lundi 26 mai 2008

NONO [Nouveau journal d'une mise en scène]


L'une des dernières maquettes de l'affiche de notre production
Conception et réalisation: Alexandre Larouche


Où en sommes-nous rendus après une vingtaine d'heures de répétition?

Nono révèle peu à peu son fonctionnement interne, son cadre de référence, son (ou ses!) rythme(s), son humour, sa cruauté et ses limites. C'est vraiment très amusant à travailler... et comme le dit Mesguish (probablement cité maintes et maintes fois dans cet espace!): «ce qui doit se jouer d'abord et avant tout au théâtre, c'est le plaisir de faire du théâtre»!

Et quel plaisir que de jouer ou de mettre en scène de tels personnages pour qui «l'amour n'est présent que dans sa dimension physiologique: c'est plus une sécrétion qu'un état d'âme» (M. Corvin).
Depuis hier, l'Acte II est en chantier. J'ignore si c'est à cause du travail antérieur sur l'Acte I ou si c'est parce que l'espace est mieux défini ou même le texte mieux construit, mais celui-ci avance assez rondement... et le résultat est plus solide. Plus net. Plus soutenu. Les scènes 1 à 4 ont déjà un fort potentiel théâtral.

Faut dire que l'Acte I est plus touffu et, par conséquent, tout de même plus complexe à réaliser... passant de la scène de rupture, à la scène de séduction, aux scènes de mise en contexte (de présentation des personnages, de la situation), voguant entre les crises, les soupirs, les secrets et les sous-entendus. Les personnages entrent de tous côtés, les scènes sont brèves et les liens parfois diamétralement opposés. Des enjeux se posent pour tous les personnages... C'est donc dire que le découpage en intention est quelque peu ardu... Il en ressort pourtant un dynamisme certain!

À partir de là, l'Acte II n'a qu'à nager (simplement...) en plein noeud gordien, à construire et illustrer le récit. L'Acte III résonne du coup comme un dénouement dans la plus traditionnelle des formes.

Décidément, Nono, dans le genre (genre décrié, popularisé, triomphant et décadent), est une pièce bien faite: pièce brillante par la virtuosité de l'intrigue et l'agencement parfaitement logique de l'action, avec ses scènes-à-faire (scène qui est attendue du public pour la résolution heureuse de l'intrigue : découverte, reconnaissance, pardon), ses codes et ses canevas. (C'est d'ailleurs en partie, pour les férus d'histoire, en réaction à la prolifération de ces oeuvres théâtrales qu'est apparue l'écriture dramatique moderne de laquelle a surgi la crise du drame à la fin du XIXe siècle.)

L'esthétique de la chose se précise encore et encore, au gré des répétitions - le but étant que la scène serve d'abord et avant tout le comédien et non l'inverse - et se colle de plus en plus à ce texte à la forme simple et convenue. La manière de construire cet espace, les accessoires qui y sont utilisés doivent y être par absolue nécessité. Il y aura un changement de décor et de costumes à chaque nouvel acte. Le premier acte, dans un resturant, le soir très tard, a, comme couleur dominante, le noir, luxueux et neutre. Le second se colore d'or et de rouge... couleurs chaudes, couleurs du soleil... couleurs vives. Le troisième se pare d'une blancheur pure, le calme, le deuil, etc. C'est une symbolique très primaire, j'en conviens... mais si elle est bien appliquée, l'effet devrait être saisissant... je l'espère!

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