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samedi 25 avril 2026

Ah, ces acteurs superstitieux...

L'histoire du théâtre est rempli de petites curiosités qui le rendent irrésistible. Comme toutes ces superstitions pour garantir le succès, protéger les interprètes, conjurer le mauvais sort. Il y a les classiques (celle de la pièce écossaise, des oeillets ou de la couleur verte honnie) puis il y en a d'autres, comme ce petit florilège paru dans L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, en 1895:

Tout ça sent le périmé, l'époque révolue... n'est-ce pas? Et pourtant! Il reste, encore de nos jours, quelques spécimens (des superstitions entretenues, des interprètes attachés à leurs fortunes) qui perdurent. Et c'est aussi ça, le charme du théâtre.



samedi 8 juin 2024

Les spectacles «de curiosités»


Aux côtés du théâtre, au XIXième siècle, existait un genre vaste et disparate, pour rassembler les  multiples autres manifestations spectaculaires: le spectacle de curiosité

Le spectacle de curiosité, c'était donc les cycloramas (comme le Cyclorama de Jérusalem de Ste-Anne-de-Baupré), les feux d'artifices, les foires et ses exhibitions de toutes sortes (la femme à barbe, l'homme élastique, les monstres, les jongleurs et acrobates, etc.), les lanternes magiques, etc. 

Pour plonger dans ce beau monde étrange et - son nom l'indique bien! - curieux, il y a ce site

samedi 4 septembre 2021

Une représentation chaotique

Le Soleil du 14 novembre 1933 fait le compte-rendu d'une représentation pour le moins chaotique... et humiliante pour le pauvre comédien concerné! Ah les affres du théâtre et de la critique...


Après la lecture de ce petit article, le succès annoncé dans le titre ne semble vraiment pas si évident...

dimanche 15 août 2021

Les désagréments (!) du théâtre en temps de guerre

Le numéro 256 (janvier 1905) de la revue Le Passe-Temps rapporte, dans un petit article, quelques anecdotes théâtrales (et d'un goût douteux) survenues pendant la guerre russo-japonaise (commencée le 8 février 1904... qui se terminera en septembre 1905):


Conclusion: rien n'arrête le théâtre... ou presque! The show must go on!

mercredi 16 juin 2021

Quand le théâtre rencontre la vie...

 


Cette petite anecdote qui fait entrer la vie dans le théâtre (et vice-versa) a été tiré de La bibliothèque canadienne, revue parue en janvier 1826.


samedi 24 avril 2021

Fait divers.. ou «ça aurait pu... mais non.»

 Il m'arrive parfois de tomber, en cherchant dans les archives, sur d'étonnantes nouvelles... 

... comme ce tout petit entrefilet paru dans La vigie: journal de critique et d'opinion de ce samedi 14 janvier 1911:


C'est donc là une mort qui ne semble pas ébranler les spectateurs outre-mesure. Leur frayeur a été de courte durée... on se dépêcha de tasser le corps dans le trou du souffleur pour poursuivre le spectacle alors que les artistes s'impatientaient! Enfin, c'est la suite de l'histoire telle que je me la fais dans ma tête! 

Sinon, voici le Gran Teatre del Liceu, à Barcelone, où s'est finalement joué ce (non) drame:


mercredi 14 avril 2021

Une histoire de perruque

Les histoires de perruques font toujours rire. Depuis toujours. Comme en témoigne cette anecdote, publiée le 17 avril 1840 dans L'aurore des Canadas, un journal littéraire, politique et commercial de Montréal:


Dommage que l'anecdote ne donne pas de noms...

mercredi 7 avril 2021

Scandale anonyme

Le Courrier de Saint-Hyacinthe du 23 décembre 1886 publie ce beau petit encadré, suite au passage d'une troupe dans la cité:


Dommage que cette chronique ne donne pas au moins le titre de la pièce pour permettre quelques recherches sur cette œuvre qui fit s'outrager toute une population...

samedi 20 mars 2021

Poésie fielleuse

Voici une ode contre le théâtre trouvé en furetant dans le journal La Croix du 2 février 1905:


J'ai tenté de trouvé plus de détails sur cet auteur mais je ne crois pas y être arrivé...

lundi 22 février 2021

Des longueurs dans la pièce!

Il arrive parfois, quand on écrit, de se laisser porter par la prolixité, de se perdre dans les mots et les phrases qui s'accumulent avec emphase, sans trouver de réels débouchés.

Et parfois, ce trop devient juste encombrant! 

Le grand Alexandre Dumas, l'a durement éprouvé, ce 30 mars 1830 lors de la création sa pièce Christine ou Stockholm, Fontainebleau et Rome (sur la fameuse reine de Suède qui a aussi inspirée, il y a quelques années, Michel-Marc Bouchard, qui écrivit alors Christine, la Reine-garçon):

Vraiment, emporté par une imagination galopante, Alexandre n'a pas fait court! Commencé à dix-neuf heures, à minuit et demi le spectacle n'est pas achevée; et, lorsqu'à une heure moins le quart la reine Christine mourante demande à son médecin: «Combien me reste-t-il à vivre?» et que celui-ci répond: «Un quart d'heure, madame», du poulailler, une voix mi-gouailleuse, mi excédée lance:

- Un quart d'heure, pas plus! Si c'est pas fini à une heure, nous on s'en va!... 

La pauvre Christine expire dans un climat de franche hilarité!

Désemparé, l'auteur est un peu perdu et ne sait plus où couper pour rendre son texte plus efficace... par chance, deux de ses amis - et pas les moindres! - Victor Hugo et Alfred de Vigny passeront, semble-t-il, une soirée à élaguer, épurer, resserrer l'action pour que le lendemain, la pièce triomphe...

(L'anecdote est tirée de Marie Dorval, grandeur et misère d'une actrice romantique, d'Anna Gaylor, publié en 1989 chez Flammarion.)


jeudi 17 décembre 2020

Un truc de roche!

Une des belles lectures en théâtre, c'est le traité de Nicola Sabbattini paru en 1638: Pratique pour fabriquer scènes et machines de théâtre. Oui, il y a quelques parties de cet ouvrage qui sont un peu ardues... notamment quand il y est question de perspectives et de construction des espaces. 

Mais quand vient la section sur les trucs de théâtre, la lecture s'avère fort amusante! D'autant que les dix-septième et dix-huitième siècles seront ceux de l'illusionnisme! Dans ces pages, il y a toutes les façons de faire apparaître et disparaître un élément ou un comédien, de faire des bruits ou des effets sonores, de jouer avec la lumière! 

Voici deux exemples de cette époque où un rien pouvait devenir fascinant! 



À la suite de cette lecture, ça donne presque envie de faire une création à l'ancienne... dont toute l'esthétique est tirée de ce traité! 

dimanche 13 décembre 2020

Conseils pour les comédiens hors de la scène!

 

Je reste, ce matin, dans le même ouvrage que celui cité dans le billet précédent (et qu'on peut retrouver ici, chez BaNQ) qui est fort intéressant à lire.

Au cours des différents chapitres, l'auteur dresse le portrait de différents éléments de l'art dramatique: comment se perfectionner, comment apprendre un rôle, le costume, le maquillage, les engagements et les contrats, la journée d'un comédie, etc...

Puis il y a ce petit chapitre (dont je vous place ici un long extrait) qui donne des conseils aux comédiens sur leur tenue à la ville:


Derrière le côté suranné et vieillot de cet écrit, derrière le côté moraliste, il y a presque là des conseils qui pourraient être de mise aujourd'hui! 

mercredi 18 novembre 2020

Incident grandguignolesque

 


Pourquoi j'aime le Grand Guignol? Parce que c'est un théâtre de l'extrême, adepte des effets spéciaux... un théâtre qui cherche à effrayer mais qui, en même temps, flirte toujours - consciemment ou pas! - avec la caricature, le parodique. 

À preuve cette anecdote, rapportée par Agniès Pierron dans Le Grand Guignol - Théâtre des peurs de la Belle Époque (p.101): 

L'interprétation et la mise en scène ont joué un rôle déterminant dans le succès [de la pièce La dernière torture], faisant passer le texte du tragique le plus «empoignant» à l'hilarité la plus hystérique. Un exemple: au moment où les Boxers coupent les poignets de leurs prisonniers, l'un d'eux exhibe ses moignons en sang et hurle: «Ils m'ont coupé les mains! Ne vous laissez pas prendre vivants, je vous en supplie.» Cette scène qu'André de Lorde [surnommé le Prince de la terreur] avait voulue bouleversante ne le fut pas toujours. «L'homme aux poignets coupés utilisaient des morceaux bien rouge de mou de veau achetés à la triperie voisine, qu'il laissait dépasser des manches de sa capote militaire. Mais, un soir, le chat du théâtre, flairant la bonne odeur, entra en scène en miaulant de convoitise. Il se tailla aux dépens d'Harry Baur un joli succès personnel. Dès lors, le mou de veau disparut: des moignons de bois enveloppés d'un linge rougi à l'eau carminée firent tant bien que mal l'affaire.»

Petite note en terminant: du mou de veau (ou de porc ou d'agneau) c'est le petit nom poétique qu'on semble donner aux poumons. On me corrigera si je me trompe! 

jeudi 15 octobre 2020

Pour un petit bec...

 Quand on se scandalisait pour si peu... La Revue du théâtre, du 2 février 1929:



vendredi 18 septembre 2020

Comédiens mariés ou célibataires?

Les comédiens célibataires sont-ils moins bons que les comédiens mariés? Le Canada du 13 septembre 1909 répond par un tout petit entrefilet:



Aucune autre étude n'a été trouvée pour appuyer les affirmations de cet impresario... Alors la question reste entière!

dimanche 30 août 2020

L'art et la vie...

Dans ses écrits sur le théâtre (publiés en français sous le titre Le théâtre libéré), Alexandre Taïrov rapporte (p. 32) cette amusante anecdote:

Connaissez-vous la vieille fable d'Esope que Coquelin cite comme ayant été vécue? À la foire, un bateleur imita le grognement d'un cochon de lait et le fit si habilement que tous, transportés d'enthousiasme, se mirent à l'applaudir très fort. Alors, un paysan paria qu'il crierait aussi bien: il cacha sous son manteau un cochon de lait vivant et se mit à le pincer; le cochon, naturellement, poussa des cris perçants, mais on siffla le paysan. «Que voulez-vous! dit Coquelin, le cochon criait fort bien, sans doute, mais il criait sans art.» 

[...] Il y a deux vérités, celle de la vie et celle de l'art. Certes, par endroits elles se recoupent, mais dans la majorité des cas la vérité de la vie est un mensonge dans l'art et, inversement, la vérité de l'art sonne faux dans la vie. 

Le Coquelin en question est l'un des grands comédiens de l'histoire du théâtre (1841-1909). C'est lui qui sera le premier Cyrano de Rostand. Il sera de beaucoup d'autres créations illustres. Le portrait qui illustre ce billet (de Raimundo de Madrazo y Garreta peint en 1879) le représente dans le rôle de Don Cesar de Bazan du Ruy Blas de Hugo. 

jeudi 6 août 2020

Une anecdote piquante!

Je lis présentement, des biographies de grands artistes du théâtre d'ici. Et celle qui m'occupe précisément: Jean-Louis Millette. Enfin... il s'agit plutôt d'entretiens de l'acteur (le fantôme du Petit Théâtre de l'UQAC, lieu où il a donné sa dernière représentation!) avec Daniel Pinard qui ont été publiés en 2000 (sous le titre Portrait d'un comédien), quelques mois à peine après son décès.
Parmi ses confidences, on y retrouve cette truculente anecdote, qui met en scène deux grandes dames, elles aussi disparues: La Poune et Andrée Lachapelle:

Moi-même, plus tard, j'ai travaillé au Théâtre des Variétés et Mme Ouellette [La Poune] y jouait. Je suis allé voir comment ça se passait. Je décide d'aller la visiter en coulisses, ne serait-ce que par respect et courtoisie. Elle me dit: «Mon ti-chien, ça va bien?  Veux-tu travailler avec moi l'été prochain? On va faire du théâtre d'été. J'ai sorti un vieux bit [un bit, c'est en quelque sorte un canevas]. C'est bien bon! Ça s'appelle La noune me pique!» Je suis resté un peu perplexe...

Je ne dis ni oui ni non. Je raconte ça à des amis et ils trouvent mon aventure très drôle. C'est parvenu aux oreilles d'Andrée Lachapelle et elle m'a joué un coup pendable! On se trouvait à une première, dans le hall d'un théâtre. Andrée est là, raffinée, élégante, avec ses fourrures. Alors, j'entends une voix et je me retourne. C'est Andrée qui me crie: «Jean-Louis, j'ai tellement hâte d'aller te voir l'été prochain dans La noune me pique!» Évidemment, tous les gens se sont retournés. C'est une des fois où j'ai le plus rougi de toute ma vie.

Cette anecdote, plusieurs la racontent! Et plusieurs en rient. Eh bien, cette pièce a bel et bien pris la scène, ainsi que l'atteste cette parution dans Télé-radiomonde, du 8 avril 1972 qui permet d'en apprendre un peu plus:






vendredi 24 juillet 2020

Étymologie du rôle


Le terme rôle désigne à l'origine quelque chose de concret: le rouleau, puis le parchemin sur lequel figure la partie du dialogue qui revient à chaque personnage au théâtre et que l'acteur doit apprendre par coeur. D'où la définition communément admise: le rôle est ce que doit réciter un acteur représentant un personnage.
Anne-Marie Gourdon, Travail théâtral, no.10, octobre-janvier 1973

On en apprend tous les jours... surtout quand on ne s'est jamais posé la question!

samedi 18 juillet 2020

Quand Sarah Bernhardt s'emporte!

Sarah Bernhardt en colère, Georges Clairin, 1912 (ici, l'anecdote de l'oeuvre)

Le journal La Justice rapporte, en ce lundi 26 juillet 1886, rapporte une anecdote - brésilienne! - à propos de la Divine où son caractère explosif est bien mis en évidence:


Voici, pour vous donner une meilleure idée de la référence à l'Assommoir, ladite scène du lavoir dans le film Gervaise (du nom du personnage principal de l'oeuvre, Gervaise Macquart) de René Clément, 1956:



mercredi 24 juin 2020

Un auteur promis à un grand avenir... sauf que nous ne savons pas de qui il s'agit!

En ce jour de la Fête Nationale du Québec, je cherchais, dans les archives, un sujet de théâtre patriotique. Et je suis tombé, par hasard, sur ce petit entrefilet paru dans Le Quotidien (un journal du dix-neuvième siècle... et non pas celui publié chaque jour au Saguenay!) du 11 juillet 1879:


Cette lecture - outre le sentiment de succès pour l'avenir de la littérature canadienne - pose quand même une sérieuse question sur son utilité: de qui s'agit-il? de quelle pièce? Difficile de faire le suivi de ce triomphe putatif! 

Difficile aussi de tirer quelque indice que ce soit sur la seule mention de l'un des épisodes les plus émouvants de notre histoire... notre dramaturgie est traversée de part en part de faits historiques, de considérations sur les grands personnages, les faits patriotiques, la langue... 

Louis Fréchette? Il a déjà 40 ans à l'époque... donc plus vieux que jeune. Antoine Gérin-Lajoie? Il est quinquagénaire. Pierre Petitclair? Il est mort depuis 19 ans... 

Rien pour aider la postérité! Mais que de fierté et d'enthousiasme!

Bref, un petit article qui fait le bonheur d'un chercheur d'anecdotes étonnantes!