vendredi 17 octobre 2008

Les merveilles du théâtre médiéval

Il fut un temps où le théâtre simplifiait (!) les changements de décors et de lieux en juxtaposant, les unes aux côtés des autres, des scènes autonomes, des mansions, qui représentaient chacune un de ces lieux... Et comme il s'agissait à l'époque de mystères (ou mistères), à caractère religieux, cette suite de constructions était encadrée par le Paradis à une extrémité et par l'Enfer à l'autre, comme sur ces photos (très connues de quiconque a lu sur l'histoire du théâtre) qui sont devenues le modèle de ce type de spectacle.

Mystère de la Passion
(Valenciennes - 1547)
, miniature d'H. Cailleaux
Des scènes se déroulent simultanément dans (ou devant) telles mansions : tous les spectateurs sont comblés, mais certainement aux dépens de la rigueur du spectacle. Rien à voir, à vrai dire, avec une soirée théâtrale moderne... Dès qu'un peu d'ennui s'installe, on fait donner les Diables ! A chaque fois horrifiques et hilarants, ils sont censés faire tantôt peur, tantôt rire.


La Passion et la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ
(Valenciennes - 1547), miniature de H. Cailleau

Nous ne pouvons pas nous fier à ce document pour l'organisation des mansions. Cependant, la présence de personnages réels ou imaginaires donne une bonne idée de la mise en scène simultanée et de la façon dont les acteurs qui ne sont plus "en jeu" restent cependant présents sur scène, parfois en liaison directe avec une mansion (maison). On constate que certaines mansions peuvent être praticables et servent concrètement au jeu des acteurs, au moins le temps de la localisation de ceux-ci. Dieu le Père, ici figuré dans le ciel (à l'extrême gauche), est néanmoins un personnage du drame.
Le mystère durait de 6 à 25 jours, autour de Noël, de Pâques et aussi de la Pentecôte. Pour incarner les quelques 200 personnages (parfois 500), une centaine d'acteurs est nécessaire. sans compter les figurants. Aucune unité de lieu, de temps ou d'action. On parcourt allègrement les années ou les siècles. De même que le drame liturgique reflétait l'Art Roman, de même le Mystère reflète l'Art Gothique : surchargé, bourgeonnant dans tous les sens.

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