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lundi 2 mai 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

En-avant: Denis Lavoie et Ursule Garneau
Au centre: Sonia Tremblay, Joan L'Espérance et Emmanuelle Girard
Derrière: Luc-Antoine Cauchon, Gervais Arcand et Jean-Sébastien Montpetit

Quelques mots sur La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir qui a pris fin samedi dernier, dans une apothéose publique alors que scène et salle étaient électrisée par la fébrilité de l'ultime représentation.

Enfin, je me repose. Le stress peut enfin laisser la place au recul et à l'analyse des résultats. Je suis sincèrement content que ça ait bien été avec cette production... du moins de ce que j'en ai vu et ce que j'en ai su. Parce qu'avec toutes les épreuves traversées en cours de travail (du jour de la distribution à la première), le plaisir et l'enthousiasme ont été constamment minés par des éléments extérieurs à la création... et pour la première fois, j'ai douté. Pire, j'ai crains!

Une belle équipe, oui. Des gens fantastiques, oui. De beaux moments, oui.

Et pourtant...

Même si, dans l'ensemble, le travail s'est fait dans les rires, avec engagement (quoique douloureux dans le contexte de cette année), cette production aura été, pour moi, celle des regrets et des déceptions, des contrariétés et des impuissances. Non pour ce qui a été fait (que j'assume encore parce que j'y crois) mais pour ce qui n'aura pu être. Pour le temps manqué (et ce n'est pas là une vaine plainte convenue!). Pour tout ce qui, après coup, aurait pu nourrir la création.

Au final, toutefois, le succès (parce que c'en fut un!) a pu atténuer ces impressions! Un succès unanime? Probablement pas. Mais après tout, ce n'est pas là la réussite. Celle-ci résulte dans ce qui, jour après jour en répétition nous manquait et qui, soir après soir en représentation, faisait que la pièce pouvait prendre son envol: l'esprit d'équipe et le plaisir. Les comédiens et les concepteurs ont fait là un travail honnête, exigeant, rigoureux... et, jusqu'à la première, fichtrement angoissant!!!

Mais voilà. Le rideau est maintenant tombé.

dimanche 24 avril 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Eh oui... ce n'est toujours pas fini bien que j'aie un peu mis de côté cette production depuis la première. Il reste encore une semaine. Les représentations se suivent mais ne se ressemblent pas. Je reste attentif à ce qui se passe (et il s'en passe des choses!) et je tente d'apporter soutien à toute l'équipe.

Bref, pour rattraper le temps perdu au cours des dernières semaines, voici quelques petits documents qui sont apparus. Tout d'abord, une entrevue faite à COGECO quelques minutes à peine après la fin de la première représentation, le 31 mars dernier:



Ensuite, voici quelques articles parus dans les journaux. Le premier paru le 31 mars dans le Voir, sous la plume de Joël Martel (Trio Mic-Mac), le second paru le 1er avril dans L'Étoile du Lac sous la plume (un peu faible pour le théâtre) de Daniel Migneault (Le Théâtre Mic Mac propose un bon divertissement) et enfin, pour les curieux, il y a aussi un article paru la semaine dernière dans le Progrès-Dimanche, malheureusement, je ne le retrouve pas en ligne. Voilà.

vendredi 1 avril 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]


Voilà. C'est fait.

Hier soir a eu lieu la première de La Visite... et contre toute attente (après avoir eu de la difficulté horaire, avoir manqué un peu de temps et m'être laissé envahir pas le doute et l'angoisse), ce fut généralement un bon succès. J'y ai cependant toujours cru... en me forçant un peu parfois. Une gestion du stress ardue.

Malgré le trac et la fébrilité de la première représentation devant un public (d'ailleurs, la salle était comble...), les comédiens se sont ouverts à cette comédie avec enthousiasme et générosité. Le gâteau a levé. Un beau gâteau. «Enfin!» devrais-je ajouter. Ce fut long. Mais pour la première fois, sur scène, il y avait un esprit d'équipe fort.

Entretemps, je suis mort une nouvelle fois.

Maintenant, un nouveau volet s'ouvre sur ce projet: les représentations. Il appartient désormais aux comédiens de faire évoluer ce spectacle (avec, tout de même, un oeil constant de ma part et l'oeil plus présent de Joan Tremblay!) en apprivoisant l'action qui doit se passer sur scène et les rires venus de la salle. Un travail rigoureux parce qu'il est facile de se laisser emporter par ceux-ci et de surjouer pour tenter d'aller en chercher toujours plus. Les trois mêmes éléments doivent guider cette évolution autonome: la précision (dans le geste, le placement et le rythme), l'écoute et le plaisir.

Merde à toute cette équipe pour la suite des choses!


jeudi 31 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Pour l'équipe de La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir du Théâtre Mic Mac... Pour Ursule et Denis, Gervais et Sonia, Joan L. et Jean-Sébastien, Emmanuelle et Luc-Antoine... Pour Christian et pour l'équipe des costumes Réjean, Nicole, Jocelyne, Lise, Lucie... pour Joan T. qui m'a accompagné tout au cours du travail et un peu aussi à moi-même... Enfin, pour tous les autres qui graviteront autour de cette production en avril, je vous souhaite, sur un air de Lynda Lemay,



MERDE, MERDE ET REMERDE!

EH OUI!!! C'EST LA PREMIÈRE!!!

mercredi 30 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]


On me permettra, à quelques heures de la première (enfin... demain... à la même heure ou presque) de replacer ici ces quelques notes données aux comédiens de La Visite hier soir (lors de la générale qui fut sur scène - ma foi! - assez bien alors que la technique, elle, se faisait catastrophique!). Ces quelques notes reprennent quelques lieux communs (qui sont pourtant toujours bons à rappeler) et tentent de retracer les grandes lignes de cette production...

  • Pour bien comprendre l'enjeu de la pièce (donnée par cette phrase tirée du site perso de Michel-Marc Bouchard: Comment mettre à l'abri un bonheur conjugal de l'invasion des parents, des amis et des relations? Comment éviter l'ouverture d'une porte ne provoque un flot de personnages de tout acabit qui vous trouvent si «accueillant» et finissent par vous exploiter?), la visite doit nécessairement être envahissante et le couple central doit nécessairement réagir à celle-ci!
  • En ce sens, il faut garder à l'esprit que chacun des visiteurs doit être monstrueux. Il faut éviter la banalité. À part pour les personnages principaux de Monique et Roger, personne ne doit être de niveau quotidien. La visite de ce spectacle est caractérisée. Marquée. Typée. Caricaturale... et surtout, forte et dynamique! En ce sens, c'est aux comédiens que revient la lourde tâche de porter l'esthétique étrange de la production. Par conséquent, il leur revient individuellement et collectivement de lui insuffler âme et esprit.
  • Maintenant que tout le monde connaît son texte et ses déplacements, l'essence de cette comédie tient, en fait, à peu de chose: l'écoute, la vivacité et l'enthousiasme. Elle doit être portée par une troupe unie qui va dans le même sens, la même direction. C'est un ensemble dans lequel chacun est important. Il faut donc du plaisir dans tout ce que les acteurs font: le prologue, les changements de décors, les scènes. Le plaisir du spectateur est directement proportionnel au leur.
  • La comédie implique un dialogue soutenu, direct et constant sur la scène d'abord... et entre la scène et la salle. Il faut toutefois éviter de trop en faire, de trop en mettre pour chercher à faire rire. Plus les actions scéniques sont sérieuses et bien contrôlées, plus la maîtrise sera manifeste et le plus les effets seront réussis. Plus il y aura sur scène attention et précision et le plus les mots atteindront leurs cibles.
  • Le transgenrisme (ou plutôt, travestisme) doit être bien porté... et donner le ton à tout le reste, donner un niveau de jeu qu'il ne faut jamais laisser tomber... Du coup, il faut porter doublement attention aux personnages normaux... c'est-à-dire aux personnages féminins joués par les femmes et à ceux masculins joués par les hommes pour garder le même calibre d'interprétation.
  • Les temps morts sont les pires écueils qui puissent être dans cette production! Dès le départ, il faut lui donner un élan, un souffle et l'entretenir.
Voilà. Pour le reste, je m'en remets à la capacité, le talent et le plaisir de toute mon équipe qui a congé ce soir. Un repos bien mérité avant une première qui viendra bien assez tôt!

mardi 29 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Bon... le compteur tourne... Dans 4 heures et 23 minutes, nous lancerons la générale de La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir. D'ici ce temps, je continue de prendre des notes, de noter des nouvelles précisions, de nouvelles indications... de mettre le doigt sur les problèmes pendant qu'il est encore temps! Entre la fébrilité et l'angoisse de la première! D'ailleurs, petite réflexion post-enchaînement d'hier soir: le rôle du metteur en scène se termine-t-il le soir de la première ou si celui-ci peut et doit continuer jusqu'à la dernière? Entre les deux, les comédiens ont l'entière responsabilité de la production...

La Visite [Carnet de mise en scène]

À quelques heures de la générale de La Visite, je place sur ce blogue quelques photos (quasi officielles!) prises lors du dernier week-end de répétition (par Christian Roberge). Pour les agrandir, il suffit de cliquer sur chacune de celles-ci.







Hier soir avait lieu la générale technique. Comme ça allait bien, nous avons pu filer le spectacle en entier, sans interruption. Chaque enchaînement est bénéfique.

Ainsi donc, après cet exercice, il appert deux ou trois petites choses qu'il faut consolider d'ici la première... et non des moindres!: le rythme du spectacle (donné principalement par le tonus et le dynamisme) et l'esprit d'équipe (qui procurera le plaisir magique et l'écoute essentielle).

Et pourtant, tout est là, bien que tout ne lève pas encore... La fatigue l'emporte pour le moment... N'empêche que j'ai confiance en notre travail, en ce que feront les comédiens! Je les regarde avec plaisir.

Tous ensemble pour le bien du spectacle.

lundi 28 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Ce billet aurait pu se titrer autrement: le paradoxe du metteur en scène... parce qu'avec la première de La Visite qui approche à grands pas (alors que les répétitions à proprement dites sont terminées!), les sentiments sont tout aussi intenses que contradictoires.

D'une part, il y a la satisfaction d'avoir fait cette création avec cette équipe. De beaux moments de plaisir. De belles journées de travail. Des idées pleins la tête. Des ambitions. Le plaisir. La chance. Un bon travail esquissé, porté par des comédiens talentueux...

D'autre part, il y a la déception... ou la contrariété parce qu'avec cette création et cette équipe, je n'ai pas pu aller plus loin. Toujours plus loin. Par manque de temps. Par contraintes d'horaire. (un fléau dans le contexte de cette année!). Par envergure de la pièce (qui dure près de deux heures). L'impression d'inachevé, de laisser un travail en plan. J'en aurais pris plus... Bien sûr, me rétorquera-t-on, on en prendrait toujours plus... Oui, je sais. Mais tout de même.

Au cours des deux derniers jours, nous avons fait quatre enchaînements, chacun avec leurs forces et leurs faiblesses. Quatre enchaînements pour quatre séries de notes. Quatre enchaînements dont un devant un petit public... Ce dernier droit est épuisant parce qu'à partir de ce moment, il y a de la redite. Des notes assimilées et pourtant oubliées. Des indications dites maintes et maintes fois. Des trouvailles, aussi, de dernière minute... dont l'intégration des lumières...

Ce soir, nous faisons la générale technique (précédée d'un «cue to cue» nécessaire pour le jeune régisseur) et demain, nous passons à la générale. Habituellement, au Théâtre Mic Mac, nous laissons une journée de répit entre celle-ci et la première. Cette année, l'option est prise de garder le mercredi sur le calendrier pour un ultime enchaînement...

Une fin essoufflante.

mercredi 23 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Alors qu'une première se passe (Antigone), une autre arrive à grands pas... Enfin, il ne reste plus qu'une toute petite semaine avant le début des représentations de La Visite.

Le dernier week-end s'est avéré plus ardu que prévu avec une comédienne en voyage (prévu) et une autre qui s'est vue dans l'obligation de s'absenter pour raison de santé. Par conséquent, il a fallu revoir l'idée de faire quatre enchaînements pour se consacrer plutôt à réviser certaines scènes et faire du travail de précision... en autant que faire se peut... parce que dans le contexte de cette pièce, avec deux comédiennes en moins (qui plus est c'est deux-là!), ça fait environ dix personnages sans porteur, dans environ vingt scènes, qui représentent les trois quart du spectacles.

Nous nous sommes tout de même astreints à l'exercice fastidieux de faire un enchaînement avec une doublure (de qualité!... en la personne de Joan Tremblay, mon assitante) pour faire tous les rôles manquants... Pour le rythme et la dynamique de l'ensemble, on repassera. Par contre, ça a permis de revoir le tout, de redonner les grandes lignes des changements de décor, dans l'attente de la prochaine fin de semaine.

Angoissé? Oui et non... Moins par le spectacle comme tel que par le besoin d'enthousiasme, de rigueur, de plaisir, de confiance et de hâte qu'il me faut de la part de toute l'équipe de production! Dans les faits, la mise en place est faite depuis un mois et demi. Le seul hic, c'est que nous ne sommes pas capables de faire les enchaînements requis. Mais il nous reste encore vendredi soir (pour révision en groupe), samedi toute la journée avec les intensités le soir, dimanche toute la journée... puis nous entrons déjà dans le cycle des générales lundi, mardi et mercredi soir. La première étant le 31 mars.

samedi 19 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Le Visite lors de la création du Mic Mac, en 1984.
À noter que les deux comédiens du centre
(les troisième et quatrième de la ligne)
se retrouvent dans la production de 2011!

On entreprend, cette fin de semaine, le dernier quart de la création. Le dernier droit...

Période intense où tout est en place et attend l'étincelle magique... qui tarde parfois à surgir.

Dans les jours à venir (disons les dix prochains), ce sera maintenant au tour du son et de l'éclairage à faire leur entrée en scène. Des éléments qui serviront, en quelques sortes, de catalyseurs lorsqu'ils auront été mis en place. De même que les costumes (qui n'ont pas encore été vus sur une scène colorée...). De même que les maquillages (qui sont encore en chantier).

Donc, au menu, plusieurs enchaînements... à la recherche d'une dynamique et d'un rythme soutenu et en quête d'une consolidation de la ligne dramatique du couple principal qui a besoin de cette machine autour de lui pour se définir. Un travail de longue haleine fait dans un cadre de sprint.

Un projet qui, maintenant que la vue d'ensemble est possible, ne demande plus que le plaisir et l'enthousiasme pour croître et se développer. Et une rigueur toute particulière à la comédie: garder vivant ce qu'on ne ne trouve plus drôle de même que faire sans surfaire.

Toutefois, j'entreprends ce week-end avec des craintes dues, entres autres choses, à des circonstances contrariantes: une comédienne absente, une autre qui arrive de Chine et qui risque de subir le décalage, une autre malade et sous antibiotique et d'autres qui doivent parfois se plier à des impondérables professionnels... Un beau projet qui nous aura fait vivre moult péripéties.

samedi 12 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Je réfléchis beaucoup, depuis quelques jours, aux maquillages requis pour la production en cours... et voici les constatations:

il faut des maquillages qui ne distinguent pas les hommes des femmes... qui uniformisent le fait que des hommes jouent des femmes et vice-versa;

en ce sens, il faut des maquillages neutres, unisexes qui pourtant, devront rehausser le caractère formel des personnages (et se lier aux décors, costumes, jeu)... bref, il faut des maquillages surprenants;

compte tenu du fait qu'il fait très chaud dans les costumes et que l'arrivée de l'éclairage amplifiera cette chaleur (surtout sur le petit espace); compte tenu que les comédiens courent en coulisse et n'auront pas le temps de faire des retouches et de le changer d'une scène à l'autre, il faut des maquillages léger et pourtant marqués accentuant principalement les yeux et la bouche, siège de l'expression faciale.

Devant ces constatations, deux options s'offrent à nous:

1- ou bien nous effaçons toutes les lignes du visage pour obtenir des espèces de masques neutres un peu comme sur l'image suivante:


danseurs de butô

2 - ou bien nous laissons le visage relativement naturel mais sur lequel nous délimitons avec emphase et les yeux et les sourcils (option que je retiens personnellement) comme sur les images suivantes:



À ce chapitre, voici quelques mots de Patrice Pavis dans l'excellent et nécessaire ouvrage L'Analyse des spectacles, publié en 1996 aux Éditions Nathan.

[...] Dès lors qu'il n'obéit plus à une banale tâche de soulignement et confirmation des traits vraisemblables et réalistes du personnage, le maquillage forme un système esthétique qui n'obéit qu'à ses propres règles. [...] Souvent le maquillage devient, dans la mise en scène contemporaine, beaucoup plus qu'un déguisement ou un soulignement des traits existants: c'est un vertige qui bloque toute interprétation assurée et toute métamorphose définitive.

Voilà une belle description de sa fonction...

lundi 7 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Voici l'affiche de la production 2011 du Théâtre Mic Mac, La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir. C'est une conception et une réalisation de Christian Roberge (qui signe, avec talent et compétence, les affiches de cette troupe depuis déjà plusieurs années!):


Le travail fait ces deux derniers jours a été concluant même si...

Même s'il manquait du monde...
Même s'il était sous le signe de la contrariété...
Même s'il était impossible d'en faire plus malgré le temps disponible...

Les principaux éléments du programme (le prologue et les changements de décors) se sont bien déroulés... de même que le reste des scènes prévues à l'horaire. Toutefois, nous aurions eu du temps pour en faire encore et encore...

Malheureusement, les circonstances (l'absence de comédiens) rendaient ce souhait un peu utopique... Les personnages de cette production sont bien dessiné, la mise en place fonctionne, le texte est su. Et ils sont plusieurs! La difficulté réside ailleurs. Car s'ils sont effectivement nombreux, leur présence effective est généralement rapide (plus de l'ordre du caméo et du numéro d'acteur). Pas de temps, pas de matière assez dense pour s'y arrêter dans du travail individuel. Il faut, pour avoir un résultat probant, les aborder par le biais de la dynamique scénique, de leur interrelations avec les autres, notamment avec le personnage principal (Monique) qui agit comme pivot. L'absence de ce pivot rend le travail inutile en ce sens où ce n'est pas sur la coquille qu'il faut agir mais sur son déploiement. Dans ce contexte, c'est la véritable dynamique (des corps, des caractères) qu'il nous faut... pour inspirer, donner les pistes de solution.

Mais malgré tout...

Je reste content et satisfait. Nous n'avons pas de retard (même si j'aurais aimé pouvoir commencer à mettre en place la technique) et il reste encore le quart des répétitions à venir. Le seul petit hic, c'est de réussir à réunir tout le monde d'ici les générales qui approchent!


samedi 5 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]


Sixième week-end de répétition au Théâtre Mic Mac... qu'on annonce sous la neige... et qui se passera (après avoir joué avec l'horaire à quelques reprises) avec l'absence de la comédienne principale.

Travail un peu tronqué...

Qu'à cela ne tienne. Il faut ce qu'il faut. Aujourd'hui et demain, nous profiterons de l'occasion pour revoir certains personnages, retravailler le prologue en entier (qui, lors de l'enchaînement de la dernière fois avait tous les allures possibles sans celle qu'il aurait dû avoir!)... et, idéalement, discuter de technique (son et éclairage) qui devra bien, un jour ou l'autre, entrer en ligne de compte.

Ce sera le moment de prendre le temps pour regarder en détail les points d'ordre esthétique...

Travail de précision...

Dans l'ensemble, c'est assez convaincant. Du moment où on se rapproche de ce que je recherche. Ce qu'il manque encore (et parfois de manière si infime...) aux personnages c'est la PERVERSION. C'est ça le côté grinçant que je souhaite . J'entends déjà l'équipe frémir...! Par perversion, je ne parle pas de sexe... Je veux surtout dire du «détournement de sens», «anomalie de comportement», de la «torsion de la réalité», de l'«amoralité» de chacun des personnages qui envahissent le lieu du couple. Aller chercher le côté horrible, désaxé.

Que cette comédie fasse rire, je le concède. Personnellement, j'estimerai avoir réussi si, en plus, elle trouble.

jeudi 3 mars 2011

La Visite [carnet de mise en scène]


Il y a quelques jours, j'ai présenté l'évolution du travail en cours au Théâtre Mic Mac... Voici la dernière photographie (prise par Christian Roberge, maître d'œuvre de l'aspect «scénographie et accessoire») du décor de La Visite - la nôtre - pratiquement terminé (si ce n'est d'une couche de vernis et de l'installation d'un jeu de rideaux en coulisses). Maintenant au tour des comédiens, des costumes, de l'éclairage, du son à venir le compléter!

L'effet recherché marchera-t-il? L'amplification des couleurs et de la forme donnera-t-elle le contraste voulu, proche du grotesque et de l'expressionnisme? Les costumes, notamment, s'y inscriront-ils facilement et efficacement? Et que faire des visages devant une esthétique aussi marquée? Maquillage outrancier? Accentué? Uni? Aucun?


mardi 1 mars 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

C'est fou comme un texte de théâtre (comme La Visite, par exemple...) peut devenir prétexte à de grandes réflexions sur le théâtre (du moins, ce théâtre) et qu'à la moindre lecture théorique, des phrases me sautent aux yeux et me semblent écrites spécifiquement pour ce que nous sommes en train de créer à Roberval...

La dernière en date provient de Jean-Pierre Ryngaert (en collaboration avec Julie Sermon) et est tirée du très pointu Le personnage théâtral contemporain: décomposition, recomposition: En démultipliant les apparitions et donc en proposant des mouvements d'entrées et de sorties à répétition, les auteurs plongent en effet leurs créatures dans un environnement hyperthéâtral, qui met en exergue leur définition ludique.

Cette petite ligne théorique me semble expliquer de façon brève et concise tout le fonctionnement dramatique et dramaturgique de la pièce de Michel-Marc Bouchard... et toute la mise en scène que mes collaborateurs et moi tentons de faire...

lundi 28 février 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

Ce week-end, la salle Lionel-Villeneuve (où loge le Théâtre Mic Mac) a pris, selon toute vraisemblance (alors que j'étais plutôt en terre saguenéenne...), des allures de chantier alors qu'une équipe s'est attelée à la tâche de peindre le décor de La Visite selon la maquette proposée.

Voici donc une série de photographies (de Christian Roberge) qui montrent l'évolution du travail:

Sur la photo, on reconnaît quatre importantes collaboratrices (pour la plupart attitrées au costumes) de cette production: Lise Ouellet, Nicole Guillemette, Mélanie Tremblay et Lucie Guillemette

Évolution 1

Évolution 2

Évolution 3

Résultat final... enfin, en attendant les cadres de portes

Décor versus maquette

J'avoue avoir une hâte incommensurable d'y aller (dans une petite semaine) pour voir ce que ça donne en vrai, avec des acteurs en costumes sur cette scène qui ne représente aucune pièce en particulier, qui n'a aucune fonction mimétique mais plutôt une fonction dynamique incontournable (donnée notamment par la pente, la perspective, les portes, l'aire de jeu réduite).


mercredi 23 février 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]


En farfouillant dans mes bouquins à la recherche d'un sujet potentiellement intéressant, je suis tombé sur une définition (dans le Dictionnaire encyclopédique du théâtre de Michel Corvin) qui pourrait fort bien s'appliquer à la pièce La Visite ou surtout sentez-vous pas obligés de venir! de Michel-Marc Bouchard.

COMÉDIE À TIROIRS: Dans ce type de pièce, le personnage principal se trouve généralement entraîné dans une série de courtes scènes qui sont juxtaposées sans autre souci que de donner à voir une galerie de portraits ou de broder des variations autour d'un thème. [Il me semble que c'est exactement ce qui se passe dans cette pièce...] On rencontre cette construction dans Les Fâcheux (1661) de Molière, Le Mercure galant (1683) de Boursault, Les Originaux (1737) de Fagan. Au XIXième siècle, la comédie à tiroirs tourne souvent au numéro d'acteur: Samson faisant admirer son jeu et celui de Provost dans La Famille Poisson (1845) qu'il écrit lui-même; dans Le Misanthrope et l'Auvergnat (1852) de Labiche. (J.-M. Thomasseau)

mardi 22 février 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]

En lieu et place de théories ou d'opinions, voici quelques photographies (en plein chantier!) de la première partie prises par Christian Roberge au cours de la dernière fin de semaine de répétition, dans un décor encore en construction. (Bon. Les images ne sont que pour donner une idée de ce qu'il advient de ce spectacle... même si elles ne donnent pas une juste valeur de l'articulation de ces scènes rocambolesques!)

Le décor brut... avant la transformation théâtrale!

Le repas avec la belle-mère...

Les amies...

La famille...

Le party de famille...

C'était là la dernière fin de semaine avec l'équipe complète... avant celle du 26 et 27 mars... soit quelques jours avant la première!!! Qu'importe. Nous avons placé la dernière partie (l'acte III, en quelques sortes) de cette pièce... pour une représentation qui approchera (les deux heures. Encore six jours à venir!!!

Il y a de très belles scènes et d'autres qui le sont un peu moins. Le rythme s'impose de plus en plus et le fait d'avoir une vue d'ensemble - et de l'articulation du spectacle, et des enjeux, et de l'évolution des personnages - donne soudainement un recul bénéfique pour reprendre des parties complètes avec un nouveau point de vue.

Les enchaînements du week end - il y en a eu deux - ont rempli aussi un rôle essentiel: rassurer l'équipe sur le temps dont les comédiens disposent pour les changements de costumes, pour l'effort qu'ils doivent fournir. Le projet s'éclaircit tout à coup et montre les points à prendre en compte pour la suite des choses:

- comme par exemple, le bruit des pas en coulisse et sur scène qui résonnent sur le plancher de bois;

- comme par exemple, la rigueur et la précision qui doivent être appliquées tout au cours du spectacle;

- comme par exemple, l'équilibre du plateau qui a parfois de la difficulté à se faire;

- comme par exemple, l'ouverture à l'autre qui fait parfois défaut alors que les comédiens sont trop concentrées sur leur personnage et beaucoup moins sur l'ensemble;

- enfin, et c'est peut-être là le plus important de ce que peut nous apprendre l'exercice, il devient évident pour tous que la comédie ne réside pas dans la facilité et la farce individuelle (ce n'est pas un show d'humour) mais dans la rigueur, la précision et la virtuosité de tout un ensemble qui s'écoute et qui pousse dans le même sens.






samedi 19 février 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]


Je remets une photographie (de moi) de la maquette du décor de La Visite... parce qu'enfin, en cette cinquième fin de semaine de répétition, nous répéterons dans un espace fermé par ces murs percés.

Depuis le début de l'aventure, nous avons déjà le plancher incliné (assez petit, d'ailleurs... avec, à l'avant, seize pieds de large; à l'arrière, 10 pieds... et douze pieds de profondeur)... mais placé sur la scène ouverte. Je me répète mais tant pis... Le nombre d'entrées et de sorties effarantes de cette production plaçaient donc constamment des acteurs en attente tout autour. Le focus scénique devenait, du coup, plus difficile à atteindre.

Maintenant, ce sera chose du passé. Le huis-clos provoqué par l'apparition des murs, l'impression d'enfermement, d'écrasement, ne pourra qu'être bénéfique dans l'évolution de ce spectacle. Les ajustements seront beaucoup plus efficaces.

Nous profitons également de ce week end pour faire le traditionnel souper de production, événement destiné essentiellement à réunir l'équipe sous d'autres augures...

lundi 14 février 2011

La Visite [Carnet de mise en scène]


Nous avons terminé la première moitié des répétitions de La Visite... soit les 8 premiers jours intensifs: le second tableau (enfin, l'acte 2, si on peut dire...) est terminé. La mise en place est établie et les personnages sont sommairement esquissés. Peu à peu, un dessein émerge... Une forme se consolide. Un plaisir point à l'horizon.

Nous nous sommes payés le luxe, hier matin, de faire un enchaînement des deux premiers tableaux (sur trois)... pour avoir une idée de ce que ça donne... pour donner une idée des difficultés - notamment, des changements de costumes continuels et rapides... et pour identifier les moments plus faibles qu'il fallait revoir.

L'exercice, bien que fastidieux, s'est avérée fort bénéfique.

À partir de ce moment, les répétitions de l'après-midi fonctionnaient un peu selon le principe du repentir en peinture: le repentir est une partie du tableau qui a été recouverte par le peintre, soit pour masquer un (des) personnage(s), des objets ou organes, soit pour modifier un aspect (position d'une main, par exemple) (Wikipédia). Deux scènes ont été complètement revues... une plus radicalement (d'où l'importance, pour les comédiens, de prendre des notes au crayon de plomb!) et l'autre, plus nuancée. Des refontes complètes. C'est peut-être la partie la plus éprouvante émotivement pour les acteurs alors qu'ils doivent reprendre à zéro, défaire les acquis, reformater leurs actions... avec, parfois, l'impression qu'ils sont pris en défaut. Et pourtant... C'est l'ensemble qui dicte ses besoins... Et modifier un geste, une entrée, une interrelation peut changer avec force la lecture du spectateur.

Un autre effet déstabilisant est le trop... trop montrer, trop faire, trop insister... aller trop loin. Une crainte qui paralyse... Dans l'esthétique privilégiée, il faut absolument passer par ce trop pour faire ressortir les effets voulus. Bien sûr, à force de répétitions et d'acquisition, le grossier prendra des allures plus subtiles.

À mesure que se construit le spectacle (alors qu'entreront en jeu, dans quelques jours, et les murs du décors et la lumière et la musique et la peinture), la recherche de précision et de compréhension des dynamiques entre les personnages deviennent nécessaires et constituent le principal enjeu de notre travail.

Pour le moment, l'ensemble du travail effectué dure environ 1h20...