jeudi 31 mars 2011

Quand le public ne remarque rien...

Non, cette photographie ne représente pas Charon...
mais il s'agit d'un film, Le Souffleur,
qui semble mettre en scène des anecdotes du même type que celui qui fait l'objet de ce billet...


Petit morceau de l'histoire anecdotique du théâtre français* (car j'ai beau chercher, je n'en trouve guère pour le théâtre québécois...) dû, cette fois, à Jacques Charon, entré à la Comédie-Française en 1941 (et décédé en 1975). Parfois, alors que dans la salle, le public regarde avec plaisir un spectacle, sur scène se passe catastrophe, erreur, bousculade, gaffe... Mais ce qu'on ne sait pas...

À la Comédie, j'habitais alors en communauté, au sous-sol, dans la loge des figurants. Là, il m'est arrivé, certains soirs, alors que je venais en passant, d'être soudain empoigné par un habilleur, costumé, maquillé pendant que je remâchais les deux répliques d'une utilité, et lancé sur scène en catastrophe à la place d'un manquant. Et me voilà pataugeant au sein d'une mise en scène inconnue, cherchant mes places à tâtons dans un jeu de colin-maillard. [...] Côté cour, j'entendais: «Psitt! Sors maintenant, par ici, en dansant.» Et hop! sitôt sorti, j'étais porté côté jardin pour une prochaine entrée, et zou!: «À toi! Va à côté de Renée (Faure), pirouette. Arrête-toi face au public. À présent, tends les bras solidement.» Je tendais les bras comme un automate, Renée tombait dedans pâmée, en marmottant dans ma manche: «T'affole pas. Mets-toi à valser tout en m'emportant en coulisse.» En coulisse, j'étais débarrassé de Renée, orné d'une lanterne à la main, poussé en scène par le régisseur qui chuchotait: «Traverse tout le plateau lentement et sors de l'autre côté.» Par chance, avançant en aveugle j'entendis, derrière moi, chuchoter la suite: «Merde! j'ai oublié de lui dire qu'il y a un trou au milieu de la scène!»

Les images se bousculent...
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* Tiré du petit florilège Le goût du théâtre, paru aux éditions Le Mercure de France, en 2009.

La Visite [Carnet de mise en scène]

Pour l'équipe de La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir du Théâtre Mic Mac... Pour Ursule et Denis, Gervais et Sonia, Joan L. et Jean-Sébastien, Emmanuelle et Luc-Antoine... Pour Christian et pour l'équipe des costumes Réjean, Nicole, Jocelyne, Lise, Lucie... pour Joan T. qui m'a accompagné tout au cours du travail et un peu aussi à moi-même... Enfin, pour tous les autres qui graviteront autour de cette production en avril, je vous souhaite, sur un air de Lynda Lemay,



MERDE, MERDE ET REMERDE!

EH OUI!!! C'EST LA PREMIÈRE!!!

mercredi 30 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]


On me permettra, à quelques heures de la première (enfin... demain... à la même heure ou presque) de replacer ici ces quelques notes données aux comédiens de La Visite hier soir (lors de la générale qui fut sur scène - ma foi! - assez bien alors que la technique, elle, se faisait catastrophique!). Ces quelques notes reprennent quelques lieux communs (qui sont pourtant toujours bons à rappeler) et tentent de retracer les grandes lignes de cette production...

  • Pour bien comprendre l'enjeu de la pièce (donnée par cette phrase tirée du site perso de Michel-Marc Bouchard: Comment mettre à l'abri un bonheur conjugal de l'invasion des parents, des amis et des relations? Comment éviter l'ouverture d'une porte ne provoque un flot de personnages de tout acabit qui vous trouvent si «accueillant» et finissent par vous exploiter?), la visite doit nécessairement être envahissante et le couple central doit nécessairement réagir à celle-ci!
  • En ce sens, il faut garder à l'esprit que chacun des visiteurs doit être monstrueux. Il faut éviter la banalité. À part pour les personnages principaux de Monique et Roger, personne ne doit être de niveau quotidien. La visite de ce spectacle est caractérisée. Marquée. Typée. Caricaturale... et surtout, forte et dynamique! En ce sens, c'est aux comédiens que revient la lourde tâche de porter l'esthétique étrange de la production. Par conséquent, il leur revient individuellement et collectivement de lui insuffler âme et esprit.
  • Maintenant que tout le monde connaît son texte et ses déplacements, l'essence de cette comédie tient, en fait, à peu de chose: l'écoute, la vivacité et l'enthousiasme. Elle doit être portée par une troupe unie qui va dans le même sens, la même direction. C'est un ensemble dans lequel chacun est important. Il faut donc du plaisir dans tout ce que les acteurs font: le prologue, les changements de décors, les scènes. Le plaisir du spectateur est directement proportionnel au leur.
  • La comédie implique un dialogue soutenu, direct et constant sur la scène d'abord... et entre la scène et la salle. Il faut toutefois éviter de trop en faire, de trop en mettre pour chercher à faire rire. Plus les actions scéniques sont sérieuses et bien contrôlées, plus la maîtrise sera manifeste et le plus les effets seront réussis. Plus il y aura sur scène attention et précision et le plus les mots atteindront leurs cibles.
  • Le transgenrisme (ou plutôt, travestisme) doit être bien porté... et donner le ton à tout le reste, donner un niveau de jeu qu'il ne faut jamais laisser tomber... Du coup, il faut porter doublement attention aux personnages normaux... c'est-à-dire aux personnages féminins joués par les femmes et à ceux masculins joués par les hommes pour garder le même calibre d'interprétation.
  • Les temps morts sont les pires écueils qui puissent être dans cette production! Dès le départ, il faut lui donner un élan, un souffle et l'entretenir.
Voilà. Pour le reste, je m'en remets à la capacité, le talent et le plaisir de toute mon équipe qui a congé ce soir. Un repos bien mérité avant une première qui viendra bien assez tôt!
À La Tribune avec Maisonneuve, à Radio-Canada, le sujet du midi est Quand les partis et les chefs se mettent en scène... et il prend pour cadre, bien entendu, les élections fédérales.

Le théâtre de la politique.

La mise en scène du vide.

Les faiseurs d'images.

Du toc.

mardi 29 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Bon... le compteur tourne... Dans 4 heures et 23 minutes, nous lancerons la générale de La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir. D'ici ce temps, je continue de prendre des notes, de noter des nouvelles précisions, de nouvelles indications... de mettre le doigt sur les problèmes pendant qu'il est encore temps! Entre la fébrilité et l'angoisse de la première! D'ailleurs, petite réflexion post-enchaînement d'hier soir: le rôle du metteur en scène se termine-t-il le soir de la première ou si celui-ci peut et doit continuer jusqu'à la dernière? Entre les deux, les comédiens ont l'entière responsabilité de la production...

La Visite [Carnet de mise en scène]

À quelques heures de la générale de La Visite, je place sur ce blogue quelques photos (quasi officielles!) prises lors du dernier week-end de répétition (par Christian Roberge). Pour les agrandir, il suffit de cliquer sur chacune de celles-ci.







Hier soir avait lieu la générale technique. Comme ça allait bien, nous avons pu filer le spectacle en entier, sans interruption. Chaque enchaînement est bénéfique.

Ainsi donc, après cet exercice, il appert deux ou trois petites choses qu'il faut consolider d'ici la première... et non des moindres!: le rythme du spectacle (donné principalement par le tonus et le dynamisme) et l'esprit d'équipe (qui procurera le plaisir magique et l'écoute essentielle).

Et pourtant, tout est là, bien que tout ne lève pas encore... La fatigue l'emporte pour le moment... N'empêche que j'ai confiance en notre travail, en ce que feront les comédiens! Je les regarde avec plaisir.

Tous ensemble pour le bien du spectacle.

lundi 28 mars 2011

Pendant ce temps...

Alors que j'étais, hier, avec les artisans du Mic Mac, en cette Journée Mondiale du Théâtre... à la bibliothèque municipale de Chicoutimi se tenait, sous l'égide du Théâtre C.R.I., une action théâtrale pour souligner l'événement. Voici quelques images de celle-ci:



Bravo à tous!

La Visite [Carnet de mise en scène]

Ce billet aurait pu se titrer autrement: le paradoxe du metteur en scène... parce qu'avec la première de La Visite qui approche à grands pas (alors que les répétitions à proprement dites sont terminées!), les sentiments sont tout aussi intenses que contradictoires.

D'une part, il y a la satisfaction d'avoir fait cette création avec cette équipe. De beaux moments de plaisir. De belles journées de travail. Des idées pleins la tête. Des ambitions. Le plaisir. La chance. Un bon travail esquissé, porté par des comédiens talentueux...

D'autre part, il y a la déception... ou la contrariété parce qu'avec cette création et cette équipe, je n'ai pas pu aller plus loin. Toujours plus loin. Par manque de temps. Par contraintes d'horaire. (un fléau dans le contexte de cette année!). Par envergure de la pièce (qui dure près de deux heures). L'impression d'inachevé, de laisser un travail en plan. J'en aurais pris plus... Bien sûr, me rétorquera-t-on, on en prendrait toujours plus... Oui, je sais. Mais tout de même.

Au cours des deux derniers jours, nous avons fait quatre enchaînements, chacun avec leurs forces et leurs faiblesses. Quatre enchaînements pour quatre séries de notes. Quatre enchaînements dont un devant un petit public... Ce dernier droit est épuisant parce qu'à partir de ce moment, il y a de la redite. Des notes assimilées et pourtant oubliées. Des indications dites maintes et maintes fois. Des trouvailles, aussi, de dernière minute... dont l'intégration des lumières...

Ce soir, nous faisons la générale technique (précédée d'un «cue to cue» nécessaire pour le jeune régisseur) et demain, nous passons à la générale. Habituellement, au Théâtre Mic Mac, nous laissons une journée de répit entre celle-ci et la première. Cette année, l'option est prise de garder le mercredi sur le calendrier pour un ultime enchaînement...

Une fin essoufflante.

dimanche 27 mars 2011

Saguenay, des théâtre à fréquenter!

Dans le cadre de la Journée Mondiale du Théâtre, sept compagnies professionnelles s'associent dans une nouvelle campagne de promotion, Saguenay, des théâtre à fréquenter!. Cette campagne consiste en trois petits montages réalisés par Guillaume Langlois qui dresse un portrait (non-exhaustif) des compagnies saguenéennes.

Voici celle d'une minute:



Voici celle de trente secondes:



Voici celle de 15 secondes:



Ces petites vidéos seront utilisées dans les mois à venir sur divers supports... mais pour aujourd'hui, elles seront diffusées au Centre des Arts et de la Culture de Chicoutimi, à la Bibliothèque, sur le site web de Ville Saguenay, dans quelques détaillants de matériel électronique, etc.

Au théâtre, cette semaine! (du 27 mars au 2 avril 2011)



Dimanche - 27 mars 2011
Bibliothèque de Chicoutimi - à compter de 14h

C'est la Journée Mondiale du Théâtre! Pour souligner l'événement, le Théâtre C.R.I., comme à chaque année, convie la population à participer à une action théâtrale pour célébrer. Pour plus de détails, consulter la page Facebook de l'activité.

Mercredi - 30 mars 2011
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonq.), 20h

Le Théâtre La Rubrique reçoit (également en représentation scolaire en après-midi) Le bruit des os qui craquent, un texte coup de poing de Suzanne Lebeau sur les enfants soldats, une co-production du Carrousel et du Théâtre d'Aujourd'hui. Elikia est une enfant parmi tant d'autres qui a vu sa vie basculer du jour au lendemain dans une guerre civile chaotique et sans lois. La petite enlevée à sa famille devient enfant soldat. Victime, elle est aussi bourreau dans une situation intenable qui brouille les lois les plus élémentaires de l'éthique. Comment grandir et rester humain quand les repères s'effacent devant une brutalité quotidienne sans espoir? C'est le petit Joseph, le plus jeune enfant à parvenir au camp de rebelles, qui lui rappelle son enfance, sa famille, son village, son humanité et qui lui donne le courage de briser la chaîne de violence dans laquelle elle a été entraînée.

Mercredi - 30 mars 2011
Auditorium d'Alma, 20h

L'Auditorium d'Alma reçoit Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges, d'après le roman de Michel Tremblay. Ce spectacle (dont l'adaptation et la mise en scène sont le fait de Serge Denoncourt) est une production des Productions Jean Hébert et du Théâtre Denise-Pelletier. Cette pièce dépeint magistralement les exaltations et les tiraillements du passage à l’adolescence, l’emprise de la religion sur l’éducation et les tourments de la classe ouvrière à l’aube des années 40, dans la grisaille de la guerre. À noter que le jour même, à 13h30, toute l'équipe de production rencontre son public à la Tourelle du Cégep d'Alma... et cette activité est gratuite.

Jeudi à samedi - 31 mars au 2 avril 2011
Salle Lionel Villeneuve (Roberval), 20h
PREMIÈRE SEMAINE

Le Théâtre Mic Mac lance sa toute dernière production, La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir! de Michel-Marc Bouchard, mise en scène par moi-même... eh oui! Pour plus détails, il est possible de lire, sur ce blogue, une vingtaine de billets sur le sujet (en sélectionnant, dans la colonne de gauche, sous l'onglet Libellés des messages publiés le sujet La Visite).

Jeudi à dimanche - 31 mars au 3 avril 2011
Côté-Cour (Jonquière), horaire à préciser

C'est Abstrakto, le festival de théâtre étudiant du Cégep de Jonquière. 4 pièces en 4 jours! Pour plus de détails... eh bien... être vigilant!

Voilà. C'est ce que j'ai d'écrit sur mon calendrier. Si j'oublie des trucs (ou si quelqu'un à plus de détails sur le dernier événement), qu'on me le fasse savoir dans la section des commentaires! Merci!

vendredi 25 mars 2011

État d'âme...



Le théâtre,
c'est du présent
mis en bouteille.

Ces quelques mots, tirés de Papiers collés 1 (1973), sont de Georges Perros un écrivain français... et c'est temps-ci, avec trois productions en une semaine, ça représente bien comme je me sens: un embouteilleur! Produire à tout prix?




jeudi 24 mars 2011

Éléments d'analyse à retenir pour le théâtre

Voici une liste écrite par Odette Aslan dans L'acteur au XXième siècle (p.377) qui énumère une séries d'éléments qui doivent être pris en compte par l'interprète qui monte sur scène (ou en répétition). Cette liste semble pouvoir être prise en considération en tout temps... bien qu'elle soit conçue pour définir les formes traditionnelles orientales :

  • le corps donné à voir: silhouette, morphologie, costume ou nudité, artifices, maquillage.
  • la manière d'entrer en scène, de se présenter: allure générale, démarche, postures.
  • l'occupation de l'espace de jeu, le rapport avec celui du public.
  • la nature des sols: bois, dallage, sable, terre, eau.
  • le rapport avec le sol, les figures géométriques dessinées: symétries, asymétries, cercles, diagonales, décentrements.
  • les positions debout: orientation du corps, appuis, suspensions, équilibres, déséquilibres, chutes.
  • les groupements de personnages.
  • les déplacements, l'amplitude des mouvements.
  • les séquences gestuelles, les rythmes, les ralentis, les pauses.
  • l'obéissance à un code continu, la créativité, le style.
  • la part du masculin et du féminin chez un même interprète.
  • les regards.
  • l'implication émotionnelle.
  • l'impact sur le spectateur.
Voilà.

mercredi 23 mars 2011

Vers le premier «Forum sur le théâtre au Saguenay-Lac-Saint-Jean»



Suite à l'idée lancée en décembre dernier sur la tenue d'états généraux sur notre théâtre (et ) un comité à été formé, à partir du groupe de compétence, pour élaborer un projet du même type mais demandant un peu moins d'énergie. Déjà, lors de la dernière rencontre au CRC (où une quinzaine de personnes participaient), des décisions ont été prises et il y eût adoption de principe (façon de parler) sur des thèmes et des sujets.

Ainsi, le milieu théâtral de la région (du haut du Lac au tréfonds du Saguenay!) sera convoqué, le dimanche 12 juin prochain, à la salle Pierrette-Gaudreault (à Jonquière), de 9h à 16h30, pour le premier Forum du théâtre au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Une journée de réflexion et de discussion de grande ampleur...

Car notre milieu théâtral s’est, depuis une quinzaine d’années, considérablement développé, acquérant une vitalité et un dynamisme qui le caractérise désormais. Mais constitue-t-il pour autant une force capable de favoriser un développement efficace ? Qu'en est-il de notre engagement? Notre solidarité? Notre concertation? Devant cette question qui déborde le local pour frapper de plein fouet le national, il nous apparaît essentiel de prendre un temps d’arrêt conséquent pour réfléchir à notre milieu.

Deux grands axes sont proposés (et seront, généralement, débattu en plénières):

- en avant-midi ce sera Notre théâtre [portraits] qui se développera en sous-thèmes comme Les grands dossier nationaux (piloté par Lyne, pour informer sur ce qui se passe présentement au national), Portrait historique [de l’amateur au professionnel] (piloté par Michel Lemelin qui a une très grande connaissance du sujet), Portrait social [les interrelations], Portrait artistique [pratique et mode de fonctionnement], Relève [développement et intégration];

- en après-midi ce sera Concertation [perspectives et développements] qui se développera en sous-thèmes comme Inscription dans un milieu [engagement et solidarité] et Développement d’un milieu concerté [buts et moyens proposés].

Le comité organisateur chargé du contenu et de la logistique est composé, pour le moment, de Josée Laporte, Véronique Villeneuve, Blaise Gagnon, moi-même et Lyne L'Italien à titre de conseillère, consultante ou tout autre titre honorifique pour dire qu'elle participe sans être à temps plein avec nous. D'ici quelques temps, la liste des «travailleurs du théâtre» sera mise à jour (à partir de celle qui se trouve dans la colonne de gauche de ce blogue) et permettra de rejoindre directement chacun de ceux-ci pour informer sur l'avancée du projet, pour diffuser un genre de Cahier du participant (qui contiendra le déroulement et le fonctionnement de cette journée, les enjeux, buts et objectifs et contenu de chacun des thèmes), et pour solliciter la participation à cet événement important. Par ailleurs, nos partenaires seront dévoilés un peu plus tard, quand tout aura été ficelé...

Plus nous y serons nombreux, plus nous y brosserons un portrait complet et le plus nous pourrons nous donner collectivement des assises solides et efficaces.

Voilà. Dossier à suivre de très près!

La Visite [Carnet de mise en scène]

Alors qu'une première se passe (Antigone), une autre arrive à grands pas... Enfin, il ne reste plus qu'une toute petite semaine avant le début des représentations de La Visite.

Le dernier week-end s'est avéré plus ardu que prévu avec une comédienne en voyage (prévu) et une autre qui s'est vue dans l'obligation de s'absenter pour raison de santé. Par conséquent, il a fallu revoir l'idée de faire quatre enchaînements pour se consacrer plutôt à réviser certaines scènes et faire du travail de précision... en autant que faire se peut... parce que dans le contexte de cette pièce, avec deux comédiennes en moins (qui plus est c'est deux-là!), ça fait environ dix personnages sans porteur, dans environ vingt scènes, qui représentent les trois quart du spectacles.

Nous nous sommes tout de même astreints à l'exercice fastidieux de faire un enchaînement avec une doublure (de qualité!... en la personne de Joan Tremblay, mon assitante) pour faire tous les rôles manquants... Pour le rythme et la dynamique de l'ensemble, on repassera. Par contre, ça a permis de revoir le tout, de redonner les grandes lignes des changements de décor, dans l'attente de la prochaine fin de semaine.

Angoissé? Oui et non... Moins par le spectacle comme tel que par le besoin d'enthousiasme, de rigueur, de plaisir, de confiance et de hâte qu'il me faut de la part de toute l'équipe de production! Dans les faits, la mise en place est faite depuis un mois et demi. Le seul hic, c'est que nous ne sommes pas capables de faire les enchaînements requis. Mais il nous reste encore vendredi soir (pour révision en groupe), samedi toute la journée avec les intensités le soir, dimanche toute la journée... puis nous entrons déjà dans le cycle des générales lundi, mardi et mercredi soir. La première étant le 31 mars.

mardi 22 mars 2011

«Y a une belle écoute ce soir»



Voici une autre vérité* écrite dans un style direct qui dévoile des pans entiers de ce métier théâtral... Des vérités toutes aussi crues que drôles et savoureuses! Ce matin,

Y A UNE BELLE ÉCOUTE CE SOIR

Expression venant ponctuer les conversations en coulisse d'acteurs cherchant à se rassurer sur la qualité de la représentation en cours devant le silence obstiné de la salle.

C'est fou comme il est possible de reconnaître des situations, des personnes, une façon de faire universelle au fil de ces définitions! Et celle-ci a été entendu plus d'une fois... principalement lors de la présentation d'une comédie... alors que les rires demeurent absents!


* tirée du Petit lexique amoureux du théâtre de Philippe Torreton, publié en 2009 aux éditions Stock.

Et d'une autre première!



J'aime ces laboratoires du Théâtre 100 Masques qui donnent l'occasion à certains de faire leurs premières armes, à d'autres d'expérimenter un genre, une écriture. Que ce soit sous forme de résidence intensive ou de répétitions conventionnelles, ceux-ci aboutissent à tout coup à une production présentée publiquement... pour quelques représentations.

Cette année, c'est dans ce cadre particulier que la tragédie s'invite dans les activités de la compagnie. Antigone, pièce écrite vers 441 avant Jésus-Christ par Sophocle a fait l'objet d'une réécriture (enfin, d'un collage de différentes versions), d'une analyse et d'une élaboration scénique par le Collectif N.A.T.A.S... et aujourd'hui, c'est jour de première! Donc, pour

François-Mathieu Hotte et Maude Cournoyer,
Guillaume Ouellet, Pierre-Luc Maltais, Carol Émond,
Mélanie Potvin, Éric Renald,
Keven Girard, Catherine Whittaker, Jessica Normandin,
Marie-Pascal Blackburn et Alexandra Imbault,


MERDE!

lundi 21 mars 2011

Un dixième anniversaire...



Les 14, 15 et 16 mars 2001, je présentais ma première mise en scène à la Salle Murdock (qui venait, quelques semaines plus tôt, d'ouvrir ses portes), Ipso Facto - Courtepointe désamoureuse, qui marquait également mon entrée au sein du Théâtre 100 Masques.

Il y a donc déjà dix ans de passé. Ça passe vite... Dix ans... et 32 mises en scène...

Antigone



Juste une petite correction toutefois: ça ne devrait pas être «Le Théâtre 100 Masques et la Fondation TIMI présentent» mais plutôt «Le Collectif N.A.T.A.S. et le Théâtre 100 Masques présentent».

La Fondation TIMI a octroyé une subvention au Collectif à qui nous avions donné (nous étant le TCM) l'engagement de fournir l'équivalent...


dimanche 20 mars 2011

Au théâtre, cette semaine! (du 20 au 26 mars 2011)


Cette semaine, il y n'y a pas grand chose... mais le peu de chose qu'il y a vaut le coup (ceci étant dit en totale absence de recul et de modestie)!

Lundi et mercredi - 21 et 23 mars 2011
Le Ménestrel (Chic.), 19h30

Le Théâtre du Faux Coffre donne, en représentations scolaires (et à guichets fermés), le très couru solo qui ne demande plus de présentation, Les lectures de Diogène.

De mardi à vendredi - du 22 au 25 mars 2011
Auditorium du Lycée (Chic.), 20h
(et aussi en repr. spéciale le vendredi à 13h30)

Dans cette salle magnifique rose et turquoise construite en 1959 et fichtrement bien conservée (sise au dans la cour des Soeurs du Bon Conseil, au 700 rue Racine... où il faut laisser les voitures dans la rue ou dans le premier stationnement dans la côte), le Collectif N.A.T.A.S. présente, dans le cadre du laboratoire annuel du Théâtre 100 Masques, sa propre vision de la tragédie antique Antigone de Sophocle. Il en coûte 10$ pour tous.

Voilà. C'est ce qu'il y a à mon écran radar. Si j'oublie des trucs, qu'on me le fasse savoir!

samedi 19 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Le Visite lors de la création du Mic Mac, en 1984.
À noter que les deux comédiens du centre
(les troisième et quatrième de la ligne)
se retrouvent dans la production de 2011!

On entreprend, cette fin de semaine, le dernier quart de la création. Le dernier droit...

Période intense où tout est en place et attend l'étincelle magique... qui tarde parfois à surgir.

Dans les jours à venir (disons les dix prochains), ce sera maintenant au tour du son et de l'éclairage à faire leur entrée en scène. Des éléments qui serviront, en quelques sortes, de catalyseurs lorsqu'ils auront été mis en place. De même que les costumes (qui n'ont pas encore été vus sur une scène colorée...). De même que les maquillages (qui sont encore en chantier).

Donc, au menu, plusieurs enchaînements... à la recherche d'une dynamique et d'un rythme soutenu et en quête d'une consolidation de la ligne dramatique du couple principal qui a besoin de cette machine autour de lui pour se définir. Un travail de longue haleine fait dans un cadre de sprint.

Un projet qui, maintenant que la vue d'ensemble est possible, ne demande plus que le plaisir et l'enthousiasme pour croître et se développer. Et une rigueur toute particulière à la comédie: garder vivant ce qu'on ne ne trouve plus drôle de même que faire sans surfaire.

Toutefois, j'entreprends ce week-end avec des craintes dues, entres autres choses, à des circonstances contrariantes: une comédienne absente, une autre qui arrive de Chine et qui risque de subir le décalage, une autre malade et sous antibiotique et d'autres qui doivent parfois se plier à des impondérables professionnels... Un beau projet qui nous aura fait vivre moult péripéties.

vendredi 18 mars 2011

Dans une salle près de chez vous

C'est ma découverte de l'année! J'en avais vaguement entendu parlé... L'ancien Lycée du Saguenay (propriété des Soeurs du Bon-Conseil) renferme un petit bijou d'architecture: un auditorium qui peut accueillir quelques centaines de personnes (en comptant la mezzanine, ce sont près de six cents sièges disponibles). Peu pratique? Peut-être... Vieillot et suranné? Assurément... Mais d'un charme fou avec son petit côté art déco, ses murs roses et turquoises et son état de conservation (et de propreté!) remarquable qui ferait rougir bien des lieux de travail sur le territoire. Un royaume de volutes et de rondeurs pour les arts de la scène. Les images suivantes ne donnent malheureusement pas une juste appréciation de l'ensemble...





La chose la plus fascinante de cet endroit est probablement sa régie technique pour l'éclairage (fixe, composé d'une série de lampes, au plafond, rouges, vertes, jaunes et bleues) activée par une rangée de manettes. On est loin, ici, de la console informatique! Au point où les changements de lumières et la fermeture automatique des rideaux (parce que oui, cette salle à de nombreux rideaux beiges et un rideau de scène orange) se font sur un grincement et un grondement venus d'un autre âge. Magnifique.



Voilà. C'est là que se jouera, après avoir loué cette salle, l'Antigone du Collectif N.A.T.A.S. en collaboration avec le Théâtre 100 Masques. Dommage que cette salle - vacante depuis quelques années - ne soit pas utilisée (et, à ce que j'ai compris, la communauté religieuse n'a pas l'intention de l'exploiter). Dommage, oui... mais en même temps, les commodités pour un travail rigoureux et plus contemporain sont inexistantes: pas de loges, pas de dégagement en arrière-scène, pas de système d'accrochage et, pire!, peu de prises de courant. Ça explique bien des choses...

jeudi 17 mars 2011

Un corps entre la tragédie et la comédie


Alors que je baigne présentement entre la tragédie (pour l'Antigone de Sophocle qui sera présentée sous peu par le Collectif N.A.T.A.S. et le Théâtre 100 Masques) et la comédie (pour La Visite du Théâtre Mic Mac qui commencera dans deux petites semaines), je viens de tomber sur ce petit passage - enfin, une citation! - écrit par Henri-Louis Bergson (1859-1941), philosophe français dans son ouvrage Le Rire. Un petit passage qui donne à réfléchir.

Dès que le souci du corps intervient, une infiltration comique est à craindre. C'est pourquoi les héros de tragédie ne boivent pas, ne mangent pas, ne se chauffent pas. Même, autant que possible, ils ne s'assoient pas. S'asseoir au milieu d'une tirade serait se rappeler qu'on a un corps. Napoléon, qui était psychologue à ses heures, avait remarqué qu'on passe de la tragédie à la comédie par le seul fait de s'asseoir. Voici comment il s'exprime à ce sujet dans le Journal inédit du baron Gourgaud (il s'agit d'une entrevue avec la reine de Prusse après Iéna): «Elle me reçut sur un ton tragique, comme Chimène: Sire, justice! justice! Magdebourg! Elle continuait sur ce ton qui m'embarrassait fort. Enfin, pour la faire changer, je la priai de s'asseoir. Rien ne coupe mieux une scène tragique; car, quand on est assis, cela devient comédie.»

Ça reste à voir...

mercredi 16 mars 2011

De l'individu au groupe...


Une pièce de théâtre devrait être écrite, décorée,
costumée, accompagnée de musique, jouée, dansée
par une seul homme.
Cet athlète complet n'existe pas.
Il importe donc de remplacer l'individu
par ce qui ressemble le plus à un individu:
un groupe amical.
Préface aux Mariés de la tour Eiffel

Belle petite définition...

mardi 15 mars 2011

Drame ou tragédie?

Antigone, peinture de Nikoforos (1832-1904)

Bonne question que celle-ci...

Alors que je commentais ce que j'ai vu de l'Antigone en chantier, j'ai dit aux artisans qu'il fallait faire attention (à moins d'en faire un choix conscient) de ne pas ramener la tragédie à la simple échelle du drame.

Qu'est-ce qui distingue l'un de l'autre si dans la tragédie il y a un drame et dans le drame, du tragique? Pas si évident...

Le grand Corvin - Michel de son prénom - (Dictionnaire encyclopédique du théâtre) peut donner de bonnes pistes de rélfexion...

DRAME: [...] Cette catégorie plus éthique qu'esthétique sous-tend la conception dialectique du drame qui prévaut d'Aristote à Hegel: porté par la volonté des personnages, l'action y progresse par la résolution des conflits successifs vers la synthèse ultime où les subjectivités seront réconciliées au sein d'une nouvelle réalité. Dans le drame moderne au contraire - Szondi situe la «crise» qui lui donne naissance vers 1880 -, l'action humaine, libre, individuelle est frappée d'impossibilité par les forces sociales (Hauptmann, Brecht), par le poids du passé (Ibsen), par l'usure du temps (Tchekhov), par la présence obsédante de la mort (Maeterlinck), par l'emprisonnement en soi-même (Strindberg) ou dans le langage (Beckett).

et maintenant...

TRAGÉDIE (la grecque, pour être plus précis): [...] Empruntant ses sujets aux mythes héroïques, la tragédie met en scène des héros d'un autre âge pour le mettre en question au nom des valeurs civiques et des «modes de pensée nouveaux qui marquent l'avènement du droit dans le cadre de la cité». (J-P Vernant). Mais en même temps, elle met les valeurs démocratiques à l'épreuve du mythe. [...] Elle pose la question fondamentale de la politique et s'intéresse essentiellement à l'homme en tant qu'il est un animal social. [...] D'autre part, il ne faut pas oublier que la représentation tragique était à Athènes étroitement intégrée à une cérémonie religieuse en l'honneur de Dionysos, le dieu au masque qui brouille les frontières du réel et de l'imaginaire. Et la critique contemporaine tend à mettre l'accent sur la dimension religieuse de la tragédie grecque qui met en scène des sacrifices humains, fait grand usage des métaphores sacrificielles et intègre des éléments rituels comme la supplication ou la prière.

Bon. Il faut ajouter que si le premier met en scène des hommes (à titre épicène, bien sûr...) dans toute leurs hommeries, la seconde présente des personnages de rang élevé quasi divin.

Suis-je plus avancé?


lundi 14 mars 2011

«Antigone» de Sophocle


Voici l'image de l'affiche de l'Antigone de Sophocle telle que l'a voulu le Collectif N.A.T.A.S. (qui signifie Notre Association Théâtre Au Saguenay), maître d'œuvre du projet...

Schème Danse cherche de nouveaux talents...


Je viens de recevoir un communiqué que je retransmets ici...

Schème Danse, seule compagnie de danse contemporaine professionnelle du Saguenay-Lac-Saint-Jean annonce des auditions qui auront lieu le samedi 19 mars 2011 au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi, 200 Rue Hôtel de ville, de 12h30 à 16h. Ces auditions ayant pour but de sélectionner des talents de la relève qui auront la possibilité de participer aux nombreux projets, classes et créations à venir pour la compagnie.

Artistes polyvalents

L’audition ne s’adresse pas seulement aux danseurs possédant une formation spécifique, mais aux artistes qui possèdent une dextérité et une facilité d’apprentissage du mouvement et des talents d’interprètes. Soucieux de s’ouvrir au milieu artistique en général ainsi qu’à différentes disciplines, tout en valorisant différents types de talents, l’audition se divisera en plusieurs sections :

-Technique ballet classique et danse moderne.
-Improvisation et créativité.
-Interprétation et théâtralité.

Nous sommes donc à la recherche d’artistes motivés désirant s’impliquer dans les activités de la compagnie et mettre un pied dans le milieu de la danse professionnelle.

Rappelons que Schème Danse est un organisme à but non lucratif dont le mandat est de promouvoir la danse et de mettre de l’avant le travail de chorégraphes, interprètes et créateurs originaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean, en plus de développer le public de la danse.

Pour informations ou inscriptions visitez notre page Facebook ou communiquez avec nous par téléphoner au 418. 944.3152 ou par courriel : schemedanse@hotmail.com.

«Antigone» de Sophocle

Antigone (Maude Cournoyer), photographie: Guillaume Ouellet

J'ai passé la journée d'hier dans l'auditorium de l'ancien Lycée du Saguenay (une magnifique salle de la fin des années cinquante qui mérite le détour!) pour assister à une répétition de l'Antigone de Sophocle mis en scène par le collectif N.A.T.A.S. (composé de Maude Cournoyer et de François-Mathieu Hotte qui signe sa première mise en scène théâtrale) en collaboration avec le Théâtre 100 Masques.

Le projet se fait dans le cadre du laboratoire annuel de ce dernier... laboratoire toujours tenu en mars consacré à l'exploration d'un type de théâtre, d'un style de jeu. Il s'agit là, en comparaison avec le théâtre d'été, d'une petite forme. Ces laboratoires, qui réunissent le plus spécifiquement des gens de la relève, aboutissent toujours à une série de représentations. Au fil des années, il y a eu: Ipso Facto (2001), Les Nuits blanches (2002), L'Ordre du monde (2009), Les Impromptus scéniques (2010).

Antigone, donc...

Le texte de cette tragédie est troublant d'actualité, comme c'est souvent le cas avec les textes antiques.

Antigone est la fille d'Œdipe et de Jocaste, souverains de Thèbes. Après le suicide de Jocaste et l'exil d'Œdipe, les deux frères d'Antigone, Étéocle et Polynice se sont entretués pour le trône de Thèbes. Créon, frère de Jocaste et – à ce titre – nouveau roi, a décidé de n'offrir de sépulture qu'à Étéocle et non à Polynice, qualifié de voyou et de traître. Il avertit par un édit que quiconque osera enterrer le corps du renégat sera puni de mort. Personne n'ose braver l'interdit et le cadavre de Polynice est abandonné à la chaleur et aux charognards. Seule Antigone refuse cette situation. Malgré l'interdiction de son oncle, elle se rend plusieurs fois auprès du corps de son frère et tente de le recouvrir avec de la terre. Ismène, sa sœur, informée de sa décision, refuse de la suivre, craignant sa propre mort. Très vite, Antigone est prise sur le fait par les gardes du roi. Créon est obligé d'appliquer la sentence de mort à Antigone. Après un long débat avec son oncle sur le but de l'existence, celle-ci est condamnée à être enterrée vivante. Mais au moment où le tombeau va être scellé, Créon apprend que son fils, Hémon, fiancé d'Antigone, s'est laissé enfermer auprès de celle qu'il aime. Lorsque l'on rouvre le tombeau, Antigone s'est pendue à sa ceinture et Hémon, crachant au visage de son père, s'ouvre le ventre avec son épée. Désespérée par la disparition du fils qu'elle adorait, Eurydice, la femme de Créon, se tranche la gorge. (wiki)

À travers cet argument joyeux, on aborde le thème du pouvoir, du pouvoir qui s'accroche à lui-même, du défi de l'autorité, des valeurs bafouées au nom du peuple, etc. Il y a, dans ce texte, des lignes qui pourraient (même si ce n'est pas le vœu du collectif) se rapporter à la crise qui secoue le monde arabe... Des lignes fortes, des personnages immenses...

La mise en scène est somme toute assez simple et pourtant, réalisée avec beaucoup de finesse et une vision bien définie du théâtre... qui sera, j'imagine, consolidée et bonifiée dans les jours à venir alors que le projet entame son dernier droit. Les trois comédiens principaux (Maude Cournoyer, Mélanie Potvin et Éric Renald) tirent bien leur épingle du jeu de même que le choeur composé de cinq étudiants en interprétation du Cégep de Jonquière. Le défi principal posé à toute cette équipe (outre le fait de jouer dans ce lieu qui impose, malgré sa majestuosité, une multitude de contraintes) serait, après réflexion, de ne pas ramener cette tragédie au niveau du drame...

Ce sera là, je pense, un bon laboratoire. Il sera présenté à compter de la semaine prochaine, pour cinq représentations, de mardi à vendredi (soit du 22 au 25 mars) à 20h (avec une matinée, le vendredi, à 13h30). Comme c'est devenu une habitude dans ce cadre de production, après chaque représentation, il y aura une courte discussion avec les artisans du spectacle.

Voilà. D'autres détails dans les jours à venir!



dimanche 13 mars 2011

Haro sur l'égocentrisme...


Les acteurs n'incarnent pas,
et pas plus que la mise en scène
ils ne doivent se prendre pour l'objet du spectacle.
Le spectacle n'a pas lieu sur la scène
mais dans la tête du spectateur.
Dans leur imaginaire.
Donc dans la salle.

[...]

En finir avec l'idée
que nous sommes des fabricants de représentation,
des fabricants de spectacle
pour une salle de voyeurs
qui regarderaient un objet fini,
un objet terminé considéré comme «beau»
et proposé à leur admiration.

Cette déclaration intense et toute aussi intéressante que difficile de mettre en pratique vient de Claude Régy, dans Espaces perdus, publié en 1998 chez Solitaires intempestifs.

Au théâtre, cette semaine! (du 13 au 19 mars 2011)

Le Sommeil de Salvador Dali

Petite semaine de répit dans le monde théâtral saguenéen... L'offre, à ce chapitre, est presque nulle... Si ce n'est ces quelques rendez-vous:

Vendredi - 18 mars 2011
Auditorium Polyvalente Charles-Gravel (Chic.), 20h

Le Théâtre du Faux Coffre donne une reprise du très bon solo Le Conte bancaire de Piedestal. Après les succès solos de Diogène et de Trac, c’est au tour de Piédestal de vivre l’expérience folle d’être seul sur scène, d’affronter le public, de mourir d’angoisse et de vouloir disparaître tellement sa confiance en lui est fragile. Saura-t-il surmonter les obstacles et vaincre ses démons pour donner un spectacle vivant, drôle et touchant aux admirateurs des Clowns noirs ? Sera-t-il à la hauteur ? Est-ce que le théâtre aura ...raison de lui ? Venez le soutenir, puisqu’il trouve que la barre est haute !

Samedi - 19 mars 2011
Auditorium d'Alma, 20h

L'Auditorium d'Alma reçoit la troupe de danse Racines pour son spectacle de gumboot salué et acclamé par le public. Cette danse percussive inventée par des esclaves travaillant dans les mines d’or d’Afrique du Sud a joué un rôle important dans leur quête de résistance, de regroupement et d’affranchissement. En alliant cette discipline avec de la danse contemporaine, des chants et des textes, Racines tente de poser un regard à la fois lucide et plein d’espoir sur le monde qui nous entoure et sur celui qui nous succèdera.

C'est tout, je crois... Si j'oublie des trucs (représentations, réunions, conférences, formations, etc.), qu'on me le fasse savoir!

samedi 12 mars 2011

Lecture formelle


Pour trouver ce qui pourrait faire office de «position neutre» dans l'exécution du texte, rien de mieux que commencer par une lecture strictement formelle s'attardant sur le vocabulaire (sa sonorité, ses syllabes), la syntaxe (les liaisons), le rythme et la ponctuation.

Simple en apparence, l'exercice prend des proportions de véritable défi, pointant là une faiblesse de beaucoup d'interprètes qui prennent la lecture pour acquis. Les écueils se multiplient au gré de la lecture et le sens s'y perd. Qu'est-ce qui est demandé? Une lecture précise, avec l'intégralité des syllabes, des liaisons, des ponctuations et du souffle de la phrase, aussi longue soit-elle... Et c'est là qu'on s'aperçoit de la paresse de notre propre lecture...

La forme même est trop souvent éludée alors que c'est elle qui doit devenir le support de la théâtralité et de la performativité du comédien.

Spontanément, l'acteur cherche à interpréter dès le départ alors que ce qui prime, c'est l'établissement d'un canevas rythmique. Nous retournons donc à la base (et c'est fort complexe!): guide de prononciation, de phonétique, de déclamation, de français normatif... auxquels nous ajouterons les principes Meyerhold. Enfin, la structure même du texte (sa mise en page) sera explorée pour voir comment elle influe sur la lecture.

L'entraînement devient vite nécessaire afin d'acquérir une capacité de lecture à vue efficace et dynamique, codée de façon à pouvoir interagir avec l'autre. Un travail rigoureux qui demande une conscience amplifiée et une virtuosité vocale et littéraire sans faille.

Quand le volet lecture sera complété, nous pourrons passer à du travail d'interprétation...


La Visite [Carnet de mise en scène]

Je réfléchis beaucoup, depuis quelques jours, aux maquillages requis pour la production en cours... et voici les constatations:

il faut des maquillages qui ne distinguent pas les hommes des femmes... qui uniformisent le fait que des hommes jouent des femmes et vice-versa;

en ce sens, il faut des maquillages neutres, unisexes qui pourtant, devront rehausser le caractère formel des personnages (et se lier aux décors, costumes, jeu)... bref, il faut des maquillages surprenants;

compte tenu du fait qu'il fait très chaud dans les costumes et que l'arrivée de l'éclairage amplifiera cette chaleur (surtout sur le petit espace); compte tenu que les comédiens courent en coulisse et n'auront pas le temps de faire des retouches et de le changer d'une scène à l'autre, il faut des maquillages léger et pourtant marqués accentuant principalement les yeux et la bouche, siège de l'expression faciale.

Devant ces constatations, deux options s'offrent à nous:

1- ou bien nous effaçons toutes les lignes du visage pour obtenir des espèces de masques neutres un peu comme sur l'image suivante:


danseurs de butô

2 - ou bien nous laissons le visage relativement naturel mais sur lequel nous délimitons avec emphase et les yeux et les sourcils (option que je retiens personnellement) comme sur les images suivantes:



À ce chapitre, voici quelques mots de Patrice Pavis dans l'excellent et nécessaire ouvrage L'Analyse des spectacles, publié en 1996 aux Éditions Nathan.

[...] Dès lors qu'il n'obéit plus à une banale tâche de soulignement et confirmation des traits vraisemblables et réalistes du personnage, le maquillage forme un système esthétique qui n'obéit qu'à ses propres règles. [...] Souvent le maquillage devient, dans la mise en scène contemporaine, beaucoup plus qu'un déguisement ou un soulignement des traits existants: c'est un vertige qui bloque toute interprétation assurée et toute métamorphose définitive.

Voilà une belle description de sa fonction...

vendredi 11 mars 2011

Une position neutre au théâtre pour la voix


Comme en danse, comme dans les arts martiaux, il doit y avoir, au théâtre, une position neutre pour l'interprète. Neutre ne signifie pourtant pas mou et relâché.

Il s'agit au contraire d'une position très construite qui ne relaxe pas le corps mais, au contraire, le tient en éveil, prêt à réagir et à entrer en action.

C'est donc un placement rigoureux (qui, à la longue, devient naturel) de la tête sur son axe, dégagée et soutenue; des épaules ouvertes; des bras tenus dans l'axe du corps, les paumes qui se font face; les jambes ouvertes, les pieds parallèles, à la largeur du bassin; les genoux un peu fléchis.

Cette position doit pouvoir donner l'impulsion nécessaire au corps de l'interprète.

Ça, c'est un fait...

Maintenant, pour mes recherches doctorales, je m'attacherai, avec mon équipe de comédiennes, à trouver l'équivalent pour la voix, pour la garder prête à aborder le texte. Un point de départ essentiel avant la construction du vocabulaire sonore qui sera l'essentiel de ce premier volet consacré à redéfinir un nouveau rapport au texte à partir des théories meyerholdiennes.

Voici la base de ce travail concret qui s'amorce...


jeudi 10 mars 2011

Le budget du Conseil des Arts de Saguenay


Le budget alloué au Conseil des Arts de Saguenay a été confirmé par l'administration municipale lors du comité exécutif du 2 février dernier. (Le procès-verbal de cette réunion est en lien, ici, en PDF... et la résolution qui concerne le CAS, la VS-CE-2011-176, est en page 45).

On y lit:

CONSIDÉRANT la demande du Conseil des arts de Saguenay de confirmer leur budget pour l’année 2011 ;

CONSIDÉRANT l’enveloppe budgétaire consentie en 2009 et 2010 qui incluait un montant récurrent de 354 300 $ pour le soutien au fonctionnement des organismes et un montant de 85 000 $ en soutien au fonctionnement du Conseil des arts ;

CONSIDÉRANT les prévisions budgétaires du Conseil des arts de Saguenay pour son fonctionnement au montant de 104 165 $ ;

CONSIDÉRANT les prévisions budgétaires de la Ville de Saguenay pour la réalisation des mandats spécifiques du Conseil des arts de Saguenay ;

CONSIDÉRANT les disponibilités budgétaires au budget du Service des arts, de la culture, communautaire et bibliothèque ;

À CES CAUSES, il est résolu:

QUE la Ville de Saguenay confirme au Conseil des arts de Saguenay une disponibilité financière de 439 300 $ pour la réalisation des mandats du conseil pour l’année 2011 répartie comme suit :
- 354 000 $ en soutien au fonctionnement des organismes ;
- 85 000 $ pour le soutien au fonctionnement du Conseil des arts (AO-2011-35).

ET QUE les fonds requis soient puisés à même le poste budgétaire 700180-0-29700.

Adoptée à l'unanimité.

En gros, finalement, si je comprends bien, c'est le même montant qui est reconduit depuis 2009 (le 354 000$ vaut pour 20 organismes reconnus selon cette liste... soit une moyenne de 17 700$ par organisme)... nonobstant les demandes d'augmentation qui ne manquent sûrement pas... et, en ce sens, il s'agit donc là d'un autre statu quo pour les organismes, le cadre financier ne changeant pas. En trois ans, pourtant, nombre de ceux-ci ont - grâce, notamment, à cet apport nouveau - développé leur structure... qui stagne maintenant depuis trois ans...

Par exemple, pour le Théâtre 100 Masques, ça équivaut à 5 000$... un petit montant qui a fait une différence énorme, permettant de créer un poste permanent... et donc, d'augmenter les charges de l'employeur. On peut supposer que d'années en années, il y a amélioration. Et c'est ce que les dossiers déposés années après années tentent de prouver. Et pourtant, il y a impasse. Les coûts augmentent de toutes parts... Les besoins minimaux (même pas réels) de la compagnie sont, aujourd'hui, de 9000$... mais il semble qu'aucun organisme ne puisse compter sur d'éventuelles augmentations.

Si je comprends toujours bien, ce comité exécutif s'est tenu le 2 février... il y a donc un peu plus d'un mois. Et pendant ce temps (du moins, en date de ce matin, 7h58!), silence radio... encore... C'est le brouillard.

Où sont les questions et où sont les réponses? (Bon... il y en a tout de même, des réponses, dont le rapport annuel 2009 du CAS... le mot du président en page 9 et 10... qui en dit long...)
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Pour les amateurs, il y a, dans les pages précédentes (pp. 41 à 44), une série de résolutions portant sur la rénovation de l'Auditorium-Dufour...


mercredi 9 mars 2011

De la performativité selon Kantor

Voici (redonnée dans sa mise en forme originale) une définition de ce que pourrait être la performativité selon Kantor (qui parle, dans ce cas-ci, de théâtre-happening)... cette notion qui inscrit l'acteur dans le moment présent, en action ouverte avec celui-ci... Elle est tirée de l'ouvrage Le théâtre de la mort, paru aux Éditions L'Âge D'Homme (Lausanne) en 2004 (p. 159):


MÉTHODE DE L'ART D'ÊTRE ACTEUR

Jusqu'à la fin des répétitions je reste méfiant en ce qui concerne une PROGRAMMATION complète de l'acteur.

Je veux le retenir le plus longtemps possible à l'étape de ses «PRÉDISPOSITIONS» ÉLÉMENTAIRES.

Faire jailli ses possibilités et ses activités «innées», «premières», créer cette ZONE DE «PRÉ-EXISTENCE» DE L'ACTEUR, qui n'est pas encore encombrée par l'univers illusoire du texte.

Ceci ne résulte nullement d'une hostilité à l'égard du texte, ni d'une intention de le reléguer au second plan. Au contraire.

JE VEUX QUE LA RÉALITÉ QUE REVENDIQUE LE TEXTE NE SE CONSTITUE PAS FACILEMENT ET SUPERFICIELLEMENT, QU'ELLE S'AMALGAME, S'UNISSE INDIVISIBLEMENT AVEC CETTE PRÉ-EXISTENCE (PRÉ-RÉALITÉ) DE L'ACTEUR ET DE LA SCÈNE, QU'ELLE S'Y ENRACINE ET QU'ELLE EN SURGISSE.

Je considère cette méthode comme essentielle, décidant de l'autonomie du spectacle.

Voilà une méthode qui n'a rien de commun avec celle qui est aujourd'hui généralement acceptée et appliquée et qui ne pénètre et n'analyse que l'espace du texte dramatique et de ce fait, quels que soient ses moyens et ses trucs, se réduit à la seule reproduction.

L'acteur ne joue aucun rôle, ne crée aucun personnage, ni ne l'imite, il reste avant tout soi-même, un acteur chargé de tout ce fascinant BAGAGE DE SES PRÉDISPOSITIONS ET DE SES DESTINATIONS.

Loin d'être une copie et une reproduction fidèle de son rôle, il l'assume, conscient sans cesse de ses destinées et de sa situation.

Parfois il s'engage à fond de façon tout à fait naturelle dans son rôle pour l'abandonner ensuite quand il lui plaira, et le confondre avec le flux libre, omniprésent et continu de la matière scénique.

CETTE ZONE LIBRE DE L'ART DE L'ACTEUR DOIT ÊTRE PROFONDÉMENT HUMAINE. J'ENTENDS PAR LÀ L'UTILISATION D'ACTIVITÉS RUDIMENTAIRES (ÉLÉMENTAIRES) ET DES MANIFESTATIONS LES PLUS GÉNÉRALES ET LES PLUS COURANTES DE LA VIE.

Réunion importante

Ce matin se réunit, à 9h, dans les locaux saguenéen du CRC (la maison de briques rouges dans le bassin, en bas de la petite maison blanche), le groupe (ou table?) de compétence en théâtre. Plus les gens en théâtre y participent (pour cela, pas besoin d'une carte de membre ou d'une reconnaissance... seul le désir de s'impliquer suffit) et le plus cet outil peut devenir dynamique et efficace. Ce matin, nous y discuterons de sujets importants: comme la diffusion d'une vidéo promotionnelle du théâtre saguenéen, la tenue d'un premier forum sur le théâtre saguenéen et ce sera l'occasion de prendre connaissance de l'activité proposée par le C.R.I. dans le cadre de la Journée Mondiale du Théâtre, le 27 mars prochain.

J'y reviendrai plus tard, en long et en large, aujourd'hui ou demain...

À suivre...

mardi 8 mars 2011

Un théâtre fondateur?

The first play in Canada, un dessin de Charles William Jefferys.

C'est en 1606 que le théâtre a officiellement (y en a-t-il eu auparavant? peut-être...) fait irruption sur ce nouveau territoire qu'était, à l'époque, la Nouvelle-France. Il s'agissait d'un spectacle donné le 14 novembre dans la baie de Port-Royal par un équipage français sur un texte de Marc Lescarbot (voir ici) intitulé Le Théâtre de Neptune en la Nouvelle-France:


Par la suite, selon les livres d'histoire, il n'y eut qu'une petite trentaine de représentations (souvent houleuses) durant les 150 ans que dura le Régime français (alors qu'en France, de 1606 à 1763, régnèront de grands auteurs dramatiques: Corneille, Molière, Racine, Marivaux... et un peu plus tard, Beaumarchais). Que d'occasions perdues!

lundi 7 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Voici l'affiche de la production 2011 du Théâtre Mic Mac, La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir. C'est une conception et une réalisation de Christian Roberge (qui signe, avec talent et compétence, les affiches de cette troupe depuis déjà plusieurs années!):


Le travail fait ces deux derniers jours a été concluant même si...

Même s'il manquait du monde...
Même s'il était sous le signe de la contrariété...
Même s'il était impossible d'en faire plus malgré le temps disponible...

Les principaux éléments du programme (le prologue et les changements de décors) se sont bien déroulés... de même que le reste des scènes prévues à l'horaire. Toutefois, nous aurions eu du temps pour en faire encore et encore...

Malheureusement, les circonstances (l'absence de comédiens) rendaient ce souhait un peu utopique... Les personnages de cette production sont bien dessiné, la mise en place fonctionne, le texte est su. Et ils sont plusieurs! La difficulté réside ailleurs. Car s'ils sont effectivement nombreux, leur présence effective est généralement rapide (plus de l'ordre du caméo et du numéro d'acteur). Pas de temps, pas de matière assez dense pour s'y arrêter dans du travail individuel. Il faut, pour avoir un résultat probant, les aborder par le biais de la dynamique scénique, de leur interrelations avec les autres, notamment avec le personnage principal (Monique) qui agit comme pivot. L'absence de ce pivot rend le travail inutile en ce sens où ce n'est pas sur la coquille qu'il faut agir mais sur son déploiement. Dans ce contexte, c'est la véritable dynamique (des corps, des caractères) qu'il nous faut... pour inspirer, donner les pistes de solution.

Mais malgré tout...

Je reste content et satisfait. Nous n'avons pas de retard (même si j'aurais aimé pouvoir commencer à mettre en place la technique) et il reste encore le quart des répétitions à venir. Le seul petit hic, c'est de réussir à réunir tout le monde d'ici les générales qui approchent!


dimanche 6 mars 2011

Au théâtre, cette semaine! (du 6 au12 mars 2011)


Dimanche - 6 mars 2011
Salle Murdock, 14h
DERNIÈRE CHANCE

Dernière représentation de Recto-Verso, un projet de marionnettes et de manipulateurs de Vicky Côté et Patrick Simard.

Mardi - 8 mars 2011
Auditorium d'Alma, 20h

L'Auditorium d'Alma présente La Liste, avec Sylvie Drapeau... un solo puissant (apparemment!) qui a fait sensation lors de sa création.

Mercredi - 9 mars 2011
CRC (Chicoutimi), 9h

Réunion importante de la Table de compétence du CRC à laquelle tous les artisans du théâtre sont conviés. Au menu: suivi sur la Journée de réflexion sur le théâtre saguenéen, sur la vidéo promotionnelle commune, sur la journée mondiale du théâtre. Il ne sera jamais assez dit l'importance d'y être...

Mercredi - 9 mars 2011
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonq.), 20h

Au tour de la Rubrique de recevoir La Liste avec Sylvie Drapeau!

Vendredi - 11 mars 2011
Salle Pierrette-Gaudreault (Jonq.), 20h
(et aussi en représentation scolaire en pm)

La Rubrique reçoit la Andrew Turner Company et leur production (en danse), Duet for one plus disgressions/Now I got Worry.

C'est à peu près tout, je crois... Qu'on me fasse signe si j'en oublie!

samedi 5 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]


Sixième week-end de répétition au Théâtre Mic Mac... qu'on annonce sous la neige... et qui se passera (après avoir joué avec l'horaire à quelques reprises) avec l'absence de la comédienne principale.

Travail un peu tronqué...

Qu'à cela ne tienne. Il faut ce qu'il faut. Aujourd'hui et demain, nous profiterons de l'occasion pour revoir certains personnages, retravailler le prologue en entier (qui, lors de l'enchaînement de la dernière fois avait tous les allures possibles sans celle qu'il aurait dû avoir!)... et, idéalement, discuter de technique (son et éclairage) qui devra bien, un jour ou l'autre, entrer en ligne de compte.

Ce sera le moment de prendre le temps pour regarder en détail les points d'ordre esthétique...

Travail de précision...

Dans l'ensemble, c'est assez convaincant. Du moment où on se rapproche de ce que je recherche. Ce qu'il manque encore (et parfois de manière si infime...) aux personnages c'est la PERVERSION. C'est ça le côté grinçant que je souhaite . J'entends déjà l'équipe frémir...! Par perversion, je ne parle pas de sexe... Je veux surtout dire du «détournement de sens», «anomalie de comportement», de la «torsion de la réalité», de l'«amoralité» de chacun des personnages qui envahissent le lieu du couple. Aller chercher le côté horrible, désaxé.

Que cette comédie fasse rire, je le concède. Personnellement, j'estimerai avoir réussi si, en plus, elle trouble.

vendredi 4 mars 2011

Que prenne la mayonnaise...


J'aime beaucoup cette description de l'évolution d'une production dans les derniers jours de travail où, tout à coup, le tout acquiert une force attendue avec patience. Les mots qui suivent sont d'Olivier Besson parus dans un article, Des nœuds, des fragments, dans le toujours intéressant numéro 52-54 d'Alternatives théâtrales consacré spécifiquement aux répétitions:

À quelques jours de la première d'un spectacle, rien n'est fait et pourtant dans le meilleur des cas tout semble avoir été dit, répété, travaillé, mis en doute. [...] La peur monte - mais pas la panique - parce qu'approche la rencontre avec le public, mais aussi parce que l'équipe se trouve en attente d'un événement toujours insaisissable, et dont la perception reste probablement extrêmement subjective: le moment où le spectacle va prendre - s'il prend. Prendre comme on le dirait d'une mayonnaise. Les ingrédients agencés dans l'ordre avec le plus grand soin ne suffisent pas pour faire un spectacle. [...]

[...] Cela arrive toujours dans les tout derniers jours de travail avant la première, et toujours sans prévenir. Jusque-là tous les éléments avaient été mis côte à côte et patiemment reliés entre eux, à commencer par les personnes. Par des paroles, par des expériences partagées. Et puis les acteurs et l'espace, par des mouvements; les acteurs et les objets, les acteurs et le texte, par de la pensée, des émotions; le décor et les lumières, par des images, etc. Le metteur en scène a veillé par la parole à assurer la cohésion progressive du travail en multipliant patiemment les connexions, lien après lien, jusqu'à constituer le réseau, le plus dense possible, le plus cohérent et le plus inextricable possible. Mais tout se vit soudain comme si l'on passait à une tout autre échelle de relations: les connexions deviennent innombrables. Une nouvelle entité, rêvée, attendue, cherchée, s'invente: le spectacle en tant que corps vivant, autonome, excédant violemment toutes les formes qui le constituaient jusque là, créant un tissu organique de relations entre ses composants, sans commune mesure avec les connexions établies auparavant entre des éléments maintenant indiscernables, prend vie. [...]