dimanche 20 juillet 2008

NONO [Nouveau journal d'une mise en scène]... Bilan...



Le rideau est baissé. Nono appartient déjà à la théâtrographie du Théâtre 100 Masques et fait place, désormais, aux prochains projets. Bref, on ferme(ra bientôt!) les livres.

Avant de s'atteler à cette tâche administrative, quelques mots sur la production... en tant que directeur général et artistique de la compagnie et en tant que metteur en scène.

De la direction...

Tout d'abord, l'administrateur en moi se réjouit. Je ne connais pas encore les chiffres officiels, mais je sais que l'assistance (malgré le fait que peu d'argent ait été investi dans la publicité) a considérablement augmentée par rapport au trois dernières années, rejoignant celles des débuts du 100 Masques. (N.B.: La liste des spectateurs révèlent de drôles de lacunes: outre trois étudiants que je pourrais nommer, aucun autre ne s'est présenté... et il en va de même pour une très longue liste d'artisans du théâtre régional...) Par ailleurs (et en conséquent!), nous terminons la saison estivale avec un surplus budgétaire intéressant. La couverture médiatique fut aussi (quoique sans être enthousiaste!) fort utile et les commentaires reçus pour ce spectacle s'avèrent généralement positifs... dépendamment des soirs.

Du metteur en scène...

Arrive ensuite le metteur en scène... l'exigeant metteur en scène, devrais-je plutôt dire! Celui qui descendait de la régie, chaque soir, avec des notes plein la tête, des remontrances post-représentation et un air qui semblait dire: «Vous avez aimé? Vous êtes chanceux!».

Oui, je l'ai dit, je fus assez satisfait de ce travail (notez que le assez, ici, sous-entend que d'importantes améliorations auraient pu et dû être!). Ce qui me plaisait le plus avec ce texte de Nono, outre le thème et le style, était sa qualité matricielle. Ce texte, qualifié peut-être avec raison d'immature, contient pourtant, en filigrane, tout ce qui fera l'oeuvre future de Guitry. Oeuvre de jeunesse pour un théâtre qui se veut pour la relève... avec, je l'avoue, des longueurs qui rendait ces multiples répliques (et ce rythme, et cette fable) difficiles à soutenir. Mais c'était un choix depuis longtemps assumé... et une jouissance toute théâtrale d'enfin pouvoir s'y attaquer. J'aime le vaudeville. J'aime le répertoire français d'entre 1850-1910. Je n'y peux rien.

Le travail avec les comédiens fut aussi agréable que facile. Jérémie, Émilie et Alexandre se sont vite remis à la tâche, pour poursuivre les expériences antérieures (Tordus, Les Monstres de l'orgueil, etc.). Marilyne et Frédéric, après un (très) court temps d'adaptation, se sont également laissés aller. Je voulais du sang neuf... je l'ai eu. Au détriment du spectacle? Je ne pense pas. S'il y avait des inégalités dans l'interprétation (particulièrement des personnages principaux), j'en fus fort probablement la cause. Par choix. Pour maintenir le contraste entre les deux monstres d'égocentrisme (et de froideur) que sont Robert et Nono d'une part et des autres victimes (hystériques) de l'autre. Mais bon... Ce serait à refaire que je pencherais encore pour la même distribution. L'équipe était dynamique, fonceuse quasi ponctuelle (le pire des défauts!)... et, pour la plupart d'entre eux, rompus au jeu scénique. Le plaisir était (presque...) toujours au rendez-vous. Ce qui fait qu'avec eux, j'ai pu travailler un style de jeu encore assez mécanique mais qui laisse peu à peu entrevoir une certaine aisance et liberté dans le geste. Je réfléchis encore et toujours pour aboutir à quelque chose de cohérent et de solide un de ces jours... Oui, le texte aurait pu être mieux porté... mea culpa... mais je le redis, dans mon cas, la forme supplante toujours le contenu et prend donc la majorité du temps de répétition.

D'autre part, je suis également assez satisfait du travail esthétique qui, par manque de moyens, me fut aussi attribué par le directeur artistique, soit moi-même. Ce fut un autre sempiternel (et désespérant parfois) travail solitaire. À part quelques détails qu'il m'aurait fallu peaufiner pour aller au bout de la chose (chaises blanches, journal autre que le Voir, bouquet, table branlante), j'ai eu beaucoup de plaisir à concevoir l'espace, les costumes, l'éclairages et les maquillages. En fait, chacun de ses domaines relèvent directement de la mise en scène et apparaissaient selon les besoins... et avec une contrainte de taille: il n'y avait pas d'argent pour acheter quoi que ce soit... et tout devait donc être déjà dans les caves du 100 Masques. Le point esthétique qui me convainc le moins - comme toujours! - concerne la musique (parler de conception sonore serait une hérésie dans mon cas!). Pas le choix de l'accordéon, non... mais bien de son utilisation, de son insertion dans le spectacle qui aurait dû être plus soignée (d'autant plus que la qualité du système de son de la Salle Murdock est un peu déficiente). Je l'ai dit maintes et maintes fois au cours des dernières années, le son est quelque chose que j'oublie rapidement... et le fait de n'avoir personne pour s'en occuper devient vite une épine dans mon pied artistique!

Ce n'est donc pas une conception générale comme telle... mais plutôt un collage! D'où peut-être, parfois, l'impression d'inachevée (je le prends... même si... lol) évoquée par Madame Laforge.

Oui. Je suis assez satisfait de Nono. Même si, à chaque soir dans la régie, j'aurais refait ce monde à toutes les répliques! Même si, certains soirs, j'ai probablement accentué ma calvitie naissante (euphémisme!) en m'arrachant les cheveux devant un décrochage, un cafouillage brouillon, une faiblesse dans le dynamisme, etc... Même si j'ai la satisfaction toujours minée par la remise en question.

Enfin, les flops...

Sans m'étendre trop longuement sur le sujet pour en avoir déjà parlé abondamment dans un billet précédent, juste quelques mots sur la publicité (placements produits) intégrée à la représentation. Il s'agissait d'un engagement de bonne foi qui s'est vite transformé en boulet. L'idée aurait pu être développée autrement mais le fait de travailler sans équipe (tant pour l'esthétique, que l'administration et la coordination) rendait la chose un peu difficile... et point important, il ne fut jamais question que ce soit moi qui fasse les interventions... ni la régie d'ailleurs. Conséquence: à partir de l'entrée en salle, je n'ai plus jamais pu prendre de recul et regarder le spectacle avec insistance...

Un autre flop de cet été: la première! Du moins, la réception après la représentation... En bonne personne toute timide que je suis de nature, j'ai oublié d'inviter les gens à rester après le spectacle... et à notre sortie de la salle, il n'y avait plus un chat. Qu'un seul buffet!

Dernier rappel des parutions...

À couple ment (pré-papier de Jean-François Caron, Voir)
Nono de Sacha Guitry (tiré du Blogue du Jbijjer)
Ambivalence entre appréciation et... (critique de Christian Laforge, Quotidien)
Amour chienne (critique de Jean-François Caron, Voir)
Nono du TCM (tiré du blogue Jack aime/Jack n'aime pas)
Nono: théâtre extrême (tiré du blogue Spécial du jour)
et toutes les miennes, sous la rubrique NONO dans la colonne de gauche.

Voilà. C'était donc Nono de Sacha Guitry... neuvième théâtre d'été du 100 Masques... et sa dix-neuvième production!

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