda personnel se rempli de gros projets pour les mois à venir. La marge de manœuvre pour cette création existe toujours mais elle rétrécit.

Du même coup, rien n'indique que notre projet est éventuellement sélectionné et toutes les contorsions d'horaires se font peut-être en vain.

Si la réponse se fait encore au-delà de juillet, nous serons dans l'obligation (avec beaucoup de déception) de retirer notre dossier... ou d'en modifier le calendrier.

 Dans ce milieu, l'attente est la pire des choses.

jeudi 22 septembre 2011

Le mal nécessaire...

Je sors d'une rencontre avec un éventuel partenaire financier du Théâtre 100 Masques... ce genre de rencontre où, en quelques minutes, il faut vendre l'idée qu'appuyer un organisme culturel - le nôtre en l'occurence - est rentable et bénéfique pour eux sans trop se perdre dans les dédales administratifs... Après tout, nous sommes dans un champ résolument artistique. En quelques minutes, il faut tout mettre sur la table: les bons coups comme les écueils que nous rencontrons; les projets passés, en cours et à venir; les perspectives de développement; et le soutien qu'il nous faut nécessairement trouver pour maintenir le cap. Voilà la partie qui occupe la majeure partie de mon temps depuis le retour des vacances. La saison rouge (heureusement notre compte bancaire est encore loin de cette couleur!) est synonyme de financement: les partenariats à fonder ou à renouveler, les demandes de subventions à compléter, les prévisions budgétaires à ajuster, les campagnes de levées de fonds à préparer... La structure de la compagnie demande du temps, oui. Mais plus le fonctionnement se consolide, plus la structure est autonome, bien tenue et bien alignée... et le plus elle devient un formidable outil de création.

lundi 22 août 2011

Se marcher sur les pieds...

Le milieu théâtral saguenéen est petit... c'est un fait. Et cette petitesse, conjuguée à un dynamisme réel, amène aussi une certain étroitesse en ce sens que le nombre de lieux de répétitions et de représentations n'augmente pas.

Immanquablement, les calendriers se chevauchent et les disponibilités de salle fondent à vue d’œil. Les cahiers de réservations s'emplissent selon le mode du premier arrivé, premier servi.

Les compagnies s'insèrent comme elles peuvent, où elles peuvent.

La pagaille.

Idéalement, chaque compagnie gèrerait son propre lieu... aurait le plein contrôle de l'endroit où elle est fixée. Libre de présenter quand elle veut. Libre de prendre le temps de s'installer. Libre des contraintes du suivant.

Cette étroitesse amène parfois l'impression que nous nous marchons sur les pieds, que nous empiétons sur des missions et des territoires déjà investis. Et c'est le cas. Mais après tout, cela pourrait se faire sainement... si ce n'était du combat quotidien pour survivre.

Le plaisir des demandes de subventions


Présenter l'organisme...
Présenter les états financiers...
Définir les projets (novateurs, de surcroît!)...
Réunir des équipes...
Justifier la direction artistique...
Établir des prévisions budgétaires réalistes et cohérentes...
Annexer des documents qui ne seront peut-être pas pris en compte...
Et attendre des semaines voire des mois...

C'est la période qui commence avec l'automne qui arrive. C'est le moment de répondre à l'appel des différents conseils des arts: Conseil des arts du Canada (quelque part à la mi-septembre), Conseil des arts et Lettres du Québec et Conseil des arts de Saguenay (au début octobre).

C'est la période du doute. Celle où la question à savoir si ça vaut le peine se pose toujours...


mercredi 13 avril 2011

De choses et d'autres... en statistiques!

Voici un article intéressant, paru dans La Presse, le 11 avril dernier... donc avant-hier... article titré Arts de la scène: bien jouer son métier. Une suite de statistiques et d'affirmations qui laissent songeur...

Caroline Rodgers,
collaboration spécialeLa Presse

(Montréal)
Beaucoup de jeunes rêvent de brûler les planches. Monter sur scène et jouer le rôle de leur vie. Ou encore, d'être celui, qui, derrière la scène, travaille à faire du spectacle une réussite.

Entre le rêve et la réalité, plusieurs obstacles se dressent. Comme le résume très bien Raymond Marius Boucher, président de l'Association des professionnels des arts de la scène du Québec, il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus.

Un adage que confirment les statistiques: 54% seulement des diplômés des disciplines liées aux arts de la scène travaillent dans leur domaine.

De ce nombre, les chiffres ne disent pas exactement combien, parmi eux, doivent avoir d'autres boulots en parallèle pour boucler leur budget, comme c'est le cas de certains jeunes artistes de la relève.

«Pour les 5 dernières années, 77% de nos membres tiraient 16 000$ par année ou moins de leurs activités artistiques, souligne Raymond Legault, président de l'Union des artistes. Ils font autre chose pour y arriver, comme de l'enseignement.»

Est-ce à dire qu'il faille renoncer à cette voie pour autant? C'est une question de choix personnel. Mais avant de se lancer dans l'aventure, il faut à tout le moins être conscient des défis inhérents au chemin que l'on choisit.

«Ils doivent tout de suite concevoir qu'ils seront femmes ou hommes orchestre, et qu'ils vont probablement devoir faire un peu de tout pour réussir, dit Louise Boucher, Directrice générale du Conseil québécois des ressources humaines en culture. La clé, c'est d'être polyvalent. Ils devront aussi apprendre à faire leur propre mise en marché, à créer leur visibilité, avoir plusieurs cordes à leur arc, à créer leur emploi. Ils devront trouver un équilibre entre leur survie financière et le développement de leurs projets artistiques.»

Aujourd'hui, il faut faire parler de soi pour percer, dit Simon Brault, directeur général de l'École nationale de théâtre. «Il faut utiliser les médias sociaux, faire partie de plusieurs réseaux et travailler sur plusieurs projets en même temps, dit-il. Il faut qu'on s'intéresse au travail des autres pour que nos pairs s'intéressent à ce que l'on fait.»

Cela dit, certains métiers qui touchent davantage aux aspects techniques d'un spectacle, comme régisseur ou directeur technique, sont très demandeés, selon Simon Brault. Cela s'explique par le nombre important de festivals et de spectacles de cirque qui se sont développés au cours des dernières années.


[La suite de l'article, avant d'arriver aux statistiques suivantes (qui semblent encore tellement loin de mon propre - et encore plus pauvre! - nombril) donne l'exemple du cheminement de quatre jeunes professionnels...]
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LES SALAIRES ANNUELS MOYENS

Acteur
17 420$ (avec une formation collégiale)
33 540$ (avec une formation universitaire)

Directeur technique (cinéma, radio, télé, théâtre)
38 012$ (avec une formation universitaire)

Directeur technique (production artistique)
27 612$ (1 formation technique offerte)
30 992$ à 33 540$ (3 formations universitaires offertes)

Metteur en scène
33 540$ à 37 232$ (2 formations universitaires offertes)
[Ce n'est pas mon cas!]

Source: Septembre éditeur
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DES PROGRAMMES POUR TOUS

Bon nombre de formations existent pour qui veut apprendre les arts de la scène, au collégial, à l'université ou à l'École nationale de théâtre. En voici un survol.

Études théâtrales Au niveau collégial
Plusieurs cégeps offrent des formations de deux ou trois ans en théâtre. Différents profils et cheminements sont offerts selon les établissements : interprétation, design, techniques d'éclairage, décors, costumes, etc.

Parmi eux, on trouve notamment: le collège Lionel-Groulx, le cégep de Saint-Hyacinthe, John Abbott College, Dawson College, le Centre d'études collégiales de Montmagny, le cégep Lévis-Lauzon, le cégep de Saint-Laurent et le Conservatoire Lassalle (collège privé).

DEC en gestion et techniques de scène (production)
Diplômés en emploi à temps plein: 64,3%
Salaire annuel moyen brut: 28 236$
Travail en rapport avec la formation: 88,9%

Spécialisation en décors et costumes
Diplômés en emploi à temps plein: 50%
Salaire annuel moyen brut: 29 276$
Travail en rapport avec la formation: 66,7%

DEC en interprétation théâtrale
Diplômés en emploi à temps plein: 52,4%
Salaire hebdomadaire moyen brut: 32 500$
Travail en rapport avec la formation: 54,4%

Interprétation en théâtre musical (collège Lionel-Groulx)
Diplômés en emploi à temps plein: 57%
Salaire annuel moyen brut: 26 052$
Travail en rapport avec la formation: 50%

Études théâtrales Au niveau universitaire

Quatre universités québécoises offrent un choix de certificats, de baccalauréats et de diplômes en théâtre qui préparent les étudiants à des carrières en interprétation, en mise en scène ou en production. Il s'agit des universités Concordia, Bishop's, Laval et de l'UQAM.
[À se demander, sérieusement (et avec raison!), ce que vaut notre formation...]

Situation des personnes titulaires d'un baccalauréat
en art dramatique en janvier 2009

En emploi: 69%
Encore aux études: 27,5%
En emploi à temps plein: 67,3%
Durée moyenne de la recherche d'emploi: 19 semaines
Salaire annuel moyen brut: 33 540$
Travail en rapport avec la formation: 54,3%

Sources: monemploi.com, enquêtes La Relance à l'université, La Relance au collégial, MELS
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Les travailleurs de la scène en chiffres (au Canada)
70% Vivant dans les grands centres urbains
53% Femmes
47% Hommes
45% Travailleurs autonomes
25% Titulaires d'un diplôme universitaire ou d'un titre professionnel
21% 55 ans ou plus
19% Gagnant plus de 50 000$ par an
76% Membres d'un syndicat, d'une guilde ou d'une association professionnelle

Source: Étude sur les RH 2010, tendances et enjeux de ressources humaines dans le secteur culturel, Conseil des ressources humaines du secteur culturel, Conference Board du Canada.

lundi 4 avril 2011

Campagne annuelle


Le Théâtre 100 Masques lance aujourd'hui sa campagne de financement annuelle au profit de sa production estivale, L'Affaire de la rue Lourcine, une comédie grinçante (et fort drôle!) d'Eugène Labiche.

Pour 100$, le généreux donateur reçoit, en échange, quatre billets pour l'une des onze représentations. Mais plus encore! Pour ce prix, il se voit nommé et mis en valeur dans le Panégyrique des donateurs - un petit morceau théâtral conçu spécifiquement pour lui rendre hommage - en plus d'être inscrit dans le programme de la pièce.

L'an dernier, ils furent 93. Cette année, notre objectif est d'atteindre la centaine.


dimanche 3 avril 2011

De la technique et du respect


Au théâtre, il n'y a, en fait, qu'une seule chose pour laquelle je suis impitoyable, c'est le rendu esthétique de la régie technique (son et éclairage). Les erreurs sont possibles, oui. Et ça arrive dans toute production... Soit.

Mais il y a une marge entre une erreur de parcours exceptionnelle (un retard, un oubli, un problème technique) et une succession de gaffes à toutes les représentations dans la conduite de la représentation.

Le régisseur a, devant lui, le texte de la pièce qu'il doit suivre avec méticulosité. Dans ce texte se trouvent toutes les indications nécessaires à son travail: moment dans le texte (ou geste ou déplacement) où envoyer le prochain éclairage (les fameux «cues»), le rythme, l'intensité, le volume. Il devient, en quelque sorte, responsable du spectacle, de son déroulement. Et il doit s'y coller de soir en soir, en prenant bien garde qu'une confiance néfaste s'installe et nuise à l'attention requise pour ce type de boulot. Il faut une écoute directe (discrète mais directe!) sur la scène. Une écoute quasi obsessionnelle.

Il s'agit là, en quelques sortes, d'un important élément spectaculaire parce que visible, tributaire de l'ambiance, de l'atmosphère qui doit régner sur les planches. Du coup, cette régie doit se faire sous l'égide d'un profond RESPECT aux multiples ramifications:
  • respect envers le spectacle dans son ensemble (car c'est sur la régie, par les éclairages, que repose la qualité esthétique de la représentation);
  • respect envers la mise en scène (et les choix qui ont été fait et les indications qui ont été données pour obtenir un résultat artistique défini);
  • respect envers la conception des éclairages (parce que cette régie repose, en fait, sur le travail d'un autre, le concepteur des lumières qui s'attend à la parfait exécution de sa conception);
  • respect envers les comédiens (comme je le disais, elle donne, par ses actions, une foule d'indications d'entrées et de sorties, et les comédiens se fient sur elle);
  • respect envers le public (les gens paient: ils méritent un travail professionnel).
Une mauvaise régie peut gâcher n'importe laquelle représentation et lui donner un caractère amateur désagréable.


jeudi 10 mars 2011

Le budget du Conseil des Arts de Saguenay


Le budget alloué au Conseil des Arts de Saguenay a été confirmé par l'administration municipale lors du comité exécutif du 2 février dernier. (Le procès-verbal de cette réunion est en lien, ici, en PDF... et la résolution qui concerne le CAS, la VS-CE-2011-176, est en page 45).

On y lit:

CONSIDÉRANT la demande du Conseil des arts de Saguenay de confirmer leur budget pour l’année 2011 ;

CONSIDÉRANT l’enveloppe budgétaire consentie en 2009 et 2010 qui incluait un montant récurrent de 354 300 $ pour le soutien au fonctionnement des organismes et un montant de 85 000 $ en soutien au fonctionnement du Conseil des arts ;

CONSIDÉRANT les prévisions budgétaires du Conseil des arts de Saguenay pour son fonctionnement au montant de 104 165 $ ;

CONSIDÉRANT les prévisions budgétaires de la Ville de Saguenay pour la réalisation des mandats spécifiques du Conseil des arts de Saguenay ;

CONSIDÉRANT les disponibilités budgétaires au budget du Service des arts, de la culture, communautaire et bibliothèque ;

À CES CAUSES, il est résolu:

QUE la Ville de Saguenay confirme au Conseil des arts de Saguenay une disponibilité financière de 439 300 $ pour la réalisation des mandats du conseil pour l’année 2011 répartie comme suit :
- 354 000 $ en soutien au fonctionnement des organismes ;
- 85 000 $ pour le soutien au fonctionnement du Conseil des arts (AO-2011-35).

ET QUE les fonds requis soient puisés à même le poste budgétaire 700180-0-29700.

Adoptée à l'unanimité.

En gros, finalement, si je comprends bien, c'est le même montant qui est reconduit depuis 2009 (le 354 000$ vaut pour 20 organismes reconnus selon cette liste... soit une moyenne de 17 700$ par organisme)... nonobstant les demandes d'augmentation qui ne manquent sûrement pas... et, en ce sens, il s'agit donc là d'un autre statu quo pour les organismes, le cadre financier ne changeant pas. En trois ans, pourtant, nombre de ceux-ci ont - grâce, notamment, à cet apport nouveau - développé leur structure... qui stagne maintenant depuis trois ans...

Par exemple, pour le Théâtre 100 Masques, ça équivaut à 5 000$... un petit montant qui a fait une différence énorme, permettant de créer un poste permanent... et donc, d'augmenter les charges de l'employeur. On peut supposer que d'années en années, il y a amélioration. Et c'est ce que les dossiers déposés années après années tentent de prouver. Et pourtant, il y a impasse. Les coûts augmentent de toutes parts... Les besoins minimaux (même pas réels) de la compagnie sont, aujourd'hui, de 9000$... mais il semble qu'aucun organisme ne puisse compter sur d'éventuelles augmentations.

Si je comprends toujours bien, ce comité exécutif s'est tenu le 2 février... il y a donc un peu plus d'un mois. Et pendant ce temps (du moins, en date de ce matin, 7h58!), silence radio... encore... C'est le brouillard.

Où sont les questions et où sont les réponses? (Bon... il y en a tout de même, des réponses, dont le rapport annuel 2009 du CAS... le mot du président en page 9 et 10... qui en dit long...)
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Pour les amateurs, il y a, dans les pages précédentes (pp. 41 à 44), une série de résolutions portant sur la rénovation de l'Auditorium-Dufour...