mercredi 14 mai 2008

L'Auberge du Cheval Blanc


Ce qu'on en a dit:

L'Auberge du Cheval Blanc: La version saguenéenne renoue avec le succès
Christiane Laforge, Le Quotidien, Samedi, 10 mai 2008

L'Auberge, la critique
Denise Pelletier sur son blog personnel, Spécial du jour
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Le Tyrol

Oui, c'est à une soirée de divertissement réussie que nous conviait la Société d'Arts Lyriques du Royaume lors des représentations de L'Auberge du Cheval Blanc.

D'abord l'histoire... Quoique très longue (et très lente à débuter)... quoiqu'un peu simpliste dans la forme et le fond (mais après tout, l'opérette c'est d'abord et avant tout des airs et de la musique!)... quoique certains personnages (même si superbement portés!) semblent quelque peu décalés pour ne pas dire inutiles à l'histoire: zozotante Clara, le beau Célestin, entres autres... il est plutôt agréable et facile de se laisser porter par celle-ci.

Outre le talent manifeste des chanteurs/comédiens (mentions spéciales au jeune Piccolo, à Léopold et à Bristagne!) et de l'Orchestre de chambre de l'OSSLSJ, le mérite revient surtout à la direction dynamique et efficace toute chalifourienne: goût prononcé pour les jeux de scène nombreux, les clins d'oeil et les routines gestuelles (les «stepettes»); plaisir évident du spectacle; théâtralité assumée. Ce spectacle est constitué, après tout, d'une immense équipe (directeurs, concepteurs, chorégraphe, solistes, comédiens, choeur, danseurs, orchestre) qui ne dispose, enfin, que d'un temps fort limité pour arriver à ce résultat.

L'ensemble esthétique (décors, costumes, accessoires) marche relativement bien. La scénographie est correcte pour le genre, oscillant entre le carton-pâte et la technologie. L'idée des projections infographiques omniprésentes et mouvantes (qui font voyager littéralement le spectateur autour de l'Auberge, instaurant un contexte géographique cohérent) est fort intéressante. Par contre, le rendu (et le fonctionnement de l'appareil!) est un peu... disons... carré... brut... mais le principe est amusant. L'éclairage (très bien, en passant... même si parfois, c'est réellement sombre!... Toutefois, il est un peu surprenant de laisser faire l'entrée du maestro dans un noir complet!) nuit parfois à la clarté de cette image... et s'y marie à d'autres occasions pour donner des effets «saisissants», comme lors de cette air chanté dans la vacherie, la nuit, par Florès et Sylvabelle, sur lequel dansent deux couples assortis... du véritable Walt Disney: convenu, cucul... mais terriblement joli et touchant. Les costumes (en quantité phénoménale... créés par Jacynthe Dallaire) tanguent vers le folklorique et le «contemporain»... Malgré quelques questions (pourquoi Bristagne est-il vêtu de la sorte en arrivant avec ses bottes de poil? que sont ses costumes de conseillers munipaux avec ces drôles de chapeaux et épaulettes? quelle en est la ligne esthétique... n'est-ce pas en 1940?), ils remplissent bien leur rôle.

Franchement, seulement trois petits points m'ont véritablement tarabustés pendant le spectacle. Le premier (problème que l'on retrouve dans tous les spectacles de ce genre) tient à la figuration active... Lorsque le choeur fait de la vie derrière l'action principale... Lorsque les membre de ce choeur se font passants ou visisteurs ou autres... Ça donne toujours un côté faux, plaqué. Le jeu «mimé» et «improvisé» n'est jamais à la hauteur du spectacle... Est-ce par manque de temps? Assurément. Par volonté de se faire comprendre (trop appuyer, trop montrer)? Peut-être.

L'autre point (qu'on retrouve aussi de façon flagrante dans Ecce Mundo... !), futile point: le sourire des danseurs. Ces interprètes (vu leur qualité, j'aurais aimé en voir des dizaines!) du corps sont magnifiques, solides, professionnels (dans le sens où ils sont formés pour ça)... Ils sont beaux à voir se mouvoir sur la scène... mais ils sourient. Sourire est un grand mot. Ils se fixent une parure sur le visage qui ne bougera pas du spectacle. C'est une sourire vide. Ce que le corps transmets au spectateur, le visage s'y montre incapable. Vraiment... point futile mais dommageable.

Le dernier point est un peu plus consistant... et tient au fait que - j'ignore si c'est parce que j'étais assis dans la dernière rangée? - je n'ai rien entendu de ce qui se chantait... On comprend l'histoire grâce aux bouts parlés, mais on en perd l'argument écrit dès que la musique embarque. Problème de sonorisation? de projection de la voix? de pose de la voix? Je ne sais pas. Toujours est-il que c'est un légèrement frustrant.

Mais, je le redis, ce fut somme toute une soirée agréable...

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