samedi 11 avril 2009

Encore Pitoëff

Oskar Schlemmer, “Figur und Raumlineatur” (Figure and spatial delineations), 1924

Décidément, moi qui n'ai jamais vraiment été porté vers les réformateurs de la scène française - les Copeau, Jouvet, Baty, Dullin, etc. -, voici que je prends un réel intérêt à lire Pitoëff et trouve en lui des points de vue intéressants.

Sur la prédominance de l'acteur (et donc de la théâtralité) au détriment du texte, de la technique, de l'esthétique: Comment le metteur en scène n'a-t-il pas reconnu le premier de ses instruments: l'acteur? Cet acteur qui était roi des planches avant la naissance du metteur en scène. C'est lui l'acteur d'un rôle, devenu l'acteur de toute la pièce qui a pris le nom de metteur en scène. (Notre théâtre, p.12)

Sur l'espace et les accessoires, quelques principes de base qui pourraient, éventuellement, servir de fondement pour l'élaboration du vide (minimalisme) ou, à tout le moins, définir leur rôle dans un contexte néo-maniériste meyerholdien*: Quelle valeur peuvent avoir tous les accessoires du plateau s'ils ne sont pas là seulement pour servir la mystérieuse force de l'acteur? Ils doivent servir l'acteur, émaner de lui comme d'un centre lumineux, car c'est avant tout par l'acteur que se réalisera l'interprétation scénique. (Notre théâtre, p.14)
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* Pour résumer le plus clairement possible, disons que ce néo-maniérisme prend le texte comme générateur de théâtralité, voit l'acteur comme principal vecteur de celle-ci (émetteur et exécuteur) et la scène (et tout ce qui la compose) que support physique servant à la mettre en valeur.

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