mercredi 3 décembre 2008

Beauté mécanique


Quelques mots brefs sur le projet d'Émilie Gilbert-Gagnon, Beauté mécanique, qui conclue brillament ses études à la Maîtrise en arts de l'UQAC.

Construit à partir de l'album du même titre de Plywood ¾, ce spectacle raconte l'histoire d'un homme qui, reclus dans son garage, se construit, au détriment de son épouse qui sombre inéluctablement vers la déchéance, une poupée duquel il tombera amoureux.

Chapeau, soit dit en passant, à Sabrina Bélanger et à Patrice Leblanc qui tiennent la note tout au long de la représentation et qui interprètent avec brio ces compositions. Une performance remarquable (dans une mise en scène efficace qui flirte toutefois, à quelques reprises, avec l'illustrativité)...

Outre la musique omniprésente (véritable personnage principal), ce qui frappe le plus, c'est l'esthétique Tim Burtonien de ce spectacle (espace et costumes), proche du grotesque... et dans laquelle je me suis bien reconnu. L'outrance du maquillage et du jeu, la surcharge des objets et leur utilisation, la présence des entités tout autour, les couleurs dominantes (noir et blanc), participent à ce néo-gothisme.

Il s'agit donc ici d'une (forte) théâtralisation d'un objet (la musique) extra-scénique...

Tous ces éléments créent-ils, pourtant, chez le spectateur, émerveillement et fascination théâtrale?
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Cette question est au centre des réflexions et des recherches de la metteure en scène et conceptrice générale.

Il serait probablement fort intéressant de pouvoir lire, pour apprécier davantage le travail, l'essai qui accompagnera cette oeuvre, de comprendre ce qu'elle veut dire par émerveillement et par fascination, et comment elle articule ces notions dans cette mise en scène, dans le dialogue scène-salle...

Car je l'avoue, je me suis posé la question, par la suite, à savoir en quoi ce spectacle peut répondre, tel qu'il est indiqué dans le programme, à un besoin d'émerveillement...

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