vendredi 29 janvier 2010

Être ou ne pas être...


Le personnage et le comédien font deux. Pendant des jours et des jours, le premier échappe au second avec une aisance démoniaque. Le pire alors est de vouloir lutter avec ce fantôme, de le forcer à être vous. Si vous voulez qu'il vienne docilement s'intégrer à votre corps et à votre âme, oubliez-le. Dans cette poursuite par osmose dont il est le témoin averti, le réalisateur [nda.: il s'agit bel et bien du metteur en scène...] doit mettre en confiance l'interprète, lui faire croire qu'il a, comme on dit si justement, trouvé ou retrouvé son personnage. Il n'est pas d'un esprit naïf d'affirmer qu'à un moment de l'interprétation tout n'est plus qu'une question de croyance. C'est par le non-combat, par l'assurance de la victoire sur le monstre fuyant que le comédien, finalement, vaincra.
Jean Vilar

Cette citation de Vilar illustre de belle façon cette quête du comédien, ce gouffre appelé personnage qui semble s'ouvrir devant lui et qu'il doit combler... La traque d'une chose fuyante, d'un esprit, d'un état...

Cette citation décrit également en des termes clairs comment le metteur en scène (qui teinte son action d'une couche de diplomatie, de renforcement positif et de psychologie) évolue avec le comédien, comment la notion de confiance devient une nécessité dans cet art résolument humain.

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