vendredi 28 novembre 2008

Retour sur «Parents et amis...»

Synthèse non-exhaustive de ce qui a été dit sur le web sur cette production:


La mère Manchée (Josée Laporte) dans sa robe en bois
Photographie: Sylvain Dufour, Le Quotidien


Après un prompt rétablissement dentaire, après plusieurs heures de réflexions, je tiens à revenir sur cette production du Théâtre CRI. Pour clarifier mon dernier billet qui en a laissé plus d'un perplexes. Pour poser plus clairement certaines questions... par respect pour le travail de Guylaine, pour la mission de sa compagnie et par simple passion du théâtre. Notre théâtre mérite qu'on s'y attarde avec sincérité et intégrité.

Esthétiquement, je trouve cette production un peu drabe... que ce soit par la mise en espace de objets ou par la nature de ceux-ci (exception faite de la robe en bois); par les éclairages et leurs effets divers qui ne sémiotisent pas si facilement; par l'ensemble des costumes qui manquent un peu d'unité... D'accord, on reconnaît là une certaine esthétique du CRI... qui nous a habitué toutefois à plus de rigueur esthétique justement... Par ailleurs, malgré toutes les lectures faites sur ce spectacle et ce qui s'en dit, j'ignore en quoi cette disposition générale - somme toute assez conventionnelle, soit à l'italienne - participe à un rapprochement entre spectateur et comédien, intègre le public à l'aire de jeu. Intimité? Je n'en suis pas si sûr...

La mise en scène (astucieuse en soit) donne parfois l'impression d'être une suite de numéros (slam, exploration des matelas, récitations en choeur, travail des personnages, etc.) retenus en atelier de création qui manquent, pour le spectateur aridement sollicité, de liant. Car oui, le lien entre les différents tableaux (chacun, pourtant avec ses forces scéniques indéniables) est parfois difficile à suivre. Peut-être est-ce dû à des confusions simples du type: Josée Laporte (dont j'ai beaucoup apprécié la performance) joue-t-elle un seul ou deux personnages? la femme au bizarre capuchon est-elle cette femme emprisonnée dans son objet vestimentaire? le personnage à demi-dévêtu de Dany Lefrançois (intéressant en soit) s'inscrit comment dans cet univers? les tantes (magnifiques d'étrangeté) fonctionnent manifestement sur un type de jeu différent du groupe des fils... pourquoi?

Enfin... Ce sont ces questions (et peut-être aussi mon état de réceptivité peu élevé de cette soirée théâtrale) qui obstruent mon adhésion à l'enthousiasme général.

C'est un spectacle qui - quoique long et dense, comme le mentionne Daniel Côté dans le Quotidien - demeure, malgré ces quelques réserves, fort stimulant. Et là est la raison d'être du Théâtre CRI. Peut-être est-ce un spectacle - pour reprendre des notions arts visuels - non pas expressif (ou figuratif) mais plutôt abstrait et impressif... ce qui me ramène à cette affirmation: on ressent plus qu'on comprend... Peut-être...





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