samedi 9 juin 2012

Les prérequis du comédien...


L'homme qui se destine au Théâtre ne doit avoir aucun reproche essentiel à faire à la Nature: un défaut de conformation est une tache au talent; le Comédien, fait pour occuper l'attention, attacher les yeux, intéresser et étonner toujours, ne doit rien laisser à désirer: il faut que son physique flatte, que ses grâces soient naturelles , qu'il ait du maintien, une démarche facile, convenable aux rôles: que sa physionomie soit mobile et annonce de l'esprit: que sa taille représente, et que sa voix flexible, onctueuse, nette, puisse s'étendre et se promener facilement dans tous les tons. Il lui faut partout le physique comme les manières et le costume du personnage qu'il représente; et comme toujours chaque personnage doit être présenté par le côté qui lui est plus favorable, que la Nature au théâtre ne se montre qu'en beau, le Comédien doit, pour la rendre telle, avoir à sa disposition une collection de pinceaux.

Tels sont les mots employés dans Les éléments de l'art du comédien, paru au tout début du XIXième siècle, pour définir les prérequis du comédien de la grande époque théâtrale noire, rouge et or. L'auteur, un certain Dorfeuille (vive les découvertes de Google Book!), en dresse là un portrait qui peut, aujourd'hui, paraître un peu suranné, pompeux (et redondant!), mais qui, dans l'ensemble, peut tenir encore la route: 




Bon. L'insistance sur le Beau et l'esthétique pèse un peu et verse un tantinet dans la ségrégation (ou l'exclusion). Ça sonne un peu folklorique... mais peut-être les choses n'ont-elles pas tant changé...

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