mercredi 16 février 2011

Du plaisir.

Vsevolod Emilievitch Meyerhold peint par Alexandre Golovin

Petit cours de mise en scène ce matin... Une autre de ces moments meyerholdiens qu'il me fait bon lire de temps en temps parce qu'il me ramène toujours vers quelque chose d'essentiel: le plaisir comme base théâtrale...

Cette fois, c'est tiré du quatrième tome de ses Écrits sur le théâtre, paru en 1992 aux Éditions de l'Âge d'Homme (Lausanne).

L'acteur ne peut improviser que quand il se sent intérieurement joyeux. En dehors d'une atmosphère de joie créatrice, de jubilation artistique, l'acteur ne se découvre jamais dans toute sa plénitude. Voilà pourquoi en répétitions, je crie souvent aux acteurs: «C'est bien!» Ce n'est pas encore bien, pas du tout bien, mais l'acteur entend votre «C'est bien!» - tu regardes, et voilà qu'il a vraiment bien joué. Il faut travailler dans la joie et la gaîté! Quand je suis en répétitions irritable et méchant (ça arrive), je m'invective cruellement, de retour chez moi, et je le regrette. L'irritabilité du metteur en scène paralyse instantanément l'acteur, elle est inadmissible, tout comme un silence dédaigneux. Si vous ne sentez pas le regard des acteurs, rempli d'attente, vous n'êtes pas un metteur en scène!

Voilà.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Si vous avez un commentaire à faire, ça peut se passer ici: