dimanche 27 septembre 2009

L'offre et la demande


Tiré de la chronique de Nathalie Petrowsky, Ça manque à ma culture, La Presse, samedi 26 septembre 2009:

Mais en même temps que Brault [Simon Brault, directeur de l'École Nationale du Théâtre qui vient de faire paraître Le Facteur C] se réjouit de l'effervescence culturelle, affirmant au passage que désormais l'avenir passe par la culture, il s'inquiète aussi. Un peu de la surabondance de la production artistique et beaucoup de la demande, pour ne pas dire du déclin de la demande. Car une vie culturelle ne peut être en santé, épanouie et pertinente que si elle répond à une demande. Or au Québec, nous avons beaucoup développé l'offre et un brin négligé la demande, convaincus que les oeuvres intéresseraient les gens parce qu'elles existaient et que les salles se rempliraient d'elles-mêmes tout simplement parce qu'elles avaient quelque chose à offrir. Malheureusement, le public ne répond pas toujours à l'appel.

C'est fou comme ce petit paragraphe peut être appliquer pratiquement mot pour mot au contexte culturel d'ici!

2 commentaires:

  1. En même temps, les initiatives de développement de public donnent rarement les effets escomptés. C'est sans doute parce qu'il s'agit d'un problème beaucoup plus vaste. Un problème non seulement culturel, mais de société. Le jour où on va arrêter de considérer la culture comme un bien luxueux et qu'on va se rendre compte que ça fait partie de nos assises identitaires les plus importantes, le jour où il sera admis par le plus grand nombre que le divertissement et la culture sont deux choses, alors peut-être la situation sera-t-elle meilleure pour le théâtre, mais aussi pour les autres sphères culturelles délaissées par le plus grand nombre.

    Mais dans une société où le taux de littératie frise le ridicule, où de futurs profs osent affirmer que ce n'est pas leur maîtrise du français qui fera d'eux de bons enseignants, où la vie familiale s'organise autour de l'horaire des grandes chaînes de télévision, où les artistes sont considérés comme des enfants gâtés qui refusent de travailler pour vivre, peut-on vraiment se surprendre que les arts et la culture soient si peu importants pour le commun des mortels?

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  2. Le problème peut aussi se poser d'une autre (et plus troublante)façon: et si c'était au milieu lui-même de se questionner? Apparemment, depuis longtemps, il y a adéquation entre le public et/ou le consommateur culturel. Peut-être qu'en évoluant, le milieu culturel a perdu sa base et, bien que «culturel», il n'est plus l'émetteur de cette indéfinissable culture.

    La Culture existe en soit (la langue, les valeurs, etc.) et est menacée parce qu'ignorée ou pas prise au sérieux. L'autre culture est devenue, quoiqu'on en dise et malgré les voeux pieux et les credos de toutes sortes, une industrie. Un facteur économique. Un produit...

    Ce qu'on offre n'a pas de demande et ce qui est demandé ne nous rejoint pas... Problème...

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