vendredi 10 avril 2026
Une gradation du personnage
lundi 6 avril 2026
Les inductions du personnage
Pour certains, le personnage est affaire de jeu, de sentiments et d'émotions. Concentré dans le faciès et l'effet vocal. Pour en mettre plein la vue, il faut comprendre le texte et se laisser porter par lui. Il faut jouer.
Mais le jeu (ou l'idée primaire du jeu) peut parfois occulter de grands pans de ce qu'implique créer un personnage.
Car qu'est-il, au fond?
Le personnage est une dynamique scénique induite chez l'interprète par le texte, ça va de soit, mais aussi - et surtout, en un sens! - par le langage de la scène elle-même jusqu'à trouver son aboutissement dans le regard de l'autre.
Qu'est-ce à dire?
C'est d'abord affaire de convention(s). De choix. Entre l'interprète et le metteur en scène (et le concepteur). À partir d'une partition plus ou moins écrite selon ce qu'il s'agit d'un texte ou d'un canevas. Vrai que c'est une construction tridimensionnelle. Avec un corps. Une esthétique.
Le personnage est une forme.
Le personnage est un rythme, un tempo.
D'où l'utilisation à bon escient de l'autre moteur du discours: la voix. Comment en faire un outil efficace sans redoubler le discours visuel? Sans le surjouer? Sans le surligner? Comment définir le bon jeu vocal? Une voix peut facilement devenir le catalyseur de tout une panoplie de sentiments, d'impressions, de suggestions. Mais la voix d'un personnage ne devrait être qu'un outil, qu'un appui, une couleur. Pas le centre de l'interprétation.
Le personnage est un résonnateur.
Le personnage vrai tirera sa force de son positionnement dans l'aire de jeu, dans sa façon de s'y mouvoir à travers les obstacles, à travers des intentions, à travers les situations (les différentes mises en rapport). Parce qu'il n'existe réellement que dans ces dernières. La situation scénique (ce qui se passe à ce moment) est, en quelque sorte, son essence, son fondement. C'est là qu'il s'inscrit dans un système d'interrelations qui le fera.
Le personnage est un double, à la jonction de celui projeté par l'interprète et de celui reçu et perçu par l'autre (partenaire et spectateur).
samedi 29 juin 2024
La construction du personnage
Le personnage est, fondamentalement, une dynamique interrelationnelle en ce sens où oui, il vient du comédien... mais il restera incomplet tant que l'autre - partenaire, spectateur - ne participera pas à sa construction par sa façon de réagir à ce personnage, de le rendre (ré)actif, de lui donner une épaisseur de réalité.
C'est pour ça que généralement, comme metteur en scène, je m'intéresse beaucoup plus à la recherche, la mise en place des actions et des réactions (un système essentiel au développement de l'énergie scénique) qu'à la quête individuelle du personnage, à savoir comment il se déplace, comment il bouge, comment il parle.
Le personnage, au fond, doit être simultanément un émetteur d'impulsions pour l'autre et un catalyseur des impulsions émises par cet autre. C'est de cette dynamique interrelationnelle que l'incarnation s'imposera de plus en plus et que le personnage trouvera une forme efficace.
vendredi 13 août 2021
Le sens de l'unité
mardi 10 août 2021
Mikhaïl Tchekhov et l'acteur
Mikhaïl Tcheckhov (du même nom que son oncle Anton, le grand écrivain... dont on voit généralement la version américaine Michael Chekhov) est un acteur et metteur en scène qui a fait ses classes avec, notamment, Constantin Stanislawski au Théâtre d'Art de Moscou au début du vingtième siècle.
- Le corps et la psychologie de l'acteur
- L'imagination et l'assimilation des images
- L'improvisation et le travail collectif
- L'atmosphère et les sentiments individuels
- Le geste psychologique
- La composition du personnage
- La personnalité artistique
- Les lois de la composition au théâtre
- Les genres au théâtre
- Comment aborder un rôle
- Conclusion
- Quelques thèmes d'improvisation
vendredi 24 juillet 2020
Étymologie du rôle
mardi 4 juin 2013
Les sources du personnage
samedi 7 avril 2012
Méditation
samedi 22 octobre 2011
En guise de respect...
Il faut payer les acteurs. Ne souriez pas... Je sais, il y a taxes et impôts. Il faut payer et bien payer les comédiens, cependant. Le plus possible. Et rendre leur vie au théâtre agréable. Sinon ils ne seront là que pour jouer (ou répéter) et s'en aller au plus tôt. La loge du comédien est un endroit sacré, plus mystérieux que vous ne pensez; il vient y retrouver tous les soirs son personnage. C'est quelques fois un clochard, mais parfois c'est un Prince ou un Archevêque. Vous devez au moins la rendre habitable. Même si le comédien n'est par particulièrement soigneux de sa loge et de lui-même. [...] Ah! J'allais oublié! Un bon coup de peinture, chaque année, dans les loges, voilà le bon moyen de témoigner votre amour du théâtre. [...] Aimer le théâtre, c'est d'abord aimer ceux qui le pratiquent. C'est enfin aimer le lieu où ils retrouvent le costume, l'apparat et l'âme de leur personnage.mardi 12 avril 2011
Le personnage, cas de figure?
Au cours de ces dernières années, un mot s'est en effet imposé, plus ou moins instinctivement, dans les discours entourant et commentant les écritures théâtrales: celui de «figure». [...] Il s'agit donc plutôt d'une notion liée aux dramaturgies contemporaines, mais qui renvoie bien à un état «critique» du personnage. Sans qu'elle soit vraiment définie, on parle en effet de figure chaque fois qu'il s'agit de qualifier des êtres de fiction qui échappent à l'emprise du mot «personnage», parce qu'ils en remettent en cause les présupposés ou les déjouent.
L'histoire des mots participe à l'histoire des formes: si, à un moment donné, on ressent le besoin d'élargie le champ du vocabulaire, c'est que ce que les écritures offrent aux acteurs en matière d'incarnation n'est plus appréhendé selon les règles de jeu et d'interprétation établies. Pour comprendre ce que «figure» veut dire, il faut donc s'interroger sur la substitution d'instance et l'ordre de représentation alternatif que cherche à définir, en creux, l'apparition de ce terme-là, et voir en quoi il est effectivement mieux à même de nommer ce qu'on pressent, dans les écritures, comme de nouvelles formes de personnages.
Et maintenant, on tombe dans le croustillant de la chose!
L'intérêt de ce terme est de se trouver au croisement de deux grands champs sémantiques. D'une part, celui du visible: «figure» désigne une «forme envisagée de l'extérieur» - ce qui, au théâtre, invite à opérer un déplacement important. La figure pose la question du personnage comme forme d'apparition avant de le considérer comme une entité substantielle; elle en fait un enjeu de figuration plutôt qu'un objet herméneutique. D'autre part, celui de la technique, au sens très général de conventions ou de codes d'écriture. On parle de figures en rhétorique, mais aussi en géométrie, en danse et, plus globalement, dans tout ce qui à trait à l'acrobatie (cirque, gymnastique, sports de glisse). Parler dans ce contexte de figure, c'est toujours pointer la question du corps (et/ou du langage) mis en jeu dans un espace et selon un protocole donnés. Dans cette perspective, on peut faire l'hypothèse que les figures théâtrales sont intrinsèquement liées à un univers d'écriture, qui impose ses propres règles de jeu et de représentation. Il s'agira de savoir lesquelles.
Voilà. Je trouve cette perspective fort intéressante...
jeudi 25 novembre 2010
«Le personnage, c'est un rythme.»
Pour moi, le personnage n'est pas une entité, un revivre (ou sur-vivre?) de l'acteur... Ce n'est pas un vêtement dans lequel il est demandé à ce-dernier de se fondre, ou de porter. Non. Pour moi, le personnage est une forme, un mouvement dans l'espace (un geste et une dynamique), un porte-voix (avec un ton, une diction, un rythme)... et dans l'interstice de ces notions apparaît sa vérité scénique (que je cherche...). Voilà peut-être la source de mon travail de corps à corps (presque dans le sens littéral de l'expression!) avec le comédien.
Dans la même veine, voici une réponse de Bob Wilson (metteur en scène emblématique de l'Amérique) à Josette Féral, théoricienne de son état (et professeure à l'UQAM), dans l'ouvrage de cette dernière, Mise en scène et jeu de l'acteur - le corps en scène:
La construction de la plupart des pièces de théâtre repose en grande partie sur les personnages. La notion de personnage est-elle importante quand vous travaillez avec des acteurs ou pensez-vous que c'est un handicap pour le type de travail formaliste que vous faites?
Bien sûr que les personnages sont de la plus haute importance. En tant que metteur en scène, j'aide l'acteur à donner forme à son personnage. Un personnage, c'est un rythme, certainement. La psychologie ne m'intéresse pas. Ça ne fait que limiter le travail que l'on essaie de faire. Faire Shakespeare de manière psychologique élimine d'autres idées parce qu'on attire toute l'attention sur le sens. Je trouve que ça ne mène nulle part d'essayer de comprendre une situation d'un point de vue psychologique parce que c'est s'imposer des limites.
C'est un beau glissement sémantique que de passer du personnage-histoire au personnage-rythme... Je trouve.








