mercredi 9 février 2011

La répétition: aventure plurielle


Alors que je suis en répétition «intensive» au Théâtre Mic Mac pour La Visite de Michel-Marc Bouchard et que je me prépare à entamer (enfin, d'ici quelques semaines) les répétitions du prochain théâtre du 100 Masques, j'ai commencé à lire les numéros 52, 53 et 54 - numéros reliés - d'Alternatives Théâtrales (décembre 96 et janvier 97) consacrés aux répétitions. Un bouquin (parce que c'en est un maintenant!) essentiel qui couvre, à partir de cet aspect, un siècle de mise en scène.

Voici une intéressante réflexion de Georges Banu, monument de la pensée théâtrale française:

La répétition est un entre-deux, et lors de la traversée de ce gué qui sépare le texte et la scène, les aventures souvent abondent, les personnalités se déclarent, les communautés se constituent ou explosent, bref la création s'accompagnent d'effets de vie au cœur même du théâtre. C'est pourquoi la répétition engendre une véritable littérature orale, galerie de portraits et inventaire de gestes accomplis dans cette recherche à plusieurs qui précède l'arrivée du premier spectateur.

[...]

À travers la déclinaison linguistique du terme, l'on retrouve la dualité contradictoire qui fonde le paradoxe de la répétition: elle est d'abord une pratique de création et ensuite seulement un acte de réminiscence, une découverte et après une mémoire, un faire et un re-faire. Une double interrogation l'anime: comment trouver et comment fixer? De quoi a-t-on besoin en tant que metteur en scène et surtout comment peut-on aider l'acteur?

Les répétitions sont toujours un moment privilégié de rencontres et d'échanges, de création et d'enthousiasme, comme c'est aussi parfois des moments douloureux, difficiles... Elles prennent différentes allures:

La progression diffère selon la nature des artistes qui privilégient l'avancée rapide afin que le dessin global se précise comme une première trame, ou l'avancée lente fondée sur le corps à corps avec l'ensemble des difficultés. Ensuite le repentir intervient différemment et l'on efface ou l'on retient selon l'identité de chacun. Il y a les metteurs en scène qui explorent pas à pas, et dont les décisions s'opèrent avec une lenteur qui leur permet de s'installer au fur et à mesure, et les metteurs en scène animés par le goût de la vitesse avec tout ce qu'elle produit comme envie constante de revenir, d'oublier, bref, de retarder au maximum la fixations.

Il me faudrait parfois un miroir pour voir comme je suis...

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