mercredi 31 décembre 2008

De retour le 10 janvier!


À tous, je souhaite une très bonne et merveilleuse année 2009 emplie de théâtre, de projets et de subventions!!! Bon, la paix sur la terre serait tout aussi justifiée... mais ça sort du cadre de mon blogue...

Pour ma part, je pars vers Chicago pour quelques jours... avec, au retour, une multitude de visites à raconter!

BONNE ANNÉE 2009!!!

De retour le 10 janvier (du moins, je l'espère bien!)...

lundi 29 décembre 2008

Tremblements de terre théâtral...

Deux nouvelles d'importance sont venues ébranler le monde théâtral mondial en cette fin d'année 2008.

Caricature de Peter Brook trouvée sur ce site.

Il y a, tout d'abord, l'annonce par Peter Brook de son départ prochain de la direction des Bouffes-du-Nord à Paris, véritable institution théâtrale contemporaine. (Vous pouvez lire cet article pour plus de détails.) Importance parce que pour qui souhaite faire des études théâtrales, il y a comme un passage obligé par ce praticien-théoricien qui laissera sa marque avec des titres d'essais comme L'espace vide ou Points de suspension...

Harold Pinter dans La dernière bande de Beckett en 2006
(pièce qui a d'ailleurs été présentée ici, à Jonquière, par la Rubrique,
avec Gabriel Gascon dans le rôle titre)


Par ailleurs, tout récemment, est décédé Harold Pinter, l'un des grands dramaturges (et acteur...anglais) de son époque, récipiendaire du prix Nobel de littérature en 2005. (Voici un article concernant cette nouvelle.) Il y a quelques années, en 2001 ou en 2002, dans le cadre des Séries Cartes Blanches des Têtes Heureuses, Sophie Larouche avait mis en scène L'Amant de cet auteur, avec Éric Laprise et Sonia Desmeules (et moi, qui jouait un laitier!). Dans quelques semaines, Pinter sera, en quelques sortes, de retour sur la scène régionale avec la présention de Le Retour, une production du TNM, dans une mise en scène de Yves Desgagné.

Souhaits pour 2009


La période des Fêtes bat son plein... alors je profite de cette accalmie pour replonger un instant dans ce blogue pour offrir mes souhaits pour l'année qui vient!

Pour le Théâtre 100 Masques: la consolidation et le développement!
Pour les Têtes Heureuses: idem, si on l'on peut dire!
Pour la Rubrique: du succès avec leur nouvelle production et en tournée!
Pour les Amis de Chiffon: idem, si l'on peut dire aussi!
Pour le Faux Coffre: la poursuite de leur folie!
Pour le C.R.I.: un développement à la mesure de son potentiel!
Pour le Mic-Mac: du plaisir avec leur production annuelle!
Pour les étudiants du B.I.A.: de l'intérêt et de la curiosité!
Pour Jean-Paul Quéinnec: de l'entrain et de l'enthousiasme!
Pour Alexandre Nadeau: tout plein de projets, même si...!
Pour Jérémie Desbiens et Alexandre Larouche: de bonnes auditions!
Pour tous les autres artisans: du succès et des projets!
Pour le Théâtre du Saguenay: un auditorium... zzz zzz zzz!
Pour les journalistes culturels: de l'espace!
Pour le Voir SLSJ: idem!
Pour le milieu culturel en général: du courage et de la détermination!
Et de l'argent!!!!!!!!!!!!!!!

Peut-être les nuages s'accumulent-ils à l'horizon, mais bon...



Bonne année 2009!

lundi 22 décembre 2008

Théâtre vs cinéma... dixit Guitry


Le théâtre, c'est du présent.

Le cinéma, c'est du passé.

Au théâtre, les acteurs jouent.

Au cinéma, ils ont joué.

Au théâtre, vient le public.

Au cinéma, entre la foule.

Au théâtre, c'est le dessin.

Le cinéma n'en est encore qu'à la lithographie.

Le théâtre, c'est positif.

La pellicule est négative!.


Sacha Guitry, Le cinéma et moi

dimanche 21 décembre 2008

De vous à moi


Pauline Carton, Les théâtres de Carton, Éditions J'ai Lu, Paris, 1965:


En vérité, je vous le dis, vous les clients et nous les vendus, nous nous aimons bien.

Nous nous aimons de la façon la plus propice à la bonne entente: nous nous aimons par-dessus un mur. vous aviez envie de nous voir, puisque vous avez payé pour ça, - nous sommes heureux de vous sentir là, car vous flatter notre amour propre.

[...] Vos marques d'approbation nous touchent, et vos blâmes nous gèlent.

Si une représentation se passe sans qu'aucun des deux camps fasse autre chose que ce qui est prévu dans le marché (jouer l'oeuvre et assister à son exécution) c'est une très mauvaise représentation, et toute l'assemblée se retire consternée.

Mais si, vous et nous, nous commençons à nous faire des signes, à nous exprimer par des rumeurs, des sourires, du bruit, de l'abandon, des claquements de mains et des petits bonjours que nous sommes contents les uns des autres: la vie est belle et l'auteur est sauvé.

[...] Mais si, tout chauds d'avoir été liés et plus heureux durant trois heures, nous avons l'imprudence, vous ou moi, de chercher à nous regarder de plus près, une affreuse et double déception nous punit.

Vous franchissez la petite porte des coulisses, et nous vous décevons parce que notre maquillage est laid, parce que nous suons, parce que nos loges, sauf pour quelques altesses, sont des cabines de bains et des lavabos, parce que les comiques ne passent pas toute leur vie civile à éclater de rire, ni les ténors leur répit à attendre l'âme soeur.

La fatigue d'avoir été reluisants nous rejette dans la coulisse en proie au repos animal. [...] Notre sans-gêne, entre nous, vous choque. vous admettez que des laïques se contemplent mutuellement en paletot, dans une rue, et en caleçon court sur une plage, - mais, juste à l'heure où vous êtes en grande toilette, notre débraillé vous étonne.

[...] Nous vous décevons parce que ce sont les pages de l'auteur que vous venez d'entendre, et que vous découvrez, à notre langage, que nous n'aurions probablement pas été capables de les écrire.

[...] Vous nous décevez parce que vous entrez dans nos cases comme dans des moulins. Vous nous parlez avec l'intimité qu'on a pour ceux dont on connaît bien les visages alors que nous sommes entrain de faire connaissance du vôtre. [...]

Vous nous décevez parce que, bien que sachant que nous ne pouvons guère dormir avant deux heures du matin, vous nous traitez de paresseux si nous ne nous levons pas à l'aube.

Vous nous décevez parce que nous voudrions naïvement qu'après l'audition d'une pièce, vous soyiez, par prodige céleste, au fait et au courant de tout ce qui nous y a été pénible ou précieux depuis le jour de la première lecture; que vous deviniez le mouvement tournant dont nous désirions enjoliver notre sortie en tapinois, et ne trouviez pas aucun talent au camarade qui nous est antipathique.

[...] Quand vous ne voulez plus de nous, il y a un retraité de plus et un cabot de moins.

[...] Tant qu'il y aura une bicoque théâtrale où je serai figurante, souffleuse ou régisseure en second, je ne serai pas entièrement malheureuse.

Et tant qu'un de Vous fera: "Ah! Ah!" d'une petite voix obligeante, après que j'aurai dit: "Madame est servie", je serai plus comblée qu'un chien gavé de sucre qui se chauffe au soleil.

Bilan 2008


Alors, que retenir (subjectivement!) de cette 2008ième année théâtrale:

- toujours autant de productions régionales (voir le billet précédent) sans pour autant voir une augmentation des publics... quoique l'été humide qu'on a connu a permis une légère hausse circonstancielle (voir ce billet);

- l'arrivée de La Pulperie (et de Ville de Saguenay) dans le marché des théâtres d'été dans la région;

- une coupure drastique (quelque 25%) du CALQ dans le budget au fonctionnement des Têtes Heureuses;

- un renouveau pour mon blogue (qui me procure par ailleurs soucis et satisfactions!) après la perte (ou plutôt la suppression naïve) de mon premier;

- une nouvelle création pleines de nouveautés pour le Théâtre du Faux Coffre avec l'adjonction d'un metteur en scène et d'un comédien extérieur aux Clowns noirs;

- une nette amélioration pour le Théâtre 100 Masques qui réussi tant bien que mal à se relever de sa perpétuelle crise financière et identitaire avec ses productions, ses ateliers et ses camps de théâtre thématiques;

- la crise (pour parler dans un langage médiatique) des coupures fédérales dans la culture avec les nombreux dérapages anti-artistes;

- la tenue de la 10ième édition du Festival International des Arts de la Marionnette;

- de nouvelles figures qui s'inscrivent peu à peu (et de plus en plus) dans la pratique saguenéenne: Émilie Gilbert-Gagnon, Jérémie Desbiens, Alexandre Larouche, Marilyne Renaud, Sébastien Bouchard;

- l'implantation (encore bien universitaire) du professeur titulaire en théâtre;

- l'année d'anniversaires diverses: les 35 ans des Amis de Chiffons, 30 ans de La Rubrique, les 10 ans du Théâtre 100 Masques.

Que peut-on y ajouter d'autre? C'est à vous de me le dire!

Anecdote où l'on prouve que les "a parte" sont vraisemblables.

Jean de La Fontaine

La Fontaine, Boileau et Molière discutaient sur les a parte*, dans les pièces de théâtre, que le fabuliste déclairaient invraisemblables; pendant sa péroraison, Boileau, qui était à côté de lui, disait tout haut:

- Le butor de La Fontaine! l'extravagant, l'entêté que ce La Fontaine!

Et La Fontaine poursuivait sans l'entendre; mais voyant tout le monde rire, il s'informa du motif de cette hilarité.

- Vous déclamez, lui dit Boileau, contre les a parte, et voilà une heure que je vous débite aux oreilles une kyrielle d'injures sans que vous y ayez fait attention!

(Anecdotes de théâtre, 1875)

_________________________

* A PARTE ou APARTÉ: Mise en mots d'une pensée qui traverse l'esprit d'un personnage en présence d'un autre personnage qui ne l'entend pas, son étymologie a parte n'impliquant pas un éloignement physique; en fait, véritable adresse au public, qu'il faut informer d'un sentiment, d'une situation, d'un ridicule. Largement utilisé par les classiques qui l'ont cependant condamné pour manque de vraisemblance. Au contraire cette formule est d'usage fréquent sur la scène anglaise du XVIIième siècle. La salle, de petites dimensions, l'avant-scène, très détachée devant une arcade et proche des spectateurs, favorisent la connivence scène-salle, la confidence, le double sens audacieux que Wycherley et Congreve utilisèrent avec art. (Dictionnaire encyclopédique du théâtre)

samedi 20 décembre 2008

Honi soit qui mal y pense

Jeudi dernier, sous les armoiries britanniques (et sa devise) du salon rouge de l'Assemblée Nationale (histoire oblige...), j'ai assisté, en direct du parquet, à l'Assermentation des députés du Parti Québécois.

Une magnifique (mais longue!) théâtralisation de la politique; une cérémonie riche en symbolique: serments, signatures, remises de la médaille de la 39ième législature, discours.

51 députés de partout au Québec devenant, l'espace de quelques secondes, acteurs et actrices, le temps de prêter vraie allégeance et à la Reine (histoire oblige) et au peuple du Québec. Parmi ceux-ci, 3 personnes issues de la colonie artistique: Pierre Curzi, Maka Kotto et Agnès Maltais qui savent manifestement manier le verbe pour jouer avec l'émotion. Défi inqualifiable pour ces quelques mots désuets sortis tout droit d'un autre âge (et d'un autre pays):

Je (nom du député) déclare solennellement que je serai fidèle et porterai vraie allégeance à sa majesté la reine Élizabeth II. (Et cette partie ajoutée en 1982:) Je (nom du député) déclare sous serment que je serai loyal (e) envers le peuple du Québec et que j'exercerai mes fonctions de député avec honnêteté et justice, dans le respect de la Constitution du Québec.

Productions 2008

2008 achève... mais avant de passer à une nouvelle année, il faut pouvoir faire le bilan de ce qui s'est fait sur nos scènes saguenéennes. Voici donc une liste (que j'aimerais exhaustive!) à peu près chronologique de toutes les productions régionales... les productions professionnelles et celles académiques et/ou de loisir (en voie de professionalisation). S'il m'en manque, n'hésitez pas à la compléter.

Le déluge après (Théâtre La Rubrique)
Délire (UQAC - projet de fin de bacc.)
Papa est-ce que je peux venir mourir à la maison (UQAC - projet de fin de bacc.)
Heureuse Jeunesse (UQAC - projet de fin de bacc.)
À trop chercher parfois on trouve (UQAC - projet de fin de bacc.)
Trois femmes descendent vers la mer (UQAC - projet de fin de bacc.)
La trilogie des Clowns Noirs (en reprise, Théâtre du Faux Coffre)
Les immondes (Vicky Côté)
Le rire de la mer (Théâtre Mic Mac)
Corps dedans, monde autour (UQAC - spectacle étudiant)
L'Auberge du cheval blanc (Société d'Arts Lyriques du Royaume)
Nono (Théâtre 100 Masques)
L'espace entre nous (Théâtre La Rubrique)
Barabbas dans la Passion (Théâtre du Faux Coffre)
Les rois pêcheurs (La Pulperie)
Sarcabaret (Théâtre de la Sarbacane)
Kiwi (Collectif de la Chasse Pinte)
I Testimoni (Collectif de la Chasse Pinte)
Le grand oeuvre (La Tortue Noire)
La Cerisaie
(Les Têtes Heureuses)
Parents et amis sont invités à y assister (Théâtre C.R.I.)
Pas moi (Collectif Textentrique)
De l'amour et des griffes (Théâtre Mine de Rien)
Beauté mécanique (UQAC - projet fin de maîtrise)
La Noël de Gruntilda II - La Nativité (Théâtre 100 Masques)

Et, pour terminer, il faut souligner les nombreuses sorties de deux autres productions régionales:
Vie et mort du petit chaperon rouge en 8 minutes ralenties (La Tortue Noire)
Une histoire dont le héros est un chameau... (Les Amis de Chiffon)

Si l'on se fie à la liste de l'an dernier, la cadence se maintient... et devrait être de bon augure pour l'an qui vient!

mercredi 17 décembre 2008

L'essence du théâtre

Romeo Castelluci (photographie: Christophe Raynau de Lage)

Petite citation de Romeo Castelluci tirée de l'essai Les Pélerins de la matière (recueil des écrits récents de cet homme de théâtre), p. 32:

L'orientation iconoclaste du théâtre est un mouvement vers l'essence, pas vers l'essentiel. L'essence, c'est le bios, la pleine propulsion biologique de l'oeuvre, son ardeur fomentante et sa capacité séductrice. Ce qui n'est pas vital pour le corps de ton théâtre doit être impitoyablement écarté, et ce n'est pas pour autant une chose superflue: ce peut être, c'est toujours, une chose essentielle. [...] Par essence, on ne veut pas parler ici de synthèse, mais d'un résultat de l'intimité: non pas de la situation de notre place dans le monde, mais du monde en nous, vivant parmi les vivants.

Ce praticien, considéré comme un chef de file de l'avant-garde théâtrale contemporaine, fonde son travail sur cette recherche de l'essentiel... du moins, l'écrit-il. Avec un chapitre sur le rejet de la technique... bien que, d'autres parts, il semble l'utiliser abondamment.

Les ateliers du TCM

Sandrine et Béatrice

En avant: Dahlia, Jean-Christophe, Alexandra
En arrière: Chloé, Méganne, Maïssanne, Frédérique, Maxime, Sandrine, Béatrice

Cette semaine, au Théâtre 100 Masques, ce fut la présentation publique du résultat des ateliers réguliers pour le groupe Éveil (8-10 ans). Deux petits spectacles donc, issus chacun d'un texte des Fridolinades de Gratien Gélinas. , Le premier, lundi, avait pour cadre Les bingomanes et le second, hier (avec les photos), Le Magasin général.

La session fut chargée pour eux et si, d'une part, un groupe devait suivre à la lettre un texte et une mise en scène, l'autre devait partir du texte pour recréer une histoire.

Les objectifs: développer l'imagination, comprendre les rudiments de base du théâtre (concentration, précision, écoute, rigueur), travailler en équipe dans le respect et le plaisir.

mardi 16 décembre 2008

Sujets de doctorat...



Bon, la troisième fois sera la bonne. J'imagine.

Après avoir été admis déjà deux fois au doctorat en Littérature et arts de la scène et de l'écran à l'Université Laval (en 2006 et en 2007)... et après avoir choisi - consciemment et par obligation - de reporter, à chaque fois le projet, je tenterai ma chance à nouveau en 2009 avec, peut-être, encore plus de conviction.

C'est le temps: l'envie et le désir sont là; le besoin de recherches, de théories de stimulations intellectuelles me presse; mon contexte d'emploi me le permet...

Le sujet originel de ce projet, l'intention de recherche que j'ai déposée les deux fois porte sur la définition d'un néo-maniérisme meyerholdien dans la mise en scène de l'écriture dramatique contemporaine. Malgré ses tournures arides et rébarbatives pour les non-initiés, ce sujet est la suite directe de mon propre travail, et plus précisément de l'amorce que représente mes études de maîtrise.

Depuis quelques temps pourtant, un nouveau sujet m'intéresse. Celui-ci n'est pas encore articulé de façon claire et précise. Il s'agirait d'une étude exhaustive sur le milieu théâtral professionnel saguenéen (sa provenance, sa mouvance, son profil, ses liens et ses spécificités par rapport aux grands centres québécois) construite principalement autour de trois axes: l'historique depuis la colonisation, la professionnalisation à partir des fondations simultanées (ou presque) de La Rubrique et du module des arts d'interprétation à l'UQAC, l'inscription de l'université dans la caractérisation du milieu.

Je fais le ménage dans mes idées et je redépose en mars.

dimanche 14 décembre 2008

La semaine théâtrale... 19

Une seule activité à l'horizon hebdomadaire:

Samedi le 20 décembre 2008, 13h30
Le Théâtre La Rubrique présente à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, Alice au pays des merveilles, une co-production du Théâtre Tout à Trac et des Naufragés du A... (spectacle qui fut également présenté dans le cadre de ManiGanses, au Petit théâtre de l'UQAC) Pour plus de détail, visitez le site de la Rubrique...

Alors, pour compléter ce (très!) petit tableau des nouvelles théâtrales, en voici une cocasse, parfaitement outremer, qui est parue dans le Quotidien du 13 décembre dernier dans la section Insolite:


Daniel Hoevels, Schauspieler, Hamburg, 2008

VIENNE (AP) - La scène du suicide lors d'une représentation de Marie Stuart au Burhtheater de Vienne a dû paraître très réaliste aux spectateurs. Et pour cause, l'acteur Daniel Hoevels s'est poignardé avec un couteau qui n'avait rien de factice, se blessant légèrement.

L'acteur de la compagnie allemande Thalia de Hambourg aurait dû utiliser une lame émoussée. Mais samedi soir le couteau de scène avait été remplacé par une vraie lame.

Hoevels a été soigné et a pu rejouer la même scène de la pièce de Friedrich Schiller le lendemain, mais cette fois avec une arme blanche factice. Le Burgtheater a précisé que le couteau de théâtre original avait été endommagé et que les instructions pour émousser la lame avaient été négligemment ignorées. La police viennoise a ouvert une enquête.

vendredi 12 décembre 2008

L'ORDRE DU MONDE [carnets]




Photo: Photo Gratien Tremblay (Le Réveil)
Le président Jean Laflamme accompagne les boursiers Ian Gailer, Dario Larouche,
Sonia Boudreault, ainsi que le conseiller arts, culture, communautaire de Saguenay,
Luc-Michel Belley.


Ma saison hivernale sera consacrée à la préparation d'une résidence théâtrale, mise sur pied par le Théâtre 100 Masques - subventionnée par la Fondation TIMI - qui se tiendra en mars et qui aura (sous ma direction), comme objectif principal, de mettre à l'essai, avec une équipe interdisciplinaire, mon dernier texte, L'ORDRE DU MONDE éclats scéniques [fluctuations dramatiques sur fond existentialiste amplifié].

La création n'est pas la réponse à une demande de salut, mais, au contraire, elle est une autre question posée par rapport à une réponse de salut que nous venons de recevoir ou de donner et qui, forcément, à long terme, n'est pas satisfaisante. (Claudia Castelluci, Les Pèlerins de la matière)... Dans ce cas-ci, c'est une élaboration du vide, de la vacuité de l'existence. C'est une ronde de mots mettant en relief la redondance syntaxique, un no man's land où tout est questionné, remis en question et rejeté...

Le travail se fera sous forme de laboratoire intensif d'une durée d'une seule et unique semaine. Les quatre premiers jours seront dédiés au débroussaillage et à l'analyse dramaturgique; à une première mise en forme en équipe interdisciplinaire (à partir d'échanges, de discussions, de recherches, etc.)

À compter de la quatrième journée (et les journées subséquentes), il y aura représentation publique. Après chacune de ces représentations, il y aura une discussion/table ronde avec les spectateurs pour orienter le travail de la journée suivante dans le but (audacieux!) d'arriver, au bout de la semaine, avec une véritable amorce de l'élaboration d'un langage scénique spécifique.

Invitation de Guylaine Rivard


C'est décidément de ce genre d'initiative que peut naître un véritable dynamisme dans le milieu théâtral saguenéen:

Bonjour cher comédiens et interprètes,

Je vous informe qu’à partir de Janvier 09, le Théâtre CRI fondera son propre chœur* parlant inspiré du choeur grec que nous avons baptisé Le CRI du Chœur. Des rencontres qui devraient avoir lieu au Centre des arts de Chicoutimi, en raison d’une période de 3 à 4 hrs par mois.

Les objectifs visés sont : la rencontre entre praticiens (en dehors de la production), le travail d’équipe, l’interprétation parlé, la choralité gestuelle et narrative, l’approfondissement et la découverte de texte dramatiques, poétiques, lyriques, etc.).

Pour les premières rencontres les membres du CRI se chargeront de fournir les textes qui seront travaillés. À moins que vous ayez vous-même des textes à nous proposer.

Nous serions heureux de vous compter parmi les membres de notre chœur. Afin de rassembler un maximum de participants, nous aimerions connaître le ou les moment(s) qui conviendraient le mieux. Nous pourrons ensuite vous soumettre la période retenu dans le mois (ex : tous les 2ième mercredi de chaque mois de 18h30 à 21h30).

Je profite de l’occasion pour vous souhaiter un hosto de beau temps des fêtes!

Merci

Guylaine Rivard
Directrice artistique Théâtre CRI
theatrecri@hotmail.com



*Chœur : (du grec khoros et du latin chorus, troupe de danseurs et de chanteurs, fête religieuses). Terme commun à la musique et au théâtre. Depuis le théâtre grec, le choeur est un groupe homogène de danseurs, chanteurs et récitants prenant collectivement la parole pour commenter l’action à laquelle ils sont diversement intégrés. Le chœur dans sa forme la plus générale, est composé de forces (actants) non individualisées et souvent abstraites, représentant des intérêts moraux ou politiques supérieurs : les chœurs expriment des idées et des sentiments généraux, tantôt avec une substantialité épique, tantôt avec un élan lyrique. (Pavis, Patrice, Dictionnare du théâtre, p. 44)

mercredi 10 décembre 2008

L'ai-je bien descendu?

Voici la grande Cécile Sorel, soixantenaire, de retour dans une revue au Casino de Paris (en 1933) après 30 ans de Comédie-Française, dans une prestation (après les grands rôles classiques!) reconnue comme étant une apothéose du narcissisme:

mardi 9 décembre 2008

De l'autre côté du grotesque et de l'émerveillement...


La Mariée Cadavérique, de Tim Burton
(qui est, en fait, L'étrange Noël de Mr. Jack!)
dont le néo-gothisme se rapproche beaucoup de cette notion

Je me suis toujours targué de privilégier, dans mon travail, le grotesque - cette présence forcée et stimulante des contraires, cette distorsion, cette tension provoquée par leurs côtoiement qui offrent une vision dégradée de l'être humain (Dictionnaire des Trésors de la langue française) - pour provoquer le spectateur....

De son côté, Émilie Gilbert-Gagnon s'inscrit, avec sa dernière production, Beauté Mécanique, dans une recherche assez semblable (du moins circonstancielle) axée, selon ses dires, sur l'émerveillement...

Voici alors, qu'au hasard d'une lecture innocente, je tombe sur une autre notion, parallèle et/ou complémentaire, détaillée avec brio par Anne Ubersfeld (la même du questionnaire d'un des billets précédents) dans son recueil Les termes clés de l'analyse du théâtre, le sublime:

Catégorie esthétique, désignant un sentiment dont la caractéristique est de faire sortir celui qui l'éprouve des limites habituelles de la perception du beau, pour le conduire vers la grandeur et/ou l'horreur. C'est un concept esthétique dont le théâtre fait un plus grand usage qu'on ne l'imagine. Au grammairien Longin (213-273) est attribué à tort un Traité du sublime dont paradoxalement, Boileau s'inspire. Pour Hugo (dans la Préface de Cromwell), le sublime est l'Autre du grotesque, qui a en commun avec lui le fait d'être une figure du trop, de ce qui est au-delà des barrières du raisonnable et du convenable.
Lié, comme le montre Kant, à la faculté de juger, le sublime est ce mouvement du moi percevant qui, devant ce qui excède la satisfaction de son ego, ou ce qui le viole carrément, s'élève au-dessus des contraintes pour retrouver une satisfaction et un sérennité inexplicables selon les ressorts naturels. Ainsi, c'est le dépassement des sentiments "naturels" du moi qui définit le sublime cornélien et procureune jouissance particulière.

dimanche 7 décembre 2008

Quelques images...

Voici quelques images de mes deux derniers spectacles...


De l'amour et des griffes (Théâtre Mine de Rien), 28 novembre 2008
En avant: Marilyn C.-Tremblay (Mme de Crampon), Marylou Simard (Félicie)
Derrière: Mélissa Valiquette (Mme Tartempion), Nicolas Ilaréguy (Mr DesRillettes),
Martine Chapados (Mme Boulingrin)







La Noël de Gruntilda II - La Nativité (Théâtre 100 Masques), 5 décembre 2008
Alexandre Larouche (Gruntilda), Isabelle Boivin (Bubie),
Marilyne Renaud (Mme Weiss), Marc-André Perrier (Pépa de la Noël)

Les questionnaires Helbo et Ubersfeld

Voilà. Il y a quelques jours, j'ai présenté dans cet espace une grille d'analyse de spectacle, le questionnaire Pavis. Un questionnaire exhaustif, complexe et précis... un peu long pour qui veut l'utiliser à des fins (disons!) professionnelles...

Il existe, à ma connaissance (et eux aussi se trouvant dans l'essai L'analyse de spectacle de Pavis, éd. Nathan, 1996), deux autres types de questionnaires, plus brefs (et par conséquent, moins étoffés et plus flous), les questionnaires (André) Helbo et (Anne) Ubersfeld.


LE QUESTIONNAIRE HELBO

1. L'espace scénique
Sa nature et la forme du théâtre? Sa nature (mimétique-ludique)? Coordonnées de l'espace (ouvert-fermé, hauteur-profondeur, vaste-réduit, vide-occupé)? Rapports du scénique et de l'extra-scène? Quelle
esthétique (couleurs, formes, style, référence culturelle)?

2. Les objets
Origine? Matière? Nombre? Polyvalence? Utilité? Fonctionnement rhétorique-symbolique?

3. Les comédiens
Nombre de comédiens? Rapport personnage-acteur, type-individuation? Apparence, âge, sexe, gestuelle, voix-diction, costume? Socialité du comédien: histoire, rôles déjà joués, appartenance à une troupe?

4. Le drame
Quel genre? Quelle fable? Le mode d'échange? La part d'improvisation et l'aléatoire?

5. Le travail du metteur en scène
Comment met-il la fiction en valeur (fictionnalisation)? Quel type de référent choisit-il (historique, contemporain, fantastique...)? Comment fait-il le découpage en unités? Privilégie-t-il le continu ou le discontinu? Y a-t-il prédominance du visuel ou del'écoute (parole, musique)?


Le questionnaire Ubersfeld laisse, pour sa part, de côté l'objet théâtral pour se concentrer plutôt sur sa réception:

LE QUESTIONNAIRE UBERSFELD

1. Les supports matériels
a. Comment le spectacle (ne) se fait-il (pas) connaître? Marques d'identification, abonnements, accueil par la presse, programmes et affiches.
b. Comment le spectacle se situe dans l'esapce (urbain). Quartier, public visé, désir assumé, architecture, rapport au quotidien.
c. Comment le spectacle se situe-t-il par rapport à l'historicité? Exploitation/refus/dévoilement d'une tradition, d'un dispositif, d'un ordre.

2. L'entrée
a. Comment avez-vous choisi la pièce?
b. Où/comment avez-vous trouvé les billets? Ont-ils fait un trou dans votre budget?

3. La communication
a. Fonction sociale du spectacle: construction de la convention, de l'illusion (rôle du foyer, de l'entracte, de l'après-spectacle, des répétitions).
b. Rôle de contrat spectaculaire: y a-t-il privilège d'une dimension du spectacle: partage d'un savoir, présence/corps de l'acteur/de la troupe, émotion/stimulation, non-communication, non-cognitif.

4. La réception
a. Comment avez-vous perçu/compris/interprété le projet spectaculaire?
b. Le public a-t-il été interpellé globalement?


Bons spectacles!

La semaine théâtrale... 18

La période des Fêtes approche à grands pas... et d'ici là, le milieu théâtral saguenéen achève le tour de sa saison automnale.

Dimanche, 7 décembre 2008
Le Théâtre du Saguenay présente, à 14 h (dans cet Auditorium-Dufour qui attend désespérément ses rénovations qui tardent et qui coûtent pourtant de plus en plus chères!), Zorro, une production du Théâtre La Roulotte! Avant Spiderman, Batman, et Superman, il y a eu Zorro… Inspirée du roman de Johnston McCulley, cette pièce transportera petits et grands au début du XIXe siècle en Californie. Ils feront la connaissance de Don Diego de la Vega, qui, pour combattre l’injustice, devient Zorro, le célèbre héros maniant l’épée à la perfection. Avec ruse et courage, Zorro défendra son peuple et libérera la Californie du méchant gouverneur El Capitan Monasterio. Et il tentera aussi de conquérir le coeur de la belle Isabella!

Par ailleurs, c'est la dernière semaine (en fait, officiellement, ce mardi!) de cours pour le BIA...

C'est tout!

vendredi 5 décembre 2008

Retrouvailles momentanée

Ce billet pourrait être celui de demain (puisque je ne pourrai pas le faire...).

En ce premier samedi de décembre, je suis invité à aller donner un atelier de théâtre aux gens du Mic Mac... ces gens que je côtoie depuis 2004. C'est, en quelques sortes, un passage rapide dans un presque chez moi. Une pause saguenéenne. Un moment de félicité, de retrouvailles autour du théâtre que je prend avec hâte et enthousiasme... d'autant plus que cette année, je passerai mon hiver sans eux (merde à mon successeur!)...

Un atelier donc: six heures portant sur le jeu de l'acteur... plus précisément sur le principe de proposition du comédien, de l'imagination-créatrice de l'interprète. Il faut pour cela développer - ou plutôt, prendre conscience de! - cinq points précis: la coopération (l'esprit d'équipe), l'écoute, la précision, la spontanéité et l'imagination. Chacun de ceux-ci est relié à un ou deux exercices qui mèneront à la principale activité: travailler sur des textes blancs (ces textes qui n'ont aucune indication scénique).

Et du plaisir en perspective...

Pour une analyse exhaustive...

Acquis du défunt cours (pourtant l'un des plus intéressants!) du BIA, Analyse de spectacles, voici un outil d'analyse fort utile (et dont j'ai déjà parlé...) pour tout amateur de théâtre (et même pour le critique!) qui aime faire un retour sur une représentation pour la comprendre et l'apprécier. Il s'agit d'un questionnaire élaboré par Patrice Pavis, éminent sémiologue du théâtre, au cours des années 80... questionnaire qui se retrouve dans l'ouvrage (qu'à mon avis tous devraient avoir!) illusté plus bas, aux pages 37 et 38:

QUESTIONNAIRE PAVIS


1. Caractéristiques générales de la mise en scène
a. Ce qui tient les éléments du spectacle (rapports des systèmes scéniques).
b. Cohérence ou incohérence de la mise en scène: sur quoi se fonde-t-elle?
c. Place de la mise en scène dans le contexte culturel et esthétique.
d. Qu'est-ce qui vous dérange dans cette mise en scène: quels moments forts, faibles ou ennuyeux? Comment se situe-t-elle dans la production actuelle?

2. Scénographie
a. Formes de l'espace urbain, architectural, scénique, gestuel, etc.
b. Rapport entre espace du public et espace de jeu.
c. Principes de la structuration de l'espace:
1. Fonction dramaturgique de l'espace scénique et de son occupation.
2. Rapport du scénique et de l'extrascénique.
3. Lien entre l'espace utilisé et la fiction du texte dramatique mise en scène.
4. Rapport du montré et du caché.
5. Comment évolue la scénographie? À quoi correspondent ses transformations?
d. Systèmes des couleurs, des formes, des matières: leurs connotations.

3. Système des éclairages
Nature, lien à la fiction, à la représentation, à l'acteur.
Effets sur la réception du spectacle.

4. Objets
Nature, fonction, matière, rapport à l'espace et au corps, système de leur emploi.

5. Costumes, maquillages, masques
Fonction, système, rapport au corps.

6. Performance des acteurs
a. Description physique des acteurs (gestuelle, mimique, maquillage); changements dans leur apparence.
b. Kinesthésie présumée des acteurs; kinesthésie induite chez l'observateur.
c. Construction des personnages; acteur/rôle.
d. Rapport de l'acteur et du groupe: déplacements, rapports d'ensemble, trajectoire.
e. Rapport texte/corps.
f. Voix: qualités, effets produits, rapport à la diction et au chant.
g. Statut du comédien: son passé, sa situation dans la profession, etc.

7. Fonction de la musique, du bruit, du silence
a. Nature et caractéristiques: rapport à la fable, à la diction.
b. À quels moments interviennent-ils? Conséquences sur le reste de la représentation.

8. Rythme du spectacle
a. Rythme de quelques systèmes signifiants (échanges des dialogues, éclairages, costumes, gestualité, etc.). Lien entre durée réelle et durée vécue.
b. Le rythme global du spectacle: rythme continu ou discontinu, changements de régime, lien avec la mise en scène.

9. Lecture de la fable par cette mise en scène
a. Quelle histoire est racontée? Résumez-la. La mise en scène raconte-t-elle la même histoire que le texte?
b. Quels choix dramaturgiques? Cohérence ou incohérence de la lecture?
c. Quelles ambiguïtés dans le texte, quels éclaircissements dans la mise en scène?
d. Quelle organisation de la fable?
e. Comment la fable est-elle construite par l'acteur et la scène?
f. Quel est le genre du texte dramatique selon cette mise en scène?
g. Autres options de mise en scène possibles.

10. Le texte dans la mise en scène
a. Choix de la version scénique: quelles modifications?
b. Caractéristiques de la traduction (le cas échéant). Traduction, adaptation, réécriture ou écriture originale?
c. Quelle place la mise en scène accorde-t-elle au texte dramatique?
d. Rapports du texte et de l'image, de l'oreille et de l'oeil.

11. Le spectateur
a. À l'intérieur de quelle institution théâtrale se situe cette mise en scène?
b. Quelles attentes aviez-vous de ce spectacle (texte, metteur en scène, acteurs)?
c. Quels présupposés sont nécessaires pour apprécier ce spectacle?
d. Comment a réagi le public?
e. Rôle du spectateur dans la production du sens. La lecture encouragée est-elle univoque ou plurielle?
f. Quelles images, quelles scènes, quels thèmes vous interpellent et vous restent?
g. Comment l'attention du spectateur est-elle manipulée par la mise en scène?

12. Les traces
Comment noter (photographier ou filmer) ce spectacle?
Comment en conserver la mémoire?

13. Ce qui n'est pas sémiotisable
a. Ce qui dans votre lecture de la mise en scène n'a pas pris de sens.
b. Ce qui n'est pas réductible au signe et au sens (et pourquoi).

14. Bilan
a. Quels problèmes particuliers à examiner?
b. Autres remarques, autres catégories pour cette mise en scène et pour le questionnaire.

jeudi 4 décembre 2008

Ouche!

Alors que je suis douloureux et sanguinolent avec une dent en moins, voici une citation de Craig que j'avais retenue naguère et qui réconforte:


L'Art vit encore...
marchant dans l'ombre
il traverse indemne les bouillonnements
et les tourments
brassés dans le gouffre de la vie...
brassés dans les chaudrons matérialistes.
L'Art vit encore comme il fleurit un jour...
chez les idéalistes.
Dans un âge ancien,
c'étaient eux qui faisaient la Vie
paraître et sonner
comme elle fut et sera toujours...
Belle.

Edward Gordon Craig, 1912

mercredi 3 décembre 2008

La Noël de Gruntilda II [quelques notes]


La générale de La Noël de Gruntilda s'est faite devant 6 personnes... et si le spectacle a bien commencé - c'est-à-dire dans le rire, le plaisir et la magie théâtrale -, son souffle s'est éteint peu à peu pour finir sur un rythme un peu asthmatique et lancinant.

Non pas que les comédiens soient mauvais... juste que, je le redis, c'est un spectacle fragile qui exige beaucoup de ses interprètes (particulièrement d'Alexandre), dans un dialogue (et une complicité!) avec le spectateur qui ne doit pas tomber! Il ne faut pas que les personnages soient exécutés dans une bulle théâtrale... Tout dans ce spectacle - le ton, le discours, les moqueries, la mise en scène - est destiné à de gens hors scène!

Mais bon. Mauvaise générale... etc.

Cet exercice a au moins le mérite de donner un bon aperçu des failles et de écueils, des manques et des temps morts.

Donc, aujourd'hui (sans oublier hier, tout de suite après les représentations), j'ai pris beaucoup de notes (et en prends toujours!) pour apporter des correctifs et des améliorations.

Au plaisir de vous voir ce soir! Et demain! Et après-demain!

R.I.P. A.Q.T.

Ça y est... c'est consommé.

L'AQT, l'Académie Québécoise du Théâtre, fera désormais partie de l'histoire. Après quelques années de déficit, de manque à gagner, de problèmes financiers (et d'une gestion peut-être un peu lâche), cette organisation ferme les livres et cesse toutes ses activités.

Fondée en 1993, cette Académie devait - et là était sa principale mission! - promouvoir le théâtre partout au Québec... et son médium privilégié: le défunt Gala des Masques...
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Voici l'Article paru sur le site de Radio-Canada:

L'Académie québécoise du théâtre (AQT), qui organisait chaque année la soirée des Masques, doit cesser définitivement ses activités, faute de financement.

« Sans commanditaire majeur depuis deux ans, appuyée uniquement par le Conseil des arts et des lettres du Québec et sans aucun soutien de la part des autres paliers de gouvernement (on connaît l'insensibilité du fédéral en la matière), l'Académie ne peut dorénavant poursuivre son mandat », indique le communiqué de l'AQT.

La perte sera énorme pour les petites compagnies et celles qui oeuvrent en région, estime le président de l'AQT, Vincent Bilodeau, joint par téléphone. « La Licorne, grâce à des Masques, a pu faire des reprises avec un succès assuré », dit-il, ajoutant que la notoriété que procurait un Masque pouvait faire toute la différence pour une compagnie à l'occasion d'une demande de subvention.

Déjà, les gens du milieu avaient été déçus que le traditionnel gala n'ait pas lieu en 2008, car les retombées étaient beaucoup plus importantes que les cotes d'écoute, considérées faibles.

L'AQT fonctionnait avec un budget annuel de 85 000 $ depuis quatre ans et comptait sur le bénévolat des membres de son conseil d'administration, qui lui consacraient plus d'une dizaine d'heures par semaine.

Ainsi, après avoir perdu le soutien de Patrimoine canadien, la commandite de Loto-Québec, qui a préféré associer son nom à des festivals, et celle d'Esso, dont le siège social est déménagé dans l'Ouest, à des kilomètres de la culture québécoise, l'AQT ne pouvait plus réduire davantage ses dépenses. « Pas une entreprise privée ne nous arriverait à la cheville en termes de rationalisation », assure Vincent Bilodeau.

Il explique que Québec lui a demandé d'être patient, et d'attendre après les élections. Or, l'AQT fait part de ses demandes pressantes au gouvernement depuis le printemps et n'a pas pu payer sa directrice générale depuis deux mois.

Le Conseil québécois du théâtre choqué

« Les difficultés financières vécues par l'Académie illustrent les limites et le caractère aléatoire du soutien privé dans le domaine artistique, cela démontre l'importance d'un soutien financier continu par l'État, a fait valoir par communiqué le président du CQT, Martin Faucher. Ce malheureux événement est un exemple éloquent de la précarité qu'engendre l'absence d'un soutien adéquat de l'État. »

Beauté mécanique


Quelques mots brefs sur le projet d'Émilie Gilbert-Gagnon, Beauté mécanique, qui conclue brillament ses études à la Maîtrise en arts de l'UQAC.

Construit à partir de l'album du même titre de Plywood ¾, ce spectacle raconte l'histoire d'un homme qui, reclus dans son garage, se construit, au détriment de son épouse qui sombre inéluctablement vers la déchéance, une poupée duquel il tombera amoureux.

Chapeau, soit dit en passant, à Sabrina Bélanger et à Patrice Leblanc qui tiennent la note tout au long de la représentation et qui interprètent avec brio ces compositions. Une performance remarquable (dans une mise en scène efficace qui flirte toutefois, à quelques reprises, avec l'illustrativité)...

Outre la musique omniprésente (véritable personnage principal), ce qui frappe le plus, c'est l'esthétique Tim Burtonien de ce spectacle (espace et costumes), proche du grotesque... et dans laquelle je me suis bien reconnu. L'outrance du maquillage et du jeu, la surcharge des objets et leur utilisation, la présence des entités tout autour, les couleurs dominantes (noir et blanc), participent à ce néo-gothisme.

Il s'agit donc ici d'une (forte) théâtralisation d'un objet (la musique) extra-scénique...

Tous ces éléments créent-ils, pourtant, chez le spectateur, émerveillement et fascination théâtrale?
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Cette question est au centre des réflexions et des recherches de la metteure en scène et conceptrice générale.

Il serait probablement fort intéressant de pouvoir lire, pour apprécier davantage le travail, l'essai qui accompagnera cette oeuvre, de comprendre ce qu'elle veut dire par émerveillement et par fascination, et comment elle articule ces notions dans cette mise en scène, dans le dialogue scène-salle...

Car je l'avoue, je me suis posé la question, par la suite, à savoir en quoi ce spectacle peut répondre, tel qu'il est indiqué dans le programme, à un besoin d'émerveillement...

mardi 2 décembre 2008

Un Noël pour le Théâtre 100 Masques!


Le Théâtre 100 Masques lance les festivités de Décembre en présentant, comme événement bénéfice, la seconde édition de son spectacle de Noël, La Noël de Gruntilda!

Pour l'occasion, voyez la grandiloquente Gruntilda (Alexandre Larouche) - accompagnée de sa Lutine (Isabelle Boivin), de Madame Weiss (Marilyne Renaud) et de son Pépa de la Noël (Marc-André Perrier) - prendre à bras-le-corps (à l'instar des instances commerciales qui nous inondent depuis déjà plusieurs semaines!) les traditions et les cantiques du Temps des Fêtes pour les répandre avec toute la candeur de la causticité.
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Programme de la soirée

(La Fête de la Nativité)
1. Ouverture et présentation des acolytes
2. Dans cette étable
3. Joyeux Noël
(La Fête de l'abondance)
4. La recette de Bubie
5. Noël c'est la bouffe
(La Fête de la misère)
6. La Charlotte prie Notre Dame (1ère partie)
(La Fête des traditions et du commercial)
7. La bûche de Noël
8. La plus belle nuit du monde
(La Fête de la nostalgie)
9. Noël au camp (Tex Lecor)
10. La Charlotte prie Notre Dame (2ième partie)
(La Fête du plaisir)
11. Les pots pourris de Noël
(La Fête du Père-Noël)
12. Le bricolage de Noël
13. Le pedigree de Pépa de la Noël
14. The Night before Christmas (Clement Clark Moore)
15. Maman embrasse le Père-Noël
(La Fête de la solitude)
16. La Charlotte prie Notre Dame (3ième partie)
17. Noël seule
18. Minuit chrétien
19. Finale
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Mieux vaut réserver... le nombre de places est très limité!


lundi 1 décembre 2008

En attendant


Ce que nous attendons tous du théâtre, c'est la révélation de cet autre qui gît au plus profond de nous-mêmes, plus nous-mêmes que nous-mêmes et cependant inconnu. Et c'est cet inconnu qui veut sans cesse dépasser ses frontières personnelles, crever l'opacité de cette carapace qui nous sépare du monde. Si le théâtre se tient tout aussi éloigné de la facilité, de la démagogie ou de l'imposture intellectuelle, il peut être une passerelle dans cette coupure originelle entre le sujet et le monde, entre le monde et nous-mêmes...

dimanche 30 novembre 2008

Théâtre de propagande


En bon citoyen (et souverainiste de surcroît...), j'ai assisté hier, pour la première fois et par curiosité (entres autres choses pour voir Pauline Marois en chair et en os), à une assemblée publique - celle destinée à mousser la candidature d'André Michaud du Parti Québécois qui se tenait dans Dubuc. Une grande messe politique. Un rituel quasi initiatique. Une mise en scène (puisqu'au fond, il ne s'agit que de cela) réglée au quart de tour parce que représentée pour la énième fois.

Bien que dans l'ensemble assez convenu, il n'en demeure pas moins que ce type de spectacle fonctionne franchement bien et qu'il permet la symbiose de centaines de personnes!

Entre les entrées au son d'une musique (entraînante... selon les organisateurs), les présentations enflammées, les discours patriotiques, les performances des acteurs, les rappels (encore!) des grands Lévesque et Leclerc (qu'il ferait bon, bientôt de remiser pour travailler avec les gens d'aujourd'hui au lieu d'avec des fantômes idolâtrés!) et les tonnerres d'applaudissements ou assis ou debout, il m'est apparu soudainement que le théâtre des années 20 - le théâtre de propagande - ne pouvait ressembler qu'à cela. Le théâtre politique (épique) entreprend de retrouver et de souligner l'intervention d'un narrateur, c'est-à-dire d'un point de vue sur la fable et sur la mise en scène. Pour cela, il fait appel aux talents du compositeur, du dramaturge, du fabuleur, du metteur en scène, de l'acteur bâtissant son rôle, discours après discours, geste après geste. (Aurore FALSE)

Le théâtre au service de la démocratie et des citoyens comme au temps des Grecs Anciens résonne encore dans ces assemblées partisanes. Piscator, metteur en scène allemand de la première moitié du XXième siècle qui a voué sa carrière au théâtre politique, n'aurait su faire mieux... quoique ç'aurait été définitivement plus artistique: il s'agit pour lui d'ouvrir le théâtre à l'histoire en marche, d'en tirer des leçons propres à nourrir la conviction et à stimuler l'engagement (même référence).

Bon. Probablement est-ce la même chose pour les assemblées libérales et/ou adéquistes... N'empêche que le théâtre comme vecteur de message, comme agitateur de foule, comme média de masse, n'existe-il, au Québec, qu'en temps d'élections?

P.S.: Le 8 décembre, il faut voter!

La semaine théâtrale... 17

En cette semaine qui verra (demain!) Décembre entrer en scène, quelques rendez-vous théâtraux apparaissent déjà au calendrier (probablement les derniers avant la pause des Fêtes...):

Dimanche, 30 novembre 2008, 14h

C'est la dernière représentation de Beauté Mécanique, projet de fin d'études d'Émilie Gilbert-Gagnon, au Petit Théâtre de l'UQAC.

(Mercredi, 3 décembre 2008, heure à déterminer)

Bien que n'ayant encore aucune confirmation, cette semaine étant en quelques sortes la dernière de la session, il devrait y avoir la présentation des ateliers du cours Techniques de jeu théâtral sous la direction de Jean-Paul Quéinnec.

De mercredi à vendredi, du 3 au 5 décembre 2008, 20h

Après plus d'un an d'attente (et pour le bénéfice du Théâtre 100 Masques) voyez enfin se déployer sous vos yeux toute l'émotion, toute la grandiloquence, toute la chaleur humaine de La Noël de Gruntilda II - La Nativité! Cette animation théâtrale - plus proche de la formule cabaret que du spectacle littéraire - redonne, avec ironie et causticité, toutes les traditions de ces Festivités. Le tout se passe dans la Salle Marguerite-Tellier (Centre des Arts et de la Culture) et les places sont limitées. Prière de réserver au 418-698-3000 # 6562.

Vendredi et samedi, 5 et 6 décembre 2008, 20h

Marie-Josée Paradis présente, à la Salle Pierrette-Gaudreault, Chester, fou de la Reine, une oeuvre danse-théâtre d'inspiration médiévale avec, entres autres comme comédiens-danseurs vicky Côté, Sophie Larouche, Christian Ouellet et Pierre Tremblay.

C'est tout, je crois... du moins, à ma connaissance...

vendredi 28 novembre 2008

Retour sur «Parents et amis...»

Synthèse non-exhaustive de ce qui a été dit sur le web sur cette production:


La mère Manchée (Josée Laporte) dans sa robe en bois
Photographie: Sylvain Dufour, Le Quotidien


Après un prompt rétablissement dentaire, après plusieurs heures de réflexions, je tiens à revenir sur cette production du Théâtre CRI. Pour clarifier mon dernier billet qui en a laissé plus d'un perplexes. Pour poser plus clairement certaines questions... par respect pour le travail de Guylaine, pour la mission de sa compagnie et par simple passion du théâtre. Notre théâtre mérite qu'on s'y attarde avec sincérité et intégrité.

Esthétiquement, je trouve cette production un peu drabe... que ce soit par la mise en espace de objets ou par la nature de ceux-ci (exception faite de la robe en bois); par les éclairages et leurs effets divers qui ne sémiotisent pas si facilement; par l'ensemble des costumes qui manquent un peu d'unité... D'accord, on reconnaît là une certaine esthétique du CRI... qui nous a habitué toutefois à plus de rigueur esthétique justement... Par ailleurs, malgré toutes les lectures faites sur ce spectacle et ce qui s'en dit, j'ignore en quoi cette disposition générale - somme toute assez conventionnelle, soit à l'italienne - participe à un rapprochement entre spectateur et comédien, intègre le public à l'aire de jeu. Intimité? Je n'en suis pas si sûr...

La mise en scène (astucieuse en soit) donne parfois l'impression d'être une suite de numéros (slam, exploration des matelas, récitations en choeur, travail des personnages, etc.) retenus en atelier de création qui manquent, pour le spectateur aridement sollicité, de liant. Car oui, le lien entre les différents tableaux (chacun, pourtant avec ses forces scéniques indéniables) est parfois difficile à suivre. Peut-être est-ce dû à des confusions simples du type: Josée Laporte (dont j'ai beaucoup apprécié la performance) joue-t-elle un seul ou deux personnages? la femme au bizarre capuchon est-elle cette femme emprisonnée dans son objet vestimentaire? le personnage à demi-dévêtu de Dany Lefrançois (intéressant en soit) s'inscrit comment dans cet univers? les tantes (magnifiques d'étrangeté) fonctionnent manifestement sur un type de jeu différent du groupe des fils... pourquoi?

Enfin... Ce sont ces questions (et peut-être aussi mon état de réceptivité peu élevé de cette soirée théâtrale) qui obstruent mon adhésion à l'enthousiasme général.

C'est un spectacle qui - quoique long et dense, comme le mentionne Daniel Côté dans le Quotidien - demeure, malgré ces quelques réserves, fort stimulant. Et là est la raison d'être du Théâtre CRI. Peut-être est-ce un spectacle - pour reprendre des notions arts visuels - non pas expressif (ou figuratif) mais plutôt abstrait et impressif... ce qui me ramène à cette affirmation: on ressent plus qu'on comprend... Peut-être...





jeudi 27 novembre 2008

Soir de premières!


Ce soir, à l'UQAC, deux premières: Beauté Mécanique, projet de fin de maîtrise d'Émilie Gilbert-Gagnon... et De l'amour et des griffes, production du Théâtre Mine de Rien (troupe de théâtre amateur) dont je signe la mise en scène... Alors, à tous:

MERDE!!!

Voici pour compléter la recherche sur l'origine de cette expression - citée dans le billet du 6 août 2008 - une autre version tout aussi amusante (tirée du site http://www.expressio.fr):

Nous avons des quantités de manières d'utiliser ce sympathique mot, souvent en tant qu'injure associée à des situations désagréables. Mais il se trouve que, chez nous, on l'utilise aussi pour souhaiter bonne chance à quelqu'un. Comment cela se peut-il ?

Il n'existe aucune certitude quant à l'origine de cette acception du mot qui est attestée au cours de la première moitié du XXe siècle.

La version la plus probable vient d'un simple usage superstitieux où, comme le souhait de "bonne chance" est interdit car il peut provoquer un échec, le mot qui en est considéré comme l'antonyme permet de déjouer le mauvais sort qui attend celui qui va subir l'épreuve (d'ailleurs, en rajoutant une couche de superstition alors que la première n'est même pas encore sèche, le destinataire est interdit de répondre 'merci' sous peine d'annuler la conjuration du sort).

Une autre version, hélas non attestée, voudrait que dans le monde du théâtre, souhaiter 'merde' à un acteur, c'était espérer pour lui que de nombreux fiacres viennent devant le théâtre déposer les spectateurs. Et comme les chevaux ont une fâcheuse tendance à déposer des mottes bien particulières sur leur trajet, beaucoup de crottin devant le théâtre signifiait alors beaucoup de spectateurs, donc du succès et de la chance.

Et puis il ne faut pas oublier que, toujours chez les superstitieux, marcher du pied gauche dans une merde sur le trottoir est supposé porter chance (sauf si c'est une crotte de chat noir déposée sous une échelle, bien entendu).

Voici (tirés du même site mentionné plus haut) les équivalents dans d'autres pays:

Pays / Région Expression équivalente Traduction littérale
Allemagne

Toi, toi, toi (pas de traduction)
Angleterre

Break a leg ! Casse-toi une jambe !
Argentine Mucha merde ! Beaucoup de merde !
Belgique (Wallonie)

Bonne merde !
Brésil

Merda! Merde!
Espagne (Catalogne)

Molte merda ! Beaucoup de merde !
Italie

In bocca al lupo ! Dans la gueule du loup!
Italie

Incula la balena! Encule la baleine!
Russie

Ni puha ni pera! Pas du duvet, pas des plumes!