jeudi 23 avril 2020

Du rapport au répertoire et aux classiques...


Les grands ''classiques''. Les grands phares de la culture, que d'aucuns voudraient liquider. Pour moi, ils sont la continuité de la pensée humaine et de la problématique de l'homme qu'il faut à chaque fois et sans trêve redécouvrir, avec des mots d'aujourd'hui pour des hommes d'aujourd'hui. Je réserve le terme de ''classiques'' aux auteurs qui, à travers le temps, continuent à être présents parmi nous comme porteurs de ''nouveau'', qui sont en situation de ''contemporanéité permanente''. Les classiques n'existent qu'en tant qu'ils sont lus et vus par nous [...]. Si le classique n'est que glorification, triomphe de l'immuable et de l'inchangé, du codifié, du stratifié, alors il est inutile, il est mort. Autrement, non. L'extrême difficulté est de mettre à jour ce rapport nouveau et de le vivre, de le représenter dans sa réalité, [...] de retrouver à travers le temps sa charge d'aujourd'hui, son potentiel de transformation du monde, aujourd'hui. Par conséquent je dis oui à Shakespeare, à Lope, Schiller, Goethe, Tcheckhov. Goldoni et tant d'autres. Classiques lointains et proches.
Un théâtre pour la vie, Giorgio Strehler

C'est là une belle profession de foi envers le théâtre dit de répertoire. Un théâtre que j'affectionne particulièrement. Parce qu'à côté de la création (exaltante, il est vrai, par son actualité), il y a aussi des siècles d'échos venus d'époques lointaines, de formes anciennes, d'auteurs parfois oubliés. Tous ces mots et ces écrits tracent les contours d'une humanité toujours en quête d'elle-même.

Et le théâtre permet cette étrange situation où on peut se reconnaître dans Gogol... tout comme il est possible de se retrouver dans Aristophane, dans Feydeau, dans de Lorde, dans Plaute, dans ces auteurs anonymes des farces médiévales, dans Euripide, dans Maïakovski, dans etc.

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