vendredi 18 novembre 2011

L'école du regard...


Nouveau détour par l'entretien qu'a donné Thomas Ostermeier (metteur en scène allemand) à Sylvie Chalaye pour la collection Mettre en scène de chez Actes Sud-Papiers. Cette fois, sur sa conception du rôle du metteur en scène (à partir aussi de sa fonction de professeur de mise en scène à l'École Ernst-Busch).

Mettre en scène, c'est avant tout pour moi une question de regard. Les problèmes que rencontrent les jeunes apprentis metteurs en scène sont généralement liés au regard. Il faut un regard objectif et je dirais même «froid» pour observer les acteurs au travail, car le metteur en scène doit se méfier de ses propres sentiments et des idées qu'il projette sur la scène. En même temps, et c'est peut-être là toute la difficulté, il faut au contraire un regard «chaud» sur les acteurs, dans le sens où il faut leur donner la force, les mettre en confiance. [...] Pour ne pas tomber dans le panneau et croire que l'on voit quelque chose d'extraordinaire, alors que ce n'est que ce que l'on veut voir et non pas ce qui est vraiment, il faut s'entraîner à être dans la salle et à regarder ce que l'on voit comme un spectateur ordinaire.

J'aime assez cette définition, cette quête d'objectivité (quasi chirurgicale) de la part du metteur en scène sans se laisser abuser par le désir d'y voir ce que l'on a voulu y mettre. Le contraire étant un écueil sur lequel il est si facile d'aller se frapper...

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