jeudi 24 février 2011

Constat


Si on croit encore à l'utopie d'un État démocratique, d'un État bourgeois, d'une société égalitaire, il faut l'utopie d'un groupe de personnes, de magiciens, qui sont payés par la bourgeoisie pour qu'ils lui présentent un miroir d'elle-même et pour que les magiciens puissent poser la question du mensonge, des difficultés, des catastrophes, des structures de la société dans laquelle on vit. Si on partage un certain cynisme, très matérialiste, que l'on voit un peu partout aujourd'hui, on peut dire que le théâtre comme expérience des «lumières», ça n'existe plus.

Ces mots sont de Thomas Ostermeir, un jeune (il a 42 ans) metteur en scène qui fait sensation (et qui fait partie des grands artistes de l'avant-garde contemporaine) depuis une quizaine d'année, en Allemagne principalement et dans le monde en général. À trente ans, il a été invité à rejoindre le groupe de direction artistique de la Schaubühne de Berlin. Ces mots, dis-je, sont donc d'Ostermeier et sont tirés d'un article, Pertinence et possibilités socio-politiques du théâtre, paru en 2004 dans le quatre-vingt-deuxième numéro d'Alternatives théâtrales.

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