samedi 6 septembre 2008

Oups...


Ceux qui aiment le théâtre
expriment souvent a son égard des sentiments pour le moins contradictoires.
Ceux qui aiment le théâtre
sont souvent traversés par son contraire,
la haine du théâtre.
D'où vient-elle, cette haine pour le théâtre?
Elle est sans doute conduite par une haine plus profonde:
la haine des intellectuels
- en prenant au sérieux le double sens du génitif.
La haine des intellectuels.
(B. Tackels, Le paradoxe de la marge*)

Cette phrase, lue en ce samedi matin entre deux gorgées de café, me laisse un peu pantois...

D'une part, elle signifie que la désaffection (tant personnelle que sociétale) envers le théâtre provient du fait de son intellectualisation... et que cette haine est conduite (pour réemployer le terme) par ceux qui pensent le théâtre...

D'autre part, elle dit également que je suis peut-être ma propre cause de ces moments où j'ai le théâtre en horreur, avec toutes les remises en questions, les impasses, les lectures... et la cause, par leurs côtés parfois trop pointus, du peu d'assistance à mes productions...

Bref, elle a relativement raison.

Mais comment peut-on développer un art, le faire évoluer sans le penser? Pourquoi la poursuite d'une réflexion soutenue devient-elle inévitablement une tare, du moins, un repoussoir? Franchement, ça m'exaspère.


*JOUANNY Sylvie (sous la direction de), MARGINALITÉS ET THÉÂTRES, Librairie A.-G. Nizet, 2003, p. 17

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