Affichage des articles dont le libellé est De l'amour et des griffes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est De l'amour et des griffes. Afficher tous les articles

dimanche 7 décembre 2008

Quelques images...

Voici quelques images de mes deux derniers spectacles...


De l'amour et des griffes (Théâtre Mine de Rien), 28 novembre 2008
En avant: Marilyn C.-Tremblay (Mme de Crampon), Marylou Simard (Félicie)
Derrière: Mélissa Valiquette (Mme Tartempion), Nicolas Ilaréguy (Mr DesRillettes),
Martine Chapados (Mme Boulingrin)







La Noël de Gruntilda II - La Nativité (Théâtre 100 Masques), 5 décembre 2008
Alexandre Larouche (Gruntilda), Isabelle Boivin (Bubie),
Marilyne Renaud (Mme Weiss), Marc-André Perrier (Pépa de la Noël)

mercredi 26 novembre 2008

De l'amour et des griffes [journal d'une mise en scène]



Une générale s'est faite hier soir... dans un contexte de début de répétitions, entre des chaises, des tables... bref, le fouillis du local P0-1010...

Bon. Il faut faire contre mauvaise fortune bon coeur...

Cet enchaînement (nous n'en avons jamais assez...) nous a au moins permis de tester l'ensemble des déplacements, des costumes, de la musique. Et il faut, du même souffle, avouer que ce fut franchement rigolo, que les (fous!) rires ont ponctués cette heure de représentation... tant dans la salle que sur la scène... du moins, dans les espaces délimités. Ça augure bien, je l'espère.

Ce qui peut sembler de prime abord léger et mal organisé (et qui, après coup, ce matin, rend la première de demain un peu plus stressante!) a donner une résultat surprenant: unir l'équipe en reléguant la pression au vestiaire.

Quand la franche camaraderie et la symbiose surgissent, le plaisir devient accessible!

samedi 22 novembre 2008

De l'amour et des griffes [journal d'une mise en scène]... suite redondante


C'est fait. Il est toujours intéressant de voir à quel point un spectacle peut souffrir, en fin de production, de l'absence de spectateurs... particulièrement lorsqu'il s'agit d'une comédie. Et cette impression s'accroît doublement lorsque, comme aujourd'hui (alors que nous devions en être, vu le contexte parascolaire, à une première générale), nous ne pouvions nous appuyer sur les moyens techniques habituels (éclairages, musique) qui procurent - si non une renaissance - un élan bénéfique.

Nous en sommes donc là... aux prises avec les doutes de cet art éphémère. Sommes-nous prêts? Nous ne le saurons qu'à compter de mardi soir... et c'est cette qualité disons temporelle (le fait de n'être que présent) qui confie au théâtre tout son charme. On peut prévoir, on peut espérer, on peut créer sur papier, on peut tenter de réconforter, rassurer ses comédiens... seule la représentation (et chacune est unique) donnera la véritable mesure du résultat.

Meyerhold disait: Une représentation théâtrale ne connaît ni "hier" ni "demain". Le théâtre est un art d'aujourd'hui, de l'heure, de la minute, de la seconde même. "Hier", pour le théâtre, ce sont les récits, les traditions, les légendes, les textes des pièces; "demain", ce sont les rêves de l'artiste. Mais la réalité du théâtre, c'est seulement "aujourd'hui". Le poète, le musicien peuvent travailler pour un lecteur ou un auditeur futur. [...] Pour l'acteur, semblables rêves n'ont aucun sens. Son art n'existe que tant qu'il respire, tant que sa voix vibre, tant que la salle l'écoute, en retenant son souffle. C'est précisément pour cette raison que le théâtre est un art résolument contemporain.

C'est un peu vertigineux... et je conçois bien que ce charme puisse paraître, pour l'interprète (d'autant plus amateur), comme un gouffre sans filet.

Désormais, seuls la confiance et le plaisir pourront nourrir ce spectacle... Alea jacta est.

De l'amour et des griffes [journal d'une mise en scène]


C'est la dernière journée de répétition pour le Théâtre Mine de Rien... du moins, avant les générales, plus tard dans la semaine qui vient.

Ce sont donc les dernières heures disponibles pour corriger des intonations, des gestes qui contrecarrent toujours la fluidité scénique, les dernières heures pour mettre une dernière main aux costumes et aux accessoires, les dernières heures pour consolider ce spectacle exigeant tout en donnant de solides assises à ces comédiens du plaisir.

Peut-être aussi sont-ce les moments les plus difficiles pour eux. Après tout, le plus important élément du dialogue théâtral leur est, pour la plupart, inconnu: le public. Il nous faut donc s'attarder à la force de la voix, la projection, la diction... devant une salle vide. Il leur faut prendre conscience de l'immensité de la salle avant que celle-ci ne se remplisse et accentue ce que Sara Bernarhdt appelait une preuve de talent, le trac.

Nous en sommes donc là. Faire respirer la forme. (Re-)Trouver le plaisir de l'exécution scénique. Comprendre les enjeux et les faire passer.
_______________________________

Cruauté, coup bas, perfidie,
condescendance et éclats de rire!!!

Pour entreprendre sa troisième année d'existence, le Théâtre Mine de Rien (troupe de théâtre amateure de l'UQAC) présente De l'amour et des griffes... un collage vaudevillesque où les beaux sentiments font place à la violence ou verbale ou physique, apanage artistique d'un temps révolu en cette ère du politically correct.

Puisant à même le répertoire du Boulevard français, voyez Félicie et Madame de Crampon, deux jeunes bonnes éplorées parler de feu Victor, cet homme si bon... du moins peut-être (Le Défunt
de René de Obaldia). Puis l'entrée en scène de Monsieur DesRillettes, pique-assiette de son état, tombant entre les serres acérées de Mesdames Boulingrin et Tartempion, vieilles filles hystériques prêtes à tout pour un peu d'attention (Les Boulingrin de Courteline).

Un spectacle plastique où la théâtralité émerge d'abord et avant tout des comédiens (Maryline Chamberland-Tremblay, Martine Chapados, Nicolas Ilaréguy, Marilou Simard et Mélissa Valiquette) sous la direction de Dario Larouche.

De l'amour et des griffes
Les 27 et 28 novembre 2008 (jeudi et vendredi)
19h, Auditorium de l'UQAC (P0-5000)
Entrée: 5$

samedi 15 novembre 2008

De l'amour et des griffes [journal d'une mise en scène]

Peut-être est-ce une légère impatience causée par un mal de dent chronique... mais il est une chose dont j'ai horreur pendant une période de travail... et c'est qu'un comédien (plus exactement qu'une comédienne dans le cas présent!) ne fasse preuve de mauvaise foi en répétition parce qu'il (elle) estime n'avoir pas assez d'attention, qu'il (elle) ramène toute la création en cours à sa propre personne, à la (fausse) perception qu'il (elle) s'en fait.

Retour en arrière...

La première partie du spectacle De l'amour et des griffes, pour une multitude de raisons, n'a pu se faire le samedi après-midi comme l'autre (qui roule fort bien, soit dit en passant...). Nous nous sommes donc vus sur semaine, parmi toutes nos obligations... très peu, peut-être... mais quand même, nous nous sommes vus et la première mise en place est terminée. Avec encore beaucoup de travail de perfectionnement, d'approfondissement à y apporter. Et je le sais.

Donc, en ce samedi mouilleux, nous nous sommes donnés le luxe - à deux semaines de la première - de faire un enchaînement des deux parties. Mais pendant toute la première, entre les hésitations gestuelles (fragilité normale d'une première exécution complète) et les (fréquents) bogues de texte (moins excusables... point avec lequel je ne fais que très peu de concessions...), l'une des protagonistes ne cessait de passer des commentaires négatifs ("Nous ne sommes pas prêtes", "Nous n'avons pas assez répété", "Nous ne sommes pas drôles", etc), relâchait toute concentration, arrêtait le déroulement de la scène et minait le plaisir de tous en maugréant, soupirant et ne s'impliquant qu'à contrecoeur dans les notes et discussions post-exercice.

Je suis très conscient que cette partie n'est pas encore à niveau... mais j'ai beau expliquer que nous ne jouons pas demain, qu'il reste encore deux semaines et plusieurs heures de répétitions et d'enchaînements, que ce premier canevas est intéressant bien que pas encore à point... rien n'y fait et c'est à une moue boudeuse et une tenue de fermeture que je me heurte. Vraiment, ce type d'attitude devient vite un poids dans une création et nuit au développement d'un sain esprit d'équipe. Quémander de l'attention de la sorte ne donne qu'une seule et unique envie: se retirer. Mais bon... nous sommes encore en travail... et nous traverserons le pont rendu à la rivière.
________________________

Cette anecdote (qui pourrait se confondre avec bien d'autres...) me ramène de nouveau sur l'une des exigences qui me sont nécessaire avec une équipe: la confiance. Non pas une confiance aveugle... tout peut (et devrait) être questionné, discuté, proposé, échangé... Pas une confiance aveugle, mais bien une confiance de base, dans l'autre, dans un projet commun, en soi. Une force positive qui permet d'abattre les obstacle, de sortir des sentiers battus avec un enthousiasme et un plaisir manifeste qui ouvrent les perspectives.

samedi 8 novembre 2008

De l'amour et des griffes [journal d'une mise en scène]

Voici quelques photographies (dont je suis l'auteur!) de mon équipe de comédiens avec qui il fait si bon travailler... photographies prises cette après-midi pendant l'essayage de costumes.

Marilyn Chamberland-Tremblay (Mme de Crampon), Marilou Simard (Félicie)

Martine Chapados (Madame Boulingrin)

Mélissa Valiquette (Madame Tartempion)

Nicolas Ilaréguy (Monsieur DesRillettes)

Encore deux petites semaines de répétitions et ce sera terminé...

samedi 1 novembre 2008

De l'amour et des griffes [journal d'une mise en scène]


Le spectacle De l'amour et des griffes est enfin mis en place, avec ses forces qui le rendent amusant et fascinant à regarder... de même qu'avec ses faiblesses qui demandent encore de l'implication de la part de tout un chacun.

Les cinq comédiens portent un style théâtral exigeant. Tout en demeurant amateur, le Théâtre Mine de Rien doit, selon moi (et c'est ce que je tente de faire depuis le début de cette fondation), créer avec rigueur et discipline, dans un contexte professionnel... faire du théâtre comme loisir artistique.

La première partie (Le Défunt de René de Obaldia) se fige dans une langueur contrôlée, où l'horreur narratif prend tout le discours. Simplicité et immobilisme en sont les leitmotivs. Les deux comédiennes ont besoin de tout leur petit change pour rester en pleine possession et du texte et de cette gestuelle qui, sous ses apparences de facilité, requiert une force de concentration et de maîtrise du discours essentielles à sa représentation.

La seconde partie (Les Boulingrin de Courteline) prends le contrepied de la précédente et se lance dans une folle chorégraphie où la parole laisse place aux corps. Calcul, méthode, capacité de se voir extérieurement, telles sont les qualités recherchées.

Parmi cette distribution, une surprise artistique: Mélissa Valiquette... issue du profil Arts et Lettres - profil interprétation de Saint-Laurent... wow!

Plus que trois semaines avant la première...

samedi 25 octobre 2008

De l'amour et des griffes [journal d'une mise en scène]


Retour en salle de répétitions avec les participants de cette troisième production du Théâtre Mine de Rien de l'UQAC après deux semaines de relâche (cette production, De l'amour et des griffes, est, je le rappelle, un assemblage de deux textes différents: Les Boulingrin de Courteline et Le Défunt de Obaldia).

Revenir à un spectacle après tant de temps requiert un enthousiasme et un plaisir qu'il faut parfois, malheureusement, artificiellement attiser. Non pas que l'équipe soit difficile ou le projet inintéressant... Juste que les paramètres de celui-ci ne correspondent pas à une nécessité de création.

En l'état des choses, et en toute intégrité envers mon engagement premier, à quoi alors puis-je m'accrocher? Principalement à deux choses: la gratification de la transmission, le transfert de la passion théâtrale et l'occasion de préciser une façon de travailler, de diriger les comédiens.

Alors, dans cette veine, les heures allouées cette après-midi ont été consacré à la révision des 6 premières scènes (sur 7) pour trouver, comme l'exige fortement le genre vaudevillesque, le rythme... rythme qui est soutenu par les gestes précis, les dialogues vifs et les déplacements clairement fixés. Une mise en espace essentielle et terriblement nécessaire.

En somme, il s'agit véritablement d'un travail mécanique. D'un échafaudage scénique (à lequel se greffera l'esthétique) duquel devra émerger le personnage.

Il ne reste que quatre semaines de répétitions.

dimanche 28 septembre 2008

De l'amour et des griffes [Journal d'une mise en scène]

Coup de griffes (http://dupierris.blog.lemonde.fr/2007/11/)

De l'amour et des griffes. Tel sera le titre du prochain spectacle du Théâtre Mine de rien (théâtre amateur de l'UQAC), présenté les 27 et 28 novembre 2008 à l'Auditorium de l'UQAC, mieux connu sous le très bref P0-5000...

Alors... de l'amour, oui. Thème cher au vaudeville, on ne peut guère y échapper... mais cette fois... il s'agit d'un passage entre l'amour passé (Le Défunt) et le désir insasouvi (Les Boulingrin... revisités). Ce sentiment pour lequel les gens sont prêts à tout, au meilleur comme au pire... surtout au pire dans ce contexte... à des coups de griffes cruels et libérateurs.

Le nombre réduit de participants (5) conjugué à la courte durée des pièces (qui en tout ne devrait pas dépasser 45 minutes) permettra de plonger plus intensément et plus profondément dans ce répertoire qui recèle de véritables pièges et qui demande d'être fortement sutenu par les comédiens. Déjà le travail est entamé avec enthousiasme et plaisir...

Après l'ouverture marquée par son statisme (narration oblige, dans ce cas), place à la chorégraphie scénique, au ballet scéno-acrobatique.

Le but de cet atelier (car les mises en scène de cette troupe sont de cet ordre...) est, pour paraphraser Jean Genet, monumental auteur français de la seconde moitié du XXième siècle, non pas de les former, mais plutôt de les enflammer...

samedi 20 septembre 2008

De l'amour et des griffes [Journal d'une mise en scène]

Larmes, Man Ray, 1932

Alors, comme prélude au texte Les Boulingrins de Courteline (mis en scène dans le cadre de la troisième production du Théâtre Mine de Rien), je me suis rabattu sur ce qu'il serait intéressant de nommer son héritier, tant par le ton que par le style, René de Obaldia (élu à l'Académie Française en 1999), avec la pièce Le Défunt.

Cette dernière donne la parole à deux amies qui se retrouvent dans un parc et évoquent le douloureux souvenir d'un proche défunt, Victor. Un dialogue caustique s'ensuit alors entre la veuve éplorée et l'ancienne maîtresse.

Ce prologue donnera donc le ton à la pièce suivant qui, avec l'adaptation (rendue nécessaire pour combler les personnages sans travestissement), mettra au prise d'une part un homme, pique-assiette de son état et charmeur devant l'éternel, et deux veilles filles qui se battront ses attentions. Une guerre domestique avec toute la verve du maître du vaudeville.

Les liens seront tissés en ce sens pour atteindre une tentative de fusion.

Mes objectifs, outre le fait de donner le goût du théâtre à des gens, sont de poursuivre l'apprentissage d'une maîtrise de la chorégraphie scénique, de la forme réduite et, le défi serait d'intégrer, pour une fois, la musique à ce travail.

Avec Marilyn Chamberland, Martine Chapados, Marilou Simard, Mélissa Valiquette et Nicolas Virahleguy.

dimanche 14 septembre 2008

D'après Courteline [Journal d'une mise en scène]

Le Théâtre Mine de Rien, la troupe de théâtre amateur de l'UQAC, entame sa troisième production, après La Cantatrice Chauve de Ionesco (2006) et Cinémassacre de Vian (2007). Encore une fois cette année (en fait, depuis la fondation de cette troupe), j'agirai à titre de metteur en scène et directeur artistique.


Donc, après l'absurde, retour au mode vaudevillesque, avec un travail à partir de la pièce de Courteline, Les Boulingrin (vu la composition de la distribution, la pièce demande à être ajustée).

Courteline... mon écrivain favori... mon répertoire de prédilection... L'auteur d'innombrables pièces en un acte - véritables petits morceaux dépeignant la bêtise humaine -, l'observateur caustique de la méchanceté et des ridicules humains qui n'écrit que des oeuvres brèves car il affirme être dépourvu de talent. (M. Corvin)

Le texte matriciel a été choisi pour son côté grand-guignolesque (divertissements basés sur un spectacle d'horreurs macabres et sanguinolentes, sur une multitude d'effets spectaculaires) tout autant que pour sa qualité de pièce bien faite qui crée dès lors une mécanique textuelle appuyée: si elle va au-devant des spectateurs par ses procédures insistantes d'étroites RATIONALITÉ (tout doit s'expliquer et s'expliciter au Boulevard), de PROGRESSIVITÉ (le conflit linéaire une fois posé en termes nets et simples est emporté dans un mouvement régulier ou accéléré mais toujours perceptible et qui achemine les personnages vers une fin imparable), de CLARTÉ (les personnages sont des types aux traits marqués sinon génériques qui permettent immédiatement de savoir «à qui on a affaire»). Le tout est surindiqué à coup de redondance et de procédés rhétoriques (gradation et concentration des effets, antithèses et hyperboles). Le «clou» résidant dans la (ou les) scène(s) à faire, sorte de climax de la tension dramatique ou de l'explosion comique. (M. Corvin, Dictionnaire encyclopédique du théâtre)

Bien que le vaudeville (et tout le théâtre de boulevard) est réputé pour être difficile à jouer vu sa mécanique forte, son rythme et son style, je crois profondément, pour tous ceux qui s'initient à l'art dramatique, en sa qualité de démonstrateur de ce qu'est le théâtre, ce qu'est un texte, ce qu'est une mise en scène... Sans compter qu'il est drôle, concis, et souvent très court!