dimanche 16 mai 2010

Du directeur comme d'un député


À me relire au cours des derniers jours, il semblerait que je sois en plein questionnement sur mon travail: qui suis-je? où vais-je? et autres plaintes existentielles... Eh bien, peut-être. Non pas que je me remette en question... Disons plutôt que je cherche un sens à mon action. Décidément, ça ne s'arrange pas!

Dans ce cas-là, je replonge immanquablement dans mes livres et mes essais, particulièrement ceux écrits par les praticiens. Leurs idées, leurs points de vue, leurs opinions résonnent plus facilement (et plus fortement!) avec (et parfois contre!) mes propres réflexions...

Voici le genre de passage qui me questionne, qui me trouble, qui me ravit, qui me fait penser à ma propre existence... Il s'agit d'un passage écrit par Louis Jouvet, entre 1938 et 1940, et paru en 1941 dans le recueil Réflexions du comédien.

Quant à la vocation de directeur, elle est indécelable à l'œil du plus habile éducateur. On peut prévoir l'orateur en herbe ou le comédien en puissance, mais on ne saurait, des jeux d'un enfant qui collectionne les coupons-primes, les contremarques ou les tickets, inférer qu'il dirigera un jour un théâtre [...]. On naît aviateur, littérateur, auteur dramatique, médecin ou vétérinaire; on finit député ou directeur. Dans l'un comme dans l'autre cas, c'est une situation, ce n'est pas un métier, c'est un état, un état acquis. La carrière de directeur est un accident dans une vocation théâtrale; mais si la fonction échoit à un homme qui n'a pas été touché par ce sacerdoce particulier du théâtre, c'est alors un accident pour le théâtre et très souvent une catastrophe pour l'art dramatique.

Après la mise en scène, après la direction du Théâtre 100 Masques, que me restera-t-il? Bon. Une autre question: doit-il y avoir nécessairement un après? Je retourne lire. C'est plus simple.


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