mercredi 4 mai 2011

Vision théâtrale

Jean-Luc Lagarce

[...] En tant que spectateur, je n'arrive pas à croire au présent du théâtre: non, ça ne se passe pas là, devant moi, en ce moment! Je ne peux pas m'empêcher de considérer ce qui a lieu sur la scène comme ayant déjà eu lieu, comme étant répété, comme ayant déjà été entendu... Et les spectacles qui prétendent ne pas tenir compte de cela ne me paraissent pas justes. Je n'aime pas les acteurs qui jouent en feignant de ne pas savoir comment l'histoire va finir. D'autant plus que, très vite, une pièce se charge de traces.

Ces mots sont de Jean-Luc Lagarce, dramaturge français (décédé à la fin du XXième siècle) dont l'oeuvre est constituée de pièces fortes et théâtralement efficaces. De beaux morceaux de théâtre... notamment Music Hall... où il ne s'agit pas de viser à un discours globalisant mais de frapper le lecteur phrase par phrase, sans souci de cohérence immédiate. Ils sont tirés d'une entrevue publiée en 1995 (quelque six ans après sa mort), dans le 125ième numéro de Mégaphonie.

Toujours est-il que la citation d'ouverture décrirait bien ma propre vision du théâtre comme non pas une imitation de la vie, mais comme une construction de codes et de conventions, un jeu qui doit s'assumer et se montrer. Par la forme, le contenu.

D'ailleurs, pour revenir à Music Hall, il faut dire que cette pièce fait partie du corpus (cinq textes) utilisé dans le cadre de mes recherches au doctorat.

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