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lundi 25 juillet 2011

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]

Photographie prise hier soir, par notre régisseure Marie-Ève Morissette,
quelques minutes avant le début de la représentation
En arrière, de gauche à droite: Louison Renaud, Erika Brisson et Mélanie Potvin
En avant, idem: moi-même, Patrick Simard et Sébastien Bouchard

Après avoir écrit en long et en large sur cette production, après avoir mis un terme à celle-ci et après avoir publié le Panégyrique un plus tôt dans la journée, voici deux billets qui ont été écrits sur L'Affaire de la rue Lourcine par deux spectateurs professionnels:

Un Labiche gonflé aux 100 Masques
(Spécial du jour)

Gros rires
(Jack aime/Jack n'aime pas)

S'il y en a d'autres, je les incluerai à cette petite liste.

Le «Panégyrique des donateurs 2011»


Voici le Panégyrique des donateurs 2011 (devenu une tradition qui nous fait nous casser la tête année après année!) qui fut récité en début de chaque représentation pour remercier les commanditaires (qui seront 114!) de la production estivale. Le thème de cette année: les superstitions et les traditions!

Le texte qui suit est un collage de définitions, de vieux textes trouvés dans de vieux bouquins, sur internet... De la réécriture, de l'ajustement, de la dérive lexicale pour en arriver à mes fins!

Le théâtre… Lieu de croyances et de superstitions…

En quelques minutes, nous essaierons de creuser le sujet tout comme le feraient Excavation Vallée, l’Entreprise Daniel Villeneuve inc. et Rosaire Bouchard & fils.

Derrière ces portes barrées (une œuvre possiblement concertée d’ISO Cadres, des Portes et fenêtre LGC et du Serrurrier YC Fillion)… derrière ces portes baréées, donc, brille une lumière toute nue, la ghost light qui, dans notre cas, ne vient pas de chez Luminaires experts… La tradition veut, qu’une scène complètement vide laissée dans un noir d’Encreco peut être prise d’assaut par un fantôme qui viendra y revivre des moments glorieux comme sa chevauchée fantastique sur une chèvre de la Bergerie du Fjord dans l’immensité du Parc National des Mont-Valin. Pour éviter cela, à défaut d’avoir un système électronique de chez SPI sécurité, quand tous les comédiens quittent le plateau – qui en vélo de chez Cycle de Vinci, qui en Mercedes-Benz, qui dans un véhicule de chez PACO, d’Automobiles Jacques Bouchard ou plus réalistement selon ce que l’on connaît des artistes de chez nous, enfourchant une simple Pièces d’auto PL ou un unique Pneu R.Guay - , quand tous les comédiens quittent le plateau, on allume au centre une lumière jusqu’au retour de ceux-ci...

Le théâtre… Lieu de porte-bonheurs et de routines…

Soir après soir, comme s’ils sortaient des photocopieurs des Pros de la copie, de chez MégaBuro ou d’ICLT, les comédiens reprennent leur préparation de la même façon, suivant en cela un genre de rituel immuable. Dans le calme et la volupté... ils s’étirent, émules de Mégaforme et d’Alexandre Martel Entraîneur privé… et ils chérissent des portes-bonheur parfois surprenant… comme celui qui portait, en ses poches, un écrou de chez Spécialité YG Monsieur Boulon. Ils sont bien loin des angoisses et des tracas quotidiens… laissés aux bons soins de Boivin, Darveau, Boily comptables agréés, de Mona Lessard, conseillère en finances, de Desjardins Centre financier aux entreprises, de Marc Beaulieu, notaire, d’André Lessard, notaire, de Gagnon Tremblay Girardin avocats… de Gauthier Bédard avocats et aussi et surtout du politicien Sylvain Gaudreault à titre personnel!

Pour préserver cette confiance que les acteurs se construisent solidement, inspirés par Béton régional et Luc Fortin architecte, il convient de ne pas leur offrir d’œillets... même s’ils viennent des Serres Louise Turcotte. Cela peut s’expliquer par une coutume qui remonte au dix-neuvième siècle, alors que ceux-ci étaient engagés à l’année... tout comme les employés de chez Distribution DDM, Lumen, Nedco, Wesco, Westburne, Concept Trebo 3000 et de chez GTRL 1990 inc. Quand le directeur du théâtre voulait signifier à une actrice qu’il renouvelait son contrat, au lieu de l’annoncer par un panneau de Signarama Saguenay ou des Enseignes Néon Otis, il lui faisait livrer par Transcol ou par Transport Caron des roses, tandis que s’il lui envoyait des œillets par Urgence Courrier Colis Cargo, son engagement prenait fin… dès lors, les couteaux de l'Atelier d’affûtage du Saguenay volaient bas. C’est pourquoi «hors les œillets»!

Le théâtre… Lieu de folklore et d’interdits.

Les Anglo-saxons, dont on retrouve un écho dans les nom Franklin Empire et Ackland Grainder inc, pensent qu’à proximité ou dans les murs d’un théâtre... - à ne pas confondre ici avec les Immeubles Murdock, la Fonderie du Saguenay, Le Montagnais ou l’Hôtel du Fjord … en fait, Gilles Parrot et Céline Bouffard courtiers en immobilier et les Services Immobilier Saguenay pourront vous aider à différencier les uns des autres -… à proximité d’un théâtre, il ne faut pas prononcer le titre de la pièce Macbeth de Shakespeare (qu’on ne retrouve malheureusement pas aux Éditions JCL mais en quantité suffisante au Cégep de Jonquière et plus encore à son Département des Arts et des Lettres.). On la désigne par diverses périphrases telle « la pièce écossaise »... ou le «texte sanglant écrit par le GROMEC». On dit également que Macbeth n'a jamais été mis en scène sans qu'au moins un des acteurs ne meure, filon prolifique pour Gravel et fils ou ne soit sérieusement blessé pendant le spectacle devenant de facto client de la Clinique privée de laser et chirurgie esthétique, de la Clinique dentaire Marc Desautels ou de celle de Jean-Yves Bouchard, denturologiste. Il n'y a aucune preuve objective créditant ou démentant cette superstition, mais il est intéressant de préciser que la pièce inclut davantage de scènes de combat que la moyenne des pièces de Shakespeare… et que l’ergonomie de celles-ci n’ont jamais eu le soutien des Consultants Ergon.

Dans le même ordre d’idée, il ne faut pas dire le mot «corde» en scène. Par contre, rien n’empêche de dire Guillevin international, STAS, Cegerco, BoFab (Atelier Boily), SOTREM, Canmec Industriel ou CanMec Lajoie Somec. Non. Rien ne l’empêche. La crainte de la corde que n’a pas Mme Marie-Josée Tremblay ni André Poitras et associés remonterait ainsi au Moyen Âge, alors que les comédiens, semblables en cela aux acteurs d'aujourd'hui, n'arrivaient pas toujours à manger à leur faim malgré leur outillage venu de Distribution Cuisilam ou de chez Eugène Allard. Leurs maigres moyens les éloignaient des comptoirs de la Boucherie Chez Manon ou de Corneau Cantin, de même que des tables de La Cuisine ou du Restaurant Bar le Tremblay. On se résignait alors à voler une poule, quelques fruits ou du pain et, malheureusement, on se faisait parfois prendre et, au lieu de croupir dans une cellule aérée par Pro-Sag Mécanique ou chauffée par Chauffage moderne, plusieurs carrières se sont ainsi terminées au bout d'une corde. Une autre explication, moins morbide celle-là, veut toutefois qu'avant l’arrivée de Protection incendie Viking et des installations de plomberie de la Tuyauterie BGR, alors que les éclairages se faisaient aux chandelles, on installait au-dessus de la scène des chaudières d'eau afin de combattre les incendies, dans des installations complexes qui auraient demandé le talent de Philippe Trépanier acier d’armature, d’InterCité ou des Industrie LD. Devant cet archaïsme, il y a de quoi se sentir loin des Outils Écono Québec ou du Centre de réalisation d’Outils Innovateurs! On n'avait donc qu'à tirer sur les cordes pour que ces derniers dégringolent. Dès lors, crier «corde» au mauvais moment entraînait des chutes d'eau pour le moins malvenues. La Coopérative de travail Maintenance DEL et les Produits sanitaires Lépine y auraient eu beau jeu. Il eût mieux valu, à l’époque, porter des vêtements de protection de chez Équipement Saguenay ou de crier Gescobec! ou Hydromec!

Le théâtre… Lieu de coutumes, de légendes… et de mauvais œil…

Sachez encore, que bien qu’aucune affichette de chez Métal Identification ne l’indique, il ne faut jamais siffler sur scène ou en coulisse et qu’il faut, le plus possible y bannir le vert.

On connaît mal l'origine du malaise des comédiens à jouer dans un décor où le vert est dominant. On ne peut pourtant pas toujours faire affaire avec les palettes châtoyantes du Centre de rénovation FDS Home Hardware ou de Réno-Tapis Plus ou de Rénovaction Ceramiko.
Peut-être est-ce parce que des comédiens ont trouvé la mort parce qu’ils portaient un costume vert à même la peau, teint avec de l’oxyde de cuivre. Peut-être aussi est-ce parce qu’ils s’enduisaient, pour incarner des personnages infernaux, de vert-de-gris mortel. Personne ne pouvait se fournir chez les spécialistes du matériau, Les entreprises GIVESCO. Mais s’ils l’avaient connu, ils se seraient sûrement parfumés de l’essence des Pétroles Aubry!

Le théâtre… Lieu de magie prêt à vous recevoir…

Mais auparavant, si vous voulez porter malheur à un comédien avant une représentation, vous n’avez qu’à lui souhaiter «Bonne chance!» Vite, vous serez remorquez illico par Remorquage SOS Saguenay bien loin de lui! Pour éviter un désastre, l'expression la plus utilisée est Merde! Cette expression – et des photos réimprimées chez Justin Maltais le prouveraient! - daterait de ces temps où les spectateurs se faisaient déposer en calèche devant l'entrée des théâtres, halte au cours de laquelle les chevaux ne manquaient pas de garnir de leur crottin les dalles de béton de chez Eudore Boivin Ltée à défaut de faire affaire avec les Cabinets Larouche, locateurs de toilettes mobiles. Cette "garniture" étant directement proportionnelle au nombre de spectateurs, c'était faire preuve de bienveillance que de souhaiter "beaucoup de merdes" aux artistes. Bien que l’anecdote soit charmante, remercions tout de même le ciel d’avoir aujourd’hui des véhicules de chez Équipements Villeneuve, ou d’autres munis d’éléments moins salissant du Centre alternateur et démarreur LT, d’EM Frein Ltée et de Lebeau Vitre d’auto.

Oh! Voici que j’entends, au loin, résonner l’écho du brigadier, de ce long bâton de bois avec lequel on frappe les trois coups… comme le claquement des trois lettres des Industries GRC. Pour résonner mieux, il faudrait peut-être le faire en métal. Évolution oblige! Qu’on passe le mot aux ateliers de soudure et d’usinage des Industries PLD ou de Soudure RG.

Mais vite, maintenant entrons!

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]


La dernière représentation (sur douze) de L'Affaire de la rue Lourcine s'est terminée hier soir. C'en est donc fini des activités estivales du Théâtre 100 Masques et, du coup, de sa saison théâtrale 2010-2011.

Restera, à mon retour de vacances, dans deux semaines, à faire le bilan de cette production qui d'emblée s'avère décevant au point de vue fréquentation (à peine 540 spectateurs... loin des 700-800 des autres années) bien qu'artistiquement, je sois assez content... même si...

Pour l'instant, toutefois, direction salle Murdock pour le démontage du décor et le nettoyage des espaces utilisés (loges, salle, costumier, bureau). Prendre autant de temps pour construire... et n'avoir besoin que de quelques heures pour tout remiser! D'ici l'heure du dîner, probablement personne ne pourra penser qu'un spectacle vient d'y tenir l'affiche pendant presque un mois...

dimanche 24 juillet 2011

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]


Enfin... presque... Ne reste que la représentation de ce soir. Devant une salle pleine. Dernière chance pour les spectateurs de voir cette production... Ultime possibilité, pour les interprètes, d'atteindre la perfection...

vendredi 22 juillet 2011

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]


Tiens... la rue Lourcine existe... enfin, existait! Vive Wikipédia:

La rue Broca est une rue située à cheval entre le quartier du Val-de-Grâce dans le 5e et le quartier Croulebarbe dans le 13e arrondissement de Paris. Cette rue est une section d'une vieille route conduisant de Paris à Gentilly. Créée au XIIe siècle, son nom rend, depuis 1890, hommage à Pierre Paul Broca (1824-1880), chirurgien et anthropologue français. Cette rue s'était antérieurement appelée rue Lourcine, rue du Clos-de-Ganay, et rue des Cordelières, puis rue de la Franchise[1]. En 1938, le tronçon entre la rue Claude-Bernard et la rue Mouffetard devient la rue Édouard-Quénu, et en 1944 elle est amputée de sa partie située au-delà du boulevard Arago qui devient la rue Léon-Maurice-Nordmann.

D'ailleurs, j'ai toujours un problème avec le titre... Est-ce L'Affaire de la rue Lourcine ou L'Affaire de la rue de Lourcine? Ça dépend des versions...

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]


Cette production a quelque chose de maudit... peut-être parce qu'on a voulu défier le sort en y foulant au pied nombre de superstitions et de traditions! Toujours est-il qu'il arrive beaucoup de choses:

premier pot de tabac en métal écrasé;
second pot de tabac en poterie éclaté;
comédienne prise sur sa chaise;
comédienne (la même) en quasi évanouissement en coulisse;
comédienne (une autre) dont le costume s'accroche dans le décor;
comédienne (une autre) qui perd la voix;
oubli d'attacher une chemise en preset;
oubli de ramener un veston sur scène;
oubli de faire le lavage;
violent orage en cours de représentation;
baisse d'énergie dans l'éclairage;
ventilation détraquée;
salle tellement humide que le plancher décolle;
téléphones qui sonnent;
manquements de cues techniques;
serviette glissée par mégarde sous le banc qui est amené sur scène;
vase qui vole en éclat très lentement;

et j'en oublient sûrement. Pleins de petits moments cocasses qui entravent la concentration des comédiens. Il y en a dans toute production... mais il me semble qu'ils se multiplient! Vite! Les porte-bonheurs!

dimanche 17 juillet 2011

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]


Les représentations vont bon train... même si, en regard des assistances, les résultats sont plutôt moyens. Manque de promotion? Sur-offre? Concurrence? Éviction par les fameux et toujours sur-couverts grands produits d'appels année après année (je parle des Ecce Mundo, Fabuleuse et QuébecIssime)? Toutes ces réponses? La moyenne s'établit pour l'instant à 25-30 spectateurs par soir... mieux que rien mais très peu tout de même...

Dommage.

Personnellement, j'aime bien cette production même si je souhaiterais encore plus de synchronisme entre les comédiens, plus de tonus et de rythme sur scène, plus de subtilités dans le jeu. Faut dire que mes exigences sont très élevées. Et je l'assume.

Devant une production aussi physique et aussi condensée, certaines choses attirent l'attention - comme le tonus, l'exécution virtuose des geste, le contrôle des interprètes, le tempo soutenu, le jeu choral et la précision chirurgicale - et suscitent les rires alors que le pendant négatif de ces mêmes éléments ne pardonnent pas: le relâchement, les gestes parasites, les décrochages, l'essoufflement, les décalages, l'imprécision... Des écueils qui demeurent présents et qui demanderaient, pour s'atténuer (bon, ici je dois préciser que la production tient cependant fort bien la route!), des dizaines d'autres représentations.

C'est le lot, faut dire, de toute représentation...

jeudi 7 juillet 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]

NOTES POUR LA PREMIÈRE ET AVANT LES REPRÉSENTATIONS SUIVANTES (parce qu’elles sont très bonnes!)

I – La force dramatique de ce spectacle devrait résider (dans une vue idéaliste) dans deux choses : la virtuosité du comédien et l’image qu’il crée sur scène.

II – L’un des ingrédients essentiels pour atteindre cet objectif est la complicité… d’abord entre vous (l’esprit d’équipe) et aussi avec le public (parce qu’il ne faut pas oublier que le théâtre est un double dialogue entre les comédiens, puis entre ceux-ci et les spectateurs).

III – La comédie, notamment le vaudeville, demande du rythme. Il faut pourtant faire attention. Pour bien rythmer un spectacle, il faut savoir prendre son temps et bien faire et les gestes, et les mouvements, et les entrées, et les sorties.

IV – Bien prendre son temps (au sens noble du terme) implique nécessairement un calme scénique de la part des interprètes (sur scène et en coulisse!). Ce calme ne peut qu’être bénéfique pour atteindre un certain self-control qui lui même amènera cette précision, cette netteté tant recherchées.

V – En prenant le temps de bien faire, il vous sera plus facile d’atteindre une conscience amplifiée envers les objets, les punchs musicaux, les éclairages. Rien n’est gratuit sur la scène et rien ne doit être ignoré ou pris dans l’indifférence. Tout doit être marqué, assumé.

VI – Il faut aussi tendre (et on revient à la virtuosité) vers une maîtrise exemplaire de l’action et de la réaction en gardant toujours à l’esprit que dans cet univers dramatique (particulièrement le mien!), il ne faut pas ressentir mais montrer! Il vous faut donc une bonne dose de concentration pour savoir où vous êtes rendus!

VII – Pour bien maintenir la ligne directrice de l’intrigue, de ce qui se passe en scène, il faut toujours tenter de se rappeler, en entrant, ce que doit apporter votre personnage à ce moment précis.

VIII – Enfin, l’activité théâtrale réside dans une petite équation toute simple : PRÉSENCE = CONFIANCE + PLAISIR + RIGUEUR. (par rigueur, j’entends se conformer au cadre sans pour autant s’y contraindre)
____________________________________________

Quelques écueils à éviter dans la série des représentations : la précipitation dans le texte, dans le geste, dans le mouvement; les décrochages qui ne passent jamais inaperçus; les anticipations du texte, du geste, du mouvement; l’absence de réaction; enfin, peut-être le plus dangereux (surtout dans mon théâtre!), la forme vide (la mécanisation de votre jeu).

mercredi 6 juillet 2011

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]

C'est l'heure, bientôt, de la générale. L'ultime moment de répétition. Le dernier rendez-vous entre les comédiens, la technique et la mise en scène dans l'intimité d'une salle encore vide.

Encore une fois, un moment difficile.

Surtout en comédie. Soumise aux rythmes enlevants et aux rires du publics, elle semble bien fade devant un parterre sans âme. Il faut dire que la drôlerie de ces actions, de ces personnages ne marquent plus notre équipe.

Ce sera le dernier moment, enfin, où nous pourrons apporter de véritables corrections à l'ensemble, au besoin, si le cas se présente.

vendredi 1 juillet 2011

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]




Dernier droit (plus qu'une petite semaine) avant la première... donc que quelques jours avant les générales. D'ici là, nous serons en état de répétition ce soir, demain toute la journée et dimanche matin.

Entretemps, toutefois, les choses devront se tasser... C'est maintenant l'heure du détail, de la finition. L'heure où, puisqu'il ne reste plus rien d'envergure et de visible, tout semble - du moins en apparence! - stagner.

Les costumes sont terminés... bien qu'il reste un tas de petits trucs à y apporter: des cordons à installer, des bandeaux à trouver, des bottes à peindre, des écussons à coudre.

Les décors et accessoires sont terminés... bien qu'il reste des caches à installer, une tablette à poser, une couche de tulle à ajouter, des retouches de peinture à faire.

Les éclairages sont terminés... bien qu'il reste des «cues» à réviser, des intensités à corriger, des placements à ajuster, des lampes à rectifier.

La bande sonore est terminée... bien qu'il faille maintenant la mettre en ordre, la peaufiner.

Le jeu est... non. Lui n'est pas terminé. Il ne se terminera réellement que le soir de la dernière. Pour le moment, il est encore en chantier. Il semble cependant prendre une bonne tangente.

En fait, la seule chose qu'il reste vraiment à faire - outre l'administration de tout ce bataclan! - c'est la création de l'espace du Panégyrique des donateurs 2011... cette fois, dans le foyer de la Salle Murdock. L'écriture et la mise en bouche est relativement finie, la dernière étape étant la rencontre avec le public.

Bref, tout roule... et après quelques efforts, tout sera canné encore une fois, nous laissant le champs libre pour les camps thématiques (qui débutent lundi) et pour la préparation de la prochaine saison!

mercredi 29 juin 2011

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]

Voici, à quelques jours de la première, une première image de la production... En cliquant dessus, elle sera agrandie (et perdra son flou...).


À l'avant, sur la chaise, on retrouve Mélanie Potvin. En ordre, à l'arrière, se trouvent Sébastien Bouchard, Louison Renaud, Erika Brisson et Patrick Simard.

jeudi 23 juin 2011

«L'Affaire de la rue Lourcine» [Carnet de mise en scène]


Devant cette production, que je vois, ces temps-ci, à travers les yeux de (peu nombreux!) spectateurs, une chose frappe: son ton qui la rapproche étonnamment, cent ans avant le temps, de l'absurde qui fera rage dans la seconde moitié du XXième siècle.

Dans les encyclopédies (et j'en ai déjà fait mention ), Labiche passe souvent pour être, en quelque sorte, un précurseur du genre. Et avec L'Affaire de la rue Lourcine, on le sent bien: une trame dramatique fort ténue sur laquelle s'échaffaude une construction scénique complexe qui s'amuse à tordre la réalité; une série de quiproquos qui hypertophie à l'extrême une absence de réelle tension; des personnages qui sont projetés dans un quotidien distendu... et le tout par un jeu de langage, d'apartes et de mot d'esprit. L'absurde côtoie le ridicule qui lui-même est aux prises avec le saugrenu et l'extravagant.

Une matière toute aussi amusante que dense... pleine d'écueils et de défis! Un ton qui frappe oui... et qui grince et grince encore!

lundi 20 juin 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]


Le dernier droit est enclenché alors qu'il ne reste que 18 jours avant la première du 7 juillet prochain. À quelques heures de reprendre un nouvel enchaînement - après une série d'ajustements -, j'ai envoyé ces quelques notes aux comédiens pour redonner les grandes lignes de ce que j'attends en tant que metteur en scène. (Pour ceux qui ne veulent rien savoir d'un spectacle avant la tenue de l'événement, il ne faut pas lire!)

Il est important de ne pas perdre les enjeux de chacun tout au cours de la représentation. Ils sont multiples et ce sont eux qui donnent sa dynamique.

Pour Lenglumé, c'est de toujours tenter de cacher quelque chose: cacher qu'il y a quelqu'un d'autre dans la pièce, cacher qu'il est sorti la veille, cacher qu'il a tué une charbonnière, cacher les indices, cacher sa culpabilité dans le crime. Il est donc toujours dans une certaine hypocrisie. Pour Norine, c'est comprendre ce qui se passe, savoir qu'il y a quelque chose de louche. Pour Agathe, c'est de demander de l'argent, de s'abaisser à une telle action. Ces enjeux doivent être présents tout le temps. Même dans les scènes où il semble qu'ils n'apparaissent pas. Les personnages de Mistingue et Justine vont dans cet atmosphère et se laissent quelque peu porter par celui-ci.

Il faut revenir à l'essence même des personnages. Revoir le cadre de leur conception. Non pas pour tout refaire, parce que tout marche. Mais plutôt pour le comprendre, le conscientiser. Dans cette pièce les véritables personnages sont les vices de ceux-ci. Chaque personnage n'est qu'une accumulation de défauts. Il faut miser sur cela et si cette caractéristique est présente, encore une fois, c'est toute la dynamique du spectacle qui est rehaussé. En ce sens, Lenglumé c'est le mensonge, la déloyauté, la poltronnerie. Norine c'est la matrone, la «germaine» caractérielle, la suspicion. Elle fait, en quelque sorte, une enquête. Justine c'est la polissonnerie, l'indifférence. Mistingue c'est le manque de classe, l'opportunisme, l'embarras. Il est prêt à couler l'autre pour se sortir du pétrin. Agathe c'est l'intrigue, le mystère, le mépris pour ces gens, la perversité.

Sur scène, dans ce type de jeu extrêmement physique, vous n'avez que très peu de marge de manœuvre (du moins, à l'exécution...). Il faut tendre vers la précision et plus nous approcherons de celle-ci et le plus l'objet théâtral sera fascinant. Pour y arriver, il vous faut une conscience à tout épreuve de l'image que vous projetez, notamment en ce qui a trait à vos positions de bras, votre positionnement dans l'espace les uns par rapport aux autres, la manipulation des objets (que vous avez nombreux) et vos photographies dans les cadres.

À ce titre, ce qu'il vous faut, ce n'est non pas la conviction du personnage, mais la conviction de l'interprète. Nous voulons un jeu marqué qui sort du quotidien et d'un réalisme qui lui fait perdre de sa superbe.

Dans ce type de jeu, deux choses sont fondamentales: vous devez, d'une part, savoir parfaitement ce vous avez à faire sans vous fier sur personne, sans être à la traîne, sans ralentir l'action ni la rendre brouillonne... et, d'autre part, en même temps, vous devez être capable de coordonner vos faits et gestes dans l'ensemble dans un rapport à l'autre, à l'objet, à l'espace constant. En bref, il vous faut une autonomie au service d'un tout. Une dichotomie nécessaire... tout comme le fait de posséder sur le bout des doigts mots et actions au point où, pendant l'interprétation, une mécanique interne portera le spectacle: le mot appelle le geste qui appelle le mot qui appelle le geste. C'est, en quelque sorte, un jeu séquentiel qui ne permet aucune hésitation, aucun doute. Vous devez vous lancer avec force, plaisir, enthousiasme.

Le texte est drôle en soi. Maintenant, ce qui prime, c'est l'image. Il faut la synchroniser en lui ôtant tous les gestes parasites, le superflu. Nous voulons du tonus. De la stature, de la sculpturalité. Réchauffez-vous bien parce que nous voulons des postures marquées par cette esthétique avec des articulations poussées à l'extrême (position des bras, des mains, de la tête, du corps, du torses), des torsions à tenir. Avoir les moyens, nous aurions des cours de souplesse, d'acrobaties, de contorsionnisme.

Il va sans dire qu'il vous faut un contrôle de vous-même hors-pair. C'est ce même contrôle qui doit s'exercer en ce qui a trait à la voix pour ne pas que ça devienne criard et au jeu en général pour ne pas que ça devienne du cabotinage. C'est ce même contrôle qui vous fera éviter la précipitation, la brusquerie. Tout doit être montré par le comédien et vu par le spectateur.

Sur scène, toujours, vous devez par ailleurs avoir conscience du rythme que vous devez donner et soutenir, en identifiant bien les moments de rupture (qui sont, eux aussi, fort nombreux): les chocs, les coups, les démontages soudains, les crescendo, les malaises, les terreurs brèves, les exaltations, etc. À ce chapitre, les insertions musicales doivent être marquées, appuyées. Nous allons vers la surabondance, le grotesque.

Le résultat est pour le moment assez probant... et devrait prendre de l'assurance et du dynamisme avec l'entrée en scène des décors et costumes finaux, des lumières, du son.

samedi 4 juin 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]


Voici l'affiche de la prochaine production estivale du Théâtre 100 Masques, conçue et réalisée par Patrick Simard.

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]


Les scènes de la production se peaufinent. Les personnages suivent.

Bon. Demeure toujours l'écueil d'un jeu psychologisé qui entrave plus le comédien qu'il ne l'aide dans ce type de théâtralité. Le sentiment, dans le style de jeu que je privilégie, n'est pas une émotion mais une forme. Une forme assumée avec fermeté. Force. Puissance. Et complicité avec le public.

Ce que je cherche: la virtuosité d'un acteur-acrobate-cabotin-technicien du verbe et du geste.

Le rythme se consolide. Le théâtre en général - et le vaudeville en particulier! - est une question de tempo. Comment être rythmé (que beaucoup confondent avec rapide) sans être précipité? Comment prendre le temps de montrer et de faire sans tomber dans une lenteur lourde? Comment se donner, en scène, les moyen de dynamiser son jeu par la mise en espace et les relations créées de la sorte? Ce sont là quelques questions qui guident le travail en cours.

Du coup, la première ébauche de mise en place est revue de fond en comble. Les détails et les nuances sont nombreux. Les ajustements sont multiples. Les modifications s'amoncellent. C'est d'ailleurs l'une des difficultés rencontrées pour le moment: réintégré des nouveaux paramètres scéniques (d'autant plus que le mobilier entre chaque jour davantage) dans une routine déjà (trop vite...) installée.

mardi 31 mai 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]


La bonne gestion scénique des objets et des accessoires de cette production est primordiale. Ils sont nombreux... et malgré leur nombre, aucun ne doit être fortuit. Il faut, en quelque sorte, que chacun devienne le prolongement du comédien. Il revient à ce dernier de les mettre en valeur.

Voici, en ce sens, une partie de la description de l'objet de Anne Ubersfled dans Les termes clés de l'analyse du théâtre:

La fonction esthétique de l'objet est double: a) l'objet figure matériellement sur scène et fait partie de tableaux dans lesquels il a par sa forme et sa couleur une valeur; b) en tant que lexème il est un élément du texte. Et en tant que tel, il peut être une figure de rhétorique, métaphore, symbole... Il est doublement élément d'une poétique de la représentation. Mais parfois sa complexité est assez grande pour qu'on l'analyse comme un texte organisé.

Si la caractéristique de l'objet est d'être manipulable, il a donc des rapports essentiels avec les acteurs: les objets peuvent être liés à un personnage (éléments de costume ou d'activité ou de goût), ou au contraire être la cause ou l'occasion de rapports entre les comédiens; enfin ils peuvent être, et sont le plus souvent, à l'origine de jeux: la fonction ludique de l'objet est fondamentale au théâtre.

lundi 30 mai 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]


Petite définition sur le genre tirée du Dictionnaire encyclopédique du théâtre de Michel Corvin... alors qu'à partir d'aujourd'hui sont reprises chacune des scènes de la production estivale.

VAUDEVILLE: Le mot vaudeville est ancien mais son acception a sensiblement évolué entre l'époque où le genre était tiré plutôt vers la chanson, et aujourd'hui où l'on a tendance à en faire un des cantons du théâtre de Boulevard. Le plus intéressant est la mécanique dramatique et stylistique qu'il met en branle, marquée au sceau de la folie, du côté des situations comme des personnages.

Historique

À l'origine, chanson bachique et satirique originaire du «Val» ou du «Vau-de-vire» et dont la tradition attribue la création, vers 1430, à Olivier Basselin. Le terme vaudeville, dont l'étymologie demeure contestée (il aurait pu aussi subir l'attraction paronymique de «voix-de-villes», recueil de chansons populaires), désire tour à tour des chansons gaies, grivoises et caustiques, puis les couplets chantés sur des airs connus introduits dans une comédie légère, enfin la comédie elle-même. Aujourd'hui, il désigne une comédie d'intrigues sans couplets, riche de complications (généralement amoureuses) nées de rencontres fortuites et de quiproquos.

[...] Toutefois, dans la plupart de ces innombrables pièces, qu'elles tirent vers la «folie», l'anecdote ou la farce grivoise, l'argument était mince et ne reposait souvent que sur quelques calembours et le talent de l'acteur. Le mérite de Scribe, qui domine le genre de 1815 à 1850, est de donner au vaudeville une charpente fortement construite où le suspens ménagé n'exclut ni sentiment, ni psychologie, ni critique sociale. Cette évolution conduit vers 1860 à la disparition des couplets chantés. Le vaudeville accentue encore la rigueur de sa construction sous l'impulsion de Labiche qui, à partir d'Un chapeau de paille d'Italie (1851), donne plus de tempo au mouvement, hypertrophie les procédés comiques, en particulier les répétitions, les méprises, et la logique des situations où sont jetés des personnages tétanisés.

Cet héritage sera repris par A. Hennequin (1842-1887) et surtout par Feydeau qui construit des pièces le plus souvent en trois actes où l'intrigue très complexe et méticuleusement agencée, après un quiproquo ou une rencontre inattendue, lance les personnages dans un monde où, avec frénésie, s'enchaînent des péripéties saugrenue et où règne la logique loufoque de l'absurde.

Après Feydeau, le genre s'affadit et s'apparente au théâtre de Boulevard, qu'il marque de son empreinte.
[...]

Il est toujours bon de connaître l'historique d'un genre avant que de ne l'explorer...

jeudi 26 mai 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]


Nous avons fait un nouvel enchaînement de L'Affaire de la rue Lourcine hier soir. Un enchaînement correct, mais sans plus. À un peu plus d'un mois de la première, il faut maintenant que le travail s'enclenche d'une façon plus rigoureuse. Sur le métier, nous remettons notre ouvrage.

Généralement, tous les déplacements, gestes, mouvements, actions sont brusques. Il faut atteindre une fluidité et une précision en tout, un synchronisme lorsque nécessaire, une force motrice continue d'un bout à l'autre de la production.

L'espace réduit qui confine à une proximité continuelle, comme je l'ai à quelques reprises mentionné, ne supporte aucune faille, aucune improvisation, aucune hésitation. À ce titre, je n'attends rien de moins que la perfection scénique, la virtuosité de la part des acteurs.

Du coup, les comédiens ne peuvent se permettre de relâchement(s) en scène. Ils doivent maintenir leur corps en tension, en état de jeu constant, prêt à réagir au quart de tour.

La calme doit régir le travail de jeu. Avec cette histoire de faux-fuyants, d'urgence, de crainte, de frayeur, de terreur, il est facile de tomber dans l'incontrôlable et l'incontrôlé, le criard, le cabotinage. Cette production est très physique. L'essoufflement, l'émotion ne doivent en aucun cas devenir le canevas de construction du personnage.

Tous les apartes doivent être revus. Ces moments où le comédien doit marquer la complicité avec le public doivent se faire plus clairement.

Le langage doit être plus châtié ou, du moins, un peu plus homogénéisé d'un acteur à l'autre. C'est toujours un problème avec les textes français (dans le sens de «venus de France») et leur mise en bouche d'un comédien à l'autre.

Enfin, tout doit encore être travaillé... peaufiné... nuancé... précisé... amélioré... dynamisé... rehaussé.

mardi 17 mai 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]

Les circonstances font en sorte que ce soir, nous prendrons de l'avance sur l'agenda en entamant (et terminant...) les deux dernières scène de la pièce. Tout de suite après, nous ferons le premier filage.

Cette première étape étant franchie, à compter de la semaine prochaine, chacune des scènes sera revue en profondeur, avec, en tête, les dernières trouvailles pour chacun des personnages, la dynamique globale de la production. Une par une, elles seront revisitées, améliorées, ajustées, nettoyées, précisées, ciselées. Un travail de minutie... comme l'horloger qui se penche sur ses délicats mécanismes.

Une pièce de corps, de rires et d'accessoires!

Pendant ce temps, le matériel pour la scénographie arrive.