samedi 18 février 2012

Le bon et le mauvais camarade


Il est toujours bon de feuilleter des vieux bouquins, comme celui-ci dont la page-titre illustre ce billet (et qui, en cliquant dessus, nous en donne l'accès via Google Book), et de se rendre compte, au fond, que le théâtre est un art qui demeure, nonobstant les nouvelles technologies, profondément le même à travers les siècles...

À preuve cette définition du camarade:

CAMARADE. — Les députés s'appellent collègue, les gens de robe confrère, les comédiens camarade.

Dans les coulisses il y a le bon et le mauvais camarade.

On appelle un bon camarade celui dont le talent est médiocre. Les étoiles sont ordinairement d'assez mauvais camarades.

Le bon camarade donne la réplique à l'étoile de façon à lui ménager son effet et lui souffle son rôle au besoin; il a soin d'avertir l'actrice aimée qui flâne dans le foyer, du moment de son entrée; il a de l'excellent rouge végétal à la disposition du ténor, il est l'ami du régisseur et se multiplie pour être agréable à tout le monde, en se rendant utile.

Le mauvais camarade coupe les effets de ses interlocuteurs, ne reçoit de conseils de personne, pas même des auteurs, déteste le régisseur, exècre le directeur, et déclare qu'on ne joue plus la comédie; qu'il n'y a plus de chanteurs; qu'il n'y a plus d'école, et que l'art s'en va. Il fait tous ses efforts pour le faire vivre, mais il n'est secondé par personne.

Bref, c'est le souffre-douleur et la diva... Se donner le moindrement la peine d'y réfléchir que peut-être chacune des ces descriptions pourrait se parer d'un (ou des!) visage(s) de camarades contemporains... !

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