mardi 15 mars 2011

Drame ou tragédie?

Antigone, peinture de Nikoforos (1832-1904)

Bonne question que celle-ci...

Alors que je commentais ce que j'ai vu de l'Antigone en chantier, j'ai dit aux artisans qu'il fallait faire attention (à moins d'en faire un choix conscient) de ne pas ramener la tragédie à la simple échelle du drame.

Qu'est-ce qui distingue l'un de l'autre si dans la tragédie il y a un drame et dans le drame, du tragique? Pas si évident...

Le grand Corvin - Michel de son prénom - (Dictionnaire encyclopédique du théâtre) peut donner de bonnes pistes de rélfexion...

DRAME: [...] Cette catégorie plus éthique qu'esthétique sous-tend la conception dialectique du drame qui prévaut d'Aristote à Hegel: porté par la volonté des personnages, l'action y progresse par la résolution des conflits successifs vers la synthèse ultime où les subjectivités seront réconciliées au sein d'une nouvelle réalité. Dans le drame moderne au contraire - Szondi situe la «crise» qui lui donne naissance vers 1880 -, l'action humaine, libre, individuelle est frappée d'impossibilité par les forces sociales (Hauptmann, Brecht), par le poids du passé (Ibsen), par l'usure du temps (Tchekhov), par la présence obsédante de la mort (Maeterlinck), par l'emprisonnement en soi-même (Strindberg) ou dans le langage (Beckett).

et maintenant...

TRAGÉDIE (la grecque, pour être plus précis): [...] Empruntant ses sujets aux mythes héroïques, la tragédie met en scène des héros d'un autre âge pour le mettre en question au nom des valeurs civiques et des «modes de pensée nouveaux qui marquent l'avènement du droit dans le cadre de la cité». (J-P Vernant). Mais en même temps, elle met les valeurs démocratiques à l'épreuve du mythe. [...] Elle pose la question fondamentale de la politique et s'intéresse essentiellement à l'homme en tant qu'il est un animal social. [...] D'autre part, il ne faut pas oublier que la représentation tragique était à Athènes étroitement intégrée à une cérémonie religieuse en l'honneur de Dionysos, le dieu au masque qui brouille les frontières du réel et de l'imaginaire. Et la critique contemporaine tend à mettre l'accent sur la dimension religieuse de la tragédie grecque qui met en scène des sacrifices humains, fait grand usage des métaphores sacrificielles et intègre des éléments rituels comme la supplication ou la prière.

Bon. Il faut ajouter que si le premier met en scène des hommes (à titre épicène, bien sûr...) dans toute leurs hommeries, la seconde présente des personnages de rang élevé quasi divin.

Suis-je plus avancé?


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