dimanche 14 novembre 2010

«Vivre du théâtre: pas encore»... La Presse, 13 novembre 2010


Voici un article de La Presse, dans l'édition de ce week-end, écrit par Jean Siag:

Est-ce qu'on peut vivre du théâtre au Québec? Non, répond sans surprise le Conseil québécois du théâtre (CQT), qui vient de réaliser une première étude statistique sur l'économie du théâtre québécois en faisant le portrait de la saison 2007-2008.

À partir des données fournies par les associations de producteurs et d'artistes, le CQT a établi le salaire moyen des artistes de la scène à 8765$ par année, soit l'équivalent de deux contrats de travail. Une somme évidemment insuffisante pour ces travailleurs, forcés de diversifier leurs activités.

Selon le comédien Sylvain Massé, président du CQT, les comédiens ne sont pas nécessairement mécontents de varier leurs tâches, que ce soit en faisant du doublage, du cinéma, etc., mais il déplore tout de même les conditions faméliques de ces artistes, qui n'ont pas tous la possibilité de faire autre chose.

La rémunération des artistes pour leurs heures de répétition, une mesure mise en place au cours des deux dernières années, ne semble pas avoir amélioré les conditions de travail des artistes. «C'est un gain de principe, indique Sylvain Massé. Mais malheureusement, dans bien des cas, le producteur n'a pas plus d'argent, alors il réduit son budget de fonctionnement en conséquence.»

Peu de tournées au Québec

Autre donnée importante de ce Profil statistique de la saison théâtrale 2007-2008: parmi les 375 productions répertoriées durant la période d'étude, seulement le quart d'entre elles ont fait l'objet de tournées au Québec. Ce qui veut dire que l'accès du public à la scène demeure très limité.

Fait intéressant, ces quelque 90 productions qui font des tournées donnent plus de représentations en France (369) que dans toute autre région du Québec, à l'exception de Montréal.

«Bien sûr qu'on se réjouit de ce rayonnement, nous dit Sylvain Massé. Mais en même temps, nos régions sont privées de notre propre offre théâtrale, qui est en hausse. Et elles n'ont pas accès à certains de nos grands dramaturges comme Wajdi Mouawad.»

Le CQT, qui travaille de près avec le Conseil des arts et des lettres du Québec, a l'intention de rencontrer la ministre de la Culture et de la Communication, Christine St-Pierre, pour discuter du soutien gouvernemental aux tournées québécoises, une condition nécessaire selon le CQT pour mieux «diffuser notre culture».

«Non seulement le fédéral a coupé les programmes (PromArt et Routes commerciales) qui permettaient à nos compagnies de voyager, mais ici même, il y a une mauvaise circulation de nos productions. Ce qui fait que les compagnies de théâtre peinent à rentabiliser leurs projets», constate Martine Lévesque.

Un aspect positif de cette étude statistique: nos auteurs sont joués. Plus de 80% des productions proviennent en effet d'auteurs dramatiques québécois. Dont plus de la moitié (56%) sont des créations. Quant aux jeunes âgés de 18 à 34 ans, ils ont obtenu 45% de l'ensemble des contrats attribués pour l'ensemble des productions.




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