lundi 5 mai 2008

Euh

Cette semaine, Isabelle Labrie, du Quotidien/Progrès-Dimanche, dans son éditorial, effectue une sortie en règle contre les «attaques envers les médias» et répond (indirectement) à plusieurs discussions qui ont été faites ici, à propos de ceux-ci, de l'espace qu'occupe le théâtre (et la culture en général) à l'intérieur de ceux-ci, de l'état de la critique au Saguenay, de la distinction entre recherche artistique, divertissement, produits d'appel... etc. Voici donc cet édito (décidément, ce matin, je cite abondamment!)... et quelques réactions personnelles (en noir et italique) suite à cette lecture.



Année: 1915
© nd


«Édito - section Arts», Progrès-Dimanche, 4 mai 2008
par Isabelle Labrie (ilabrie@lequotidien.com)

LE FOSSÉ ENTRE ATTENTES ET RÉALITÉS

Le récent passage d'un comité du Conseil de presse du Québec à Jonquière, afin de prendre le pouls des citoyens par rapport à l'information qui leur est fournie par les médias régionaux, a permis de soulever diverses questions sur le travail des journalistes en milieu culturel. Mais elle a surtout permis de constater qu'un fossé sépare ce que les intervenants du monde artistique souhaiteraient avoir comme couverture et la réalité vécue par les entreprises de presse et donc, par ricochet, par les journalistes oeuvrant sur le terrain.

Parmi les points soulevés, il y a le manque de critiques de spectacles régionaux (Manque de rigueur artistique de ceux qui sont «de passage» serait plus juste. Souvent on a l'impression que le secteur culturel sert de rampe de lancement... ou de pis-allé. Rôles du critique (théâtral): rendre-compte d'un spectacle; étudier et réfléchir au sens, à la construction; constituer, en quelques sortes, une «mémoire du théâtre»; découvrir. ) et le traitement de l'information culturelle. Évidemment, ceux qui oeuvrent dans le milieu dans la région aimeraient que l'on parle davantage de ce qui se fait ici. Ils vont même jusqu'à dénoncer le fait que l'on fasse la critique du spectacle d'un artiste montréalais (En fait, ce n'est pas tant le fait de parler d'un artiste montréalais qui fait tiquer le milieu, mais bien l'espace qu'on lui accorde... Souvent, ce même artiste peut être le sujet de 2 pages pleines déclinées en 4 articles... alors que l'on sait l'espace limitée... et que d'autres événements sont passés sous silence faute de place.), mais qu'on ne fasse pas à tous les coups un pré-papier pour annoncer la tenue d'un événement régional. Ils trouvent aussi dommage qu'il n'y ait pas davantage d'espace dans les pages de journaux pour ce genre d'information. (Moi, si on prend par exemple Le Progrès-Dimanche, je déplore le manque d'espace, oui... mais surtout l'envahissement de la section culurelle par les horaires-télé... et le fait d'accorder deux pages pleines à un chien!)

Difficile d'en vouloir aux gens qui mettent énergie, coeur et émotions à faire connaître leur production, et de toujours souhaiter davantage de visibilité. Les revendications sont la plupart du temps légitimes, ou à tout le moins compréhensibles. Quand on crée quelque chose, on a la fierté de le montrer et de vouloir en faire parler.

Mais là où le bât blesse, c'est quand les gens (On parle de qui au juste?) mélangent dans un même panier des sujets d'importances. (J'avoue, je ne comprends pas de quoi il est question. Que signifie cette phrase exactement?) C'est ainsi que promotion, publicité et articles journalistiques son logés allègrement à la même enseigne. Et c'est ainsi que le travail des médias, qu'ils soient écrits ou électroniques, est dénoncé de la même manière.

Le Progrès du Saguenay, avec les journaux Le Quotidien et Le Progrès-Dimanche, possèdent la salle de rédaction la plus importante au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour couvrir le monde artistique avec la présence de deux journalistes à temps plein, en plus de collaborateurs et d'un chroniqueur de livres qui publie un papier toutes les semaines. Personne dans la région ne met autant d'efforts dans ce domaine. (Nous le reconnaissons tous, je crois.) Certaines stations de radio et de télévision boudent même totalement ce créneau jugé pas assez «vendeur».

Au Quotidien et au Progrès-Dimanche, au contraire, il s'agit d'un domaine reconnu, qui bénéficie d'une attention soutenue et dont les sujets font régulièrement la Une. (Particulièrement s'il s'agit d'un artiste montréalais... je sais, c'est de la mauvaise foi... lol)

Évidemment, si on se compare à ce qui se fait dans les journaux des grands centres, force est de constater que les équipes sont plus imposantes et qu'il y a plus de pages réservées à la section des arts et spectacles. Mais les journaux sont plus gros en général et il y a donc davantage de pages dans toutes les sections.

En ce qui concerne le rôle du journaliste, il semble y avoir là aussi une certaine incompréhension et elle est très perceptible en arts. (!!!) Les journalistes ne sont pas là pour «annoncer» des événements (!!!): ça c'est le travail de la publicité. (Plusieurs artistes et compagnies n'ont pas les moyens de se payer une campagne publicitaire... parce que qui parle «publicité» parle inéluctablement «argent».) Ils sont là pour présenter des artistes par le biais de reportages; pour faire part de ce qui se passe par le biais de nouvelles (euh... je cite: «Les journalistes ne sont pas là pour annoncer des événements». Quelle est la nuance?) ; pour partager leurs impressions au moyen de critiques. (Mon avis sur la critique est connu... et je j'oserais affirmer encore une fois qu'il vaut mieux, dans ce cas-ci, parler de compte-rendu.)

Nous comprenons très bien que pour certains, le journal constitue un médium de choix pour lancer une invitation à la population et pour faire parler d'un événement. (D'ailleurs, merci... et vous le dites vous-mêmes, les stations de radio boudent le secteur culturel...) Nous nous y prêtons volontiers, avec bonne foi, autant que possible. Mais il demeurera toujours qu'en raison de la diversité de la vie culturelle régionale, il faudra faire des choix de couverture. (Et c'est normal... et justifiable!)


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