jeudi 14 juin 2012

Le mystère du rythme scénique...


Comment un comédien, en jeu, peut-il avoir connaissance du rythme? Comment sait-il que le temps laissé entre deux répliques n'est ni trop long, ni trop court? Comment sait-il que le temps qu'il met à faire une action ou un déplacement ne ralentit pas l'ensemble scénique? Comment sait-il jouer avec le temps (je devrais plutôt dire les temps: le temps réel de l'acteur sur les planches, le temps réel du dialogue avec la salle, le temps fictif de l'intrigue... comme définit dans ce billet) de façon efficace?

Ces questions (que je me suis posées alors que j'assistais, comme spectateur, à une répétition de La Marmite hier matin), je les trouve fascinantes... et aussi terriblement embêtante quand vient le temps de les aborder avec des interprètes en tant que metteur en scène. Il s'agit là d'un sujet sans consistance... Pour moi, cette notion, le rythme, est aussi insaisissable que celle de la présence. Cet autre élément ésotérico-théâtral. Impossible à décrire parfaitement mais si facile à ressentir de la salle... Conceptuel, abstrait... mais pourtant terriblement concret et physique!

Peut-être le comédien l'a ou ne l'a pas... C'est, en d'autres termes, le fameux sens du timing... Bien sûr, il peut compter mentalement, oui, pour arriver à un résultat potable... mais ça restera toujours une béquille un peu figé dans un carcan temporel... 

Le véritable sens du rythme est improvisé.

Une seconde de trop ou une en moins, et l'effet s'effondre... même s'il est toujours là. Plusieurs en trop, plusieurs en moins et il disparaît complètement. Le contrôle de la durée (que je qualifierais de scénique) est essentielle (tout comme le sont le contrôle de la voix, du corps, de l'espace)... particulièrement le cadre d'une comédie où le rythme est souvent à la base de tout.

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