Affichage des articles dont le libellé est Antigone. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Antigone. Afficher tous les articles

mardi 22 mars 2011

Et d'une autre première!



J'aime ces laboratoires du Théâtre 100 Masques qui donnent l'occasion à certains de faire leurs premières armes, à d'autres d'expérimenter un genre, une écriture. Que ce soit sous forme de résidence intensive ou de répétitions conventionnelles, ceux-ci aboutissent à tout coup à une production présentée publiquement... pour quelques représentations.

Cette année, c'est dans ce cadre particulier que la tragédie s'invite dans les activités de la compagnie. Antigone, pièce écrite vers 441 avant Jésus-Christ par Sophocle a fait l'objet d'une réécriture (enfin, d'un collage de différentes versions), d'une analyse et d'une élaboration scénique par le Collectif N.A.T.A.S... et aujourd'hui, c'est jour de première! Donc, pour

François-Mathieu Hotte et Maude Cournoyer,
Guillaume Ouellet, Pierre-Luc Maltais, Carol Émond,
Mélanie Potvin, Éric Renald,
Keven Girard, Catherine Whittaker, Jessica Normandin,
Marie-Pascal Blackburn et Alexandra Imbault,


MERDE!

lundi 21 mars 2011

Antigone



Juste une petite correction toutefois: ça ne devrait pas être «Le Théâtre 100 Masques et la Fondation TIMI présentent» mais plutôt «Le Collectif N.A.T.A.S. et le Théâtre 100 Masques présentent».

La Fondation TIMI a octroyé une subvention au Collectif à qui nous avions donné (nous étant le TCM) l'engagement de fournir l'équivalent...


vendredi 18 mars 2011

Dans une salle près de chez vous

C'est ma découverte de l'année! J'en avais vaguement entendu parlé... L'ancien Lycée du Saguenay (propriété des Soeurs du Bon-Conseil) renferme un petit bijou d'architecture: un auditorium qui peut accueillir quelques centaines de personnes (en comptant la mezzanine, ce sont près de six cents sièges disponibles). Peu pratique? Peut-être... Vieillot et suranné? Assurément... Mais d'un charme fou avec son petit côté art déco, ses murs roses et turquoises et son état de conservation (et de propreté!) remarquable qui ferait rougir bien des lieux de travail sur le territoire. Un royaume de volutes et de rondeurs pour les arts de la scène. Les images suivantes ne donnent malheureusement pas une juste appréciation de l'ensemble...





La chose la plus fascinante de cet endroit est probablement sa régie technique pour l'éclairage (fixe, composé d'une série de lampes, au plafond, rouges, vertes, jaunes et bleues) activée par une rangée de manettes. On est loin, ici, de la console informatique! Au point où les changements de lumières et la fermeture automatique des rideaux (parce que oui, cette salle à de nombreux rideaux beiges et un rideau de scène orange) se font sur un grincement et un grondement venus d'un autre âge. Magnifique.



Voilà. C'est là que se jouera, après avoir loué cette salle, l'Antigone du Collectif N.A.T.A.S. en collaboration avec le Théâtre 100 Masques. Dommage que cette salle - vacante depuis quelques années - ne soit pas utilisée (et, à ce que j'ai compris, la communauté religieuse n'a pas l'intention de l'exploiter). Dommage, oui... mais en même temps, les commodités pour un travail rigoureux et plus contemporain sont inexistantes: pas de loges, pas de dégagement en arrière-scène, pas de système d'accrochage et, pire!, peu de prises de courant. Ça explique bien des choses...

mardi 15 mars 2011

Drame ou tragédie?

Antigone, peinture de Nikoforos (1832-1904)
Bonne question que celle-ci... Alors que je commentais ce que j'ai vu de l'Antigone en chantier, j'ai dit aux artisans qu'il fallait faire attention (à moins d'en faire un choix conscient) de ne pas ramener la tragédie à la simple échelle du drame. Qu'est-ce qui distingue l'un de l'autre si dans la tragédie il y a un drame et dans le drame, du tragique? Pas si évident... Le grand Corvin - Michel de son prénom - (Dictionnaire encyclopédique du théâtre) peut donner de bonnes pistes de rélfexion... DRAME: [...] Cette catégorie plus éthique qu'esthétique sous-tend la conception dialectique du drame qui prévaut d'Aristote à Hegel: porté par la volonté des personnages, l'action y progresse par la résolution des conflits successifs vers la synthèse ultime où les subjectivités seront réconciliées au sein d'une nouvelle réalité. Dans le drame moderne au contraire - Szondi situe la «crise» qui lui donne naissance vers 1880 -, l'action humaine, libre, individuelle est frappée d'impossibilité par les forces sociales (Hauptmann, Brecht), par le poids du passé (Ibsen), par l'usure du temps (Tchekhov), par la présence obsédante de la mort (Maeterlinck), par l'emprisonnement en soi-même (Strindberg) ou dans le langage (Beckett). et maintenant... TRAGÉDIE (la grecque, pour être plus précis): [...] Empruntant ses sujets aux mythes héroïques, la tragédie met en scène des héros d'un autre âge pour le mettre en question au nom des valeurs civiques et des «modes de pensée nouveaux qui marquent l'avènement du droit dans le cadre de la cité». (J-P Vernant). Mais en même temps, elle met les valeurs démocratiques à l'épreuve du mythe. [...] Elle pose la question fondamentale de la politique et s'intéresse essentiellement à l'homme en tant qu'il est un animal social. [...] D'autre part, il ne faut pas oublier que la représentation tragique était à Athènes étroitement intégrée à une cérémonie religieuse en l'honneur de Dionysos, le dieu au masque qui brouille les frontières du réel et de l'imaginaire. Et la critique contemporaine tend à mettre l'accent sur la dimension religieuse de la tragédie grecque qui met en scène des sacrifices humains, fait grand usage des métaphores sacrificielles et intègre des éléments rituels comme la supplication ou la prière. Bon. Il faut ajouter que si le premier met en scène des hommes (à titre épicène, bien sûr...) dans toute leurs hommeries, la seconde présente des personnages de rang élevé quasi divin. Suis-je plus avancé?

lundi 14 mars 2011

«Antigone» de Sophocle


Voici l'image de l'affiche de l'Antigone de Sophocle telle que l'a voulu le Collectif N.A.T.A.S. (qui signifie Notre Association Théâtre Au Saguenay), maître d'œuvre du projet...

«Antigone» de Sophocle

Antigone (Maude Cournoyer), photographie: Guillaume Ouellet

J'ai passé la journée d'hier dans l'auditorium de l'ancien Lycée du Saguenay (une magnifique salle de la fin des années cinquante qui mérite le détour!) pour assister à une répétition de l'Antigone de Sophocle mis en scène par le collectif N.A.T.A.S. (composé de Maude Cournoyer et de François-Mathieu Hotte qui signe sa première mise en scène théâtrale) en collaboration avec le Théâtre 100 Masques.

Le projet se fait dans le cadre du laboratoire annuel de ce dernier... laboratoire toujours tenu en mars consacré à l'exploration d'un type de théâtre, d'un style de jeu. Il s'agit là, en comparaison avec le théâtre d'été, d'une petite forme. Ces laboratoires, qui réunissent le plus spécifiquement des gens de la relève, aboutissent toujours à une série de représentations. Au fil des années, il y a eu: Ipso Facto (2001), Les Nuits blanches (2002), L'Ordre du monde (2009), Les Impromptus scéniques (2010).

Antigone, donc...

Le texte de cette tragédie est troublant d'actualité, comme c'est souvent le cas avec les textes antiques.

Antigone est la fille d'Œdipe et de Jocaste, souverains de Thèbes. Après le suicide de Jocaste et l'exil d'Œdipe, les deux frères d'Antigone, Étéocle et Polynice se sont entretués pour le trône de Thèbes. Créon, frère de Jocaste et – à ce titre – nouveau roi, a décidé de n'offrir de sépulture qu'à Étéocle et non à Polynice, qualifié de voyou et de traître. Il avertit par un édit que quiconque osera enterrer le corps du renégat sera puni de mort. Personne n'ose braver l'interdit et le cadavre de Polynice est abandonné à la chaleur et aux charognards. Seule Antigone refuse cette situation. Malgré l'interdiction de son oncle, elle se rend plusieurs fois auprès du corps de son frère et tente de le recouvrir avec de la terre. Ismène, sa sœur, informée de sa décision, refuse de la suivre, craignant sa propre mort. Très vite, Antigone est prise sur le fait par les gardes du roi. Créon est obligé d'appliquer la sentence de mort à Antigone. Après un long débat avec son oncle sur le but de l'existence, celle-ci est condamnée à être enterrée vivante. Mais au moment où le tombeau va être scellé, Créon apprend que son fils, Hémon, fiancé d'Antigone, s'est laissé enfermer auprès de celle qu'il aime. Lorsque l'on rouvre le tombeau, Antigone s'est pendue à sa ceinture et Hémon, crachant au visage de son père, s'ouvre le ventre avec son épée. Désespérée par la disparition du fils qu'elle adorait, Eurydice, la femme de Créon, se tranche la gorge. (wiki)

À travers cet argument joyeux, on aborde le thème du pouvoir, du pouvoir qui s'accroche à lui-même, du défi de l'autorité, des valeurs bafouées au nom du peuple, etc. Il y a, dans ce texte, des lignes qui pourraient (même si ce n'est pas le vœu du collectif) se rapporter à la crise qui secoue le monde arabe... Des lignes fortes, des personnages immenses...

La mise en scène est somme toute assez simple et pourtant, réalisée avec beaucoup de finesse et une vision bien définie du théâtre... qui sera, j'imagine, consolidée et bonifiée dans les jours à venir alors que le projet entame son dernier droit. Les trois comédiens principaux (Maude Cournoyer, Mélanie Potvin et Éric Renald) tirent bien leur épingle du jeu de même que le choeur composé de cinq étudiants en interprétation du Cégep de Jonquière. Le défi principal posé à toute cette équipe (outre le fait de jouer dans ce lieu qui impose, malgré sa majestuosité, une multitude de contraintes) serait, après réflexion, de ne pas ramener cette tragédie au niveau du drame...

Ce sera là, je pense, un bon laboratoire. Il sera présenté à compter de la semaine prochaine, pour cinq représentations, de mardi à vendredi (soit du 22 au 25 mars) à 20h (avec une matinée, le vendredi, à 13h30). Comme c'est devenu une habitude dans ce cadre de production, après chaque représentation, il y aura une courte discussion avec les artisans du spectacle.

Voilà. D'autres détails dans les jours à venir!