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lundi 20 avril 2026

Quand Fréchette pue l'immoralité!

 


Les morceaux journalistiques les plus savoureux, dans les archives, se rapportent souvent aux visites de Sarah Bernhardt au Québec. Lors de ses venues (1880, 1891, 1892, 1896, 1905, 1911 1916, 1917), le clergé et l'intelligentsia vertueuse se partagent la palme des menaces et des insultes. La Divine représente, pour eux, la quintessence de l'indécence, de l'immoralité.

De l'autre côté, il y a le peuple qui accourt aux spectacles, qui acclame l'actrice, qui l'accueille comme la personnification même de la grande Culture française. Parmi eux, le poète Louis Fréchette, qui lui écrit des panégyriques, qui la défend dans les publications. 

Et le voilà, le pauvre, qui se retrouve conspué par les foudres de ceux qui veillent à la pureté des âmes. Comme dans ce passage d'un article paru dans La Vérité, le samedi 13 janvier 1894:





dimanche 19 avril 2026

Le cirque: malédiction de Dieu pour les moissons!

Ce blogue est truffé d'articles contre le théâtre repiqués sur le site de BAnQ. De nombreux petits morceaux de littératures moralistes qui conspuent la chose scénique et vouent les artistes et artisans aux gémonies. 

Mais il n'y a pas que le théâtre. Oh non. Son cousin, le cirque, jouit des mêmes remontrances. Comme en témoigne ce papier paru le 22 juin 1859 dans L'Ordre: union catholique:



jeudi 9 avril 2026

De l'esthétique DANS la salle!

Nous n'y pensons généralement pas, mais au théâtre, ça se passe aussi dans la salle et même dans le bâtiment, dès le premier pied posé dans l'entrée. Le spectacle reste, encore de nos jours, un événement , une sortie. Mais combien d'entre nous, praticiens et producteurs, réfléchissons aussi à l'espace dédié aux spectateurs? Quel accueil reçoivent-ils? Quelle ambiance, quel atmosphère les enrobent à leur arrivée? Dans quel esthétique seront-ils placés pour jouir de la représentation? Y en aura-t-il seulement une, outre celle de la salle même (quand elle en est pourvue, bien sûr)?

Salle et scène (et même accueil et billetterie) forment un tout... d'autant plus quand c'est une création in situ ou une production en résidence. Tout ça, il me semble, participe au côté événementiel du théâtre. 

À une autre époque, ça allait même plus loin! On parlait même de l'étiquette au théâtre... bien loin du peu (voire pas!) de considération que nous portons à la chose aujourd'hui! De la responsabilité du spectateur à la qualité de la salle! Voici, à ce sujet, une chronique parue dans l'édition du 1er octobre 1894 du magazine L'Orchestre (vive BAnQ!):



vendredi 26 décembre 2025

Le théâtre... arbre de mort!

 


Ce beau petit passage exalté est tiré de long article paru dans le très modéré (!) Écho du cabinet de lecture paroissial de Montréal du 21 juin 1860.

mardi 24 décembre 2024

Menace ou canular?

Parmi les théâtres métropolitains du début du XXième siècle, le Théâtre Royal a, pour plusieurs, des relents de soufre et de vices (j'en ai déjà parlé ici). Au point où fréquenter cet établissement vous appose l'infâme étiquette d'immoralité. 

Mais dans l'ombre, on veille sur la vertu. 

Voici un tout petit entrefilet publié dans L'Avenir du Nord, le vendredi 3 janvier 1908:


Difficile de me positionner: est-ce une blague ou pas? Après de multiples séances d'exploration des archives, je serais porté à donner du crédit à cet avertissement publié, il est vrai, sous le couvert d'une ironie menaçante. Message sous-entendu: le Royal n'est pas votre place.

lundi 23 décembre 2024

De l'importance du radio-théâtre au Québec dans les années '40


Le radio-théâtre, c'est au Québec l'unique salle de spectacles qui, à côté des cinémas, ouvre ses portes 365 jours par année. Le même jour, et souvent le même soir, il tient lieu, tour à tour, de Comédie-Française, de Vieux-Colombier, d'Ambigu, de Grand-Guignol, etc. C'est Radio-Collège, plus que le livre, qui a répandu l'Hamlet de Gide et le Macbeth de Maeterlinck. Quelle troupe du Canada ou d'ailleurs se risquerait à présenter d'affilée Zaïre, Le légataire universel, Le jeu de l'amour et du hasard, Turcadet et Crispin, rival de son maître? [...]

Spectacle permanent, ce théâtre intéresse le paysan, l'ouvrier, le bourgeois, l'intellectuel, comme nous l'avons vu dans un autre chapitre. C'est avec le cinéma le véritable théâtre collectif pour la masse du public auquel il s'adresse: «Théâtre pour le grand nombre, accessible à tous par la nature de son répertoire et le bon marché de ses places.» Il s'est centralisé à Montréal, comme l'était le théâtre. Mais il s'est répandu grâce au pouvoir magique des ondes, à travers toute la province. rejoignant même certains centres où les troupes ne s'étaient jamais donné la peine de s'arrêter. Sans lui, combien d'habitants de certaines petites villes et des villages éloignés des grands centres, ne connaitraient pas autre chose que le théâtre des conteurs?

C'est là un extrait de la thèse de doctorat de Jacques Beauchamp-Forget, Radio et civilisation au Canada Français, soutenue en 1948 à l'Université de Paris... extrait lui-même extrait du dossier Le théâtre à la radio du 9ième numéro de l'Annuaire Théâtral, 1991. 

Un dossier passionnant sur ce pan de la pratique théâtrale québécoise que fut le radiothéâtre, qu'il soit sur le mode du radioroman ou de la dramatique par épisodes.

Voici, en terminant, un tableau explicite de son importance (que j'ai déjà publié ici, tiré de l'Annuaire théâtral, no. 5-6, 1988):





samedi 31 août 2024

«Artourne che-vous!»


Quel accueil faire à Réjane, grande actrice française de la fin du XIXe et du début du XXe siècle (contemporaine de Sarah Bernhardt), quand elle débarque en ce Québec du temps? 

Voici le message passé dans le très conservateur journal La Croix, de ce 14 janvier 1905:


Pour d'autres informations sur cette visite, il est possible de faire de petits détours sur ce blogue, ici et ici


mercredi 3 juillet 2024

Quand un maire se dresse contre la censure!

Le journal Le Soleil du 24 mai 1907 rapporte les propos du maire de Montréal (ici Henry Archer Ekers, qui le fut de 1906 à 1908) qui s'oppose à la création d'un comité de censure, tel que demandé par les autorités religieuses:



mardi 2 juillet 2024

Un peuple contre le théâtre!

Tout un peuple contre le théâtre! Rien de moins. Cette thèse idéaliste - et quelque peu rétrograde avec nos yeux bien contemporains - a été publiée dans La Presse, en ce 3 avril 1907:



lundi 1 juillet 2024

La censure et les «idées nouvelles»

Un autre petit morceau de rhétorique contre le théâtre venu cette fois du journal La Vérité du 23 novembre 1907:


Pour en savoir plus sur ledit Arsène Bessette, visitez ce lien.

dimanche 30 juin 2024

Quand la censure est attaquée...

Dans ce beau début du XXième siècle, la moralité et la vertu se battent férocement contre le théâtre, école du vice. Le puritanisme veille. Au point où il attaque même la censure, l'accusant de souplesse et de complicité dans la dépravation des moeurs. 

En témoigne cette réplique du censeur du Théâtre des Nouveautés, publiée dans Le Nationaliste du 19 janvier 1908, qui recadre le débat en donnant une explication de son travail:


Pour en savoir plus sur cet Albert Lozeau, visitez ce lien.


dimanche 16 juin 2024

Mise en garde!

Voici un extrait d'une lettre publié dans Le bien public, journal trifluvien, en ce 9 avril 1914. Il faut lire avec attention cette mise en garde contre le théâtre qu'un membre de l'ACJC adresse à un ami... d'autant qu'il avoue ne pas fréquenter ce théâtre dont il parle!



samedi 15 juin 2024

Parlons moralité, disent-ils!

Voici un autre petit morceau d'éloquence, tiré du Monde illustré du 30 janvier 1892, qui dépeint le théâtre - ô surprise - comme une école du vice et de l'immoralité (avec, au passage, une diatribe contre la Divine):


Ce que les âmes de l'époque devaient être fragiles...

samedi 25 mai 2024

La crise en crise

Voici un petit regard en arrière, avec le Radiomonde et Télémonde de ce 14 novembre 1959:


Inspirant non? Même si (je l'ai déjà dit il y a quelque temps) c'est quand même épuisant de vivre perpétuellement en mode crise

Depuis quelques semaines, quelques mois (depuis la pandémie), depuis le dépôt de la demande pluriannuelle au CALQ, depuis les budgets provinciaux et fédéraux, le milieu culturel (et plein d'autres milieux, soit dit en passant) est en transe: il y a une crise

Le nombre de demandes augmentent, mais les enveloppes ne suivent pas. Les compagnies et les artistes - toujours plus nombreux - sont à bout de souffle.

Qu'est-ce qui attend le milieu théâtral (et culturel)? L'hécatombe ou la survie

Depuis quelques mois, donc, tous les intervenants en appellent à la mobilisation: le théâtre est en crise. Encore... si on se fie à l'article illustrant ce billet.

Vrai que les visions gouvernementales, en matière d'art et de culture, ne sont peut-être pas adéquates. Vrai qu'elles sont peut-être trop versées dans le clientélisme, les considérations statistiques et économiques. Vrai qu'elles sont peut-être engoncées dans un mode de fonctionnement - ébauché des décennies auparavant - qui a beaucoup de sable dans l'engrenage. Vrai qu'elles sont insuffisantes.

Il faut plus d'argent. Oui. Mais ça ne sera jamais assez.

Parce que le théâtre en crise? Ben oui. Comme toujours. 

Mais c'est aussi peut-être par sa faute, par sa faute, par sa très grande faute. 

Parce qu'il n'est pas capable de se sortir des ornières qui se creusent de plus en plus, depuis si longtemps. Des habitudes qui sont longues à transformer. Parce qu'il est peu capable, dans le contexte dans lequel il évolue, d'accueillir les nouveaux venus dans les structures déjà existantes. D'où la multiplication d'organismes et collectifs aux côtés de compagnies bien établies et de chasses gardées. Parce qu'il s'est notamment laissé entraîné vers une professionnalisation aussi normée que bureaucratique. Alors qu'il est, historiquement, chaotique, intense, il s'est laissé harnaché jusqu'à l'extrême dépendance, dans un mode de gouvernance qui, bien qu'efficace et utile, draine les fonds accordés. 

Bref, dans ce jeu des subventions et des programmes, c'est dommage, mais il y aura toujours plus de perdants que de gagnants. C'est ça, la crise?

C'est ça la game: ou le théâtre se fait selon les subventionnaires et les grandes associations (et c'est là que le projet doit être incontournable avec un dossier béton) ou il se fait à son propre compte (par conviction et acharnement) ou il ne se fait tout simplement pas si l'énergie ou la capacité de le faire passer sur papier pour obtenir de l'argent manquent.

Et si tout ça était normal? 

Tous les projets, toutes les compagnies, tous les artistes ne pourront jamais être tous soutenus. C'est la sélection naturelle d'un milieu qui doit se réguler d'une façon ou d'une autre. Et c'est normal. Frustrant plus souvent qu'autrement, mais normal. 

Il faut espérer, à tout le moins, que les choix se fassent sur de bons critères et que la qualité des dossiers et des démarches l'emporte sur d'autres considérations moins artistiques.

Et oui, tout ça va faire mal, parce que tous avons notre petite chasse gardée et du mérite autant que notre prochain...

vendredi 24 mai 2024

Le théâtre, à «Aujourd'hui l'Histoire»


Je fais suite, ici, à un billet du 1er janvier 2020  qui faisait la nomenclature des épisodes sur le théâtre de l'excellente série de Aujourd'hui l'Histoire présentée sur les ondes de Radio-Canada.

Il y en a d'autres depuis!

En 23 minutes, l'animateur Maxime Coutié (qui a remplacé Jacques Beauchamp) et ses invités continuent à s'attarder à chaque fois à un sujet précis. Voici ceux qui s'intéressent à l'art dramatique:

lundi 20 mai 2024

Où est le monde? Quel monde?

Dans Le Canada qui chante: revue musicale, artistique, littéraire, illustrée de juillet 1928, il y a cet article sur l'avenir du théâtre québécois (montréalais), constatant la désaffection de la population pour son théâtre local au profit des vedettes et des tournées étrangères. 


Quelques années plus tard, La patrie: l'hebdo des Canadiens-Français du 20 septembre 1962 publie un grand dossier sur l'état du théâtre dans la Métropole dont voici l'article liminaire:


Est-ce que ça a tant changé?

samedi 18 mai 2024

Qu'ils se le tiennent pour dit!

J'aime bien, ces petits entrefilets fielleux contre le théâtre qui parurent dans les différentes publications (ultramontaines, ultra-catholiques et conservatrices). Des petits écrits sans nuance. Directs. Engoncés dans une vertueuse conviction sans appel. Comme celui-ci, tiré de La Vérité du 5 mai 1883:


mardi 14 mai 2024

Poésie du mauvais théâtre

 


Cette belle petite œuvre poétique a été publiée dans l'ultramontain journal La Croix, édition du 25 février 1905. 

dimanche 28 janvier 2024

Quand un maire s'adonne aux malpropretés théâtrales...

L'ultramontain journal La Vérité du 20 janvier 1883 fait mention d'un (autre) scandale venu des affres de la scène:


Le maire, en question, c'est François Langelier, porté à la tête de la Ville de Québec entre 1882 et 1890 (mais qui fut aussi député provincial de 1873 à 1875 puis de 1878 à 1881; député fédéral de 1884 à 1898; lieutenant-gouverneur de 1911 à 1915). 


Quant à l'actrice, c'est probablement celle-ci retrouvé dans L'Électeur du samedi 23 décembre 1882:


Une petite recherche m'amène sur Wikimedia Commons où se trouvent des photographies d'une actrice du même nom... qui est donc fort probablement la même:




Ce serait donc une actrice française, de passage au Québec (et à Québec) dans le cadre de ces grandes tournées internationales de l'époque qui permettaient à ces artistes de faire un bon coup d'argent avant de retourner sur leur scène coutumière.

Voici d'autres informations sur elle par nos bons vieux journaux (qui précèdent, dans les faits, l'article qui ouvre ce billet).

Le Journal de Québec, 4 janvier 1883:


L'Événement, 5 janvier 1883:


Encore L'Événement, 9 janvier 1883 qui y va même d'une comparaison avec Sarah Bernhardt:


L'Événement toujours, 11 janvier 1883:


Et enfin, L'Événement du 13 janvier qui annonce que le maire Langelier accueillera l'actrice:


Mais ce n'est pas tout... car voici un petit (gros) bémol à l'enthousiasme de L'Événement, émis par Le Courrier du Canada (qui rapporte intégralement ce qui a été publié dans le Nouvelliste dont il est question dans le premier article), 16 janvier 1883... et la boucle se boucle:


Alors, qui dit vrai? Grande actrice ou actrice de second ordre? Nul ne sait. J'ai cherché pour en savoir plus sur cette femme. Voici ce que j'ai trouvé:
  • Son nom complet serait Eugénie Marie Seraphié LeGrand.
  • Elle serait née à Paris et son père aurait été un haut-fonctionnaire du gouvernement français, grand mécène des arts.
  • Elle aurait fait carrière en France, à Londres, en Nouvelle-Zélande et en Australie.
  • En 1873, elle aurait eu un enfant.
  • Elle aurait été mariée, en 1873, quelques semaines seulement à l'acteur anglais Kyrle Bellew (ici), père de l'enfant, avant de divorcer officiellement en 1888.
  • Après son divorce, elle se serait remariée avec Hector Alexander Wilson.
  • Sa date de décès inconnue.


samedi 27 janvier 2024

À un fléau près...

Quel est le plus grand fléau qui nous menace? Les épidémies? La pauvreté et la famine? La violence et le crime? Mais non! 


Cette belle mise en garde contre ce fléau qui menace de s'abattre sur la métropole (qui ne le mérite pas malgré ses turpitudes!) a été publié le jeudi, 8 septembre 1881, dans l'auguste journal La Vérité dont le slogan est Veritas Liberabit Vos - La vérité vous rendra libre.

C'est un de mes grands plaisirs que de me perdre dans les archives numériques de BAnQ et de feuilleter ce type de journal aux accents moralistes!