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jeudi 9 avril 2026

De l'esthétique DANS la salle!

Nous n'y pensons généralement pas, mais au théâtre, ça se passe aussi dans la salle et même dans le bâtiment, dès le premier pied posé dans l'entrée. Le spectacle reste, encore de nos jours, un événement , une sortie. Mais combien d'entre nous, praticiens et producteurs, réfléchissons aussi à l'espace dédié aux spectateurs? Quel accueil reçoivent-ils? Quelle ambiance, quel atmosphère les enrobent à leur arrivée? Dans quel esthétique seront-ils placés pour jouir de la représentation? Y en aura-t-il seulement une, outre celle de la salle même (quand elle en est pourvue, bien sûr)?

Salle et scène (et même accueil et billetterie) forment un tout... d'autant plus quand c'est une création in situ ou une production en résidence. Tout ça, il me semble, participe au côté événementiel du théâtre. 

À une autre époque, ça allait même plus loin! On parlait même de l'étiquette au théâtre... bien loin du peu (voire pas!) de considération que nous portons à la chose aujourd'hui! De la responsabilité du spectateur à la qualité de la salle! Voici, à ce sujet, une chronique parue dans l'édition du 1er octobre 1894 du magazine L'Orchestre (vive BAnQ!):



mercredi 15 mai 2024

Les métiers oubliés


On m'a offert hier - merci Monsieur Côté! - cet Almanach des spectacles pour 1827, un tout petit ouvrage (pas plus gros qu'un missel) de quelques 400 pages qui fait la recension des spectacles tenus en France cette année-là, avec, en prime, de nombreuses anecdotes, informations, etc. Bref, c'est en plein là le genre de bouquin que je consulte, par temps perdu, via Google Books ou BAnQ, afin d'alimenter notamment ce blogue. 

Chaque salle y est présentée en long et en large, avec le prix des places, les oeuvres qui ont pris l'affiche... mais aussi avec les ressources humaines nécessaires, dont la nomenclature est parfois surprenante. Ainsi s'y retrouvent, par exemple, pour le Théâtre Français: 
  • la surintendance
  • les sociétaires
  • les pensionnaires
  • le comité d'administration
  • le caissier
  • le secrétaire du comité
  • le secrétaire
  • le souffleur
  • l'orchestre (altos, basses, contre-basses, clarinettes, flûtes, cors, bassons)
  • les machinistes
  • les garçons de théâtre
  • les coiffeurs
  • les contrôleurs
  • les ouvreuses
  • les buralistes comptables 
  • le préposé à la location des loges
  • le préposé au bureau des premières
  • le préposé au parterre
  • les supplémens
  • le magasinier des costumes
  • les ouvrières du magasin
  • les fournisseurs
  • les entrepreneurs du luminaire
  • les architectes
  • les peintres-décorateurs
  • le conseil judiciaire
  • le comité de lecture
  • les médecins
  • (et les acteurs retirés avec pension). 
Ça, c'est que pour le Français. Parmi les autres métiers d'autres salle, une rapide compilation donne en surplus:

  • les menuisiers brigadiers
  • les sous-brigadiers
  • le chef accessoire
  • les allumeurs
  • les balayeurs
  • les conciergess chante
  • le suisse du roi
  • les tailleurs
  • les habilleuses
  • les perruquiers
  • les bureaux de distributions
  • les placeurs
  • les placeurs de la loge du Roi
  • le répondant de la porte des communications
  • les échangeurs
  • les chanteurs (et les choristes)
  • les employés de l'intérieur
  • les receveurs
  • les receveurs de billets à l'orchestre
  • les receveurs au parterre
  • le bureau des cannes
  • le magasin des femmes

Ça en fait, du monde! Il y a toute une tradition théâtrale - et tout un monde! - qui a mal survécu au passage du temps! 

jeudi 28 décembre 2023

Le théâtre élizabéthain comme un théâtre d'acteurs

Photo de John Tramper, prise .

Je suis encore en pleine période élizabéthaine... mais pour combien de temps encore? Lecture du temps des Fêtes oblige! Je passerai bientôt à autre chose car voilà que je viens de terminer ce bouquin fort intéressant: Le Théâtre du Monde de Frances A. Yates, publié chez Allia en 2019 (en fait, c'est une réédition d'un ouvrage paru une première fois en 1969) qui a fait l'objet de quelques billets depuis les derniers jours.

Intéressant parce que le théâtre du temps de Shakespeare, tant dans sa forme architecturale que dans sa forme dramaturgique, est fascinant... parce que tellement éloigné tout en étant presque familier... parce qu'étant unique dans sa conception (conception qui n'est qu'interprétée aujourd'hui puisqu'aucun bâtiment - de bois et de chaume bien inflammables! - ne nous soit parvenu directement) tout en étant parfaitement clair dans ses conventions.

Mais bref, en voici un autre passage (p. 178):

Les grands théâtres publics en bois construits à Londres [note de moi-même: entendre ici principalement les théâtres échafaudés entre 1576 et 1615 comme le Globe, le Rose, le Cygne, etc.] n'utilisaient pas de scènes en perspective: cette absence au moins est une certitude. Dans ces théâtres, le changement de décor étaient simplement indiqué par le déplacement des acteurs d'un point à l'autre de la scène. Peut-être ces différents points étaient-ils identifiés par des éléments décoratifs mobiles; mais quoi qu'il en soit, les moyens techniques employés pour indiquer différents lieux n'avaient rien de classique. C'est peut-être cet aspect des théâtres publics qui a contribué à empêcher qu'on y décèle la moindre influence classique. Mais il ne faut pas oublier ce qui était tout de même leur aspect le plus remarquable: c'étaient des théâtres d'acteurs, où les effets reposaient entièrement sur les acteurs, avec peu ou pas de moyens visuels. Dans les théâtres publics de Londres, c'est la voix des acteurs qui comptait; tout l'attrait de la représentation reposait sur les paroles qu'ils proféraient, qui devaient être clairement entendues. Depuis la grande scène, la voix des comédiens atteignait les oreilles des spectateurs installés tout autour d'eux, dans la cour et dans les galeries. «Prêtez-moi l'oreille» s'écrie Marc-Antoine dans Jules César. Le type de théâtre pour lequel écrivait Shakespeare était un théâtre d'abord fait pour l'ouïe, propre à véhiculer un grand drame poétique, une vaste caisse de résonance où rien ne devait empêcher les paroles prononcées sur la scène d'atteindre les moindres recoins du théâtre. 

Encore une fois, la thèse défendue ici est que cette architecture - qui ne s'est malheureusement pas imposée dans l'histoire théâtrale - est directement inspirée du théâtre antique et en est, d'une certaine façon, l'une des meilleurs réinterprétation. Une thèse bien intrigante et, à la lecture, bien cohérente qui ouvre de nombreuses pistes de réflexion.

Pour ceux qui passerez par Londres prochainement, mettez une visite au Globe (une convaincante reconstitution telle que le montre la photo de ce billet) à votre programme pour vivre ce dont il est question ici! J'ai eu cette chance en 2019 et c'est fabuleusement bluffant.

mardi 26 décembre 2023

Le premier théâtre en Angleterre

Le premier théâtre construit en Angleterre - qui caractériserait cette architecture propre au théâtre élizabéthain dont on peut voir une reconstitution ici - date de 1576 et est le fait d'un menuisier, charpentier et comédien (!), James Burbage:


Son théâtre, The Theatre, premier édifice spécifiquement dédié aux représentations théâtrales a dû, pour de nombreuses raison, être déplacé de l'autre côté de la Tamise et les matériaux ont servi à élaborer un autre théâtre, The Globe, qui tirerait sa célébrité du fait qu'un célèbre auteur-acteur y œuvrerait: William Shakespeare. 

Mais là n'est pas mon sujet. Voici plutôt ce qu'on a dit de Burbage dans le bouquin Le Théâtre du Monde de Frances A. Yates (p.140-141) qui tend, par ailleurs, à démontrer que ces constructions ont été inspirées par Vitruve (par le biais de Jonh Dee et Robert Fludd, savants du XVIIe siècle) et, du coup, par les constructions de l'Antiquité:

[...] Le Théâtre de Burbage se signale comme une entreprise d'une extrême originalité. C'était l'œuvre d'un homme issu de la classe des artisans et non pas d'un architecte érudit ayant parfait sa culture au sein de quelque académie. Ce théâtre n'était pas financé par un prince, ou par un personnage important; chaque penny investi dans sa construction avait dû être levé par Burbage lui-même. Il était conçu pour être financièrement autonome, et pour fournir une source de revenus à ses acteurs-propriétaires: grande différence avec les théâtres savants d'Italie [note de moi-même: une référence ici au Teatro Olympico dessiné en 1580 par Andrea Palladio, l'architecte en chef de la Renaissance!], financés par des princes et conçus pour le divertissement d'une élite restreinte. C'était un théâtre populaire, destiné à un public populaire et nombreux, et qui devait couvrir ses coûts de fonctionnement par ses recettes propres. C'était en somme le premier vrai théâtre moderne, probablement au monde, en tout cas en Angleterre. 

Burbage avait fait un bon calcul. Son coup d'audace rencontra une attente du public, et les spectateurs se pressèrent pour voir les pièces données dans cet édifice où, pour la première fois, des acteurs pouvaient jouer dans un lieu conçu spécialement pour le jeu dramatique, et non, comme c'était le cas jusqu'alors, dans quelque installation temporaire ménagée dans le hall d'une vaste demeure, dans une auberge, etc.

dimanche 16 janvier 2022

De l'importance des consignes de sécurité au théâtre!

Voici un petit fait divers, tiré de l'édition du Courrier du Canada, le 20 janvier 1882:


J'ai essayé de retrouver le Chinois et le Théâtre... qui je crois est à New-York. En vain. 

Mais si ce petit article m'intéressait, c'est aussi parce que le dernier paragraphe prouve, finalement, que rien ne change...

Pour diriger aussi un lieu de diffusion (pluridisciplinaire), je pourrais aussi témoigner de plein d'exemples (moins explosifs, il va de soi!) de spectateurs qui, lors de spectacles, se fichent royalement de nos demandes et de nos consignes, ne pensant qu'à leur propre personne... avec ce que ça peut supposer d'insultes à l'égard de mon équipe, de propos impolis, de moqueries, de défis bornés. Parfois même, certains vont carrément à l'encontre de ce qui a été indiqué à l'accueil pour nous narguer!

dimanche 16 mai 2021

Quand le Père Legault flatte Chicoutimi dans le bon sens du poil

Dans la petite histoire de l'art dramatique du Québec, le Père Émile Legault occupe une importante place: fondateur des Compagnons de Saint-Laurent, il est considéré, par beaucoup, comme celui donnera le premier véritable élan professionnel du théâtre à la fin des années '30. 

Rapidement, il deviendra une figure majeure (et médiatique) du monde théâtral, enchaînant spectacles, entrevues, émissions, tournées provinciales. Cette reconnaissance flamboyante sera aussi, quelques quinze ans plus tard, l'une des causes de la fin des Compagnons. Modestie oblige. 

Deux ans après l'arrêt de sa troupe, il n'en demeure pas moins une vedette, et c'est à ce titre que le jeudi 11 mars 1954, le Progrès du Saguenay présente une entrevue avec ce personnage, de passage dans la ville. Une entrevue où le prêtre ne tarit pas d'éloges envers Chicoutimi:


vendredi 23 avril 2021

La belle histoire du théâtre du palais royal de Drottningholm



Il existe très peu de théâtres intacts des XVIIe et XVIIIe siècle, avec leur machinerie artisanale et leur atmosphère d'illusion.

Voici la petite histoire due la redécouverte... du sauvetage de celui du Palais royal de Drottningholm (celui des photos ci-haut), en Suède, racontée dans le Journal La Patrie, 8 octobre 1961:


jeudi 19 novembre 2020

À l'intérieur du Grand-Guignol...

Petite virée Pinterest à l'intérieur du Grand Guignol... à l'intérieur du bâtiment (ancienne chapelle et ancien atelier de peintre), impasse Chaptal, à Paris et non pas à l'intérieur du répertoire!

C'est l'oeuf ou la poule: qui a donné naissance à l'autre...




Le Grand Guignol... théâtre des excès! Et voici, en ce sens, une description rapportée par Agniès Pierron dans la préface de l'ouvrage dont il est question depuis quelques billets, Le Grand Guignol - Théâtre des peurs de la Belle Époque (p. IX):

Si le Grand Guignol est un théâtre populaire, au plein sens du terme - les gens du quartier comme les habitués de la Comédie-Française le fréquentent -, il n'est pas grand public. Aller au Grand Guignol, c'est moins un acte social qu'un acte privé, même si la salle est divisée: orchestre, loges, baignoires; c'est une jouissance dont il s'agit; le spectateur préfère venir accompagné. Non pas pour se montrer «avec sa légitime», mais pour s'encanailler. Aussi certains spectateurs préfèrent-ils ne pas être vus. L'espace comble les uns et les autres, ceux qui se cachent et ceux qui se montrent: «Un escalier de bois d'un joli dessin conduit à la galerie - bizarrerie à la mode: il n'est pas chic d'y monter. Le public, fort sélect - monde et demi-monde -, préfère se presser aux fauteuils du rez-de-chaussée dont les bras sont de chêne...» Des témoins disent que les loges grillées au fond autorisaient un jusqu'au-boutisme dans la jouissance, surtout pendant les séances du lundi après-midi. Les femmes de ménage retrouvaient, témoignent-elles, des sièges maculés... Mais ne nous égarons pas (bien que le Grand Guignol, ce soit ça aussi) et disons que la salle avait une géographie codée; mystérieuse, elle est propice aux sensations fortes: «... elle est étrange, cette salle toute en longueur, avec ses murs tendus d'étoffes sombres, ses boiseries sévères, avec des deux portes mystérieuses et toujours fermées, qui sont de chaque côté de la scène, et ces deux anges inattendus qui, du haut du plafond, nous adressent leur énigmatique sourire.» Plus rien ne subsiste de tout cela; la rage de M. Lupovici [l'un des derniers propriétaires du théâtre, en 1963] contre les sièges maculés a eu raison de l'insolite du décor.

Ça donne le ton! 

mardi 9 juin 2020

Du théâtre à l'italienne...


Quand la très grande majorité des gens (l'affirmation est quand même grosse mais je n'ai pas vraiment peur de me tromper) pense au théâtre, c'est presque essentiellement dans une formule à l'italienne (comme sur la photo), la formule typique de la scène qui fait face au public. Le mal rouge et or, comme dirait Cocteau. 

C'est toujours, de nos jours, la formule la plus connue, la plus utilisée... la plupart des grandes salles ici au SagLac et au Québec sont (souvent les loges et les balcons en moins) érigées de la sorte.

Cette boîte à illlusion, construite selon les principes de la perspective, est toute faite en conventions et en règles... qui prendront de plus en plus, avec la machinerie et les décors peints, le pas sur les textes présentés. De ce fait, cette boîte est aussi l'une des causes majeures des grandes réformes théâtrales de la fin du XIXe siècle. 

En voici une belle description sortie du bouquin Le Décor de théâtre de Denis Bablet: 

Toute action scénique suppose un lieu où elle puisse prendre forme et se déployer. Le lieu de la représentation théâtrale à la fin du dix-neuvième siècle, c'est le théâtre à l'italienne, dont je rappellerai brièvement les données: rupture entre un lieu d'où l'on voit (la salle) et un lieu d'où l'on est vu (la scène), division du public à la fois matérielle et sociale. Deux mondes s'affrontent: l'un réel, l'autre fictif. Mais l'univers fictif de la scène est encerclé, emprisonné dans un cadre qui lui impose des limites. L'illusion suppose le recul du spectateur, l'indépendance de la vie scénique, la scission entre le réel et le représenté. La majorité des scènes possède un proscenium; mais ce proscenium n'a qu'un but: il permet à l'acteur de jouer au public, de lancer sa tirade au spectateur, il l'isole du fond visuel, il ne projette pas le drame dans le public. La rampe, même si l'on condamne depuis longtemps le caractère antiréaliste de son éclaraire (éclairage par le bas qui n'existe pas dans la nature), n'en demeure pas moins la limite nécessaire: elle matérialise la frontière entre public et action dramatique. 

Autre caractéristique fondamentale du théâtre à l'italienne: il impose des lignes de vision nettement définies. Ni le proscenium, ni la disposition en fer à cheval des loges et balcons ne doivent nous induire en erreur. Cette vision est frontale, elle est axiale. 

Enfin, il faut également tenir compte d'un fait dont on ne soulignera jamais assez l'importance: la vision suppose que soit éclairée la chose à voir. La scène est encore faiblement éclairée au gaz. [...] En 1880, l'électricité est réservée à la production des effets. On n'en décèle pas encore ni la puissance ni l'infinie souplesse. D'autre part, scène et salle restent en général conjointement éclairées durant la représentation. 

samedi 25 avril 2020

Crime contre les moeurs!

Le journal La Croix - le titre a lui seul (et les quelques articles rapidement survolés) laisse présager une publication plutôt conservatrice sur fond d'antisémitisme... - publie, le 9 février 1924, une chronique (ou est-ce une lettre ouverte?) d'un certain Jean Dollard, contre les crimes contre les moeurs perpétrés par les théâtres (bon, ici, une petite mise au point s'impose: dans les années 20-30, par théâtre, on doit comprendre tant les salles de spectacles que les cinémas), dont le maléfique Théâtre Gayety.


L'auteur (j'ai beau cherché, je ne retrouve pas sa trace ailleurs...) a l'indignation persistante. (Le maire de Montréal dont il est question serait, selon les dates, Médéric Martin.)

Le Gayety mérite qu'on s'y attarde un peu. C'est un endroit célèbre, dans le night life de Montréal, dans la première moitié du XXe siècle, par les spectacles qu'il donne. Après une époque tumultueuse de partage entre une vocation théâtrale et une entreprise cinématographique, sa scène se voit (de 1944 à 1951) magnifiée par une effeuilleuse qui passera à l'histoire: Lily St-Cyr (une petite histoire ici).



Mais ce n'est pas tout... parce qu'en 1953, le grand Jean Grimaldi, père des grandes tournées burlesques à travers le Québec, achète le lieu pour en faire le Radio City qui présentera du burlesque... avant que de n'être acheté, en 1956, par Gratien Gélinas qui en fera la Comédie Canadienne où seront créées de nombreuses pièces, spectacles (dont l'Ostid'show qui y sera repris en 1968) et où se produiront de nombreux artistes... avant que de ne devenir, en 1972, le toit permanent du Théâtre du Nouveau-Monde

Il y en a, de l'histoire, entre ces murs!!

samedi 14 mars 2020

Comme un relent du passé 2...

Je reste dans cette grande thématique d'actualité (après ce billet d'il y a quelques jours...).

Comment aussi, en ces temps de pandémie et d'annulations de représentations, ne pas penser à cette grande faucheuse que fut l'épidémie de grippe espagnole de 1918 qui a fait des millions de morts... Pour contrer le mal, la fermeture des salles des spectacles avait notamment été décrétée.

Voici donc, comme une résurgence du passé qui trouve aujourd'hui un drôle d'écho, une bien mince partie de la revue de presse de l'époque (avec, bien sûr, des articles concernant la fermeture des théâtres)...

Le Devoir, 7 octobre 1918:


Le Soleil, 7 octobre 1918:


Le Devoir, 9 octobre 1918:


L'Action Catholique, 9 octobre 1918:


Le Samedi, 19 octobre 1918:


jeudi 12 mars 2020

Comme un relent du passé...


À la fin du 16ième siècle, entre 1592 et 1594, alors que Londre subit les ravages de la peste, on prend la décision de fermer tous les théâtres... accusés, notamment, d'être des foyers d'infections, tant physiques que moraux! Tout ça, dans le but, évidemment, d'éviter la propagation et la contagion. 

Difficile de ne pas y penser, en ces temps troubles de pandémie alors que d'un peu partout sur la planète (et ici, au Québec, pour les rassemblements de plus de 250 personnes), les fermetures d'institutions et de lieux publics sont annoncées.


jeudi 2 janvier 2020

Du théâtre comme au temps de Shakespeare


Le théâtre élizabéthain (16ième-17ième siècle) a quelque chose de fascinant dans son architecture. Proche, d'une certaine façon, des théâtres romains et de leurs fond de scène architecturaux permettant divers lieux, diverses conventions simples mais efficaces. En même temps, toute cette construction dense laisse la scène dépouillée, avec des trappes et des sorties de toute sorte, laissant alors toute la place au texte et au jeu des acteurs. C'est là, on peut l'imaginer, un lieu vivant s'il en est un, avec ses multiples étages et son parterre qui réunit le peuple. Quand on étudie en théâtre, ce type de théâtre en rond est incontournable... d'autant qu'il a abrité l'un des plus grands génies dramatiques qui soit: William Shakespeare.

L'été dernier, je suis allé à Londres. Et je n'ai pas résisté longtemps à la tentation d'aller au Globe (le théâtre du schéma plus haut), une reconstitution fidèle (datant de 1996) de ce lieu mythique ayant appartenu à Shakespeare lui-même mais ayant malencontreusement brûlé en 1613... (Voici, en lien, le site web de l'entreprise, avec des images et des vidéos.)

Un véritable voyage dans le passé! Voici quelques unes de mes photos:











Pour profiter à fond de l'expérience théâtrale, nous avons même assisté à la présentation de la première partie de Henry IV, par une troupe de comédiens manifestement rompue à l'oeuvre shakespearienne et à ce lieu propice à une complicité particulière avec le public. Un moment fort. Historique. Esthétique. 

lundi 23 décembre 2019

La route européenne des théâtres historiques


En voguant sur Internet, je suis tombé sur l'European Route of Historic Theatres, un site dédié aux théâtres... à l'architecture avant le texte et le jeu.

Une chaîne Youtube y est associée et présente des documentaires sur ces mêmes salles. Des chefs-d'oeuvres aux scènes magiques, aux lourds rideaux de velours, aux balcons chargés d'ornements, des plafonds peints... bref, des salles qui se donnent elles-mêmes en spectacles!

Comme ce magnifique théâtre de Český Krumlov, en République Tchèque, que j'ai visité à l'été 2016, et qui est l'un des rares, en Europe, avec encore toute sa machinerie d'origine pour faire des effets spéciaux: des changements à vue, des envolées, des orages, etc.


Si les boîtes noires sont plus pratiques, plus efficaces, plus malléables, il n'en demeure pas moins que ces monuments à la gloire du Théâtre, surannés et vieillots, tout d'or et de rouge, font rêver...

dimanche 26 septembre 2010

Le Concertgebouw de Bruges

Dans la catégorie «Nous aurions dû avoir une nouvelle salle» dont je fus et suis toujours un ardent partisan, voici, après une salle en détritus présentée hier, un autre clin-d'oeil outre-atlantique qui mériterait une nouvelle catégorie «Eux ils l'ont l'affaire!»

Bruges, petite (et magnifique) ville belge de quelque 117 ooo habitants (enfin, probablement s'agit-il de la région...) - soit près de 30 000 habitants de moins qu'à Ville Saguenay - a choisi, juste avant d'obtenir le glorieux titre de - tenez vous bien! - Capitale culturelle de l'Europe, en 2002, de se construire une grandiose salle de concert en son centre, le Concertgebouw.

Le Concertgebouw de Bruges (photographie: moi-même!)

Pour voir d'autres photos plus parlantes, voir ce lien.

L'imposante salle de concert de Bruges (Concertgebouw) se dresse sur le Zand, la place centrale de la vieille ville, et écrase les édifices environnants. Malgré son volume et sa modernité angulaire, elle donne l'impression d'être là depuis des siècles. [...] Définie par sa géométrie simple mais puissante, la salle semble descendre depuis le haut de la place en une série de plans inclinés. Ces pentes - tout comme la teinte de terre-cuite qui recouvre sa surface - rappellent les toits de la ville. [...] Cette salle de concert évite le spectaculaire, mais possède une intensité et une précision qui marquent durablement le spectateur. (Les 1001 merveilles de l'architecture, éditions du Trécarré, 2009)

Une telle description donne à rêver à ce qu'il aurait pu être écrit sur une salle de spectacle toute de bois (c'est la mode!) sur la zone portuaire de Chicoutimi!

samedi 25 septembre 2010

Une nouvelle salle à moindre coût!

En lisant le Courrier International, j'ai peut-être trouvé une solution peu coûteuse pour construire une nouvelle salle de spectacle au Saguenay.

En page 56 du numéro 1037 de cette revue (fort intéressant, par ailleurs!) - soit celle du 16 au 22 septembre 2010 - il est question d'un théâtre éphémère, à Londres, conçu par un couple berlinois (Martin Kaltwasser et Folke Köbberling) et réalisé par une équipe de bénévoles à partir de matériaux recyclés... Le Théâtre Jellyfish (cliquer sur le lien pour plus d'informations)!


Le Jellyfish, qui a ouvert ses portes le 26 août dernier, a été construit avec des déchets de marchés, de parcs à bois et de chantiers de construction; avec du mobilier scolaire mis au rebut, des portes hors d'usage, des clous recyclés et tout ce que les habitants et commerces du quartier ont donné à la suite de l'appel lancé par la compagnie cinématographique et théâtrale Red Room. (The Guardian).

Et si les Saguenéens (les citoyens et non les joueurs de hockey!) faisaient preuve d'audace?

Avec toutes les églises désacralisées, les écoles de quartier qui se vident, les usines qui font faillite, le bois qui pourrit dans les cours des scieries, le papier journal qu'on ne peut plus vendre, le patrimoine encombrant qu'on cherche parfois à se débarrasser et l'amoncellement de Mr. Carton, à Laterrière, qui fait tant parler, ... avec tout ce que nous produisons comme rebut (et aussi,, bien sûr, avec le recyclage du matériel de l'Auditorium-Dufour!), quelle belle salle nous pourrions avoir!

À peu de frais.

Quelques heures de bénévolat par-ci... quelques heures de bénévolat par là... et une cathédrale spectaculaire pourrait sortir de terre (avec peut-être aussi un peu de difficulté à s'y ancrer!).

Bon... Ce pourrait être une salle un peu dysfonctionnelle sous nos latitudes... mais comme le dit le dicton, faute de pain, on mange de la galette!

lundi 7 juin 2010

Déception

Les dés sont jetés; la population (enfin, 28.7% de celle-ci) a parlé: ce sera la rénovation de l'Auditorium-Dufour qui sera priorisée (68%) au lieu d'une nouvelle salle (32%).

Qu'est-ce qui est le plus troublant? La rénovation? En soi, je suis pour... car je trouve personnellement infaisable de laisser aller une telle infrastructure à l'abandon... Non. Ce qui me trouble, c'est le manque de vision qu'un tel choix implique. Le manque de vision, la démagogie et le populisme de la campagne municipale, la malhonnêteté intellectuelle qui a sévit, les menaces à peine voilées qui ont fusé. Ce qui me trouble, c'est la réponse des contribuables, des citoyens d'abord, la majorité silencieuse. Ce qui me trouble, c'est le manque de soutien populaire envers la culture et la fâcheuse tendance à y voir là qu'enfantillages, dépenses, charité.

Une rénovation donc. Tant pis. Qu'on la fasse au plus sacrant et la nouvelle salle se fera bien un jour ou l'autre. Plutôt l'autre... Pendant ce temps, voyons se lever de terre les arénas et les quais de bateaux de croisières. Vraiment, belle ville. Belle capitale culturelle.




dimanche 6 juin 2010

Consultation populaire d'heure en heure

Sisyphe, par Franz von Stuck (1920)
Peut-être ce mythe de l'éternel recommencement est-il la meilleure image existante
pour illustrer ce débat sans fin qu'est la salle de spectacle...


10h: Les bureaux de vote ouvrent un peu partout sur le territoire de Saguenay.

12h45: Je sors du bureau de vote avec le sentiment du devoir accompli. Oui à une nouvelle salle. Ce qui me surprend le plus, à cette heure (et après avoir accompagné un voteur à Laterrière) , c'est l'affluence dans les bureaux de vote. Il semble y avoir beaucoup beaucoup de gens qui se prévalent de leur droit d'opinion. Quels résultats cela donnera-t-il? Nul ne le sait. Les paris sont ouverts. Mais comme le dit Daniel Côté dans son éditorial culturel, il ne s'agit que du début du commencement parce que peu importe le résultat, il y aura toujours le test de la signature des registres lors du règlement d'emprunt de la Ville...

19h18: J'ai eu beau cherché, consulté le web, je n'ai pas encore pu trouver le taux de participation à la consultation populaire... et il ne reste plus, maintenant, que 40 minutes de vote possible... Alea jacta est...

19h47: Je viens d'apprendre que les partisans d'une nouvelle salle se rencontrent à compter de 20h - soit dans 13 minutes! - à l'Hôtel Chicoutimi pour suivre le dépouillement du vote. Prédictions??? Moi je dis «nouvelle salle» à un faible pourcentage...

20h: Les bureaux de vote doivent fermer en ce moment même. En tout cas, qu'au moins un choix se fasse... et non pas qu'il s'impose.

20h40: (soupir) Espoir ou résignation?

20h59: Les résultats devraient commencer à sortir sous peu... Les tableaux sont prêts sur le site... 114 279 personnes inscrites... dans 148 bureaux de votes.

21h08: Le site de la Ville (suivre ce lien) semble surchauffer!

21h19: Plus rien... tout est planté... L'attente sera longue!

21h30: Toujours rien... Problablement sait-on déjà, dans les lieux du décompte, quelle tangente prendra le résultat final... Malheureusement, la technique informatique laisse encore à désirer...

21h44: Les démarches ne servent à rien... encore aucun résultat de connu.

22h: Encore en attente... Combien de temps devrons-nous encore patienter?

22h15: Des résultats... 25 boîtes sur 148 et environ 60% pour la rénovation de l'Auditorium... environ 3000 votes contre 1000.

22h31: Après 34 boîtes ouvertes, 74% des votes sont en faveur de la rénovation...

22h32: Après 37 boîtes, 74,8% pour l'AD... avec un taux de participation actuel de 5,4 %.

22h40: Après 56 boîtes, 73,2% pour la rénovation... avec un taux de participation de 9,9%.

22h46: Après 65 boîtes, 71,5% pour la rénovation...

22h55: Après presque la moitié des boîtes ouvertes (71), c'est encore 71,5% pour la rénovation, soit une majorité de 6015 votes (avec un taux de participation de 12,3%). Pour ma part, je vais me coucher. Le reste viendra bien assez tôt.

vendredi 4 juin 2010

Appui au projet de construction d’une nouvelle salle de spectacles à Saguenay

Voici un communiqué qui a été envoyé (à mon insu) hier, par les Têtes Heureuses, aux journalistes culturels du Saguenay. Bien sûr, j'appuie cette initiative.

La compagnie de théâtre Les Tête Heureuses, le Théâtre Cent Masques, le Théâtre du Faux Coffre et la Tortue Noire tiennent à faire connaître leur appui très ferme au projet de construction d’une nouvelle salle de spectacles à Chicoutimi.

Ce projet leur semble d’évidence constituer le meilleur outil de développement non seulement culturel, mais aussi économique et social, pour un ensemble urbain de l’importance de Ville de Saguenay.

C’est aussi, selon les directions et les conseils d’administration de ces compagnies professionnelles, le seul en mesure de fournir un cadre vraiment adapté aux exigences actuelles de la production et de la diffusion de spectacles de toutes natures et de dimensions variées.

Seule une culture forte, vivante, profondément enracinée dans son milieu, peut garantir l’avenir d’une ville. Une nouvelle salle autonome, forcément conçue pour quelques décennies, en est une condition nécessaire.

dimanche 30 mai 2010

Publicité radio

Voici le publicité radiophonique du Mouvement pour une nouvelle salle de spectacle à Saguenay. Vraiment bien, je trouve. Simple. Positive. Enthousiaste. J'espère qu'elle marchera bien et que beaucoup de monde l'entendront.