lundi 9 mai 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]


Les œuvres de Labiche sont les descendantes directes d'un genre précis: le vaudeville (qu'on confond généralement avec le théâtre de boulevard). Elles partagent, avec ce type de théâtre, des caractéristiques un peu encombrantes pour le metteur en scène d'aujourd'hui.

Anne Ubersfeld, dans Les termes clés de l'analyse théâtrale définit bien ce vaudeville: Genre de comédie légère avec musique et chansons, dont l'origine un peu incertaine est très ancienne (et sans doute liée à des fêtes populaires), mais qui trouve sa vogue à la fin du XVIIIième siècle et dans la première moitié du XIXième siècle. Comédie «morale» (on peut y amener des enfants), elle se charge d'incidents burlesques, de quiproquos et de reconnaissances . La musique y joue un rôle très important: rarement originale, elle se nourrit d'airs populaires anciens ou contemporains. [...]

Ces dernières lignes définissent bien également la structure de L'Affaire de la rue Lourcine: un texte (relativement court) entrecoupé de plusieurs airs qui ont une importance dramaturgique réelle. Toutefois, les airs, bien qu'indiqués, ne se retrouvent guère. J'ai donc fait le choix de remplacer ces morceaux musicaux (et parodiques) anciens par des équivalents très contemporains... disons très années '70-80-90. Des airs populaires, oui... dont le kitsch des paroles (un peu revues pour les ajuster au contexte) et de la mélodie se marient très bien avec l'action scénique et l'intrigue.
_____________________________________

Les textes de cette période théâtrale (entre 1850 et 1920) me plaisent particulièrement. J'aime bien leur côté bien fait, leur perfection stylistique, dramaturgique et scénique. Des textes qui délaissent généralement la psychologie pour la caricature où souvent les personnages se définissent par leur nom ou leur métier. Des textes denses qui utilisent abondamment les diverses ressources pour faire surgir les rires. Des textes trop souvent négligés - voire méprisés - alors qu'ils demandent pourtant, aux metteurs en scène et interprètes, une technique, une virtuosité, un contrôle constants et sans faille.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Si vous avez un commentaire à faire, ça peut se passer ici: