lundi 12 octobre 2020

Prétention canadienne-française

Les Relations des Jésuites (que je n'ai pas encore lues... mais un jour!) rapportent que le Cid de Corneille fut joué au Magasin des Cent-Associés, le 31 décembre 1646, dix ans seulement donc après sa création. Cinq ans plus tard, on offrait Héraclius du même auteur pui, l'année suivante, le Cid à nouveau (réf: Le Théâtre québécois, instrument de contestation sociale et politique, de Jacques Cotnam, 1976). 

C'est sur ces faits historiques que l'écrivain Pascal Poirier (biographie ici) se permet alors, en mai 1886, le commentaire suivant (tiré de l'article Le théâtre au Canada, publié dans Nouvelles soirées canadiennes):

Constatons, en passant, qu'il est peu de pays au monde où le théâtre ait débuté par une pièce de valeur du grand chef-d'oeuvre de Corneille. Pourvu qu'elle se maintienne à cette hauteur, la scène canadienne va devenir la première de l'univers. Moins heureux que nous, les Grecs n'eurent pour premières que d'informes chansons où le dialogue, puis un troisième, puis un quatrième interlocuteurs finirent par s'introduire; et les Romains, encore moins favorisés, ne réussirent jamais à avoir de théâtre tragique à eux. Chez nos ancêtres franco-gaulois, la scène ne consistait, pendant des siècles, qu'en de grossières représentations appelés Mystères, Moralités ou Farces, faites à la brasse et jouées à la semaine, c'est-à-dire qu'une seule pièce durait deux ou trois jours. Ces pièces étaient à peu près aussi longues et devaient être aussi divertissantes qu'une discussion parlementaire sur les affaire du Nord-Ouest au 19e siècle.  

Peut-être est-ce un peu sévère... tant pour l'Antiquité que pour le Moyen-Âge! 

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