mercredi 30 novembre 2011

De l'hermétisme lyrique du metteur en scène...

Comme j'ai déjà lu quelque part (il me faudrait retrouver la référence...) les répétitions théâtrales servent principalement à emplir du vide.

Pour y arriver, le metteur en scène accompagne (bon... cet «accompagnement» peut être plus ou moins tyrannique, souvent castrant, parfois troublant...) le comédien dans la création de son personnage, du mieux qu'il peut. Il illustre. Il montre. Il parle. Et dans ce dernier cas, il devient, à l'occasion, un peu difficile à saisir. Il donne des indications qui peuvent parfois laisser perplexe... Des phrases énigmatiques. Des phrases hermétiques. Des phrases éminemment poétiques. Surtout quand entre en ligne de compte les notions de «présence», d'«énergie». (Si certains ont en mémoire des phrases de ce type, j'aimerais bien en recevoir via les commentaires...)

D'ailleurs, quand ces (et ses) mots deviennent problématiques, ils enclenchent, chez l'interprète, une série de questions et de discussions qui font obstacles au lieu de l'aider.

Dans l'art de la mise en scène, les discours ont peu d'importance car ils n'expriment que des idées. Si le comédien les comprend, et même si elles sont justes, il ne saura toujours pas comment jouer. Car il est impossible de jouer une idée, cela donnerait quelque chose de trop vague. Il faut trouver une manière concrète, très concrète, d'exprimer les idées et les sentiments, sans, évidemment, les dénaturer. Il faut penser à tout, puis faire semblant d'oublier et sur scène, construire quelque chose de concret. Telle était la philosophie du metteur en scène russe Anatoli Efros.

Telle est la mienne.

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