mercredi 5 septembre 2012

Ce qu'on ne ferait pas pour les monstres sacrés...


Dans la série d'anecdotes illustrant la glorieuse période rouge et or du théâtre, ce fameux XIXième siècle (et le début du XXième) où régnait les monstres sacrés, voici, relaté par Sacha Guitry dans Si j'ai bonne mémoire, comment se passaient les répétitions de L'Aiglon, d'Edmond Rostand, qui réunissait - merveille des merveilles - de grands noms... dont Lucien Guitry et Sarah Bernhardt:

On répétait tous les jours à une heure un quart pour la demie. C'était, du moins, ce que prétendait le bulletin de service - car les figurants seuls étaient exacts au rendez-vous fixé. Les acteurs arrivaient, sans se hâter, les uns après les autres, mon père ne devait jamais les rejoindre avant deux heures et demie, Edmond Rostand paraissait à trois heures, et vers quatre heures moins dix, Mme Sarah Bernhardt faisait son entrée! Tout le monde se levait, se découvrait et chacun son tour venait lui baiser la main. Comme il y avait au moins soixante personnes sur le théâtre, le baisemain prenait bien une demie-heure. Aussitôt après le baisemain, Mme Sarah Bernhardt se retirait dans sa loge afin de s'habiller, car pour être plus à son aise, c'était dans le costume de Lorenzaccio qu'elle répétait L'Aiglon. Dès qu'elle était prête, la répétition commençait. Mais, à cinq heures, elle était interrompue par «la tasse de thé de Mme Sarah». Toute la troupe la regardait prendre son thé avec patience, avec tendresse, avec respect. Tout ce que faisait cette femme était extraordinaire, mais les personnes qui l'entouraient trouvaient absolument naturel qu'elle ne fît que des choses extraordinaires.

Que mes comédiens en production n'essaient même pas!!!

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