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mercredi 31 janvier 2024

Le Soutien à la mission du CALQ!


Quiconque côtoie des gestionnaires culturels ces temps-ci entend sans doute parler de la demande de Soutien à la mission du CALQ à laquelle tous s'adonnent ou presque, dans le milieu professionnel! L'échéance est pour demain, 1er février 2024!

Cette demande, c'est l'espoir de se voir octroyer un soutien récurrent sur 4 ans pour certains, l'aspiration de voir l'exercice se solder par une augmentation pour d'autres. Entre les deux, plusieurs se croisent les doigts pour que les montants accordés les années précédentes restent minimalement les mêmes! 

Il faut dire que cette (très grosse) demande était attendue: le dernier cycle du CALQ prévu initialement pour 2017-2021 s'est étendu, pour les raisons pandémiques que nous connaissons, jusqu'à maintenant, 2024! 

Chose certaine, il y aura embouteillage aux portes du subventionnaire alors que la manne publique providentielle n'est pas sans fonds. Les nouveaux ne se trouveront pas assez soutenus. Les plus vieux pas assez reconnus. Et entre les deux, des surprises dans les deux sens: positives et/ou négatives en regard des portraits présentés.

Concrètement, cette demande (que j'ai faite deux fois plutôt qu'une... pour l'Espace Côté-Cour avant mon départ et pour le Théâtre Les Amis de Chiffon depuis mon entrée en poste) est une véritable radioscopie de l'organisme et projection sur l'avenir. Elle se décline comme suit:

SECTION A – PRÉSENTATION DE VOTRE ORGANISME (50% de la note section A et B)
  • 1.MISSION ET MANDAT (max 250 mots)
  • 2.HISTORIQUE ET FAITS SAILLANTS (max 500 mots)
  • 3.CONTEXTE (max 1800 car.)
  • 4.MOT DE LA DIRECTION ARTISTIQUE (max 4500 car.)
  • 5.PERSPECTIVES 2024-2028 (max 1800 car.)
SECTION B – QUALITÉ ARTISTIQUE 
  • 6.PROGRAMMATION ET ACTIVITÉS PROPOSÉES AU COURS DE LA DERNIÈRE ANNÉE ET DE L’ANNÉE EN COURS (max 6000 car.)
  • 7.PROGRAMMATION ET ACTIVITÉS POUR LES DEUX PROCHAINES ANNÉES DU CYCLE DE FINANCEMENT (max 6000 car.)
  • 8.INNOVATION ET AUDACE ARTISTIQUE (max 1500 car.)
SECTION C – DIFFUSION ET RAYONNEMENT (25% de la note)
  • 9.FRÉQUENTATION DES ACTIVITÉS (max 6000 car.)
  • 10.RAYONNEMENT, RÉSEAUX ET PARTENARIATS (max 1500 car.)
  • 11.APPORT AU TERRITOIRE (max 1500 car.)
  • 12.DIVERSIFICATION DES PUBLICS – POUR LES ORGANISMES QUI OFFRENT DES SPECTACLES EN AUTODIFFUSION (max 1500 car.)
  • 13.ACTIVITÉS DE MÉDIATION ET SENSIBILISATION DE PUBLIC (max 1500 car.)
SECTION D – CONTRIBUTION À LA COMMUNAUTÉ ARTISTIQUE (25% de la note)
  • 14.ACTIONS EN FAVEUR DE LA RELÈVE (max 1800 car.)
  • 15.ACTIONS EN FAVEUR DE L’INCLUSION (max 1800 car.)
  • 16.RÉMUNÉRATION DES ARTISTES ET DES TRAVAILLEURS CULTURELS (max 1800 car.)
  • 17.CONTRIBUTION AU DÉVELOPPEMENT D’UN SECTEUR OU D’UNE OU PLUSIEURS DISCIPLINE(S) (max 3000 car.)
  • 18.PRÉSENTEZ TOUTE AUTRE INFORMATION EN LIEN AVEC L’ACQUITTEMENT DU VOTRE MANDAT (max 1500 car.)
Ça, c'est pour la partie rédaction de la demande, que tous les aspirants remplissent. 

La pondération de chacun de ces blocs (et des éléments qui suivent) positionne l'organisme par rapport aux autres compagnies. Et plus ce classement est haut, plus les chances sont grandes d'être parmi les heureux au terme de l'exercice! L'inverse est vrai aussi... conclusion: il faut scorer! D'où la pression ressentie par ceux qui sont là-dedans présentement!

À la partie écrite se joint un document Excell plus statistique (avec ces éléments pour les organismes de création et de production comme le TAC):

  • IDENTIFICATION, RENSEIGNEMENT GÉNÉRAUX ET DÉCLARATIONS
  • INFORMATION SUR LE CONSEIL D'ADMINISTRATION
  • STRUCTURE ORGANISATIONNELLE
  • PORTRAIT SOMMAIRE DE L'ORGANISME
  • EFFORTS CONSACRÉS A L'ÉCORESPONSABILITÉ (pratiques de gestion et à venir; pratiques de création et production et à venir; pratiques en lien avec la circulation des oeuvres et à venir; actions en matière de gouvernance)
  • SECTION 6a - PROGRAMMATION 2024-2025
  • SECTION 6b - REVENUS ET DÉPENSES DES ACTIVITÉS DE PRODUCTION 2024-2025
  • SECTION 9a - BILAN DE DIFFUSION (2022-2023)
  • SECTION 9a - PLAN DE DIFFUSION -  SAISON EN COURS (2023-2024)
  • SECTION 9a - PLAN DE DIFFUSION - AN 1 DU CYCLE (2024-2025)
  • SECTION 9b - MÉDIATION CULTURELLE ET ACTIVITÉS DE SENSIBILISATION (2022-2023)
  • SECTION 9b - MÉDIATION CULTURELLE ET ACTIVITÉS DE SENSIBILISATION - EN COURS (2023-2024)
  • SECTION 9b - MÉDIATION CULTURELLE ET ACTIVITÉS DE SENSIBILISATION  - PRÉVISIONNEL (2024-2025)
  •  SECTION 14a - SOMMAIRE DES REVENUS ET DÉPENSES (réel, en cours et prévisionnel).

Puis, comme toutes bonnes demandes qui se respectent, il y a toute la documentation d'appui à fournir qui va du dossier de presse aux états financiers en passant par les différentes politiques de l'organismes et plans de travail. 

Toute cette demande représente des heures et des heures et des heures de rédaction et de réécriture (parce que les réponses sont limitées à un nombre précis de caractère qui impose une concision et une précision chirurgicale du discours). De relectures et de recommencements. De doutes et de soupirs... jusqu'au sentiment d'avoir tout donné... et advienne que pourra! Les réponses quelque part dans le courant de l'été.
 
Courage à tous ceux qui n'ont pas encore terminé! 

lundi 13 janvier 2020

Quand survint le CALQ... 1

En 1994, après quelques années de discussions, le Ministère de la Culture et des communications, sous la direction de Liza Frulla, légifère pour pour donner ses assises au Conseil des arts et des lettres du Québec

Le CALQ devait permettre une meilleure distribution des ressources, structurer un milieu qui trouvait son financement à plusieurs sources, professionaliser les organismes culturels. 

Mais son implantation ne se fit pas sans heurt... surtout dans les régions, dont le Saguenay-Lac-St-Jean, qui verraient leur vitalité culturelle décimée. 

En font foi ces articles du Quotidien des 8 et 11 septembre 1994, suite au dévoilement des résultats  du premier concours: 




La naissance du CALQ sera décriée, contestée (avec raisons!), critiquée. Et les voix régionales de partout au Québec auront à se faire entendre. 

La suite de cette belle histoire une autre fois...

mardi 25 septembre 2012

Suivant.


Une bonne chose de faite.

Il y a quelques minutes, je suis allé poster mes demandes de subvention pour l'année à venir (entendre ici le CALQ et le CAS). Finies, donc, les définitions de projets. Finies les projections financières. Finis les bilans. Finis les rassemblements de documents divers, des états financiers au dossier de presse en passant par les documents promotionnels. 

Alors que s'amorce la longue longue attente, que le cours des activités du Théâtre 100 Masques a déjà pris sa vitesse de croisière, je peux quitter pour les autres projets qui m'attendent et qui seront, cette année, fort nombreux.

dimanche 21 novembre 2010

Repiquage d'une lettre de Frédéric Dubois publié sur le blog Parathéâtre de Philippe Couture (Voir Montréal)

Pour faire suite à la lettre de Martin Faucher publié il y a quelques jours, voici celle de Frédéric Dubois:

Je parle aux artistes de mon âge.

Le milieu fait en sorte que nous devons entrer dans des boîtes.

De peu organisés à trop structurés, nous nous sommes pris au jeu des règles et des conventions.

Et maintenant, il faut tous faire pareil. Répondre à la structure.

Si nous ne faisons rien qui dit NON, le temps qui passe nous aura à l'usure. Il n'y a rien de pire que de répon­dre aux critères des formulaires pour que le théâtre s'abrutisse.

Parce que le temps qui passe sans nous ne nous pardonnera pas.

Si NOUS n'imaginons pas le théâtre de demain autrement, si nous acceptons qu'il soit structuré, abonné, programmé comme il l'est actuellement, j'ai peur de nous voir mourir enterrés dans un modus operandi qui ne pourra répondre aux besoins de demain.

Où est le public de mon âge ? Il ne s'abonne pas.

Ce n'est pas en faisant les affaires comme nos prédécesseurs que nous le gagnerons.

C'est en lui servant un théâtre et une manière de le faire qui nous ressemble et donc, qui lui ressemble.

On a inventé un système qui a permis des avancées au cours des vingt dernières années, mais qui aujourd'hui, il me semble, sclérose la pratique. Nous ne pouvons pas tous répondre à ce que cette structure demande et qui sert les mieux nantis.

Je ne peux pas, avec les ressources que j'ai, faire des spectacles, augmenter mon volume de productions et de spectateurs, organiser des soirées de financement et donc créer un réseau de généreux donateurs, admi­nistrer, trouver des nouvelles voies marketing pour concurrencer le reste, etc. Je ne peux pas parce que je n'ai bêtement pas les compétences. Demande-t-on à un ophtalmologiste de faire des opérations au coeur ?

Mais je fais semblant que je peux et je le fais tout en travaillant beaucoup en dehors de la compagnie pour arrondir les fins de mois. Je dis NON. Je dis : je veux faire du théâtre.

Nous avons le choix de faire semblant de faire pareil ou sinon, d'inventer d'autres moyens, d'autres manières de faire. À tout le moins, poser des gestes qui, sans défaire, questionnent.

Nous faisons tous les mêmes demandes de la même façon, nous répondons aux critères de la même façon, nous remplissons les salles de la même façon, nous diversifions nos ressources et développons le public (je déteste cette expression : développement de public) de la même façon et on s'étonne après des avancées si lentes et du peu d'écoute des interlocuteurs qui nous dirigent. Pourquoi répondraient-ils puisque nous obéissons ?

Qu'est-ce que ça donnera tout ça dans dix ans ?

Vous n'avez pas l'impression que la machine huilée pourrait rouler comme ça jusqu'à la fin des temps et que nous ferons tous chacun notre spectacle, bon an mal an, essayant de les refaire dans des programmations décidées (d'autres boîtes) trois ans à l'avance et ça, si on veut bien de nous ? Vous ne sentez pas que ça nous nuit ? Que nous n'inventons plus ?

Le théâtre n'est pas fait pour des boîtes.

Elle vient d'où cette stagnation ?

En partie de notre obéissance.

Je vous entends : il y en a des actions qui font bouger les choses. Ça a changé, on a des acquis maintenant. Certes. Mais on va s'en contenter ?

Ne me parlez pas des États généraux. Bien que je reconnaisse tout le travail, ça a fait plaisir à tout le monde et particulièrement au Ministère parce que tout le monde est reparti chez soi, silencieux.

Le lobby ? Quand nos interlocuteurs rabâchent le discours électoral et ne vont ni voir un film, ni voir une pièce en dehors de la Cour d'honneur à Avignon, les actions souterraines ne servent que ceux qui les financent. De la sorte, on leur sert le plat froid et stérile qu'ils veulent bien manger : le jeu politique. Et ainsi, nous devenons tout ce que nous cherchons à dénoncer dans nos théâtres.

Les conventions collectives ? Bien que nous ayons sauvé les meubles devant une entreprise de colonnes de chiffres qui ne pense qu'à 13 % de ses capacités, bien que nous ayons réussi à nous tenir par le nombre, la dernière négociation ACT-UDA était difficile. Nous avons gagné. Mais je ne peux pas faire autrement que de penser qu'un d'entre nous en est sorti amoché : le théâtre.

Je ne veux plus négocier. Ni pour savoir où jouer, ni pour savoir combien ça coûte.

Tout le monde travaille fort, nous sommes tous intelligents, cultivés, mais notre acceptation nous déshonore. Notre manière machinale de refaire et refaire et redire et redire, en dehors des oeuvres produites (magnifiques d'ailleurs) nous enlève toutes chances de ne pas mourir, de ne pas crever au milieu d'une foule qui nous pié­tinera sans scrupules. Et je ferais pareil.

Je dis NON.

Je n'en peux plus.

Si nous sommes gentils, nous serons dévorés par les loups.

Nous le sommes déjà.

J'en ai marre de plier, d'accepter des réponses froides de manque de fonds, d'acquis chaudement gagnés. Je devrais me taire parce que c'est mieux qu'en 1980 ?

Se taire, c'est mourir.

Vous êtes pas écoeurés de mourir, bande de caves ?

Vous êtes bien, vous, dans vos boîtes ?

_______________________________________________

Franchement, je trouve ces lettres (celle de Dubois et celle de Faucher) intéressantes, mais en même temps, je ne sais trop quoi en penser. Personnellement, je suis assez pour la (et les) structure(s)... tout peut être amélioré... mais il semble que je n'ai pas assez la fibre révolutionnaire pour y adhérer en totalité...

Et bien que je comprenne parfaitement de quoi il s'agit, ce qui est décrit dans ce(s) texte(s) correspond plus, à mon avis, à une situation des deux grands pôles que sont Québec et Montréal... Nos problèmes régionaux ne sont qu'une partie négligeable dans cette équation (dans le sens où le modus operandi semble différer)...

La grande question, si on y revient, serait «Les structures nuisent-elles à l'artistique?» Je ne le crois pas. Le problème vient plutôt du fait que ces structures sont administrées, gérées, par ceux qui doivent faire le théâtre... Après la séparation de l'Église et de l'État, il faudrait peut-être songer à une véritable séparation de l'Administration et de l'Artistique.
Les énergies se perdent... et les gestionnaires le sont par défaut. Et le «par défaut» gruge terriblement... Quant au financement... il est de notoriété publique que les argents du CALQ sont insuffisants (de mémoire, selon une étude commandée par le MAL en 2008, les besoins réels seraient d'environ 140 000 000$ alors que les budgets effectifs doivent tourner autour de 80 000 000$). Mais financer le fonctionnement ne devrait pas affaiblir les montants dévolus aux projets mêmes...

Finalement, est-ce que les différentes demandes anéantissent les personnalités? Est-ce que cela crée un moule??? Je crois que non. Il s'agit de trouver son équilibre là-dedans. Au lieu de toujours chiâler contre la structure, pourquoi ne pas la voir, justement, comme étant un outil essentiel (et non pas un but!)? Mais peut-être suis-je trop naïf...

vendredi 10 septembre 2010

Des pages et de l'argent...


L'automne entrant par la grande porte, vient le temps de s'acharner sur les nombreuses demandes de subventions qui échoient à cette période de l'année.

Ainsi donc, pour le Théâtre 100 Masques (de même que le font probablement les nombreux organismes culturels du territoire), nous sommes plongés indistinctement dans la demande au projet pour le Conseil des Arts du Canada (pour le 15 septembre), dans celle pour le projet «aîné» du programme Du coeur à l'action pour les aînés (pour le 17 septembre), dans celle au projet pour le Conseil des arts et lettres du Québec (pour le 1er octobre) et, enfin, dans celle au fonctionnement pour le Conseil des Arts de Saguenay (pour le 5 octobre).

Ces nombreuses demandes ne représentent pourtant qu'une part plutôt minime (environ 20% du budget global de nos activités).

Car parallèlement à celles-ci, c'est aussi la période de constitution des différentes demandes de partenariats financiers, véritables soutiens, qui s'échelonneront sur l'année complète...

À partir d'ici, ne reste plus qu'à se croiser les doigts pour que les semences portent fruits!

mercredi 19 mai 2010

Alléluia!


Quelle surprise que celle survenue hier en début d'après-midi! Revenant tout bonnement de dîner, j'aperçois dans notre case postale (au bureau du Théâtre 100 Masques), une enveloppe arrivée là par le courrier interne (parce que chacun sait que la poste régulière est matinale...). Sueurs froides... Les mains tremblotantes, je regarde, dans le coin supérieur gauche, qui est l'expéditeur... et mon coeur cesse de battre! Eh oui... je vous le donne en mille: la subvention du Conseil des Arts de Saguenay au fonctionnement (en d'autres termes, il s'agit là de la réponse de la demande faite le 6 octobre dernier...) peut enfin renflouer les coffres de la compagnie!

À ceux qui ne l'ont pas encore, ça ne saurait tarder!

mercredi 1 octobre 2008

Le 1er octobre



Pour les organismes théâtraux subventionnés au projet (ou qui aimeraient l'être!) au Conseil des Arts et Lettres du Québec (mieux connu sous le très bref et très claquant sigle C.A.L.Q.), c'est aujourd'hui la date limite pour le dépôt d'une demande. L'entretien de l'espoir.

C'est donc un sprint final pour boucler le dossier.

S'emmêlent donc la présentation et le profil du demandeur, la définition de projet incluant un bref résumé, un échéancier, la démarche artisitique de l'artiste associé au projet, la cohérence du projet en rapport avec la mission de l'organisme, etc. Les chiffres dansent et valsent sur la grille... Et il finit toujours par manquer un article de presse, une photo ou autre truc du genre.

Toujours est-il que si, avant 16h, l'envoi peut prendre la route postale (le cachet de la poste faisant foi, comme toujours...), ne restera plus que l'attente (l'interminable attente de 5 mois) avant la réponse.

Croisons-nous les doigts. Prochaine échéance: Conseil des Arts du Saguenay (programme pour le fonctionnement des organismes artistiques), mardi, le 6 octobre 2008... Décidément, ça ne lâche pas!