lundi 31 octobre 2011

Un bon Feydeau

Christian Ouellet (Benoît Pinglet) et Mélanie Potvin (Marcelle Paillardin) - Photographie: Geneviève Mercier-Bilodeau



Ai assisté à la représentation d'hier après-midi de L'Hôtel du Libre-échange de Georges Feydeau, la production annuelle des Têtes Heureuses présentée au Petit Théâtre de l'UQAC.

Personnellement, je suis un fan fini de ces vaudevillistes de la seconde moitié du XIXième siècle dont Feydeau est peut-être celui qui a poussé le plus le genre vers sa perfection. Parce que c'est de cela qu'il s'agit: un objet (littéraire) d'une perfection sans faille. Une pièce bien faite (dans ce que l'expression a de plus convaincant: construction rigoureuse et rythmée). Un exercice scénique exigeant tant pour le metteur en scène et que pour les comédiens.

La production des Têtes Heureuses, par tout un jeu de dépouillement esthétique (peu de d'accessoires, pas de véritable scénographie, pas de costumes d'époque, que de l'éclairage efficace qui dynamise l'espace et du son qui emplit tout l'espace) un peu forcé, place ce texte-objet au coeur même du spectacle (et en ce sens, on reconnait là la direction artistique de la compagnie) et laisse les mots surprendre les spectateurs par le ton, la cruauté, la drôlerie proche de l'absurde qui fera les beaux jours du théâtre quelques décennies plus tard.

Un texte féroce. Des enjeux faciles (l'homme qui veut tromper son épouse), des scènes surréalistes (notamment la chicane entre deux époux sur une invitation lancée en l'air... devant l'invité en question), des quiproquos détonants puis une cascade de dénouements . Quand la machine se met en marche, plus rien ne l'arrête... même pas les quelques longueurs qui peuvent surgir sur les deux heures et quinze de péripéties que dure le spectacle.

Parmi toute cette flopée de personnages (tous plus antipathiques les uns que les autres), de belles performances d'acteurs (et des découvertes)... et beaucoup de rires, j'imagine, quand la salle se réchauffe et décide de participer!

Ça finit bien? Ça finit mal? Peu importe... sinon que quelqu'un paie quelque part. Tiens. C'est moderne comme morale.

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