mercredi 7 décembre 2011

De la demi-mesure...


Devant un filage (ou un enchaînement ou une générale ou une représentation), il arrive parfois - notamment dans un contexte de comédie - d'avoir l'impression que les comédiens, sur scène, en font trop... au point de perdre quelque peu le contrôle d'eux-mêmes et, du coup, de faire dérailler la cohérence de l'ensemble.

Garder la maîtrise de soi est facile à comprendre... mais plus difficile à appliquer. Parce qu'il s'agit là d'une notion qui demande une connaissance approfondie de ses capacités, une aptitude à s'observer de l'extérieur, une faculté d'évaluer sur le champ l'énergie nécessaire et s'y maintenir.

En ce sens, Meyerhold conseillait: Quoique vous fassiez sur la scène, observez en tout une demi-mesure: et dans la voix, et dans le mouvement. Le spectateur remarque toujours la tension d'un acteur qui en fait trop

Cette «demi-mesure», loin d'amortir le jeu de l'interprète, doit lui permettre de se ménager de l'espace de travail, une possibilité d'action qui ne le poussera pas dans ses derniers retranchements. Ce qu'il perd en «intensité» (ce terme étant top souvent surchargé d'excitabilité...), il le gagne aussitôt en nuance.
C'est jouer, en quelque sorte, avec un pied sur le frein, prêt à tout laisser aller au moment opportun... quand le moment scénique s'y prête.

Cette «demi-mesure», c'est un certain cadre que sait se donner un comédien d'expérience, une limitation bénéfique pour la conduite de son jeu... parce que sans auto-restriction, pas de maîtrise.

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