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jeudi 26 mai 2016

Vers une nouvelle politique culturelle au Québec...


Le gouvernement du Québec, par la bouche de sa ministre de la Culture Hélène David (remplacée depuis, au même poste, par Luc Fortin), a annoncé une vaste consultation dans le but de déposer, dans les prochaines années, une nouvelle politique culturelle (la première depuis 25 ans!). Que donnera l'exercice? 

Les attentes seront élevées. 

Car il faut dire qu'elles le sont toujours quand vient le temps de parler de culture... tant le domaine n'est jamais aussi supporté qu'il le devrait, aussi considéré qu'il le mériterait... 

À preuve cet extrait relatant, d'un point de vue théâtral, les résultats d'une initiative similaire... en 1966, sous l'égide de Pierre Laporte (article de Martial Dassylva tiré du Livre de l'année 1967 paru chez Grolier)... :

L'année 1966 ressemble à toutes les précédentes en ce qu'elle nous a apporté, sur le plan du théâtre, son quota de surprises agréables et de surprises moins agréables. [...]

En 1966, le théâtre québécois a continué son petit bonhomme de chemin, sans que les grands problèmes qui l'assaillent depuis des années aient reçu un commencement de solution. La situation des grandes troupes est précaire. Le Conseil des arts accorde toujours des subventions, mais celles-ci ne permettent pas aux directeurs de troupes de faire des plans à longue échéance. Ajoutons que l'organisation des troupes s'est améliorée quelque peu, mais qu'il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine. [...]

Le théâtre au Québec vit donc au jour le jour, survit beaucoup plus qu'il ne vit. Et, dans cette perspective, beaucoup de personnes avaient mis leur confiance dans le «Livre Blanc» que l'ex-ministre des Affaires culturelles, M. Pierre Laporte, nous promettait depuis deux ans. (À défaut de lire le document original, on peut en lire une description en long et en large ici, à partir de la page 88 de La Fillière juridique des politiques culturelles paru en 2006).

L'élection du 5 juin dernier a pratiquement mis fin à cet espoir. Du moins dans l'immédiat. D'ailleurs les extraits du «Livre Blanc» (version Laporte) que mon collègue Gilles Gariépy et moi-même avons publié dans «La Presse», vers le milieu du mois de septembre, nous ont permis de nous rendre compte que nous avions peut-être péché par excès de confiance: le chapitre consacré au théâtre est nettement insuffisant et les solutions qu'on y propose risquent de ne satisfaire personne. Personnellement, je crois que la philosophie de base de cette partie du document est fautive : quand on considère la subvention comme une prime à la qualité, on ne règle rien et on perpétue un état de fait qui a duré trop longtemps. Au théâtre comme dans les autres arts, le ministère des Affaires culturelles doit savoir prendre ses responsabilités et ne pas reculer devant un certain dirigisme absolument essentiel à ce moment-ci de notre évolution culturelle [note de moi-même: malheureusement, je n'ai pas le texte original en main pour bien comprendre ce dont il est question!]. Tout en respectant les initiatives de groupes privés, le ministère des Affaires culturelles doit trouver le moyen de doter le Québec des institutions essentielles à son développement et à son affirmation.

Ajoutons que jusqu'ici les différentes prises de position du nouveau ministre des Affaires culturelles, M. Jean-Noël Tremblay, ne nous incitent guère à voir les choses sous un angle plus réconfortant.

Et avec raison! Car cette politique culturelle, ce «Livre Blanc» ne sera adopté officiellement... qu'en 1976, par Jean-Paul L'Allier... quelques mois avant que les Libéraux (dont il faisait partie) ne perdent le pouvoir.

En attendant de voir, de nos jours, la machine se mettre en branle pour un important rendez-vous avec le milieu culturel québécois, voici, en lien, un tableau des différentes politiques culturelles pilotées par le(s) gouvernement(s) au fil des ans... 

jeudi 29 mars 2012

Les arts de la scène ont la cote?


 
 Voici un article paru dans l'édition d'hier du Devoir... sous la plume de Frédérique Doyon. À noter que le sondage dont il est question dans ce texte peut être consulté (en anglais seulement...) en suivant ce lien.

Sondage - Les arts de la scène ont la cote
Le spectacle l'emporte sur la fréquentation des musées et des événements sportifs

Les Canadiens sont de fervents consommateurs d'art de la scène, conclut un sondage de la firme Ekos mené auprès de 1031 répondants pour le compte de l'Association canadienne des organismes artistiques.

Une grande majorité d'entre eux (75 %) ont assisté à un spectacle professionnel au cours de la dernière année. Le tiers de la population a vu de deux à quatre productions scéniques, et un Canadien sur cinq est même allé voir cinq spectacles ou plus.

Près de la moitié estiment personnellement «important» d'assister à des pièces de théâtre, à des concerts de musique ou à des spectacles vivants en général. La fréquentation des arts vivants l'emporte même sur celle des musées et des événements sportifs.

Ombre au tableau: le Québec est le champion de l'abstinence en matière d'arts de la scène, avec l'Alberta, alors que 30 % des répondants de ces deux provinces n'ont assisté à aucun spectacle en 2011. (C'est 37 % pour toutes les provinces de l'Atlantique réunies!)

Le théâtre est plus populaire que les autres formes scéniques, avec 44 % des citoyens qui l'ont fréquenté (voir le tableau).

Le sondage signale en outre l'importance d'Internet dans la diffusion des arts vivants, alors que 45 % des répondants se servent de ce nouveau véhicule pour visionner un spectacle. Sans trop de surprise, la télévision en rallie 71 %.

Si la grande majorité des répondants (75 %) s'est rendue dans un théâtre, la moitié ont dit fréquenter les arts vivants en plein air. Suivent les centres communautaires (39 %), les bars et les restaurants (34 %), le stade (27 %), les musées ou les galeries (25 %) et les lieux de culte (20 %). En fait, la proximité des lieux de diffusion se révèle un élément clé de la fréquentation assidue des arts vivants selon le sondage, qui établit une corrélation entre celle-ci et le fait d'habiter la ville ou ses environs.

Ce portrait rejoint les chiffres de 2010 d'un récent sondage de la firme Hill Stratégies Recherche qui montrait que 72 % des Canadiens avaient assisté à au moins un spectacle ou un festival culturel en 2010. Il fait partie d'une plus vaste étude destinée à mieux définir le rôle des diffuseurs d'arts scéniques à l'heure des technologies numériques et de la fragmentation des publics.

***

Des arts bien vivants
Fréquentation des arts de la scène par les Canadiens


Théâtre: 44 %
Concert de musique populaire: 42 %
Festival artistique ou culturel: 29 %
Concert classique ou symphonique: 20 %
Spectacle ethnoculturel de danse, de musique ou de théâtre: 19 %
Tout autre type de spectacle culturel: 19 %
Danse: 15 %
Aucun: 26 %

Source: Association canadienne des organismes artistiques