jeudi 17 mars 2011

Un corps entre la tragédie et la comédie


Alors que je baigne présentement entre la tragédie (pour l'Antigone de Sophocle qui sera présentée sous peu par le Collectif N.A.T.A.S. et le Théâtre 100 Masques) et la comédie (pour La Visite du Théâtre Mic Mac qui commencera dans deux petites semaines), je viens de tomber sur ce petit passage - enfin, une citation! - écrit par Henri-Louis Bergson (1859-1941), philosophe français dans son ouvrage Le Rire. Un petit passage qui donne à réfléchir.

Dès que le souci du corps intervient, une infiltration comique est à craindre. C'est pourquoi les héros de tragédie ne boivent pas, ne mangent pas, ne se chauffent pas. Même, autant que possible, ils ne s'assoient pas. S'asseoir au milieu d'une tirade serait se rappeler qu'on a un corps. Napoléon, qui était psychologue à ses heures, avait remarqué qu'on passe de la tragédie à la comédie par le seul fait de s'asseoir. Voici comment il s'exprime à ce sujet dans le Journal inédit du baron Gourgaud (il s'agit d'une entrevue avec la reine de Prusse après Iéna): «Elle me reçut sur un ton tragique, comme Chimène: Sire, justice! justice! Magdebourg! Elle continuait sur ce ton qui m'embarrassait fort. Enfin, pour la faire changer, je la priai de s'asseoir. Rien ne coupe mieux une scène tragique; car, quand on est assis, cela devient comédie.»

Ça reste à voir...

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