vendredi 19 août 2011

Un triangle ou une ligne?


Voici un des principes meyerholdiens (il était si brillant!) de base: la différence graphique entre deux méthodes de travail pour le metteur en scène. Le schéma ci-haut illustre les différentes interrelations entre les composantes. Il y a une conception disons traditionnelle de l'activité théâtrale (le «théâtre-triangle») qui prive de liberté créatrice non seulement l'acteur, mais aussi le spectateur et une autre plus contemporaine (le «théâtre de la ligne droite») qui les libère tous les deux, forçant le spectateur à créer au lieu de contempler.

Les extraits soulignés en rouge (de même que les suivants expliquant le schéma) sont tirés du premier tome des Écrits sur le théâtre qui renferment tous documents existants sur Meyerhold.

1. Un triangle dont le sommet représente le metteur en scène., les deux angles de la base l'auteur et l'acteur. Le spectateur perçoit l'art des deux derniers par l'intermédiaire de l'art du metteur en scène (dans ce dessin, la place du spectateur est au-dessus du sommet du triangle). C'est là le premier type de théâtre: «le théâtre-triangle». [...] Dans le «théâtre-triangle», le metteur en scène expose d'abord tout son plan jusqu'aux moindres détails, indique la manière dont il voit les personnages, désigne les pauses et fait répéter les acteurs jusqu'à ce que son projet soit reproduit exactement et totalement, dans tous ses détails, jusqu'à ce qu'il entende et voie la pièce comme il l'a entendue et vue lorsqu'il y travaillait seul. [...]

Dans ce type de théâtre, il faut des comédiens virtuoses, capable de se dépersonnaliser pour répondre aux commandes...

2. Une ligne droite (horizontale), où les quatre éléments fondamentaux du théâtre sont figurés par quatre points de gauche à droite: l'auteur, le metteur en scène, l'acteur, le spectateur; c'est le second type de théâtre, le «théâtre de la ligne droite». L'acteur y dévoile son âme librement devant le spectateur, en assimilant l'œuvre du metteur en scène, tout comme ce dernier a assimilé celle de l'auteur. [...]

Dans celui-ci, le spectateur doit agir en tant que quatrième créateur. Chacun des éléments apportant à l'autre de la matière pour donner un sens au travail en cours...

Bon. L'ensemble est un peu abstrait... mais en y réfléchissant bien, il est possible de se positionner dans l'une ou l'autre de ces catégories qui peuvent encore très bien exister de nos jours...


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